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révolution espagnole 1936

  • Espagne 36 : témoignages sur la guerre et les collectivités...

     

     

    Ce n'est pas exclusivement par paresse que je commenterais aujourd'hui trois livres à la fois, mais surtout parce que tous trois portent témoignage de ce que fut sans nul doute la plus importante, la plus originale et la plus accomplie des révolutions du 20 ème siècle.

    Peu avant d'être assassiné par les agents de Staline, l'anarchiste italien Camillo Berneri déclarait que les événements qui se déroulaient en Espagne étaient annonciateurs de la catastrophe qui se produira trois ans plus tard en Europe, entraînant la chute des démocraties bourgeoises et l'affrontement des dictatures. Les internationalistes en prirent également conscience et s'engagèrent très tôt dans la lutte contre le franquisme. Parmi eux, deux militants libertaires suédois Axel Österberg et Nils Lätt transcrivirent sur papier leurs expériences, le premier dans les combats sanglants de Barcelone au lendemain du 19 juillet 36, le second comme milicien et ouvrier agricole dans une collectivité. Les éditions toulousaines du Coquelicot ont eu la bonne idée de rééditer leurs écrits.

    En effet, la « guerre d'Espagne » ne se limita pas à des combats épiques sur les divers fronts, elle permit aussi de mettre en application, au travers de l'appropriation par la classe ouvrière des moyens de production et de la terre par les paysans, de la première expérience de communisme libertaire.

    La collectivisation de la terre après l'expropriation des caciques et du clergé a ouvert la porte à une amélioration notable des conditions de vie des travailleurs agricoles. Nombreux furent les témoignages des compagnons anarchosyndicalistes en ce sens. Le collectif Redhic de la CNT-RP dans un livre qui y est consacré, nous livre la parole simple et émouvante de Miguel Celma sur l'autogestion en Aragon et la collectivité de Calanda.

    Le rappel de l'œuvre émancipatrice de la Révolution espagnole, dans des temps où la détestable résignation ambiante semble la seule alternative offerte à nos classes travailleuses, est vraiment d'une impérieuse nécessité...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Derrière les barricades de Barcelone » d'Axel Österberg et « Milicien et ouvrier agricole dans une collectivité en Espagne » de Nils Lâtt aux éditions du Coquelicot.

    « La collectivisation en Espagne » avec le témoignage de Miguel Celma par le collectif Redhic de la CNT-RP.

     

     

     

     

     

     

  • A Zaragoza o al charco !

     

     

    Aux premiers jours du coup d'état franquiste, en Juillet 36, Saragosse, cité emblématique du mouvement libertaire espagnol se retrouve aux mains des fascistes. Les valeureux combattants de la CNT et de la FAI tombent « en el charco » (la mare) mais ne s'y noieront pas... Le combat continuera tant sur le front avec les colonnes que sur les territoires demeurés dans la légalité républicaine.

    Les Giménologues, héritiers de la pensée et de l'œuvre d'Antonio Giménèz, militant libertaire d'origine italienne qui combattit toute sa vie contre le fascisme et produisit de nombreux écrits notamment sur son engagement en Espagne durant la guerre civile, ont collecté scrupuleusement les témoignages des survivants et/ou de leur descendance et réalisé un ouvrage consacré à l'histoire de l'Aragon pendant cette période.

    Dans ce livre fort documenté et illustré de photos et documents d'époque, ceux qui l'ignoraient encore pourront découvrir que la « guerre d'Espagne », si mal présentée dans nos manuels d'histoire , fut autre chose qu'un affrontement entre des Républicains et des Franquistes, mais aussi le soulèvement d'un prolétariat opprimé depuis des siècles contre les possédants et l'église.

    Depuis le début du 20 ème siècle et parfois même avant, les anarchosyndicalistes préparaient le renversement du système féodal qui prévalait en Espagne en éduquant et organisant les classes laborieuses. Les athénées dispensaient l'instruction nécessaire à toute émancipation, les syndicats préparaient les ouvriers à la lutte et à l'autogestion, les paysans s'emparaient de la terre et décrétaient le communisme libertaire. Malgré les massacres perpètres par les troupes factieuses et leurs complices germano-italiens (et la bénédiction des « démocraties »), la répression sanglante des staliniens opposés à la mise en place d'un système anti-autoritaire, les collectivités aragonaises perdurèrent et offrirent à leurs membres des périodes fastes, durant lesquelles et malgré l'abolition de la propriété et de l'argent, ils connurent selon leurs témoignages, les plus belles années de leur vie...

    Alors qu'aujourd'hui on nous rabâche que seule l'économie de marché est porteuse de sens, que le capitalisme triomphant a réussi à convaincre l'humanité toute entière de ses bienfaits, le rappel qu'un autre monde où les valeurs de justice et d'égalité aient existé, que le contrôle de la pensée par les religions ait disparu, que la vie sans la contrainte d'un pouvoir despotique put avoir engendré des gens heureux apporte une bien nécessaire lueur d'espoir à tous les authentiques communistes et les encourage à espérer dans un autre futur...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « A Zaragoza o al charco ! Aragon 1936-1938 Récits de protagonistes libertaires » par les Giménologues / ouvrage publié par les éditions l'Insomniaque.

     

     

     

     

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