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  • Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme

    Communiqué de la LDH

    Paris, le 3 novembre 2016

    Toussaint 2016 : retour du fichier des « gens honnêtes » ?

    Avec la création du fichier baptisé « titres électroniques sécurisés » (TES), le gouvernement prétend faciliter l’obtention d’un passeport ou d’une carte d’identité et permettre l’authentification des demandeurs. Il entend également limiter la falsification de ces documents.

    Aussi louables que sont de tels objectifs, ceux-ci ne sauraient occulter l’extrême dangerosité d’une base de données qui va centraliser des informations personnelles et biométriques sur la quasi-totalité de la population française, s’inspirant ainsi d’un projet proposé par le précédent gouvernement et partiellement censuré par le Conseil constitutionnel. A cette époque, l’actuel garde des Sceaux avait qualifié un tel projet « de bombe à retardement ».

    Le gouvernement, chevauchant une loi qu’il avait décriée et s’exemptant d’un débat au Parlement, s’est contenté de faire paraître, en catimini, un décret pour créer ce fichier unique d’une taille inégalée et malgré les nombreuses réserves de la Cnil.

    La LDH dénonce avec force la mise en place d’un outil qui d’ores et déjà est consultable par une multitude de services et qui sera exposé à toutes sortes de piratages. Par ailleurs, ce fichier ne présente aucune garantie quant à d’éventuelles évolutions, tout cela sans possibilité de recours de la part des citoyen-ne-s et sans aucun contrôle d’une instance indépendante. Ce gouvernement poursuit ainsi son choix d’une surveillance de masse et fait preuve de la plus grande irresponsabilité.

    La LDH continuera à informer les citoyen-ne-s sur les dangers de cette base de données qui met en danger la protection de la vie privée et le respect des libertés individuelles.

     

    Notes

    [1] Le titre de cet article est inspiré d’un extrait du chapitre 2 de 1984 de George Orwell : « Another year, two years, and they would be watching her night and day for symptoms of unorthodoxy. »

     

  • Communiqué

    URGENT !
    SAUVONS LA PAIX
    NI GUERRES, NI ETAT DE GUERRE

     

    La France traverse à nouveau une période très troublée : à la fois, sur le plan intérieur et sur le plan extérieur. Ces deux plans s’intriquent fortement, rendant très complexe la lecture des événements, causes et conséquences étant étroitement liées.

    Le 13 novembre 2015 au soir, après la tuerie au Bataclan, monsieur François HOLLANDE a déclaré : « Nous sommes attaqués … la France est en guerre …  »

    Regardons la situation intérieure de notre pays :

    • L’état d’urgence, instauré pour 3 mois est maintenant prolongé jusqu’au 26 mai. Il restreint considérablement nos libertés, crée un climat de méfiance et de suspicion, donne lieu à des dérives arbitraires, est inefficace contre le terrorisme, voire l’amplifie. ;
    • Le rejet manifeste de la France à accueillir des réfugiés : ce manquement cruel aux droits de l’Homme : donner asile et protéger ceux qui fuient des pays en guerre n’est pas à l’honneur de notre pays.
    • Le chômage de masse, la précarité du travail, le sous-logement, la défection de l’Etat dans les services publics, …. alimentent la sensation d’insécurité, du « mal vivre ».
    • Les tensions sociales s’accroissent, exacerbant la violence sous-jacente.

    Sur le plan extérieur :

    • Force est de constater que la France a toujours été en guerre, ce n’est pas nouveau : la France est le pays européen le plus engagé dans des guerres extra-territoriales : Afrique (Mali, Centre Afrique, …), Moyen Orient (Syrie, Irak, Libye).
    • La France est en passe d’être le deuxième pays exportateur d’armes : navires de guerre, avions rafales, hélicoptères de combat, ….
    • Le pays qui dénonce, à juste titre, les exactions de certains chefs d’état, mais qui se tait, voire qui cautionne les agissements guerriers de certains autres (Cf. le conflit israélo-palestinien, …).
    • Le passé colonial de la France est toujours présent. Elle s’arroge le droit d’intervenir par la force dans son ex-empire, au prétexte des droits de l’Homme, occultant ainsi ses intérêts économiques et géostratégiques sous jacents. Il ne faut pas s’étonner d’un retour de boomerang !
    « LA SPIRALE DANS LAQUELLE NOUS ENTRAINE l’ETAT PYROMANE EST INFERNALE » a déclaréChristine DELPHY dans une réunion publique tenue le 15 janvier à Paris.

    De nombreux collectifs se sont constitués avec signatures de pétitions « Ni guerres, ni état de guerre », « Non à la guerre, non à l’état d’urgence ».

    La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme mène ce même combat. Elle dénonce et refuse : l’état d’urgence, le projet de loi contre le crime organisé, les atteintes répétées faites jour après jour aux libertés fondamentales, les déclarations de guerre dans un pays qui réclame la PAIX.

     
  • Communiqué

    À Calais, l’État tombe le masque

    A Calais, la destruction de la « jungle » de Calais a brutalement commencé ce lundi 29 février au matin. Plusieurs compagnies de CRS ont investi les lieux, qui ont dévasté des cabanes encore occupées, lancé des grenades lacrymogènes et usé de canons à eau contre des réfugiés grimpés sur les toits de leurs abris. Des centaines de personnes ont été jetées dans un froid glacial sans rien d’autre que les vêtements qu’elles portent sur elles, sans savoir où aller... Faut-il s’en étonner ?

    Les pouvoirs publics ont écarté tout témoin : les soutiens des réfugiés ont été interdits d’entrée dans le périmètre de l’opération. Le ministre de l’Intérieur n’a cessé de le proclamer ces jours derniers : certes, il entendait mener à bonne fin ce qu’il appelle « la résorption » du camp de Calais ; mais il voulait le faire « de façon progressive » et « dans le respect des personnes » [voir entre autres son discours du 22 février au Mans]. Et c’est bien en se référant expressément à cet engagement de l’État à procéder à une évacuation progressive que le Tribunal administratif de Lille a validé l’arrêté d’expulsion de la jungle de Calais (25 février 2016, ordonnance n° 1601386).

    Force est de constater que le « démantèlement » qui vient de commencer n’a rien de progressif ou d’humanitaire, et qu’il ne prend pas en compte la situation des personnes : les choses se déroulent comme s’il s’agissait de punir quiconque s’obstine à vouloir se rendre en Grande-Bretagne. Rappelons qu’un quart des habitants de la jungle de Calais aurait des proches outre-Manche ; ils seraient donc parfaitement fondés à demander à les rejoindre... Mais de même que la Turquie est priée de faire le garde-frontière de l’Union européenne, la France se charge de « protéger » la Grande-Bretagne, à grand renfort de moyens policiers quasi militaires, contre les migrants que celle-ci refuse d’accueillir.

    La première a-t-elle voulu donner des gages à la seconde, en perspective du sommet franco-britannique qui aura lieu ce 3 mars ? Quant aux autres, leur méfiance face aux « solutions » alternatives qui leur ont été présentées ne peut qu’être confortée par la violence mise en œuvre pour les chasser. « Les services de l’État se mobilisent sans relâche pour permettre à tous ceux qui le veulent de pouvoir quitter la lande », déclarait vendredi la ministre du Logement.

    Aujourd’hui, les masques tombent. Nous n’aurons plus d’excuses pour ne pas voir ce qui se passe sous nos yeux. Dans un État de droit, l’État n’a pas tous les droits. La justice n’a pas délivré au gouvernement un permis de chasse contre les réfugiés. Partout, des voix se sont élevées pour exiger que s’organise l’accueil des personnes chassées de leurs pays en guerre ou dévastés. Ces voix ne vont pas se taire. Il faudra bien qu’on les entende. Rappelons-le : l’asile est un droit ; la répression des réfugiés est donc un déni de démocratie.

    Le 1er mars 2016

    Extrait du site de la L.D.H. de Toulon

  • Communiqué

    A qui sert leur guerre ?

    [Par un collectif — 24 novembre 2015]

     

    Après le temps de la sidération, plusieurs intellectuels et universitaires s’interrogent sur l’opportunité d’une nouvelle « guerre au terrorisme », les précédentes interventions militaires n’ayant eu aucun résultat positif.

    Aucune interprétation monolithique, aucune explication mécaniste n’élucidera les attentats. Faut-il pour autant garder le silence ? Beaucoup jugent - et nous les comprenons - que devant l’horreur de l’événement, seul le recueillement serait décent. Mais nous ne pouvons pas nous taire, quand d’autres parlent et agissent pour nous, nous entraînent dans leur guerre. Faut-il les laisser faire, au nom de l’unité nationale et de l’injonction à penser comme le gouvernement ?

    Car ce serait la guerre, désormais. Auparavant, non ? Et la guerre pour quoi : au nom des droits de l’homme et de la civilisation ? En réalité, la spirale dans laquelle nous entraîne l’Etat pompier pyromane est infernale. La France est en guerre continuellement. Elle sort d’une guerre en Afghanistan, lourde de civils assassinés. Les droits des femmes y sont toujours bafoués, tandis que les talibans regagnent chaque jour du terrain. Elle sort d’une guerre en Libye qui laisse le pays ruiné et ravagé, avec des morts par milliers et des armes free market qui approvisionnent tous les jihads. Elle sort d’une intervention au Mali. Les groupes jihadistes liés à Al-Qaeda ne cessent de progresser et de perpétrer des massacres. A Bamako, la France protège un régime corrompu jusqu’à l’os, comme au Niger et au Gabon. Les oléoducs du Moyen-Orient, l’uranium exploité dans des conditions monstrueuses par Areva, les intérêts de Total et de Bolloré ne seraient pour rien dans le choix de ces interventions très sélectives, qui laissent des pays dévastés ? En Libye, en Centrafrique, au Mali, la France n’a engagé aucun plan pour aider les populations à sortir du chaos. Or il ne suffit pas d’administrer des leçons de prétendue morale (occidentale). Quelle espérance d’avenir peuvent nourrir des populations condamnées à végéter dans des camps ou à survivre dans des ruines ?

    La France prétend détruire Daech ? En bombardant, elle multiplie les jihadistes. Les Rafale tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Comme en Irak, certains de ces civils finiront par se solidariser avec les jihadistes : ces bombardements sont des bombes à retardement.

    Daech est l’un de nos pires ennemis : il massacre, décapite, viole, opprime les femmes et embrigade les enfants, détruit le patrimoine mondial. Dans le même temps, la France vend au régime saoudien, pourtant connu pour financer des réseaux jihadistes, des hélicoptères de combat, des navires de patrouille, des centrales nucléaires ; l’Arabie Saoudite vient de commander 3 milliards de dollars d’armement ; elle a réglé la facture des deux navires Mistral, vendus à l’Egypte du maréchal Al-Sissi qui réprime les démocrates du printemps arabe. En Arabie Saoudite, ne décapite-t-on pas ? N’y coupe-t-on pas les mains ? Les femmes n’y vivent-elles pas en semi-esclavage ? Engagée au Yémen au côté du régime, l’aviation saoudienne a bombardé les populations civiles, détruisant au passage des trésors architecturaux. Bombardera-t-on l’Arabie Saoudite ? Ou bien l’indignation fluctue-t-elle selon les alliances économiques de l’heure ?

    La guerre au jihad, dit-on martialement, se mène en France aussi. Mais comment éviter que ne sombrent des jeunes issus en particulier des milieux populaires, s’ils ne cessent d’être partout discriminés, à l’école, à l’embauche, dans l’accès au logement ou dans leurs croyances ? Et s’ils finissent en prison. En les stigmatisant davantage ? En ne leur ouvrant pas d’autres conditions d’existence ? En niant leur dignité revendiquée ? Nous sommes ici : la seule manière de combattre concrètement, ici, nos ennemis, dans ce pays devenu le deuxième vendeur d’armes mondial, c’est de refuser un système qui, au nom du profit à courte vue, produit partout plus d’injustice. Car la violence d’un monde que Bush junior nous promettait, il y a quatorze ans, réconcilié, apaisé, ordonné, n’est pas née du cerveau de Ben Laden ou de Daech. Elle pousse et prolifère sur la misère et les inégalités dont, année après année, les rapports de l’ONU montrent qu’elles s’accroissent, entre pays du Nord et du Sud, et au sein des pays dits riches. L’opulence des uns a pour contrepartie l’exploitation et l’oppression des autres. On ne fera pas reculer la violence sans s’attaquer à ses racines. Il n’y a pas de raccourcis magiques : les bombes n’en sont pas.

    Lorsque furent déclenchées les guerres d’Afghanistan et d’Irak, nos mobilisations ont été puissantes. Nous affirmions que ces interventions sèmeraient, aveuglément, le chaos et la mort. Avions-nous tort ? La guerre de François Hollande aura les mêmes conséquences. Il est urgent de nous rassembler contre les bombardements français qui accroissent les menaces et contre les dérives liberticides qui ne règlent rien, mais contournent et nient les causes des désastres. Cette guerre ne se mènera pas en notre nom.

     

    Signataires : Ludivine Bantigny, historienne, Emmanuel Barot, philosophe, Jacques Bidet, philosophe, Déborah Cohen, historienne, François Cusset, historien des idées, Laurence De Cock, historienne, Christine Delphy, sociologue, Cédric Durand, économiste, Fanny Gallot, historienne, Eric Hazan, Sabina Issehnane, économiste, Razmig Keucheyan, sociologue, Marius Loris, historien, poète, Marwan Mohammed, sociologue, Olivier Neveux, historien de l’art, Willy Pelletier, sociologue, Irène Pereira, sociologue, Julien Théry-Astruc, historien, Rémy Toulouse, éditeur, Enzo Traverso, historien.

     

    Extrait du site de la LDH de Toulon

  • Communiqué

     

    Lutte contre le terrorisme : la fin ne justifie pas les moyens

    Notre peine est immense devant les souffrances des victimes, de leurs familles et de leurs amis.
    Notre devoir est maintenant de veiller à ce que de tels actes odieux ne puissent se reproduire. Mais comme le dit l’adage, la fin ne justifie pas les moyens.
    La France est maintenant soumise à un état d’urgence qui pourrait durer au moins jusque fin février.

    Parmi d’autres mesures, les Préfets peuvent par exemple :

    • restreindre la liberté d’aller et venir ;
    • interdire le séjour dans certaines parties du territoire à toute personne susceptible de créer un trouble à l’ordre public ;
    • réquisitionner des personnes ou des biens privés ;
    • interdire certaines réunions publiques ou fermer provisoirement certains lieux de réunion ;
    • autoriser des perquisitions administratives en présence d’un officier de police judiciaire.

    Ainsi, pour les motifs les plus divers et sans contrôle préalable de la justice, plusieurs dizaines de millions de personnes pourront :
    -  voir la police entrer chez elles de jour et de nuit afin de perquisitionner leur lieu de travail ou leur domicile et prendre une copie du contenu de leur ordinateur ou de leur téléphone mobile ;
    -  être assignées à résidence si leur comportement constitue « une menace pour la sécurité et l’ordre public » et se voir interdire d’être en contact avec d’autres personnes présentant la même menace.

    Nous regrettons que la douleur et la colère puissent faire le lit d’un climat de surenchère sécuritaire inquiétant. Il nous paraît nécessaire de rappeler en cette période le danger de mettre à mal nos libertés fondamentales qui devraient être garanties par l’État de droit.
    Craignons l’engrenage que nous avons connu en France lors de la guerre d’Algérie (17 octobre 1961, Charonne ...)

    C’est pourquoi nous condamnons l’instauration de l’état d’urgence et demandons que l’indispensable lutte contre le terrorisme ne laisse pas la porte ouverte à une extension des pouvoirs de l’État sans aucune garantie judiciaire.

    Toulon, le 24 novembre 2015

     

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