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guerre d'espagne

  • La guerre d'Espagne vue par un artilleur républicain...

     

     

    Antonio Cordon était cadet dans l'armée espagnole du temps du roi Alphonse XIII. En 1926 il s'oppose à la dictature de Primo de Rivera et se retrouve rayé des cadres. Il ne sera réintégré qu'en 1931 avec l'instauration de la République dont il choisira le camp lors du coup d'état franquiste de juillet 36 et à laquelle il restera fidèle. Son livre traduit et mis en forme par Francis Félicien Arnould spécialiste en biographie et récits historiques, et publié par les éditions Jourdan, retrace son parcours d'officier d'artillerie dans l'armée républicaine ainsi que son rôle dans le gouvernement légal. La précision sur les engagements militaires et la sincérité du témoignage de l'auteur font de ce livre un outil précieux pour la compréhension de la situation complexe du pays et des divers mouvements engagés dans le combat antifasciste. On peut regretter cependant le manque d'intérêt porté à la réalité politique des mondes ouvrier et paysan, de leurs luttes contre les possédants et l'église, des expériences collectives qui firent de la guerre d'Espagne une authentique révolution sociale, et qui effraya tant les dictateurs bruns ou rouges qu'ils mirent chacun de leur coté, toute leur énergie pour l'anéantir...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La guerre d'Espagne vue par un artilleur républicain » d'Antonio Cordon traduit et adapté par Francis Félicien Arnould et publié aux éditions Jourdan.

  • Le Romancero de la guerre d'Espagne...

     

     

    Il y a 80 ans, Franco et ses alliés allemands et italiens déclenchaient la guerre contre la république espagnole qui allait finalement succomber après trois ans d'une terrible guerre civile. Cette agression fut le préambule de la Seconde guerre mondiale.

    Elle suscita dans toute l'Europe et dans le monde un grand élan de solidarité envers la République espagnole, avec notamment l'envoi des Brigades internationales.

    Mais cette période tragique, faite de moments d'espérance et de fêtes, mais aussi d'héroïsme, de défaites et de sang, fut un moment exceptionnel pour les lettres et singulièrement pour la poésie espagnole, un nouvel « âge d'or ».

    Il suffit pour s'en faire une idée, de citer les noms d'Antonio Machado, Juan Ramon Jimenez, Federico Garcia Lorca, Miguel Hernandez, Rafael Alberti, Leon Felipe, Manuel Altolagirre... auxquels s'ajoutent beaucoup de poètes moins connus mais qui ont su témoigner de leur temps et se dresser contre les circonstances.

    De plus, s'exprima à cette occasion, comme jamais, la solidarité d'écrivains du monde entier, d'Hemingway à Malraux, d'Eluard à César Vallejo ou Pablo Neruda pour qui l'expérience de la guerre d'Espagne fut décisive.

    Cette anthologie réunit un florilège de poèmes qui constitue le « romancero » de la guerre d'Espagne.

    La plupart des traductions sont celles qui parurent à cette époque, notamment dans la revue « Commune » et dans plusieurs anthologies d'après-guerre, aujourd'hui depuis longtemps indisponibles.

     

    « Le Romancero de la guerre d'Espagne / anthologie poétique » aux éditions Le Temps des Cerises.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Révolution dans la guerre d'Espagne...

     

     

    Contrairement à ce que l'on nous nous a trop longtemps présenté, la « guerre d'Espagne » ne s'est pas limitée à un affrontement entre rebelles fascistes et légalité républicaine ou croisés de la foi chrétienne contre rouges sanguinaires écorcheurs de curés, selon l'idéologie à laquelle on appartenait. Cette période a connu des épisodes nettement moins glorieux et bien dramatiques dont les protagonistes appartenaient pourtant au même camp.

    L'objet du livre de Wilebaldo Solano réédité par les éditions Syllepse ne traite pas des multiples règlement de compte chez les franquistes, il se consacre à ceux qui existèrent entre les différents courants du côté républicain, notamment les affrontements impitoyables entre les militants révolutionnaires du P.O.U.M. (Parti ouvrier d'unification marxiste) et les agents de Staline qui firent de nombreuses victimes et participèrent à l'échec de la révolution sociale conduite par la classe ouvrière et paysanne en Espagne et en Catalogne en particulier.

    Le « petit père des peuple » de Moscou qui échangea son appui à la république bourgeoise contre l'or de la banque d'Espagne et la peau des ses opposants communistes révolutionnaires et anarchistes, ne supportait pas l'idée d'une société socialiste qui ne fut pas sous son contrôle. A l'image des purges qu'il initia en URSS, il fit anéantir par ses agents les militants les plus impliqués et en particulier Andreu Nin, un des leaders du POUM.

    Pris entre le marteau et l'enclume de deux dictatures , les révolutionnaires espagnols suivirent à leur tour le chemin de l'exil et ne durent pour certains leur salut qu'à la solidarité prolétarienne de leur pays d'accueil.

    Wilebaldo Solano, aujourd'hui décédé, fut un acteur majeur de cette période. La réédition de son livre comme la diffusion du film de Ken Loach, Land and Freedom, apportent un éclairage indispensable sur cette époque et contribuent à lutter contre l'oubli, pire la négation, d'une part importante de l'histoire du mouvement ouvrier espagnol.

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Révolution dans la guerre d'Espagne (1930-1939) » de Wilebaldo Solano publié par les éditions Syllepse.

     

  • Paroles d'avant l'oubli...

     

     

    Comme le monde est petit. Alors que je venais d'apprendre la sortie en librairie d'un livre de témoignages sur l'exil des républicains espagnols, et que je m'empressais de le quémander auprès de son éditeur, les éditions Parole, je découvre que son auteure, Emma Sanz-Delzars est la fille de Manuel Sanz, un militant anarcho-syndicaliste de la CNT que j'avais croisé et apprécié parmi la nombreuse colonie espagnole qui s'était laborieusement et souvent misérablement installée dans notre cité. Hélas, ce n'est pas d'aujourd'hui que les prétendues traditions d'accueil du tout aussi prétendu pays des Droits de l'Homme ont du mal à s'appliquer dans la vie quotidienne de notre société...

    Ce livre en est une parfaite illustration. L'auteure, née à Montauban en 1938, s'incarne dans sa mère et s'empare des souvenirs de cette dernière pour retracer au plus près de la vérité historique ce que fut la souffrance tant physique que psychologique de ces vaincus qui n'ont pourtant jamais déposé leurs armes.

    Pour comprendre ce que demeura malgré tout leur foi dans un avenir meilleur, il faut avoir partagé avec eux ces moments d'exaltation les 19 juillet (jour anniversaire du soulèvement populaire contre le coup d'état de Franco) au Palais des Sports de Toulouse, une salle bondée, la place Dupuy débordant de cars arrivés de toute le sud du pays, des clandestins venus d'Espagne et ovationnés, les discours enflammés de Fédérica Montsény, la qualité de l'expression artistique des Jeunes Libertaires, la profondeur des conférences d'Aristide Lapeyre, le bain de fraternité qui les unissait ces jours là, leur joie et leur dignité. J'ai eu l'honneur de partager ces moment avec eux.

    Si Mai 68 me fit découvrir l'anarchisme sous un jour bien différent de ce que l'école, ou les staliniens que j'avais fréquenté antérieurement, m'avaient présenté, j'ai appris avec nos « companeros » les collectivités agricoles qui avaient aboli la propriété et l'argent et où pourtant les gens vivaient heureux, libres et responsables, les colonnes de miliciens qui élisaient leurs chefs et pouvaient les révoquer, les ouvriers s'emparant des usines, le véritable communisme, l'égalité des sexes, l'athéisme et le rationnel, le plaisir d'apprendre dans les livres qu'ils nous offraient, la convivialité quand, pour fêter la mort du dictateur, ils transgressaient leur proverbiale abstinence pour nous offrir le champagne...

    Ils nous ont donné leur amitié et leur savoir, nous avons dragué leurs filles et partagé leur intimité, nous les avons accompagné dans leurs luttes ici et outre Pyrénées, trop souvent aussi jusqu'à leur tombe loin de leur terre natale, mais qu'importe, la Terre est à tout le monde. L'Universaliste ne se connait pas de patrie.

    Alors que des nuages menaçants se profilent à l'horizon, que les idées fascistes qu'ils n'ont eu de cesse de combattre toute leur vie se banalisent parmi nos concitoyens, que l'irrationnel sert de plus en plus de repère à des populations en perdition intellectuelle, qui sait si un jour une « retirada » inversée ne nous sera pas imposée par l'histoire ? Souhaitons seulement qu'alors l'accueil qui nous serait réservé soit plus chaleureux et humain que celui que nous avons accordé aux réfugiés d'hier et encore à ceux d'aujourd'hui...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Paroles d'avant l'oubli » de Emma Sanz-Delzars aux éditions Parole.

  • Les dernières heures de Guernica...

     

     

     

     

     

    Guernica, la cité sacrée des Basques est devenu en ce 26 avril 1937 le symbole du martyre de la population espagnole victime de la barbarie franquiste et de ses alliés nazis et fascistes. Rien ne prédisposait cette ville tranquille de 7000 âmes à ce sort néfaste. Pourtant sa proximité avec Bilbao et le front du nord offrait à l'aviation allemande l'occasion de réaliser une opération psychologique en semant la peur et la mort et surtout la possibilité d'expérimenter grandeur nature sa capacité de nuisance qu'elle mettra en œuvre dans les années suivantes. La destruction de Guernica par la légion Condor fut sans aucun doute le premier bombardement massif de la seconde guerre mondiale. Dans leur livre publié aux éditions Nouveau Monde, Gordon Thomas et Max Morgan-Witts reconstituent avec précision les derniers moments de paix et le calvaire de cette cité. Des images suggérées qui font écho avec les événements tragiques que vivent encore aujourd'hui des peuples innocents et qui nous interpellent sur notre coupable amnésie...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « Les dernières heures de Guernica » de Gordon Thomas et Max Morgan-Witts au Nouveau Monde éditions.

     

  • Une mémoire espagnole...

     

     

     

     

     

    Le grand-père d'Alain Pozo, Blas, est un de ces antifranquistes qui, après avoir lutté jusqu'au dernier jour contre l'avancée de l'armée factieuse découvre en Mars 1939 le généreux accueil du pays des droits de l'homme, enterré dans les plages humides de la Catalogne française, avec pour seul abri sa capote militaire de soldat républicain. Il avait quitté quelques mois plus tôt son Andalousie natale, abandonnant avec douleur femme et enfants devenus otages de la terreur du nouveau régime, il ne les reverra qu'en 1949, une fois terminée cette tragédie mondiale dont l'agression franquiste avait été le premier acte. Après le décès de son père, l'auteur découvre, enfouis dans la mémoire familiale la correspondance et les vielles photos prise par l' »abuelo » durant ses années d'exil. A partir de ces documents il va reconstituer la vie de ce grand-père inconnu et apporter un éclairage sur les parcours de ces hommes et sur leurs souffrances. La trajectoire de Blas Pozo Valenzuela publiée aujourd'hui par les éditions Le Pas d'oiseau témoigne de ce fut la vie et le combat de ces « étrangers » tant vilipendés de nos jours et qui pourtant n'hésitèrent pas à s'engager, conscients qu'ils étaient de l'évidence que la Liberté ne connait pas de frontière...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « Une mémoire espagnole » d'Alain Pozo aux édition Le Pas d'oiseau

     

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