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  • A Sivens...

    Rémi Fraisse : à Sivens, un hommage au couteau

    * 23 oct. 2016 * Par helene duffau * Blog : Le blog d'Hélène Duffau

    Alors que le projet de barrage a récemment été déclaré illégal par la justice, des agriculteurs pro-barrage menés par une élue locale ont pourtant agressé les personnes venues rendre rendre hommage à Rémi Fraisse.

    Depuis la résistance contre le projet de barrage de Sivens, depuis les multiples agressions que les opposants ont subies de la part des agriculteurs pro-barrage organisés en véritable milice locale, il s’agit de rester groupés pour se rendre à Sivens. Un rassemblement a donc eu lieu à 11 h 30 ce matin à Gaillac, afin de partager les voitures.

    Midi quatre, après confirmation de l’itinéraire, une vingtaine de véhicules se mettent en route et chacun arrive à bon port. Une équipe de l’AFP est avec le groupe. Des gendarmes sont stationnés à plusieurs endroits du parcours.

    Le pique-nique se déroule sous un ciel à peine voilé. L’air est doux, l’ambiance est à la fois chaleureuse et recueillie.Un peu plus de quatre-vingt personnes sont réunies. Mais une rumeur circule : des pro-barrage bloquent l’accès à la dalle — partie de la zone humide dévastée qui a été damée. L’hommage doit pourtant se dérouler là, à l’endroit où Rémi Fraisse été tué, il y a près de deux ans.

    Il est 13 h 45 quand les participant-es à l’hommage se mettent en marche pour descendre dans la vallée. L’accès du chemin est barré par trois troncs déposés la veille, en toute impunité semble-t-il. Des personnes en canne ou béquilles sont empêchées de circuler.

    Tout au long du chemin, des feuilles volettent, les arbres sont à l’automne, la forêt est magnifique.

    Plus bas, deux voitures bloquent le passage, en une zone où la circulation automobile est pourtant interdite. L’une en travers, l’autre derrière, en L. Les engins sont encadrés d’une vingtaine de personnes, visages fermés, qui barrent le passage. À l’avant, une adjointe de la mairie de Lisle-sur-Tarn, très investie pour dénigrer les opposant-es au barrage*, bombe le torse et harangue le cortège. L’élue crie que les chiens doivent être tenus en laisse pour circuler sur le site, ils ne passeront pas sans ça. D’aucuns essaient contourner ceux qui barrent l'accès et trois jeunes femmes se font taillader par un homme posté sur le bord gauche. Très agressif, il a dissimulé un couteau dans sa main droite. De nombreux témoins voient ce qui survient, s’insurgent, la scène est filmée. Aussitôt, appel au 17 par 2 participant-es au cortège, une troisième joint la préfecture.

    Le ton est monté. Les pro-barrage semblent chargés d’alcool ce qui rendra certains peu alertes dans le maniement des bâtons dont ils se sont équipés.

    Aussitôt les gendarmes débarqués à l’arrière des pro-barrages, les miliciens calment le jeu. Le cortège en hommage se faufile sur la droite des véhicules. Une partie rejoint la dalle, l’autre

    approche des gendarmes pour dire la violence, les agressions, la colère. Une équipe de France 2 est présente, filme les blessures, reçoit des témoignages.

    On passera sous silence la leçon de morale que certains « gardiens de la paix » professent à celles et ceux qui réclament le droit à circuler librement, comme celui de rendre hommage en paix ; le parti-pris des mêmes.

    Un tractopelle débarque dans le jeu. S’ensuit une scène d’un autre monde : l’élue au torse bombé ouvre la voie au véhicule qui étale d’un coup de pelle la terre fermant auparavant l’accès à la dalle. Elle marche devant la benne du tracteur, fière, conquérante, en une posture saisissante. Les gendarmes présents sont sans réaction tandis que le tracteur progresse en direction de celles et ceux qui rejoignent la dalle pour l’hommage. Irait-il jusqu’à charger les piétons ?

    Les gendarmes s’avancent enfin et le tracteur s’immobilisera à proximité du lieu de recueillement.

    Le cortège s’arrondit pour assister à une performance dansée accompagnée du chant d'une flûte. Pendant ce temps, et tant que durera l’hommage, le moteur du tracteur restera en marche, tandis que certains des pro-barrage hurleront comme le font les loups, siffleront, tenteront par tous les moyens de pourrir la cérémonie. Viendront quelques lectures et partages de temps silencieux.

    Une fois son hommage rendu, le cortège se regroupe pour reprendre le chemin vers la maison de la forêt. Il est 14 h 56. Les gendarmes contiennent par la force les miliciens qui auraient sans doute aimé casser quelques figures et, peut-être, taillader à nouveau quelques jeunes femmes. L’élue au

    torse bombé hurle en direction du cortège qu’il y en avait marre de ces zones de non-droit. Mais, de quel droit parle-t-elle ? Celui de renier les décisions de justice ? Celui d’agresser impunément ? Le droit de naviguer en eaux troubles et de refuser de rendre des comptes ?

    Les personnes qui, à la suite d’une mort tragique, réalisent collectivement un travail de mémoire, seront escortées de quelques gendarmes. Lorsque le groupe est nouveau rassemblé près de la maison de la forêt, échanges de numéros de téléphone des témoins de l’agression, visionnage des vidéos gardant la preuve des faits.

    Affaires à suivre.

     

    * Il se dit ici que le mari, de ladite élue, également présent, a racheté des terres proches du barrage illégal pour du maraîchage en agriculture biologique. Des terres non irriguées. Comptait-il sur les relations de son épouse pour que l’eau vienne à lui sans tarder ?

     

  • Chroniques de la zone libre...

    Ce livre est composé d'anecdotes, de ruses, de secrets et de jeux. C'est une géographie mutine des zones franches et des espaces autogérés en lutte contre les infrastructures de béton. On y découvre quelques savoir-faire, un enchevêtrement de destinés en lutte, des morceaux de mondes rêvés.

    Nos histoires recomposent une vision du monde, réinventent des territoires, redéfinissent des usages. Elles s'appuient sur quelques coordonnées volatiles, quelques dates, des instants de résistance, des récits de voyages, des petits bouts de vie collective. On y verra un peu de ce que nous avons appris : à respirer et à sentir, à créer et à bâtir contre l'ennui. Elles sont l'expression d'un regard épique et poétique porté sur des lieux qui résistent à l'esprit du nouveau siècle. De la ZAD de N-D des Landes au Testet à la cuisine d'une maison occupée, d'une cabane dans les bois au tissu urbain de squats, on y éprouvera peut-être un peu de la fièvre et de enthousiasme, de la magie et de l'exil de notre génération.

    Ce livre plein de mystère et de fureur est une contribution à l'écriture d'une histoire sensible du mouvement qui, depuis plusieurs années, est entré en lutte contre les grands projets inutiles. Il témoigne de la résolution et de l'imaginaire d'une génération qui a choisi les marges pour tenter de réinventer un monde à la hauteur de ses exigences. Il entrouvre une porte sur un univers souterrain, un maquis de solidarités et d'amitiés dispersées, une contre-société autonome dont les ZAD sont la manifestation la plus visible.

     

    L'auteur Cosma Salé a passé ces dernières années à prendre part à la résistance contre les grands projets inutiles. Son livre est publié par les éditions Le Passager Clandestin.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

  • Sivens le barrage de trop...

     

     

     

     

     

    Le combat pour la sauvegarde de la zone humide du Testet et contre l'édification du barrage sur le Tescou n'est toujours pas terminé mais un livre qui relate la lutte des opposants vient déjà de sortir. Il est l'oeuvre de Grégoire Souchay et Marc Laimé et publié conjointement par les éditions Seuil et le quotidien écologiste du web : Reporterre. Pour avoir suivi l'affaire directement et par l'intermédiaire d'amis engagés localement, je juge cet ouvrage assez objectif et précis dans l'évocation des événements tragiques qui se sont déroulés et fort intéressant en ce qui concerne l'analyse des comportements des différents acteurs. Le rappel de la genèse d'un projet contestable et une étude sur le caractère néfaste du productivisme agricole défendu des « syndicalistes » n'hésitant pas à se muer en nervis ainsi que des propositions alternatives sur la problématique de l'eau font de cet ouvrage un outil à haute teneur pédagogique. Espérons, qu'avant qu'il ne soit trop tard, sa parution contribue à ouvrir les yeux, et les coeurs de nos contemporains...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « Sivens le barrage de trop » de Grégoire Souchay et Marc Laimé préfacé par Hervé Kempf aux éditions du Seuil en partenariat avec Reporterre.

     

  • Communiqué Sivens

    Communiqué de presse de la ZAD du Testet – 19 janvier 2015
    Après les concertations qui ont suivi fin octobre 2014 le rapport des experts mandatés par
    Ségolène Royal, la ministre de l'écologie vient de préconiser l'abandon du projet de barrage initial
    de Sivens (1 500 000 m3) et le choix de garder deux propositions.
    -La première est la mise en place d'un plus petit barrage (750 000 m3) sur le site de Sivens,
    300 mètres en amont du projet initial.
    -La deuxième quant à elle est la réalisation de plusieurs petites retenues dont l'une serait sur
    le site de Sivens, appelée « retenue latérale » de 300 000m3.
    Si nous, tou-te-s les habitant-e-s de la ZAD et le collectif Tant qu'il y aura des Bouilles, sommes
    satisfaits de cette orientation vers un abandon du projet initial, par contre, nous sommes en complet
    désaccord avec ces deux propositions.
    Nous ne tolérons et n'accepterons pas ce type de projet car il porte atteinte au site de Sivens. Il
    favorise et renforce un modèle agricole dépassé. De plus, il reflète et prolonge un productivisme et
    une soif de croissance d'un système capitaliste qui nous emmène droit dans le mur.
    La nature est déjà bien assez sacrifiée sur l'autel de l'agrobusiness et autres folies humaines. Il est
    temps d'arrêter le saccage généralisé de notre planète.
    Notre position restera ferme !
    Des alternatives pour une agriculture qui ne détruise pas notre environnement ont été élaborées
    et proposées par des collectifs d'opposants au barrage, il serait temps pour les pouvoirs publics de
    les mettre en place.
    Notre radicalité est nécessaire pour changer un monde qui s'autodétruit avec obstination.
    On ne lâche rien !
    Les habitant-e-s de la ZAD et le collectif Tant qu'il y aura des bouilles.

  • Manif pour tous...

     

     

     

     

     

    Aujourd'hui le petit père Hollande jubile. Il l'a sa manif pour tous à lui, même qu'elle est plus mieux que celle de Frigide Barjot et de ses affidés ultra réacs. Ils sont venus, ils sont tous là comme dit la chanson d'Aznavour, tous les politiques divers et biens pensants (seul le FN a été déclaré indésirable, ce qui de fait le définit comme le seul véritable opposant), les têtes couronnées voisinent avec les dictateurs africains, les drapeaux tricolores se mèlent aux poings levés, les exploités embrassent les spéculateurs du CAC 40, on se congratule, on se tape sur le ventre, on en oublierait presque que l'on danse autour de vingts cadavres encore fumants, je dis bien 20 pas 17, je ne crois pas la mort raciste ni discriminante... Quel peuple formidable, capable de passer de la haine à l'amour, de la douleur à la joie avec une telle aisance. Hier encore on se lamentait sur le sort de Rémi Fraisse, vous vous souvenez, ce jeune écolo éclaté par une grenade gendarmesque sur le site de Sivens, un trou perdu du Tarn, on protestait contre l'implantation d'un aéroport ou d'un village de vacances, ah oui, mais ça c'était avant... L'union sacrée de la patrie reçoit parait-il l'assentiment de 97 % des français sondés par tous les trous, je ne me suis jamais senti aussi infra minoritaire, j'en savoure l'instant..., ça m'étonnerait que ça dure...

     

     

     

    Riton

     

  • Communiqué

    Contre les violences policières :

     La mobilisation   populaire continuera  de se développer et de s’amplifier

    Par  communiqué du 2 Novembre  2014 nous avions fait le constat de la mise en œuvre  par le gouvernement et sa  police de la stratégie de la tension. Samedi  8 Novembre  l’interdiction de la manifestation  Toulousaine en hommage à Remi Fraisse et contre les  violences policières  a participé de la même stratégie.  Malgré tout le  dispositif  de répression  mis en place   ce sont   prés de  2000 personnes  qui n’ont pas  hésité à braver  l’interdiction   de l’Etat  ( responsable direct de la mort de Remi l’Etat , à la fois juge et partie,  était à ce titre  totalement illégitime a interdire cette  manifestation )  

    Comme  la semaine  dernière la  manifestation a démarré dans le calme, comme la semaine dernière   la violence est  venue  de la police. Comme la semaine dernière les provocations policières ont précédé les mensonges des medias.

    Face aux  atteintes  aux  libertés fondamentales   , face à  l’Etat  qui nous  méprise, face aux médias qui nous mentent, la mobilisation populaire  continuera de se  développer et s’amplifier.

    Libérez nos camarades. Justice  pour Remi. Justice pour tous.

    CNT -AIT  Toulouse, le  09 Novembre  2014

    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/

     

  • Communiqué

    Pour l'abandon définitif du projet de barrage a Sivens !
    Pour la réappropriation de nos vies et de nos territoires !
    Pour la démilitarisation de l’espace public !
    Pour l'amnistie complète des inculpe-es de Sivens !
    Notre mouvement se renforce et ne se laisse plus diviser entre
    catégories aussi limitantes et grossières que « bons » ou
    « mauvais » manifestants, « non-violents » ou « djihadistes
    verts ».
    Notre résistance fait écho en France et ailleurs, partout ou nos
    vies n'ont plus de place dans les logiques mortifères du
    système marchand.
    L’État s'est enferme dans cette impasse et n'a su proposer
    pour dialogue que mépris et répression.
    Ne nous laissons plus intimider par les forces de répressions,
    réapproprions nous notre espace public !
    Nous sommes détermines a en finir avec toutes les violences
    de l’État !
    Nous ne bougeons pas de Sivens, nous y défendons nos lieux
    de vie !
    Appel à Rassemblement national
    Toulouse, place Jean Jaurès
    Samedi 8 Novembre 2014, 14h
    Le T.E.S.T.E.T.
    (Tous Ensemble pour Sauver le Testet et Tout le reste)

  • Communiqué

    Contre les violences policières : La mobilisation    ne peut que se développer et s’amplifier

     

    En 1986,pour briser la révolte   de la jeunesse, le gouvernement de droite adoptait  la stratégie de la tension.  Malik Oussekine en est  mort.  En 2014, le gouvernement de  gauche  adopte la même stratégie   contre les opposants  au barrage du Testet  . Rémi Fraisse en est mort  .  

     

    Hier,  Samedi   1 Novembre, nous avons assisté à Toulouse  à la mise en œuvre de cette  même stratégie. En  hommage à Rémi Fraisse,  un rassemblement pacifique   de 2000 personnes    place du Capitole a été  empêché de manifester  dans les rues pourtant piétonnières, volontairement  fractionné par un dispositif policier surdimensionné et surarmé  qui n’a pas hésité à gazer les nombreux  promeneurs.  Pourquoi Cela ?  Pour tenter de retourner la population contre les manifestants. Cette stratégie  honteuse  est  vouée à l’échec  

     

    Ainsi   aujourd’hui  , plus de  3000 personnes se sont  réunies au Testet , en hommage à Rémi et pour protester    contre les violences policières . Soulignons  que comme il n’y avait aucun képi  à  l’horizon tout s’est déroulé sans aucun  incident . 

    Face  aux  atteintes   aux  libertés fondamentales   , face à  l’Etat  qui nous  méprise , face aux médias qui nous mentent  , la mobilisation populaire   ne peut que se développer et  s’ amplifier .

     

    CNT -AIT Toulouse , le 02 novembre.

  • Des nouvelles du front de Sivens

    Barrage de Sivens, au-delà des affrontements

    03 octobre 2014 | Par Hélène Duffau - Mediapart.fr

    Depuis plus de cinq semaines, les opposant.es au barrage et les occupant.es de la zone à défendre de Sivens subissent les assauts quotidiens des forces de l'ordre — quelques pauses durant le week-end. Alors que les opposant.es revendiquent leur pacifisme, les violences policières sont doublées d’insultes systématiques.

    Il semble que la ténacité de la résistance surprenne les politiques. Refusant encore le débat contradictoire, en dépit des demandes répétées des grévistes de la faim — 38 jours pour certains —, ils ont choisi la voie de la violence et du discrédit pour tenter de casser la mobilisation.

    Si cette lutte symbolique d'un nécessaire changement de paradigme est d'abord passée inaperçue au-delà des réseaux de protection de la planète, force est de constater que de plus en plus de personnes sont maintenant informées de la situation. Bientôt peut-être remercierons-nous le président Carcenac d'avoir œuvré dans ce sens. Pensant attenter à la réputation des contestatires, gagner l'opinion locale et se rallier le territoire, il a fait distribuer un courrier diffamatoire, évitant avec hardiesse le sujet de fond : le bien-fondé du projet de barrage. Massivement distribué en publipostage dans les villes proches du site de Sivens, ledit courrier a singulièrement popularisé l'opposition. On pourra se féliciter de l'effet contreproductif de cette dispendieuse tentative de désinformation, elle-même augmentée de publicités du conseil général dans les pages du journal local La Dépêche.

    Dorénavant, les gens d'ici sont au fait ce la situation et des exactions que subissent les opposant.es. De la tentative anti-démocratique de passage sans concertation, menée par l'équipe politique qui a décidé le démarrage en force des travaux, sans attendre les rendus de justice. D'aucuns ont parfaitement lu entre les lignes du président Carcenac et ont transmis le courrier à ceux qui ne l'avaient pas reçu. D'autres ont cherché à comprendre et le Net est ici un précieux relais pour recevoir des informations émanant du terrain de résistance par le site des Bouilles, et celles étayées, critiques et constructives du collectif de sauvegarde du Testet.

    Cependant certains demeurent farouchement opposés aux opposants — le contraire eut été étonnant, nous sommes en zone rurale et agricole. Lorsque la conversation peut s'engager, rien ne vient étayer leur propos sinon la désinformation qu'ils ont crue vérité. Quelques mots plus tard, ils doutent de ce qu'ils avaient compris, réfléchissent à leur positionnement et promettent de se renseigner. Certains tentent de propager des rumeurs usant d'une méthode qui ne va pas sans rappeler les heures sombres de l'histoire : répandre et pointer du doigt l'autre, l'étranger responsable de tous les maux de l'époque, l'ennemi à éradiquer. Dans le lot des violents, certains sont redoutables tel le maire d'une petite commune de proximité assénant à un opposant distribuant des tracts au marché de Gaillac, devant témoins : Toi, c'est une balle dans le dos.

    Je pourrais décrire longuement ce qui se passe dans la vallée de Sivens, après la destruction expéditive de la forêt : les journalistes menacés par les gardes mobiles ; mardi matin, cette femme traînée au sol par son foulard noué autour du cou, qui se relève et reçoit un coup de pied dans le dos par les gardes mobiles ; celles et ceux qui annoncent leur pacifisme et étouffent sous les lacrymogènes, les balles assourdissantes, les coups, les insultes des gardes mobiles. Chez les opposants, les blessures et fractures sont légion. Un blessé est à déplorer dans l'autre camp.

    Au-delà de ces affrontements, il s'avère que les solidarités vont croissant, que l'information circule, que les mots et les actes d'encouragement et de soutien vont augmentant. La lutte gagne chaque jour du terrain dans les esprits du Tarn et passe les frontières.

    À Sivens, au-delà des affrontements, c'est l’enjeu de l'avenir qui se cristallise dans ce combat pour la préservation d'une zone écologique indispensable. C'est l'insolence d'une jeunesse avertie qui milite pour la prise de conscience collective et ne se fait guère d'illusion sur la probité en politique. Une jeunesse qui tient tête à de vieux usages anti-démocratiques, à des baronnies qu'elle récuse. Qui dénonce le double discours des politiques les portant à signer des Agenda 21 tout en continuant à massacrer la planète.

    À l'extrême opposé des forces de l'ordre harnachées et entraînées, les résistant.es de Sivens n'ont que leur peau, leur détermination et leur conviction, pour se protéger des coups. Humilié.es et brutalisé.es, leur vie fréquemment mise en danger, leurs demandes de débat ignorées, elles.ils ne lâcheront pas. Pour défendre la zone, pour initier la transition énergétique indispensable, elles.ils iront jusqu'au bout. Et seront massivement soutenus.

    Il est grand temps d'écouter la sagesse d'un peuple éclairé. Son combat est noble. Il porte des idéaux majeurs pour l'avenir de la démocratie et la préservation de la planète.

     

     
     
  • Communiqué

    Vedette

     

     

    APPEL à OCCUPATION JOUR et NUIT devant le CG81 à Albi!

    Mardi matin nous avons été expulsés manu militari, coups de matraque, coups de pied des locaux du Conseil Général du Tarn. Des grévistes de la faim -depuis le 27 août- ont été malmenés. Aucune réponse à la demande de MORATOIRE ni de DIALOGUE.

    Depuis mardi 13h nous occupons le trottoir devant le CG et comptons y rester pour sauver le Testet de la destruction en cours. ça fait 2 Nuits et 2 Jours et on tient BON!! Ambiance solidaire et gand soutien des passants en journée, pas (encore) d’emmerdes la nuit.

    Ce matin JEUDI une cabane et un hamacs sont perchés tout en haut d’un platane sur structure en palette. Accrochée à la cabane une banderolle ZAD PARTOUT !! très visible. Toujours les panneaux "un coup de klaxon contre le barrage" qui donnent excellent résultats sonores, ça génère de l’ambiance sur le boulevard face au CG 81.

    Venez NOMBREUX nous rejoindre de tous les coins de France et d’ailleurs, ce combat est le votre, celui de la planète, celui de l’argent public extoqué par des bétonneurs, c’est le combat de la vraie democratie. La consultation publique pour ce barrage a donné majoritairement des avis CONTRE LE BARRAGE.

    Amenez tentes, duvets, hamacs, nourriture, eau et bonne humeur. Tout support pour créer nouvelles banderolles bienvenu, ainsi qu’instruments de musique – par exemple.

    Quand vous venez nous rejoindre voici les tél pour vous guider dans Albi ou vous donner infos sur l’occupation en cours : 06 19 03 13 70 ou  06 81 06 31 00

    S.Royale est sa mission de "dialogue" ou sont-ils??? Les machines continuent de massacrer la forêt par manque de militants et de témoins. Les médias ne sont jamais là quand on se fait latter et gazer.

    CE JEUDI 10 la mission "dialogue" ne fait cesser ni le bruit des tronçonneuses, ni le bruit des bottes sur la Zad. Depuis la nuit de mardi, les militaires se sont invités à la Zad, non seulement aux heures "ouvrables" mais aussi la nuit. Le pouvoir Saucialiste s’appuie sur les militaires et leurs exactions pour faire passer en force les projets les plus insensés, dont la destruction de la Zad du Testet. Une démocratie???

    Faisons-nous entendre, REJOIGNEZ-NOUS!! OCCUPONS DEVANT LE CG 81,  NOUS Y SOMMES VISIBLES. RESISTANCE !!!

    LA ZAD DU TESTET C’EST MAINTENANT OU JAMAIS!!!!!

    RAPPEL : Numéro d’infoZad a changé, le précedant téléphone perdu suite à gazage sur la zone hier mercredi et dans des mains douteuses désormais; NOUVEAU NUMERO INFOZAD : 06 48 64 04 22

     

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    [Mercredi 10 septembre] Bilan de la journée

    Vedette

    Encore des machines sur le site aujourd’hui. Encore des comportements dangereux des conducteurs d’engins: un arbre avec un grimpeur dessus a été saisi par la pince d’un engin d’arrachage qui s’est ensuite dégagé : on a évité le drame ! (NB : ils ont aussi emporté une ligne électrique en manoeuvrant).

    Tirs de flashball à qques mètres et tirs tendus de lacrymos à GaZad (campement au niveau du gué bétonné sur le Tescou, près du pont du GR). Pas mal d’affaires persos détruites (brulées…pourquoi faire compliquer…) au chapiteau. Certaines machines dorment désormais sur le site sous protection policière. Les flics sont un peu nerveux la nuit, on les comprend ! Il nous faut des ninjas-zadistes.

    Les experts de Royal débarquent demain : le collectif Testet, France Nature Environnement et la Conf’ Paysanne ont demandé à ce que les travaux cessent durant leurs 2 journées de visite dans le Tarn. On verra demain ce qu’il advient. On ne sait pas encore s’ils viendront sur le terrain.

    Pas mal d’activités sur le plan juridique en ce moment, voir le communiqué de France Nature Environnement qui fait le point sur les recours et surtout une nouvelle bombe qui risque de faire mail à la CACG (si la Justice fait son boulot)

    Les copains qui ont exporté la ZAD devant le Conseil Général à Albi vont bien : la solidarité locale s’organise et les contacts avec la population sont bons. N’hésitez pas à passer du temps avec eux voire à dormir là-bas !

    Il y aura vraissemblablement un nouveau rassemblement sur le site dimanche prochain…

     
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