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guerre d'algérie

  • Ils ne savaient pas que c'était une guerre...

    Ils ne savaient pas que c'était une guerre...

     

    Et le pouvoir en place à l'époque se gardait bien de les informer sur ce qui les attendait sur l'autre rive de la grande bleue. D'ailleurs cette rébellion de quelques brigands, ces « événements » ne sauraient s'étaler dans le temps... La guerre d'Algérie dura huit ans et le traumatisme qu'elle a entraîné chez les appelés qui y participèrent est encore vivace de nos jours.

    Issus d' un petit village de la Loire, Bourg-Argental, des jeunes de vingt ans sont envoyés en Algérie sans préparation militaire, protéger l'ordre colonial et accomplir des tâches diverses, logistiques, administratives mais aussi de police, pendant de nombreux mois. Ils sont confrontés à la réalité de la guerre et à ses horreurs, embuscades, tortures, « corvées de bois », peur, mort des copains,solitude et nostalgie du pays.

    Ceux qui en reviendrons reprendront tant bien que mal le cours de leur vie et bien souvent se tairons, espérant ainsi tourner la page et oublier. Mais le poids est trop lourd, et devenus grand-pères, le besoin de soulager sa conscience se fait sentir, la parole se libère enfin.

    Tous ceux qui ont connu, à leur corps défendant, la contrainte d'une telle situation sont passés par une période de mutisme, puis au terme de leur existence, encouragés par leurs proches ou des associations comme les 4ACG (Anciens Appelés d'Algérie et leur Amis Contre la Guerre), ils leur est venu le besoin de transmettre. Leur expérience douloureuse doit profiter à tous afin de ne jamais se reproduire. Certains éprouverons même le besoin de retourner sur les lieux de leurs épreuves, ils y rencontrerons parfois d'anciens adversaires, qui les rassureront en leur tendant la main, les aidant ainsi à se déculpabiliser d'une réalité dont ils croyaient porter une responsabilité et sur laquelle pourtant ils n'avaient à l'époque aucune prise.

    Le livre et le film consacrés au témoignage des anciens conscrits de Bourg-Argental s'ajoutent aux nombreuses publications sur cette époque tragique. Ils contribuent à rappeler que, s'ils ne furent ni déserteurs, ni insoumis, ni objecteurs, les appelés dans leur majorité ont aussi à leur niveau refusé souvent d'accomplir des actes abjects et su rester malgré des conditions de vie difficiles et les pressions hiérarchiques, des êtres humains....

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Ils ne savaient pas que c'était une guerre » un ouvrage de Nicolas Bancel, Claire Nicolas, Romain Chasles, Fabrice Badol et Jean-Paul Julliand publié par les Éditions Chronique Sociale 1 rue Vaubecour 69002 Lyon et vendu au prix de 14,50 €

     

     

     

     

     

     

  • Un regard sur la guerre d'Algérie...

    La guerre d'Algérie n'est pas seulement l'affrontement de deux projets pour le devenir de l'Algérie, d'un côté le peuple algérien uni derrière le FLN et de l'autre les colons accrochés à leurs privilèges.

    Les partisans de Messali (MNA) – qui furent les premiers indépendantistes – ont tenté de tisser des liens avec la puissance coloniale pour une autre idée de la nation algérienne que celle du FLN. Celui-ci les a durement affronté en Algérie et en France, orchestrant une guerre civile meurtrière en Algériens.

    Certains Algériens étaient favorables au maintien de la présence française dans le pays – 300000 combattants dans l'armée française, plus que dans l'ALN – et des dizaines de milliers de fonctionnaires, enseignants ou intellectuels affichaient des sentiments anti-indépendantistes. Certains le payèrent de leur vie.

    Plus d'un million d'Européens issus de générations nées en Algérie souhaitaient par ailleurs rester vivre au pays. Nombreux, se sentant trahis par les dirigeants politiques, se sont soulevés contre un abandon plus ou moins programmé et sont entrés ainsi dans un conflit franco-français. Même des pieds-noirs – très minoritaires il est vrai – se sont rangés du côté du FLN.

    Cette guerre s'est déroulée sur le territoire algérien, mais aussi en France métropolitaine. Ce fut d'abord une guérilla, rarement une guerre de position, mais ce fut aussi un terrorisme urbain, une guerre civile et une guerre de religion.

    A partir d'une vingtaine de moments clés, avec la révélation d'éléments inédits, Roger Vétillard souligne la complexité souvent méconnue de ce conflit. Voilà qui explique que, plus d'un demi-siècle après son terme, beaucoup ne considérant qu'un angle, ne se reconnaissent pas dans les autres présentations. Il faut souhaiter qu'un jour une étude contradictoire et sereine puisse être menée pour que les oppositions prennent fin.

     

    L'auteur Roger Vétillard est né en Algérie. Après une carrière médicale hospitalière et universitaire, il s'est investi dans l'histoire de son pays natal. Son livre est préfacé par Kader Benamara et publié chez Riveneuve éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

  • La France ciblée...

    Novembre 54 : l'insurrection éclate en Algérie. Rapidement, le conflit gagne la métropole, où le FLN met en place une administration clandestine au fonctionnement efficace. Une véritable guerre l'oppose alors à son concurrent direct, le MNA. Très vite, des frontières invisibles apparaissent au sein des agglomérations françaises, entre les quartiers et les rues que les ouvriers algériens appartenant à l'un ou l'autre camp ne peuvent franchir sans risquer leur vie. Depuis ses bastions, le FLN mène en outre des attaques contre les cafés et les hôtels, organise des attentats à la bombe, mitraille des policiers et des commissariats. A Paris, Lyon, Marseille, des agents d'élite mettent en place des unités chargées d'infiltrer et de démanteler l'organisation clandestine, en s'appuyant notamment sur des harkis et des réseaux d'informateurs.

    Tous les moyens, légaux et illégaux, ont été utilisés des deux côtés, faisant de l'immigration algérienne en France métropolitaine un véritable champ de bataille où tombèrent plus de 4000 victimes. Les dessous d'une guerre secrète qui s'est déroulée, pendant huit ans sur le territoire français.

     

    L'auteur Gregor Mathias est docteur en histoire et chercheur spécialiste des relations internationales et de la guerre d'Algérie. Son livre La France ciblée / Terrorisme et  contre-terrorisme pendant la guerre d'Algérie  est publié par les éditions Vendémiaire.

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Communiqué 4 ACG

    Charte de la fraternisation entre les peuples français et algérien

    « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » (Article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948)

    Convaincus :

    • que la fraternité universelle devrait régir les relations entre les êtres humains quelles que soient leurs origines et leurs croyances ;
    • qu’il importe en conséquence de renforcer la fraternisation entre les deux rives de la Méditerranée ;
    • que si la réconciliation relève de la compétence des Etats, la fraternisation relève de celle de la société civile.

    Rappelant :

    • que même si les heures sombres de notre histoire commune appartiennent au passé, la connaissance du fait colonial doit être recherchée, préservée et enrichie au nom du devoir de mémoire et du droit à l’Histoire, pour faire obstacle aux thèses révisionnistes et négationnistes.
    • qu’en l’espèce, tout en veillant strictement à ne pas mettre sur le même plan l’oppresseur et l’opprimé, l’impartialité invite à la reconnaissance, par nos deux peuples, des violations graves des Droits de l’Homme commises au cours de cette période douloureuse, que soient reconnues et honorées les mémoires des victimes de tous les massacres collectifs, les exactions subies par les populations civiles quelles qu’elles soient, du 8 mai 1945 à juillet 1962.
    • qu’enfin l’ouverture des archives par la France et l’Algérie et leur libre accès aux historiens des deux pays puissent permettre une connaissance partagée de la vérité et ouvrir la voie à l’apaisement nécessaire.

    Constatant :

    • que les couples mixtes en constante augmentation, contribuent à renforcer les liens entre nos deux pays et permettent un enrichissement culturel réciproque.
    • que la volonté de fraternisation a conduit certains Anciens Appelés à verser leur « pension du combattant » pour financer des opérations de développement en Algérie ; à éditer le livre Guerre d’Algérie, Guerre d’indépendance. Paroles d’humanité (L’Harmattan) ; à organiser plusieurs voyages en Algérie pour échanger, goûter à l’amitié, fraterniser ; à témoigner dans les établissements scolaires ; à projeter le film « Retour en Algérie ».

    En conséquence :
    L’Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4acg), association laïque, indépendante de toute institution politique, philosophique ou religieuse, résolument engagée en faveur du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, approuve la présente Charte.
    Elle invite d’autres associations et institutions à la rejoindre sur ce texte ou dans ses intentions afin de concourir à renforcer le lien de fraternité entre les peuples algérien et français.

     

  • La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie...

     

     

    Le travail de l'historien ne se limite pas à écouter et transcrire les souvenirs des acteurs ou des témoins d'événements antérieurs, il doit avant tout piocher dans une quantité impressionnante d'archives, puisqu'il doit approcher au plus près de la vérité. Ce travail peut s'avérer souvent harassant, surtout si on se heurte au secret d'état, à la grande muette, au tabou de la guerre d'Algérie... Dans sa thèse rééditée aujourd'hui par les éditions Gallimard, Raphaëlle Branche décrit les difficultés qu'elle a connu pour accéder aux documents et témoignages nécessaires à l'écriture d'un livre le plus documenté et le plus objectif possible sur cette période peu glorieuse et toujours douloureuse de notre histoire récente.

    La pratique de la torture par les militaires français fut connue dès le début du conflit par des écrits qui, bien que censurés, ont circulé dans les sphères politiques et intellectuelles du pays. L'État, pourtant garant de la loi, n'a pas su (ou dans certains cas voulu) voir l'armée outrepasser ses droits et se livrer à des pratiques guestapistes dont pourtant certains de ses cadres furent quelques années auparavant victimes. La tentative de justification par la nécessité du maintien de l'ordre et de l'obtention de renseignements n'a jamais pu justifier la barbarie sadique appliquée par les sinistres DOP et autres officines spécialisées dans la démolition physique et psychique des individus, hommes, femmes, enfants traités avec une rare inhumanité.

    De retour dans leurs foyers, les soldats, notamment les appelés, se sont longtemps terrés dans un mutisme douloureux, considérant qu'ils n'étaient que les exécutants d'ordres venant de la hiérarchie et auxquels il était impossible de s'opposer. Pourtant certains, comme le déserteur Noël Favrelière et à l'exemple du général de Bollardière, refusèrent de cautionner un système aussi dégradant pour la fonction militaire. Internements arbitraires, déplacements de population, incendies de mechtas, tourments psychologiques, « gégène », baignoires, viols, représentent des violences intolérables et des crimes de guerre. Tout ce panel destructeur s'avéra pourtant inutile, puisque le peuple algérien accéda néanmoins à son indépendance. Mais combien de vies détruites d'un côté comme de l'autre, combien de souffrances, de haines persistantes, et ce ne n'est pas l'amnistie/amnésie voulu par les pouvoir successifs qui atténuera les douleurs. Seule l'éclosion de la vérité, la parole libérée, la volonté de réparation comme celle pratiquée par l'Association des Anciens Appelés d'Algérie Contre la Guerre (4ACG),ou autres groupes progressistes pourront cicatriser nos plaies...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie 1954-1962 » de Raphaëlle Branche aux éditions Gallimard collection folio histoire.

  • Nous n'étions pas tous des salauds...

     

     

    L'ouvrage de Claude Couderc publié chez Liv'Editions est une fiction, il n'en dépeint pas moins une réalité décrite maintes fois par des appelés en Algérie, témoins et/ou acteurs involontaires mais contraints de la violence des accrochages avec les rebelles et des exactions commises par l'armée française dans notre ancienne colonie entre 1954 et 1962.

    Ce roman qui narre la vie d'un jeune infirmier breton idéaliste dans sa campagne natale et lors de son service militaire est d'une lecture aisée et accessible à tous, notamment pour les plus jeunes qui ont échappé à la vie de caserne et espérons-le échapperont à la guerre. Tout ou à peu près est évoqué dans ce livre : rupture avec la famille et le milieu, isolement, souffrances physiques et mentales, peur réelle ou irrationnelle, autorité débile des cadres, fraternité des appelés et empathie avec les populations locales, racisme, torture, objection de conscience, désertion...

    Garder sa dignité, rester des hommes, fut certainement le combat le plus difficile à mener pour ces jeunes paysans, ouvriers, étudiants, enseignants, certains y réussirent, d'autres par faiblesse et face à l'horreur du conflit se firent tortionnaires, aucun n'en est revenu indemne , tous en garderons à vie d'innombrables séquelles.

    Puisse l'évocation de ces heures sinistres ouvrir les yeux de ces égarés qui aujourd'hui encore évoquent le bon temps des colonies, encourager ceux qui ont toujours espoir dans le genre humain, rappeler que l'insoumission est un droit mais aussi très souvent un devoir...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Nous n'étions pas tous des salauds / Algérie 1961-1962 » de Claude Couderc chez Liv'Editions.

     

  • La guerre d'Algérie...

     

     

    Un état d'urgence décrété par un pouvoir versatile et toujours prêt à renier ses promesses, un appel aux « réservistes », des attentats meurtriers visant des civils, une ambiance délétère favorable aux exactions racistes, la menace de l'extrême droite, cela ne nous rappelle-t-il rien ? Cela ne nous ramène-t-il pas à des périodes bien sombres de notre histoire récente ?... Ce fut en gros l'atmosphère qui prévalut durant cette guerre sans nom qui gangréna notre société entre 1954 et 1962... et fait encore des dégâts aujourd'hui...

    Cette guerre fratricide est décrite de façon précise et documentée par Patrice Gélinet dans un livre publié par les éditions Acropole en collaboration avec l'I.N.A. à travers les témoignages de nombreux acteurs directs, protagonistes des diverses tendances, des divers combats.

    Depuis quelques années maintenant la parole, longtemps enfouie, se libère et devrait nous permettre de solder les comptes avec notre histoire et faire enfin la Paix, à condition bien sûr que la bête immonde arrête de déverser son fiel et que notre peuple, à l'image de ces mères qui bloquaient les trains menant leurs enfants à la mort, de ces objecteurs de conscience qui refusaient de porter les armes contre des individus qui ne réclamaient que la justice, de ces rescapés qui de nos jours encore œuvrent pour l'entente entre les peuples, décide enfin de renouer avec l'intelligence des Lumières, avec les valeurs de solidarité sur lesquelles il s'est construit...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La guerre d'Algérie / De la Toussaint rouge à l'indépendance » de Patrice Gélinet aux éditions Acropole en collaboration avec l'INA.

     

  • Deux fers au feu...

     

     

    Ce n'est pas d'aujourd'hui que les chefs d'état cultivent l'art de l'ambivalence et du reniement. Déjà De Gaulle le premier président de la cinquième, savait jouer de l'ambigu. C'est sur le problème algérien qu'il nous offrit sa meilleure partition. Du « Je vous ai compris » au forum d'Alger à la menace de partition à l'israélienne à l'adresse des indépendantistes, en passant par les diverses « intégration » et  « autodétermination », sans oublier les référendum-plébiscites, le général mena sa barque, navigant fier et méprisant, au nom de la raison d'état sur les ruisseaux sanglants de la population algérienne de toute origine qui ne comprenait rien aux enjeux politiques et des appelés à qui on faisait mener une guerre dans laquelle ils n'avaient que des coups à prendre. Combien de morts, de tortures, de déchirements auraient pu être évités par un positionnement clair et une volonté de sauver la Paix ? Mais les militaires, surtout lors qu'il se lancent en politique, c'est dans leurs gènes, faut que ça intrigue, faut que ça soit compliqué, faut que ça avance puis que ça recule, comme sur le front...

    Le livre de Jean-Philippe Ould Aoudia publié par les éditions Tirésias contribue à porter un éclairage indispensable à cette période des plus opaques de notre histoire récente et ce n'est pas du superflu pour comprendre notre actualité. Il est enrichi de témoignages et documents émouvants sur les assassinats des dirigeants des Centres Sociaux Educatifs dont son père, sur les souffrances des victimes de cette guerre infâme qui pourrit encore aujourd'hui les relations entre nos peuples et sert de terreau aux ambitions nauséabondes de nostalgiques fascisants...

     

    Henri Cazalès / Radio-Asso.

     

    « Deux fers au feu / De Gaulle et l'Algérie : 1961 » suivi de « Un crime d'Etat Paris 23 mai 1959 » de Jean-Philippe Ould Aoudia publié par les éditions Tirésias Collection Ces oubliés de l'Histoire.

     

  • Le voyage de Rémi...

    Compte-rendu de Monsieur Rémi Serres, Voyage à Tizi-Ouzou en compagnie de Monsieur Mohamed Khandriche

    Du 13 au 17 novembre 2015

     

     

    Le 12 novembre

    Je pars d'Istricou via Marseille et arrive vers 10 heures du soir à la Gare Saint-Charles de Marseille où m’attend Mohamed. C'est chez lui que je passerai la nuit.

     

    Le 13 novembre

    Après le petit déjeuner pris chez Mohamed nous voilà partis vers le bureau de Touiza Solidarité où nous y rejoint Michelle Pradel. Elle s'occupe des projets de la 4ACG avec Mohamed, il y a beaucoup d'échanges. Touiza Solidarité est soutenu par 4ACG dans la réalisation d'un projet de développement solidaire. C'est dans ce cadre que nous partons en Algérie. Michelle nous emmène à l'aéroport.

    Après une heure de vol nous voilà à Alger. Un ami de Mohamed nous attend à l'aéroport. Il nous prête sa voiture, direction Tizi Ouzou. Pas facile pour sortir d'Alger, ça bouchonne ! Mais M. Khandriche connaît les petites routes.

    Il sera tard quand nous arriverons à Tizi où l’une des responsables de l'association nous attend, ainsi qu’une table bien garnie (couscous et le reste) autour de laquelle siège une grande famille. Parmi les convives, une femme de 81 ans, une ancienne moudjahida. Trés heureuse de nous raconter sa vie dans le maquis, elle nous montre des photos de ce temps-là. Avec l'aide d'un écrivain, elle a écrit un petit livre : elle nous l'offre. Elle est ravie de raconter la vie de cette époque. Je ne comprends pas tout car elle parle kabyle. Mohamed en traduit des passages. Mais la fatigue se fait sentir et nous rejoignons notre hôtel (« les 3 roses »), pour une nuit bien méritée.

     

    Le 14 novembre

    De bonne heure, nous quittons notre hôtel vers la permanence de l'association AJIE partenaire de Touiza solidarité. Une trentaine de bénéficiaires, éleveurs venus des villages, nous y attendent : beaucoup de paysans mais aussi un représentant de la chambre d'agriculture, M. Bekkani Youcef et M. Bensalem Mohamed, technicien de la DDA.

    Après quelques présentations, je raconte un peu comment l'agriculture française a évolué ces dernières 50 années.

    Nous sommes passés d'une agriculture familiale, des petites fermes où l'on produisait à peu près tout ce dont nous avions besoin pour manger et où les bœufs et chevaux étaient la seule façon de travailler la terre (traction animale) à une agriculture industrielle (traction mécanique, les petites fermes ont disparu dans leur majorité). Les campagnes se sont vidées, de 7 million de paysans en 1950 nous sommes passées à 450 000 aujourd’hui et l'exode continue.

     

    L'agriculture industrielle a fait beaucoup d’erreurs. Nos ancêtres étaient biologistes sans le savoir, alors que notre génération a causé beaucoup de dégâts : beaucoup d'engrais, de pesticides, d'insecticides, beaucoup de pollution. Le sol s'est dégradé au point que dans certaines régions céréalières, il n'y plus d'humus. La terre est devenue un simple support. Nous avons détruit les haies, les talus, pour agrandir nos champs. Ils étaient pourtant un abri pour les oiseaux et les insectes. Toutes ces bestioles maintenaient l'équilibre de la nature : ils étaient indispensables.

     

    Nous avons fait beaucoup d’erreurs, il ne faudrait pas que vous fassiez les mêmes si possible.

    Vient ensuite le tour de table. Chacun se présente et parle de ses problèmes.

    Un bénéficiaire a essayé d’élever des vaches : ça n'a pas marché. Alors, il a acheté des chèvres. Il est content de son choix et arrive à vivre de son travail.

    Rima, une bénéficiaire du projet, vient de la ville. A son mariage elle découvre la campagne. Dans un premier temps, elle a travaillé avec sa belle-mère qui avait des vaches. Après une dispute entre les deux, elle a acheté deux brebis et en plus dans deux jours la vache qu'elle a achetée doit arriver. Vous auriez dû voir la mine réjouie de cette jeune dame à l'idée qu'elle allait avoir une vache à elle. Elle possède aussi un jardin, des arbres fruitiers et des volailles.

     

    Un éleveur, Arezki, a repris avec ses deux frères la petite ferme de son grand père. Contre la volonté de ce dernier, il a taillé les oliviers en couronne. Cette taille rajeunit l'arbre et rend la cueillette plus facile. Mais convaincre son grand père n'a pas été facile. Alors en cachette il a taillé 3 arbres. Au bout d'une année, il a fait voir le résultat à son grand-père. Devant ces beaux arbres rajeunis et productifs, celui-ci a dit : « tu peux les tailler tous ».

    De plus ce jeune a élevé 3 vaches qu'il essaie de nourrir avec les produits de la ferme : feuilles d’oliviers, de figuiers, de frênes et un peu d'herbe qu'il récolte entre les arbres. C'est lui qui nous apprend comment protéger les jeunes arbres des prédateurs : chèvres, chevreuils et autres. « Tu achètes une boîte de sardine, tu l'ouvres, tu laisses pourrir, quand c'est bien avancé, tu broies et mélanges avec de l'eau et tu sulfates le jeune arbre, aucune bête n'approche ! »

    Ses deux frères, nous dit-il, sont allés travailler à la ville mais ils veulent revenir à la terre. Ensemble, ils vont aussi récolter les olives plus tôt. Ils voudraient que le délai entre la cueillette et le pressage ne dépasse pas une semaine. C'est à ce prix que l'on arrive à faire une bonne huile.

    Il y a beaucoup d'autres échanges, avec nous ou entre eux, mais là je ne comprends pas tout car par moments, la langue kabyle reprend ses droits !

     

    Nous insistons pour que chacun d'eux reste le plus indépendant possible : acheter le moins possible (foin, aliments) mais plutôt cultiver sur leurs petites parcelles : du maïs fourrage de sorgho, de trèfle, de la luzerne, qui sont des plantes plus productives que l'herbe non cultivée. Un carré de maïs fourrage ou de sorgho peut nourrir 2 vaches pendant 2 mois. Si en plus on peut avoir un carré de luzerne, ou de trèfle, on a là de la nourriture pour les 3/4 de l'année.

    Jeudi 15 novembre

     

    Ce matin, nous irons voir les paysans chez eux. Mme Ibrahim, chef de projet, nous accompagne. Nous arrivons chez M’Hand et là : une étable au milieu des HLM ! Et oui Tizi s'agrandit ; tous les jours la ville avale de nouvelles terres agricoles, mais parfois quelques carrés résistent encore. Elle nous reçoit, elle travaille avec ses parents et son frère.

    Les parents ont une paire de bœufs, ils travaillent leur carré et vont aussi travailler pour leurs voisins.

    Son frère à deux vaches et elle a une vache depuis deux ans. Cette dernière lui a donné un premier veau, il a 16 mois et sera bientôt prêt pour la vente. Elle pourra ainsi rembourser son emprunt. Cette année un deuxième veau est né. Elle partage le lait de cette vache avec son veau : une moitié pour le petit et l'autre pour la vente. Tous les matins, il y a la collecte de lait qui part vers une laiterie. Il faut voir comme cette jeune fille est contente d'avoir une vache à elle ! De toute façon, nous dit-elle, on ne trouve pas d'emploi. Le travail de la terre me plait, je compte m'installer. Elle rêve d'avoir deux vaches à elle.

     

     

    En route pour le village d'à côté. Un gars nous attend, il a deux vaches, sa ferme, un peu de terrain plat, en plus arrosable, il peut faire y travailler un tracteur : il produit son foin et son grain. Nous n'en saurons pas plus.

     

     

     

    Départ vers la mairie de Tizi Rached où quelques élus nous attendent. Le maire adjoint nous reçoit. Il a vécu 10 ans à Paris, pas de problème de langue. En plus d'adjoint, il a un emploi et sa femme aussi, mais il a gardé deux vaches. Il est très préoccupé par la disparition des paysans et l'abandon des campagnes. Il se montre très attentif quand nous lui décrivons l'agriculture française, mais croit-il encore en l'agriculture de son pays ? Nous restons très interrogatifs.

     

    L'après-midi, nous allons au musée des anciens Moudjahidines et préparons la journée de demain. Nous sommes reçus par M. Ait Ahmed Ouali, Président de l’Association de la Révolution, en charge du Musée des anciens Moudjahidines de de la Wilaya de Tizi-Ouzou, le directeur du musée et des anciens Moudjahidines. Ils nous racontent l'histoire de la guerre jusqu’à nos jours. Ils nous disent combien, après la guerre de libération, ils étaient enthousiastes. Ils avaient des responsabilités parfois un peu plus qu'ils n'en auraient voulu. Par exemple l'un d'eux s'est retrouvé sous-préfet à 21 ans. Ils voulaient honorer ce que leurs amis morts au combat auraient voulu faire. Ils travaillaient beaucoup et puis, petit à petit ils se sont fait confisquer cette envie de faire par des gens de pouvoir, imbus de leur personne.

    Mouloud, un des deux, a fait la vraie guerre. Il raconte : « C’était la nuit, au cours d'un accrochage, nous voyant plus faible que l'ennemi, plutôt que de riposter, l'on se cache. Grâce à sa lampe, un soldat français me découvre, nous étions à un mètre l'un de l'autre. Alors j'ai tiré. »

    « Et tu l'as tué ? »

    Mouloud, baisse la tête. Il ne répondra pas. 

    C'est lui qui à l'indépendance s'est vu confié la responsabilité de sous-préfet à l’âge de 21 ans. Beaucoup de pieds noirs qui occupaient des postes étaient partis vers la France. Il fallait les remplacer, et c'est ainsi que l'on se retrouve très jeune à la tête d’une wilaya.

     

    Il nous a accueillis chez lui. Dans sa maison, il y avait des photos du maquis sur tous les murs. Sa femme nous sert. Elle nous offre un café, des fruits, des gâteaux. Elle s'est même mise en devoir de nous faire des gaufres que je devine à l'odeur.

    Nous parlons, nous parlons, nous connaissons les mêmes villages, j'avais fait mes 24 mois dans le coin. Ait Saada, Ait Daoud, Michelet : 50 ans après tous ces noms nous reviennent…

     

    Un jour, me dit-il, les troupes françaises tombent dans une de nos embuscades. Il y a des morts, vite nous prenons leurs armes et leurs habits. Les habits nous servaient parce que nous n'en avions pas beaucoup mais aussi car l'aviation nous prenait pour des soldats français et ne nous bombardaient pas. Le soir nous fouillons les poches des vêtements récupérés. Dans l'une d'elle, nous découvrons une lettre venue de France. Les parents du mort disaient à leur fils : « ne tue pas mon fils, tu n'es pas en Algérie pour tuer les jeunes de ton âge» Le chef a lu la lettre à tout le groupe, un grand silence a suivi.

    Ensemble, ils décidèrent d'écrire aux parents, pour leur dire leurs regrets d'avoir été obligé de tuer leur fils.

     

    La conversation s'est poursuivie, les récits se sont succédé. Il nous parle de l'opération jumelle. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire : en juillet, l'armée française décide de finir avec la rébellion. De Gaulle avait décidé cette stratégie. Il est venu lui-même faire le tour des postes pour mesurer la situation. Il avait décidé d'affaiblir l'armée de combat. Il voulait négocier avec l'armée des frontières qui se cachait en Tunisie ; pour quelle raison ? Pour en arriver là, on déploya des milliers de soldats dans la petite et la grande Kabylie.

    Mouloud, nous dit : « il y avait des soldats partout ». L'aviation, l'artillerie lourde et légère, tout fut déployé. Ainsi sur 12 000 maquisards, 8 000 furent tués.

    « Et toi comment tu t’en es sorti ? »

    « Le hasard et puis l'on se cachait dans les buissons à côté de la rivière, et les soldats n'ont pas pensé à ça. On mangeait des racines et même il paraît que certains buvaient leur urine pour ne pas mourir de soif. Ce fut un coup terrible porté aux maquisards. »

     

    16 novembre

     

    Direction le musée de Tizi Ouzou.

     

    Petit à petit la salle se remplit. Une cinquantaine de lycéens sont là et autant d'adultes dont une douzaine d'anciens Moudjahidines. Nous avons droit à l'hymne national algérien puis le directeur du musée nous présente. A notre tour nous présentons notre association puis nous visionnons le film « Retour d'Algérie ».

    La salle est attentive, les anciens maquisards découvrent les appelés du contingent. Le débat durera longtemps, beaucoup de questions et même de la part des lycéens. J’ai l'impression que les spectateurs découvrent une partie de leur histoire.

     

    Certains anciens n'avaient jamais revu un appelé depuis les combats. Ces appelés qui parlent dans le film ne tiennent pas les mêmes propos que les appelés des années de guerre.

     

    Et comme souvent, il y a l'après réunion. Les Moudjahidines nous entourent et continuent à poser des questions. Nous n'avons pas réponse à tout, simplement nous leur disons que nous ne pouvons pas répondre à la place des politiques.

    Par exemple, pourquoi Sarkozy a-t-il reconnu le génocide arménien et n'a pas reconnu le génocide algérien ? Bien sûr nous l'invitons à poser directement la question à Sarkozy.

     

    Ce n'est pas fini : la presse et la radio sont là, il faudra encore répondre à leurs questions. Pour terminer sur cette étape, je dirai qu'à mon avis, la venue d'un appelé en Algérie et l'existence de notre association les a beaucoup étonnés et interrogés.

    A la fin, le président du musée est venu vers nous. « Nous devrions faire quelque chose ensemble ». Et il nous propose de mettre des photos d'appelés dans leur musée ; photos avec commentaires à l'appui. Une première nous dit-il qui pourrait ouvrir une porte pour continuer à travailler avec votre association et reconnaître la souffrance ensemble du passé. »

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nous ne déjeunerons pas ce jour-là, pas le temps. Les paysans du projet de Touiza Solidarité nous attendent pour faire le bilan de nos rencontres. A nouveau une vingtaine de paysans sont là. La déléguée de la DDA est là aussi.

    Ensemble nous élaborons quelques souhaits :

    • se rencontrer plus souvent,
    • se rencontrer chez l'un d'eux plutôt que dans une salle de réunion,
    • profiter de la rencontre pour visiter l'élevage de celui ou celle qui nous reçoit, émettre des idées ou suggestions,
    • créer des groupes par types d'élevage, autrement dit créer des commissions vaches, commissions brebis, arbres fruitiers…Bien sûr la même personne pourrait faire partie de plusieurs commissions suivant leur besoin et leur intérêt.
    • constituer une caisse commune où chaque adhérent pourrait mettre une petite somme tous les mois, ce qui permet d’assurer les coups durs. Un système d’assurance interne : pas de franchise. Et pas d’assureurs qui se font de l’argent sur notre dos !
    • pourquoi pas un jardin collectif ou nous pourrons faire le gros des légumes, ce qui n'empêcherait pas d'avoir son petit jardin pour les petits légumes.
    • pourquoi pas un four à pain ou chaque semaine plusieurs personnes pourraient faire le pain et les galettes pour l'ensemble. Dans les temps anciens chaque village avait son four.

     

    Il en ressort aussi le souci de préserver l'environnement : pas d'intrants (pesticides, insecticides...), gardons la nature comme nos prédécesseurs nous l'ont laissée, gardons les arbres oliviers et figuiers, ce sont les principaux arbres de la Kabylie. Soyons inventifs, faisons des petits essais d'autres arbres : châtaigniers, par exemple.

    Restons modestes, ne mettons pas 4 vaches si nous n'avons de la place que pour 2. Les techniciens qui eux veulent faire marcher la machine économique nous pousseront dans cette voie, sachons dire non. Ce qui compte ce ne sont pas les dinars qui rentrent mais ce sont ceux qui restent.

     

    Et voilà que la Présidente de l'association AJIE nous mettra l’eau à la bouche en nous disant que dans sa famille, il va peut-être se libérer une ferme de plusieurs hectares !

    « Nous pourrions dit-elle, en faire une ferme pilote où l'on élèverait des vaches, des chèvres, des brebis, du blé. » Tout le monde se met à rêver et certains se voient déjà chef de culture ! Elle nous invite même à l'inauguration. Souhaitons que ce projet aboutisse.

     

    La réunion est terminée. En petit groupe, nous parlons de la condition de la femme en Algérie. L'une d'elle nous dit : « au 21eme siècle c'est encore la femme qui après une journée de cueillette d'olive emporte sur sa tête la récolte du jour et le mari passe devant avec sa houe sur l'épaule » et sa fille insiste : nous voyons encore cela en 2015 !

    Nous parlons des relations filles/garçons, de la vie des femmes algériennes. La soirée se termine avec des échanges de mails et de numéros de téléphone et des promesses de se revoir... On s'embrasse et on nous dit « reviens, reviens ». Ca fait chaud au cœur.

    Que restera-t-il ? L'avenir nous le dira.

          

    Le soir nous mangeons en compagnie de Si Saadi.

    Il nous dira : « vous êtes des vedettes, à la radio on ne parle que de vous ».

    Plus sérieusement il nous parlera des années 90 2000. Très dures années où il a failli plusieurs fois en être lui-même une victime.

    Il nous parlera aussi de l’Algérie actuelle.  

     

    Il est très tard quand nous nous quittons ; la nuit sera courte.

    Le lendemain debout à quatre heures, il faut rejoindre l’aéroport d’Alger avant les embouteillages.

    A l’aéroport, fouilles plus poussées, évènements obligent.

    Enfin j’embarque, Mohamed reste en Algérie.

    A Marseille notre ami Jacques  Pradel  m’attend à l’aéroport.

    Il m’emmènera à la gare Saint Charles via le Tarn.

               

    Le voyage est fini

     

    Remi 

     

     Rémi Serres est un fondateur et un animateur des 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre) Il est agriculteur retraité et habite le Tarn.

  • La bataille d'Einaudi...

    ll est d'abord ici question d'un homme, Jean-Luc Einaudi, et aussi d'un procès, celui en octobre 1997 de Maurice Papon et de son rôle sous l'occupation. Einaudi est l'auteur d'un livre intitulé « la bataille de Paris, 17 octobre 1961 », publié six ans auparavant, et c'est à ce titre qu'il vient à la barre : les parties civiles lui ont confié la lourde responsabilité d'être leur seul « témoin d'immoralité » sur la période algérienne de Papon. Le temps d'une journée d'audience, la 16 octobre 1997, ce « citoyen chercheur » va ouvrir une brèche dans le mur de silence derrière lequel le consensus national avait relégué le massacre de plusieurs centaines d'Algériens dans les rues de Paris, sous la responsabilité de son préfet de police.

    Au fil d'un récit documenté et passionnant, Fabrice Riceputi retrace les trois décennies du combat mené par Einaudi pour l'élucidation historique et la reconnaissance politique d'un crime colonial d'état. Du travail d'enquête solitaire qui permit de redonner « un nom et une adresse » à ce crime nié officiellement et demeuré jusque-là une sorte de rumeur mémorielle, en passant par le double procès retentissant qui aboutit à la reconnaissance du »massacre » par la justice française et à l'éclatement de la vérité historique, jusqu'au rappel de la résistance acharnée de l'appareil d'état lui-même à livrer ses secrets contenus dans les archives -cette autre grande muette de nos institutions comme le montre l'affaire Grand-Lainé-, c'est en définitive à une réflexion profonde sur l'incapacité de notre société à regarder en face son histoire coloniale que nous convie l'auteur. S'achevant sur un tableau effarant du déni qui, sur cette affaire comme sur d'autres, persiste encore au sein du corps social, ce livre constitue un vigoureux plaidoyer pour l'acceptation plein et entière d'un héritage dont l'occultation alimente, aujourd'hui plus que jamais, les formes les plus dangereuses du retour du refoulé.

     

    L'auteur Fabrice Riceputi enseigne l'histoire et la géographie dans un quartier populaire de Besançon. La préface est de Gilles Manceron historien spécialiste du colonialisme français.

    Le livre est publié par les éditions Le passager clandestin.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

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