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  • La tention monte en Algérie et Tunisie

     

     

    L’économie algérienne est au plus bas depuis la chute du baril du pétrole. Le régime de Bouteflika, le vieux président en fauteuil roulant, ne pourra certainement pas régler les problèmes sociaux qui traînent depuis des années. Le pouvoir algérien, tout en s’étant engraissé pendant des décennies, avait pu acheter ces derniers temps, avec les revenus du pétrole, un semblant de paix sociale. Il n’est plus en état de le faire.

     

    Le chômage est de 10 % et touche plus d’un quart des jeunes. Comme dans de plus en plus de pays aujourd’hui, la vie est de plus en plus difficile. Ce qui provoque périodiquement de grandes manifestations, notamment en 2011, à cause du renchérissement du prix des denrées alimentaires.

     

    En Algérie, les manifestations finissent très souvent en émeutes, car toute manifestation est férocement réprimée par la police et l’armée, dans le silence des médias internationaux.

     

     

     

    Avez-vous entendu parler des dernières émeutes, celles qui ce sont déroulés autour du 16 janvier 2016 dans plusieurs localités de la wilaya de Batna, dans l’est algérien ? Pourtant, elles ont été violentes, une mairie a même été incendiée. Mais elles n’ont pas trouvé grand écho dans les médias européens alors qu’elles méritent tout notre soutien et notre solidarité. Dans la commune de Oued El Ma (à l’ouest de la ville de Batna) des jeunes sont sortis dans la rue pour protester contre la mal-vie. A Batna, les manifestants se sont attaqués à la prison de la ville, cherchant à libérer les prisonniers. Arrestations arbitraires, violations de domiciles et destruction de biens privés par la police s’en sont suivi.

     

    Le déclenchement de ses manifestations, selon l’information officielle algérienne, serait consécutif à une histoire de projet de station fonctionnant à l’énergie solaire. On peut en douter.

     

    Sur les vidéos qui circulent (et dans les quelles on voit des manifestants à visage découvert – c’est pourquoi je ne les fais pas, pour ma part, circuler) on peut entendre en effet « ulash smah, ulash… » un slogan souvent scandés dans toutes les manifestations en Kabylie, depuis les assassinats de manifestants en 2001, qui signifie « Pas de pardon ».

     

    Les conditions de vie en Algérie et la colère grandissante en ces périodes difficiles pourraient être des éléments pour que la révolte s’étende à travers tout le territoire. Mais le régime algérien, tout comme le régime syrien l’a fait pour affaiblir la révolte, joue le communautarisme, fait mousser les conflits intercommunautaires pour éviter une trop grande solidarité entre des gens qui ont pourtant d’importants intérêts communs. En juin 2001, de nombreux Berbères ont fait les frais de cette politique : l’accueil des habitants d’Alger n’a pas été tout à fait ce à quoi ils s’attendaient. Venus manifester en masse pour dénoncer les meurtres commis par les forces de l’ordre contre une jeunesse révolté, ils n’ont reçu que du mépris.

     

    Mais c’est aussi dans des périodes difficiles que la population peut briser bien des murs et passer le cap de l’identité, des racines, des rancunes du passé, pour faire front face aux tyrans qui leur opposent, comme ils ont toujours fait, la violence étatique et une propagande haineuse.

     

    Le recrutement massif de policiers lancé tout récemment par le gouvernement algérien est certainement une preuve des tensions existantes.

     

     

     

    Tunis, Sidi Bouzid, même combat.

     

    En Tunisie, le chômage et la précarité font sortir à nouveau dans la rue les gens qui avaient poussé le Ben-Ali vers la sortie. Cet ex-président vit dans un très grand confort, tout comme sa fille qui est bien installée aux Seychelles. Ils ne manquent de rien, contrairement aux chômeurs de Tunis, de Sidi Bouzid, qui eux ne se réjouissent pas de leurs nouvelles conditions de vie. Même s’ils ne sont pas de même ampleur que les manifestations du printemps de 2011, les mouvements actuels sont en tous cas un signe et le constat que peu importe la personnalité qui est au pouvoir, rien ne s’arrange pour ceux qui n’y sont pas. Le pouvoir qui vient d’ailleurs d’annoncer qu’il ne pourra pas faire grand-chose, « Nous n'avons pas de baguette magique pour donner de l'emploi », voila exactement ses termes. Par contre, pour la répression, il a une baguette (ou plutôt une matraque) magique : un couvre-feu à été instauré. Voilà une réponse bien rapide, tout comme l’arrivée des forces de l’ordre pour réprimer les manifestants et l’annonce officielle que les actions violentes viendraient des « mains malveillantes », veillant ainsi à faire apparaitre le spectre de l’islamisme radical, alors que la première revendication des manifestants est « Non au chômage », ce qui n’a rien à voir avec les revendications de l’Etat Islamique.

     

    Puisque les gouvernants n’ont pas de solution, c’est aux gens d’en trouver comme ils ont su le faire dans l’histoire, en Espagne (1936), ou en Argentine (2001) : occupation, expropriation, auto-organisation, reprise en main des outils de production… Ou bien créer quelque chose de nouveau où d’autres pourront prendre exemple… Dans tous les cas, beaucoup de Tunisiens surveillent de près les agissements de ceux qui sont à la tête du pays, et ont l’air prêts à remettre leurs revendications sur la table, la révolution est loin, on peut l’espérer, d’être terminée.

    Extrait de "Anarchosyndicalisme" l'organe de la CNT-AIT de Toulouse

     

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