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sivens

  • Sivens, 3 ans après...

     

     

    Effectivement il y a eu fin août une remise en état de la zone humide , c'était une obligation faite par l'état au département dans le cadre de la transaction d'abandon du projet de barrage initial.

     

    Au passage les entreprises qui ont détruit la forêt ont été grassement payées.

     

    Cette rénovation a été partielle, en fait ils ont détruit les canalisations d'eau afin qu'elle circule de nouveau et cassé la dalle d'argile sur laquelle a été tué Rémi Fraisse

     

    Pour la plantation d'arbre, aucune obligation donc pas de plantation......à suivre

     

    En ce qui concerne le projet de territoire, c'est une nébuleuse, les infos ne circulent pas  et nous croyons fortement que cela soit un écran de fumée car il y a bien un projet de barrage, certes plus petit, mais qui demeure dans les souhaits des gens de la FNSEA et

    des politiques locaux.

     

    Pour le procès concernant l'assassinat de Rémi Fraisse, nous allons vers un non-lieu lamentable, inacceptable,  bien que la famille se démène encore pour que la vérité soit établie.  

     

    Nous sommes toujours déterminés et nous serons le 22 octobre sur le site en espérant être nombreux (ses) car l'année dernière nous avons eu droit à un comité d'accueil alcoolisé et violent

     

     

    J'espère que vous serez avec nous

     

    Dimanche 22 octobre  

    RDV à Gaillac à 10 h 30 à Piquerouge (face au Leclerc) pour un départ groupé vers la maison de la forêt à Sivens

    Prises de paroles, tables de presse, pique-nique et chansons !

     

    Je vous embrasse

     

    Ch.  

     

  • A Sivens...

    Rémi Fraisse : à Sivens, un hommage au couteau

    * 23 oct. 2016 * Par helene duffau * Blog : Le blog d'Hélène Duffau

    Alors que le projet de barrage a récemment été déclaré illégal par la justice, des agriculteurs pro-barrage menés par une élue locale ont pourtant agressé les personnes venues rendre rendre hommage à Rémi Fraisse.

    Depuis la résistance contre le projet de barrage de Sivens, depuis les multiples agressions que les opposants ont subies de la part des agriculteurs pro-barrage organisés en véritable milice locale, il s’agit de rester groupés pour se rendre à Sivens. Un rassemblement a donc eu lieu à 11 h 30 ce matin à Gaillac, afin de partager les voitures.

    Midi quatre, après confirmation de l’itinéraire, une vingtaine de véhicules se mettent en route et chacun arrive à bon port. Une équipe de l’AFP est avec le groupe. Des gendarmes sont stationnés à plusieurs endroits du parcours.

    Le pique-nique se déroule sous un ciel à peine voilé. L’air est doux, l’ambiance est à la fois chaleureuse et recueillie.Un peu plus de quatre-vingt personnes sont réunies. Mais une rumeur circule : des pro-barrage bloquent l’accès à la dalle — partie de la zone humide dévastée qui a été damée. L’hommage doit pourtant se dérouler là, à l’endroit où Rémi Fraisse été tué, il y a près de deux ans.

    Il est 13 h 45 quand les participant-es à l’hommage se mettent en marche pour descendre dans la vallée. L’accès du chemin est barré par trois troncs déposés la veille, en toute impunité semble-t-il. Des personnes en canne ou béquilles sont empêchées de circuler.

    Tout au long du chemin, des feuilles volettent, les arbres sont à l’automne, la forêt est magnifique.

    Plus bas, deux voitures bloquent le passage, en une zone où la circulation automobile est pourtant interdite. L’une en travers, l’autre derrière, en L. Les engins sont encadrés d’une vingtaine de personnes, visages fermés, qui barrent le passage. À l’avant, une adjointe de la mairie de Lisle-sur-Tarn, très investie pour dénigrer les opposant-es au barrage*, bombe le torse et harangue le cortège. L’élue crie que les chiens doivent être tenus en laisse pour circuler sur le site, ils ne passeront pas sans ça. D’aucuns essaient contourner ceux qui barrent l'accès et trois jeunes femmes se font taillader par un homme posté sur le bord gauche. Très agressif, il a dissimulé un couteau dans sa main droite. De nombreux témoins voient ce qui survient, s’insurgent, la scène est filmée. Aussitôt, appel au 17 par 2 participant-es au cortège, une troisième joint la préfecture.

    Le ton est monté. Les pro-barrage semblent chargés d’alcool ce qui rendra certains peu alertes dans le maniement des bâtons dont ils se sont équipés.

    Aussitôt les gendarmes débarqués à l’arrière des pro-barrages, les miliciens calment le jeu. Le cortège en hommage se faufile sur la droite des véhicules. Une partie rejoint la dalle, l’autre

    approche des gendarmes pour dire la violence, les agressions, la colère. Une équipe de France 2 est présente, filme les blessures, reçoit des témoignages.

    On passera sous silence la leçon de morale que certains « gardiens de la paix » professent à celles et ceux qui réclament le droit à circuler librement, comme celui de rendre hommage en paix ; le parti-pris des mêmes.

    Un tractopelle débarque dans le jeu. S’ensuit une scène d’un autre monde : l’élue au torse bombé ouvre la voie au véhicule qui étale d’un coup de pelle la terre fermant auparavant l’accès à la dalle. Elle marche devant la benne du tracteur, fière, conquérante, en une posture saisissante. Les gendarmes présents sont sans réaction tandis que le tracteur progresse en direction de celles et ceux qui rejoignent la dalle pour l’hommage. Irait-il jusqu’à charger les piétons ?

    Les gendarmes s’avancent enfin et le tracteur s’immobilisera à proximité du lieu de recueillement.

    Le cortège s’arrondit pour assister à une performance dansée accompagnée du chant d'une flûte. Pendant ce temps, et tant que durera l’hommage, le moteur du tracteur restera en marche, tandis que certains des pro-barrage hurleront comme le font les loups, siffleront, tenteront par tous les moyens de pourrir la cérémonie. Viendront quelques lectures et partages de temps silencieux.

    Une fois son hommage rendu, le cortège se regroupe pour reprendre le chemin vers la maison de la forêt. Il est 14 h 56. Les gendarmes contiennent par la force les miliciens qui auraient sans doute aimé casser quelques figures et, peut-être, taillader à nouveau quelques jeunes femmes. L’élue au

    torse bombé hurle en direction du cortège qu’il y en avait marre de ces zones de non-droit. Mais, de quel droit parle-t-elle ? Celui de renier les décisions de justice ? Celui d’agresser impunément ? Le droit de naviguer en eaux troubles et de refuser de rendre des comptes ?

    Les personnes qui, à la suite d’une mort tragique, réalisent collectivement un travail de mémoire, seront escortées de quelques gendarmes. Lorsque le groupe est nouveau rassemblé près de la maison de la forêt, échanges de numéros de téléphone des témoins de l’agression, visionnage des vidéos gardant la preuve des faits.

    Affaires à suivre.

     

    * Il se dit ici que le mari, de ladite élue, également présent, a racheté des terres proches du barrage illégal pour du maraîchage en agriculture biologique. Des terres non irriguées. Comptait-il sur les relations de son épouse pour que l’eau vienne à lui sans tarder ?

     

  • Chroniques de la zone libre...

    Ce livre est composé d'anecdotes, de ruses, de secrets et de jeux. C'est une géographie mutine des zones franches et des espaces autogérés en lutte contre les infrastructures de béton. On y découvre quelques savoir-faire, un enchevêtrement de destinés en lutte, des morceaux de mondes rêvés.

    Nos histoires recomposent une vision du monde, réinventent des territoires, redéfinissent des usages. Elles s'appuient sur quelques coordonnées volatiles, quelques dates, des instants de résistance, des récits de voyages, des petits bouts de vie collective. On y verra un peu de ce que nous avons appris : à respirer et à sentir, à créer et à bâtir contre l'ennui. Elles sont l'expression d'un regard épique et poétique porté sur des lieux qui résistent à l'esprit du nouveau siècle. De la ZAD de N-D des Landes au Testet à la cuisine d'une maison occupée, d'une cabane dans les bois au tissu urbain de squats, on y éprouvera peut-être un peu de la fièvre et de enthousiasme, de la magie et de l'exil de notre génération.

    Ce livre plein de mystère et de fureur est une contribution à l'écriture d'une histoire sensible du mouvement qui, depuis plusieurs années, est entré en lutte contre les grands projets inutiles. Il témoigne de la résolution et de l'imaginaire d'une génération qui a choisi les marges pour tenter de réinventer un monde à la hauteur de ses exigences. Il entrouvre une porte sur un univers souterrain, un maquis de solidarités et d'amitiés dispersées, une contre-société autonome dont les ZAD sont la manifestation la plus visible.

     

    L'auteur Cosma Salé a passé ces dernières années à prendre part à la résistance contre les grands projets inutiles. Son livre est publié par les éditions Le Passager Clandestin.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

  • Sivens le barrage de trop...

     

     

     

     

     

    Le combat pour la sauvegarde de la zone humide du Testet et contre l'édification du barrage sur le Tescou n'est toujours pas terminé mais un livre qui relate la lutte des opposants vient déjà de sortir. Il est l'oeuvre de Grégoire Souchay et Marc Laimé et publié conjointement par les éditions Seuil et le quotidien écologiste du web : Reporterre. Pour avoir suivi l'affaire directement et par l'intermédiaire d'amis engagés localement, je juge cet ouvrage assez objectif et précis dans l'évocation des événements tragiques qui se sont déroulés et fort intéressant en ce qui concerne l'analyse des comportements des différents acteurs. Le rappel de la genèse d'un projet contestable et une étude sur le caractère néfaste du productivisme agricole défendu des « syndicalistes » n'hésitant pas à se muer en nervis ainsi que des propositions alternatives sur la problématique de l'eau font de cet ouvrage un outil à haute teneur pédagogique. Espérons, qu'avant qu'il ne soit trop tard, sa parution contribue à ouvrir les yeux, et les coeurs de nos contemporains...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « Sivens le barrage de trop » de Grégoire Souchay et Marc Laimé préfacé par Hervé Kempf aux éditions du Seuil en partenariat avec Reporterre.

     

  • Communiqué Sivens

    Communiqué de presse de la ZAD du Testet – 19 janvier 2015
    Après les concertations qui ont suivi fin octobre 2014 le rapport des experts mandatés par
    Ségolène Royal, la ministre de l'écologie vient de préconiser l'abandon du projet de barrage initial
    de Sivens (1 500 000 m3) et le choix de garder deux propositions.
    -La première est la mise en place d'un plus petit barrage (750 000 m3) sur le site de Sivens,
    300 mètres en amont du projet initial.
    -La deuxième quant à elle est la réalisation de plusieurs petites retenues dont l'une serait sur
    le site de Sivens, appelée « retenue latérale » de 300 000m3.
    Si nous, tou-te-s les habitant-e-s de la ZAD et le collectif Tant qu'il y aura des Bouilles, sommes
    satisfaits de cette orientation vers un abandon du projet initial, par contre, nous sommes en complet
    désaccord avec ces deux propositions.
    Nous ne tolérons et n'accepterons pas ce type de projet car il porte atteinte au site de Sivens. Il
    favorise et renforce un modèle agricole dépassé. De plus, il reflète et prolonge un productivisme et
    une soif de croissance d'un système capitaliste qui nous emmène droit dans le mur.
    La nature est déjà bien assez sacrifiée sur l'autel de l'agrobusiness et autres folies humaines. Il est
    temps d'arrêter le saccage généralisé de notre planète.
    Notre position restera ferme !
    Des alternatives pour une agriculture qui ne détruise pas notre environnement ont été élaborées
    et proposées par des collectifs d'opposants au barrage, il serait temps pour les pouvoirs publics de
    les mettre en place.
    Notre radicalité est nécessaire pour changer un monde qui s'autodétruit avec obstination.
    On ne lâche rien !
    Les habitant-e-s de la ZAD et le collectif Tant qu'il y aura des bouilles.

  • Manif pour tous...

     

     

     

     

     

    Aujourd'hui le petit père Hollande jubile. Il l'a sa manif pour tous à lui, même qu'elle est plus mieux que celle de Frigide Barjot et de ses affidés ultra réacs. Ils sont venus, ils sont tous là comme dit la chanson d'Aznavour, tous les politiques divers et biens pensants (seul le FN a été déclaré indésirable, ce qui de fait le définit comme le seul véritable opposant), les têtes couronnées voisinent avec les dictateurs africains, les drapeaux tricolores se mèlent aux poings levés, les exploités embrassent les spéculateurs du CAC 40, on se congratule, on se tape sur le ventre, on en oublierait presque que l'on danse autour de vingts cadavres encore fumants, je dis bien 20 pas 17, je ne crois pas la mort raciste ni discriminante... Quel peuple formidable, capable de passer de la haine à l'amour, de la douleur à la joie avec une telle aisance. Hier encore on se lamentait sur le sort de Rémi Fraisse, vous vous souvenez, ce jeune écolo éclaté par une grenade gendarmesque sur le site de Sivens, un trou perdu du Tarn, on protestait contre l'implantation d'un aéroport ou d'un village de vacances, ah oui, mais ça c'était avant... L'union sacrée de la patrie reçoit parait-il l'assentiment de 97 % des français sondés par tous les trous, je ne me suis jamais senti aussi infra minoritaire, j'en savoure l'instant..., ça m'étonnerait que ça dure...

     

     

     

    Riton

     

  • Communiqué

    Contre les violences policières :

     La mobilisation   populaire continuera  de se développer et de s’amplifier

    Par  communiqué du 2 Novembre  2014 nous avions fait le constat de la mise en œuvre  par le gouvernement et sa  police de la stratégie de la tension. Samedi  8 Novembre  l’interdiction de la manifestation  Toulousaine en hommage à Remi Fraisse et contre les  violences policières  a participé de la même stratégie.  Malgré tout le  dispositif  de répression  mis en place   ce sont   prés de  2000 personnes  qui n’ont pas  hésité à braver  l’interdiction   de l’Etat  ( responsable direct de la mort de Remi l’Etat , à la fois juge et partie,  était à ce titre  totalement illégitime a interdire cette  manifestation )  

    Comme  la semaine  dernière la  manifestation a démarré dans le calme, comme la semaine dernière   la violence est  venue  de la police. Comme la semaine dernière les provocations policières ont précédé les mensonges des medias.

    Face aux  atteintes  aux  libertés fondamentales   , face à  l’Etat  qui nous  méprise, face aux médias qui nous mentent, la mobilisation populaire  continuera de se  développer et s’amplifier.

    Libérez nos camarades. Justice  pour Remi. Justice pour tous.

    CNT -AIT  Toulouse, le  09 Novembre  2014

    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/

     

  • Communiqué

    Pour l'abandon définitif du projet de barrage a Sivens !
    Pour la réappropriation de nos vies et de nos territoires !
    Pour la démilitarisation de l’espace public !
    Pour l'amnistie complète des inculpe-es de Sivens !
    Notre mouvement se renforce et ne se laisse plus diviser entre
    catégories aussi limitantes et grossières que « bons » ou
    « mauvais » manifestants, « non-violents » ou « djihadistes
    verts ».
    Notre résistance fait écho en France et ailleurs, partout ou nos
    vies n'ont plus de place dans les logiques mortifères du
    système marchand.
    L’État s'est enferme dans cette impasse et n'a su proposer
    pour dialogue que mépris et répression.
    Ne nous laissons plus intimider par les forces de répressions,
    réapproprions nous notre espace public !
    Nous sommes détermines a en finir avec toutes les violences
    de l’État !
    Nous ne bougeons pas de Sivens, nous y défendons nos lieux
    de vie !
    Appel à Rassemblement national
    Toulouse, place Jean Jaurès
    Samedi 8 Novembre 2014, 14h
    Le T.E.S.T.E.T.
    (Tous Ensemble pour Sauver le Testet et Tout le reste)

  • Communiqué

    Contre les violences policières : La mobilisation    ne peut que se développer et s’amplifier

     

    En 1986,pour briser la révolte   de la jeunesse, le gouvernement de droite adoptait  la stratégie de la tension.  Malik Oussekine en est  mort.  En 2014, le gouvernement de  gauche  adopte la même stratégie   contre les opposants  au barrage du Testet  . Rémi Fraisse en est mort  .  

     

    Hier,  Samedi   1 Novembre, nous avons assisté à Toulouse  à la mise en œuvre de cette  même stratégie. En  hommage à Rémi Fraisse,  un rassemblement pacifique   de 2000 personnes    place du Capitole a été  empêché de manifester  dans les rues pourtant piétonnières, volontairement  fractionné par un dispositif policier surdimensionné et surarmé  qui n’a pas hésité à gazer les nombreux  promeneurs.  Pourquoi Cela ?  Pour tenter de retourner la population contre les manifestants. Cette stratégie  honteuse  est  vouée à l’échec  

     

    Ainsi   aujourd’hui  , plus de  3000 personnes se sont  réunies au Testet , en hommage à Rémi et pour protester    contre les violences policières . Soulignons  que comme il n’y avait aucun képi  à  l’horizon tout s’est déroulé sans aucun  incident . 

    Face  aux  atteintes   aux  libertés fondamentales   , face à  l’Etat  qui nous  méprise , face aux médias qui nous mentent  , la mobilisation populaire   ne peut que se développer et  s’ amplifier .

     

    CNT -AIT Toulouse , le 02 novembre.

  • Des nouvelles du front de Sivens

    Barrage de Sivens, au-delà des affrontements

    03 octobre 2014 | Par Hélène Duffau - Mediapart.fr

    Depuis plus de cinq semaines, les opposant.es au barrage et les occupant.es de la zone à défendre de Sivens subissent les assauts quotidiens des forces de l'ordre — quelques pauses durant le week-end. Alors que les opposant.es revendiquent leur pacifisme, les violences policières sont doublées d’insultes systématiques.

    Il semble que la ténacité de la résistance surprenne les politiques. Refusant encore le débat contradictoire, en dépit des demandes répétées des grévistes de la faim — 38 jours pour certains —, ils ont choisi la voie de la violence et du discrédit pour tenter de casser la mobilisation.

    Si cette lutte symbolique d'un nécessaire changement de paradigme est d'abord passée inaperçue au-delà des réseaux de protection de la planète, force est de constater que de plus en plus de personnes sont maintenant informées de la situation. Bientôt peut-être remercierons-nous le président Carcenac d'avoir œuvré dans ce sens. Pensant attenter à la réputation des contestatires, gagner l'opinion locale et se rallier le territoire, il a fait distribuer un courrier diffamatoire, évitant avec hardiesse le sujet de fond : le bien-fondé du projet de barrage. Massivement distribué en publipostage dans les villes proches du site de Sivens, ledit courrier a singulièrement popularisé l'opposition. On pourra se féliciter de l'effet contreproductif de cette dispendieuse tentative de désinformation, elle-même augmentée de publicités du conseil général dans les pages du journal local La Dépêche.

    Dorénavant, les gens d'ici sont au fait ce la situation et des exactions que subissent les opposant.es. De la tentative anti-démocratique de passage sans concertation, menée par l'équipe politique qui a décidé le démarrage en force des travaux, sans attendre les rendus de justice. D'aucuns ont parfaitement lu entre les lignes du président Carcenac et ont transmis le courrier à ceux qui ne l'avaient pas reçu. D'autres ont cherché à comprendre et le Net est ici un précieux relais pour recevoir des informations émanant du terrain de résistance par le site des Bouilles, et celles étayées, critiques et constructives du collectif de sauvegarde du Testet.

    Cependant certains demeurent farouchement opposés aux opposants — le contraire eut été étonnant, nous sommes en zone rurale et agricole. Lorsque la conversation peut s'engager, rien ne vient étayer leur propos sinon la désinformation qu'ils ont crue vérité. Quelques mots plus tard, ils doutent de ce qu'ils avaient compris, réfléchissent à leur positionnement et promettent de se renseigner. Certains tentent de propager des rumeurs usant d'une méthode qui ne va pas sans rappeler les heures sombres de l'histoire : répandre et pointer du doigt l'autre, l'étranger responsable de tous les maux de l'époque, l'ennemi à éradiquer. Dans le lot des violents, certains sont redoutables tel le maire d'une petite commune de proximité assénant à un opposant distribuant des tracts au marché de Gaillac, devant témoins : Toi, c'est une balle dans le dos.

    Je pourrais décrire longuement ce qui se passe dans la vallée de Sivens, après la destruction expéditive de la forêt : les journalistes menacés par les gardes mobiles ; mardi matin, cette femme traînée au sol par son foulard noué autour du cou, qui se relève et reçoit un coup de pied dans le dos par les gardes mobiles ; celles et ceux qui annoncent leur pacifisme et étouffent sous les lacrymogènes, les balles assourdissantes, les coups, les insultes des gardes mobiles. Chez les opposants, les blessures et fractures sont légion. Un blessé est à déplorer dans l'autre camp.

    Au-delà de ces affrontements, il s'avère que les solidarités vont croissant, que l'information circule, que les mots et les actes d'encouragement et de soutien vont augmentant. La lutte gagne chaque jour du terrain dans les esprits du Tarn et passe les frontières.

    À Sivens, au-delà des affrontements, c'est l’enjeu de l'avenir qui se cristallise dans ce combat pour la préservation d'une zone écologique indispensable. C'est l'insolence d'une jeunesse avertie qui milite pour la prise de conscience collective et ne se fait guère d'illusion sur la probité en politique. Une jeunesse qui tient tête à de vieux usages anti-démocratiques, à des baronnies qu'elle récuse. Qui dénonce le double discours des politiques les portant à signer des Agenda 21 tout en continuant à massacrer la planète.

    À l'extrême opposé des forces de l'ordre harnachées et entraînées, les résistant.es de Sivens n'ont que leur peau, leur détermination et leur conviction, pour se protéger des coups. Humilié.es et brutalisé.es, leur vie fréquemment mise en danger, leurs demandes de débat ignorées, elles.ils ne lâcheront pas. Pour défendre la zone, pour initier la transition énergétique indispensable, elles.ils iront jusqu'au bout. Et seront massivement soutenus.

    Il est grand temps d'écouter la sagesse d'un peuple éclairé. Son combat est noble. Il porte des idéaux majeurs pour l'avenir de la démocratie et la préservation de la planète.

     

     
     
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