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  • Les résistances pieds-noires à l'OAS...

     

     

     

     

     

    Aucune société humaine n'est homogène, c'est une évidence. Pourquoi alors la communauté pieds-noirs a-t-elle été si longtemps assimilée dans son intégralité aux ultras de l'Algérie française ? Les métropolitains ne se sont pas montrés très accueillants vis à vis des réfugiés d'Afrique du Nord. Il est vrai, et je l'ai personnellement constaté, que le comportement de certains des arrivants pouvait encourager les représentations. Un gamin de quinze ans qui demande le plus naturellement du monde qu'on lui porte son cartable, un autre qui se vante d'avoir fait le coup de feu avec les factieux, un père qui rentre du boulot s'arrachant les derniers cheveux et pestant contre une équipe de rapatriés dont on l'a bombardé, à son corps défendant, responsable et dont chacun se vante d'avoir été « chef, là-bas » et qui n'arrive pas à s'adapter au mode de travail d'ici, un discours globalement raciste vis à vis des musulmans, des gens souvent naïfs, égarés dans un monde étranger qui balancent entre plaintes et menaces, des éléments réunis qui, à cette époque troublée, ne favorisait pas la perception objective. Peu de gens faisaient la distinction entre le petit peuple chassé de ses origines, les expatriés de fraiche date qui avait choisi les colonies pour y mener une carrière que la limite de leurs compétences ne leur avait pas permis en métropole, souvent les plus hargneux, et les gros colons exploiteurs qui depuis longtemps avaient senti venir le désastre et acquis dans nos provinces les domaines abandonnés par les enfants de paysans préférant des carrières administratives au dur labeur de la terre. Il a fallu du temps et des opportunités pour que des rencontres aient lieu et que la parole devienne sincère. Tout comme les anciens appelés qui aujourd'hui seulement arrivent à évoquer leur passé douloureux, les pieds-noirs reviennent sur leur histoire et sur leurs rapports avec les autres communautés, et on s'aperçoit alors qu'ils n'étaient pas forcement conflictuels et que la guerre fut un immense gâchis. Ils sont nombreux à faire le retour dans leur pays de naissance et c'est très bien. Dans son essai publié aux éditions L'Harmattan, Bernard Zimmermann, instituteur en Oranie, revient sur les événements et au travers de ses souvenirs et de nombreux témoignages, nous fait découvrir le monde des Pieds-Noirs, ses doutes et ses contradictions en coupant court aux idées reçues. Non, tous les Pieds-Noirs ne sont pas des fascistes. De nombreuse formes de résistances et de solidarités entre communautés ont existé. Il y a certainement des leçons à tirer de tout ça...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « Les résistances pieds-noires à l'OAS » de Bernard Zimmermann aux éditions L'Harmattan.

     

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