Avertir le modérateur

guerre d'algérie

  • Sors, la route t'attend...

     

     

    Slimane Zeghidour est né en 1953 à El-Oueldja, un village montagnard de Kabylie, dans un monde oublié par l'œuvre bienfaitrice de la colonisation. Le 1er novembre de l'année suivante, les indépendantistes déclenchent la lutte armée et contraignent le pouvoir français à prendre conscience de l'ampleur du problème algérien. Alternant entre carotte et bâton, il usera de la répression en pratiquant les ratissages et la déportation des populations vers les camps de regroupement tout en dévouant une partie des militaires à des missions humanitaires dans le soin et l'enseignement. Slimane et sa famille quitteront leur gourbi pour le camp d'Erraguene où se construit un immense barrage qui engloutira la région. Ils y découvriront les progrès techniques et les Européens, tous aussi inaccessibles les uns que les autres. Néanmoins, les enfants pourront accéder à l'école, ce qui changera fondamentalement la vie de Slimane Zeghidour devenu aujourd'hui écrivain et auteur de ce livre publié aux éditions Les Arènes.

    Cet ouvrage est émouvant en ce qu'il rend hommage à un peuple digne qui sut résister et se libérer. Il est riche de renseignements pour qui l'aime et s'intéresse à son histoire. Il est clairvoyant sur la nature des relations entre les différentes populations. Il est plein d'espoir pour ceux qui croient à la paix et la fraternité entre les deux rives de la Méditerranée...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Sors, la route t'attend » de Slimane Zeghidour aux éditions Les Arènes.

     

  • Un crime d'Etat...

     

     

    « Ils sont pas nombreux en février à se souvenir de Charonne... » chantait Renaud, de son vivant libertaire. Aussi la publication de l'ouvrage collectif du Comité Vérité et Justice pour Charonne édité par Le Temps des Cerises est-elle la bienvenue, afin de nous remémorer ce triste événement de notre histoire récente. Le 8 février 62, l'extrême gauche antifasciste appelle à un rassemblement pour la paix en Algérie et contre les crimes de l'OAS. La préfecture de police de Paris, sous l'autorité du sinistre Papon l'interdit sous prétexte d'état d'urgence (déjà), la manifestation se déroule pourtant, calmement et sans provocation. C'est au moment de sa dislocation, dans le 11 ° arrondissement, que les chiens sont lâchés. Les brigades spéciales de la police parisienne, à coups de « bidules » les célèbres matraques, de tables de café, de grilles d'arbres en fonte exercent leur folie meurtrière en acculant les manifestants dans la bouche du métro Charonne et aux alentours. Neuf martyrs et de nombreux blesses auront à nouveau versé leur sang sur le pavé parisien au nom de leurs idées.

    Ce livre est un recueil de témoignages d'époque ou plus tardifs. Il est préfacé par Delphine Renard qui, à l'age de quatre ans a été victime d'un attentat OAS qui visait André Malraux, elle en portera toute sa vie les séquelles. Ce livre est aussi un hommage à toutes les victimes de violences policières, quels qu'en soient les lieux ou les périodes, il nous rappelle aussi le courage de ces femmes et ces hommes qui n'hésitaient pas, au nom de leurs valeurs, à braver l'autorité et en assumer les conséquences. Serions-nous encore capables de prendre de tels risques ?...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Un crime d'État. Métro Charonne 8 février 62 » Ouvrage collectif dirigé par le Comité Vérité et Justice pour Charonne publié par les éditions Le Temps des Cerises.

     

     

     

  • Ils ne savaient pas que c'était une guerre...

    Ils ne savaient pas que c'était une guerre...

     

    Et le pouvoir en place à l'époque se gardait bien de les informer sur ce qui les attendait sur l'autre rive de la grande bleue. D'ailleurs cette rébellion de quelques brigands, ces « événements » ne sauraient s'étaler dans le temps... La guerre d'Algérie dura huit ans et le traumatisme qu'elle a entraîné chez les appelés qui y participèrent est encore vivace de nos jours.

    Issus d' un petit village de la Loire, Bourg-Argental, des jeunes de vingt ans sont envoyés en Algérie sans préparation militaire, protéger l'ordre colonial et accomplir des tâches diverses, logistiques, administratives mais aussi de police, pendant de nombreux mois. Ils sont confrontés à la réalité de la guerre et à ses horreurs, embuscades, tortures, « corvées de bois », peur, mort des copains,solitude et nostalgie du pays.

    Ceux qui en reviendrons reprendront tant bien que mal le cours de leur vie et bien souvent se tairons, espérant ainsi tourner la page et oublier. Mais le poids est trop lourd, et devenus grand-pères, le besoin de soulager sa conscience se fait sentir, la parole se libère enfin.

    Tous ceux qui ont connu, à leur corps défendant, la contrainte d'une telle situation sont passés par une période de mutisme, puis au terme de leur existence, encouragés par leurs proches ou des associations comme les 4ACG (Anciens Appelés d'Algérie et leur Amis Contre la Guerre), ils leur est venu le besoin de transmettre. Leur expérience douloureuse doit profiter à tous afin de ne jamais se reproduire. Certains éprouverons même le besoin de retourner sur les lieux de leurs épreuves, ils y rencontrerons parfois d'anciens adversaires, qui les rassureront en leur tendant la main, les aidant ainsi à se déculpabiliser d'une réalité dont ils croyaient porter une responsabilité et sur laquelle pourtant ils n'avaient à l'époque aucune prise.

    Le livre et le film consacrés au témoignage des anciens conscrits de Bourg-Argental s'ajoutent aux nombreuses publications sur cette époque tragique. Ils contribuent à rappeler que, s'ils ne furent ni déserteurs, ni insoumis, ni objecteurs, les appelés dans leur majorité ont aussi à leur niveau refusé souvent d'accomplir des actes abjects et su rester malgré des conditions de vie difficiles et les pressions hiérarchiques, des êtres humains....

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Ils ne savaient pas que c'était une guerre » un ouvrage de Nicolas Bancel, Claire Nicolas, Romain Chasles, Fabrice Badol et Jean-Paul Julliand publié par les Éditions Chronique Sociale 1 rue Vaubecour 69002 Lyon et vendu au prix de 14,50 €

     

     

     

     

     

     

  • Un regard sur la guerre d'Algérie...

    La guerre d'Algérie n'est pas seulement l'affrontement de deux projets pour le devenir de l'Algérie, d'un côté le peuple algérien uni derrière le FLN et de l'autre les colons accrochés à leurs privilèges.

    Les partisans de Messali (MNA) – qui furent les premiers indépendantistes – ont tenté de tisser des liens avec la puissance coloniale pour une autre idée de la nation algérienne que celle du FLN. Celui-ci les a durement affronté en Algérie et en France, orchestrant une guerre civile meurtrière en Algériens.

    Certains Algériens étaient favorables au maintien de la présence française dans le pays – 300000 combattants dans l'armée française, plus que dans l'ALN – et des dizaines de milliers de fonctionnaires, enseignants ou intellectuels affichaient des sentiments anti-indépendantistes. Certains le payèrent de leur vie.

    Plus d'un million d'Européens issus de générations nées en Algérie souhaitaient par ailleurs rester vivre au pays. Nombreux, se sentant trahis par les dirigeants politiques, se sont soulevés contre un abandon plus ou moins programmé et sont entrés ainsi dans un conflit franco-français. Même des pieds-noirs – très minoritaires il est vrai – se sont rangés du côté du FLN.

    Cette guerre s'est déroulée sur le territoire algérien, mais aussi en France métropolitaine. Ce fut d'abord une guérilla, rarement une guerre de position, mais ce fut aussi un terrorisme urbain, une guerre civile et une guerre de religion.

    A partir d'une vingtaine de moments clés, avec la révélation d'éléments inédits, Roger Vétillard souligne la complexité souvent méconnue de ce conflit. Voilà qui explique que, plus d'un demi-siècle après son terme, beaucoup ne considérant qu'un angle, ne se reconnaissent pas dans les autres présentations. Il faut souhaiter qu'un jour une étude contradictoire et sereine puisse être menée pour que les oppositions prennent fin.

     

    L'auteur Roger Vétillard est né en Algérie. Après une carrière médicale hospitalière et universitaire, il s'est investi dans l'histoire de son pays natal. Son livre est préfacé par Kader Benamara et publié chez Riveneuve éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

  • La France ciblée...

    Novembre 54 : l'insurrection éclate en Algérie. Rapidement, le conflit gagne la métropole, où le FLN met en place une administration clandestine au fonctionnement efficace. Une véritable guerre l'oppose alors à son concurrent direct, le MNA. Très vite, des frontières invisibles apparaissent au sein des agglomérations françaises, entre les quartiers et les rues que les ouvriers algériens appartenant à l'un ou l'autre camp ne peuvent franchir sans risquer leur vie. Depuis ses bastions, le FLN mène en outre des attaques contre les cafés et les hôtels, organise des attentats à la bombe, mitraille des policiers et des commissariats. A Paris, Lyon, Marseille, des agents d'élite mettent en place des unités chargées d'infiltrer et de démanteler l'organisation clandestine, en s'appuyant notamment sur des harkis et des réseaux d'informateurs.

    Tous les moyens, légaux et illégaux, ont été utilisés des deux côtés, faisant de l'immigration algérienne en France métropolitaine un véritable champ de bataille où tombèrent plus de 4000 victimes. Les dessous d'une guerre secrète qui s'est déroulée, pendant huit ans sur le territoire français.

     

    L'auteur Gregor Mathias est docteur en histoire et chercheur spécialiste des relations internationales et de la guerre d'Algérie. Son livre La France ciblée / Terrorisme et  contre-terrorisme pendant la guerre d'Algérie  est publié par les éditions Vendémiaire.

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Communiqué 4 ACG

    Charte de la fraternisation entre les peuples français et algérien

    « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » (Article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948)

    Convaincus :

    • que la fraternité universelle devrait régir les relations entre les êtres humains quelles que soient leurs origines et leurs croyances ;
    • qu’il importe en conséquence de renforcer la fraternisation entre les deux rives de la Méditerranée ;
    • que si la réconciliation relève de la compétence des Etats, la fraternisation relève de celle de la société civile.

    Rappelant :

    • que même si les heures sombres de notre histoire commune appartiennent au passé, la connaissance du fait colonial doit être recherchée, préservée et enrichie au nom du devoir de mémoire et du droit à l’Histoire, pour faire obstacle aux thèses révisionnistes et négationnistes.
    • qu’en l’espèce, tout en veillant strictement à ne pas mettre sur le même plan l’oppresseur et l’opprimé, l’impartialité invite à la reconnaissance, par nos deux peuples, des violations graves des Droits de l’Homme commises au cours de cette période douloureuse, que soient reconnues et honorées les mémoires des victimes de tous les massacres collectifs, les exactions subies par les populations civiles quelles qu’elles soient, du 8 mai 1945 à juillet 1962.
    • qu’enfin l’ouverture des archives par la France et l’Algérie et leur libre accès aux historiens des deux pays puissent permettre une connaissance partagée de la vérité et ouvrir la voie à l’apaisement nécessaire.

    Constatant :

    • que les couples mixtes en constante augmentation, contribuent à renforcer les liens entre nos deux pays et permettent un enrichissement culturel réciproque.
    • que la volonté de fraternisation a conduit certains Anciens Appelés à verser leur « pension du combattant » pour financer des opérations de développement en Algérie ; à éditer le livre Guerre d’Algérie, Guerre d’indépendance. Paroles d’humanité (L’Harmattan) ; à organiser plusieurs voyages en Algérie pour échanger, goûter à l’amitié, fraterniser ; à témoigner dans les établissements scolaires ; à projeter le film « Retour en Algérie ».

    En conséquence :
    L’Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4acg), association laïque, indépendante de toute institution politique, philosophique ou religieuse, résolument engagée en faveur du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, approuve la présente Charte.
    Elle invite d’autres associations et institutions à la rejoindre sur ce texte ou dans ses intentions afin de concourir à renforcer le lien de fraternité entre les peuples algérien et français.

     

  • La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie...

     

     

    Le travail de l'historien ne se limite pas à écouter et transcrire les souvenirs des acteurs ou des témoins d'événements antérieurs, il doit avant tout piocher dans une quantité impressionnante d'archives, puisqu'il doit approcher au plus près de la vérité. Ce travail peut s'avérer souvent harassant, surtout si on se heurte au secret d'état, à la grande muette, au tabou de la guerre d'Algérie... Dans sa thèse rééditée aujourd'hui par les éditions Gallimard, Raphaëlle Branche décrit les difficultés qu'elle a connu pour accéder aux documents et témoignages nécessaires à l'écriture d'un livre le plus documenté et le plus objectif possible sur cette période peu glorieuse et toujours douloureuse de notre histoire récente.

    La pratique de la torture par les militaires français fut connue dès le début du conflit par des écrits qui, bien que censurés, ont circulé dans les sphères politiques et intellectuelles du pays. L'État, pourtant garant de la loi, n'a pas su (ou dans certains cas voulu) voir l'armée outrepasser ses droits et se livrer à des pratiques guestapistes dont pourtant certains de ses cadres furent quelques années auparavant victimes. La tentative de justification par la nécessité du maintien de l'ordre et de l'obtention de renseignements n'a jamais pu justifier la barbarie sadique appliquée par les sinistres DOP et autres officines spécialisées dans la démolition physique et psychique des individus, hommes, femmes, enfants traités avec une rare inhumanité.

    De retour dans leurs foyers, les soldats, notamment les appelés, se sont longtemps terrés dans un mutisme douloureux, considérant qu'ils n'étaient que les exécutants d'ordres venant de la hiérarchie et auxquels il était impossible de s'opposer. Pourtant certains, comme le déserteur Noël Favrelière et à l'exemple du général de Bollardière, refusèrent de cautionner un système aussi dégradant pour la fonction militaire. Internements arbitraires, déplacements de population, incendies de mechtas, tourments psychologiques, « gégène », baignoires, viols, représentent des violences intolérables et des crimes de guerre. Tout ce panel destructeur s'avéra pourtant inutile, puisque le peuple algérien accéda néanmoins à son indépendance. Mais combien de vies détruites d'un côté comme de l'autre, combien de souffrances, de haines persistantes, et ce ne n'est pas l'amnistie/amnésie voulu par les pouvoir successifs qui atténuera les douleurs. Seule l'éclosion de la vérité, la parole libérée, la volonté de réparation comme celle pratiquée par l'Association des Anciens Appelés d'Algérie Contre la Guerre (4ACG),ou autres groupes progressistes pourront cicatriser nos plaies...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie 1954-1962 » de Raphaëlle Branche aux éditions Gallimard collection folio histoire.

  • Nous n'étions pas tous des salauds...

     

     

    L'ouvrage de Claude Couderc publié chez Liv'Editions est une fiction, il n'en dépeint pas moins une réalité décrite maintes fois par des appelés en Algérie, témoins et/ou acteurs involontaires mais contraints de la violence des accrochages avec les rebelles et des exactions commises par l'armée française dans notre ancienne colonie entre 1954 et 1962.

    Ce roman qui narre la vie d'un jeune infirmier breton idéaliste dans sa campagne natale et lors de son service militaire est d'une lecture aisée et accessible à tous, notamment pour les plus jeunes qui ont échappé à la vie de caserne et espérons-le échapperont à la guerre. Tout ou à peu près est évoqué dans ce livre : rupture avec la famille et le milieu, isolement, souffrances physiques et mentales, peur réelle ou irrationnelle, autorité débile des cadres, fraternité des appelés et empathie avec les populations locales, racisme, torture, objection de conscience, désertion...

    Garder sa dignité, rester des hommes, fut certainement le combat le plus difficile à mener pour ces jeunes paysans, ouvriers, étudiants, enseignants, certains y réussirent, d'autres par faiblesse et face à l'horreur du conflit se firent tortionnaires, aucun n'en est revenu indemne , tous en garderons à vie d'innombrables séquelles.

    Puisse l'évocation de ces heures sinistres ouvrir les yeux de ces égarés qui aujourd'hui encore évoquent le bon temps des colonies, encourager ceux qui ont toujours espoir dans le genre humain, rappeler que l'insoumission est un droit mais aussi très souvent un devoir...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Nous n'étions pas tous des salauds / Algérie 1961-1962 » de Claude Couderc chez Liv'Editions.

     

  • La guerre d'Algérie...

     

     

    Un état d'urgence décrété par un pouvoir versatile et toujours prêt à renier ses promesses, un appel aux « réservistes », des attentats meurtriers visant des civils, une ambiance délétère favorable aux exactions racistes, la menace de l'extrême droite, cela ne nous rappelle-t-il rien ? Cela ne nous ramène-t-il pas à des périodes bien sombres de notre histoire récente ?... Ce fut en gros l'atmosphère qui prévalut durant cette guerre sans nom qui gangréna notre société entre 1954 et 1962... et fait encore des dégâts aujourd'hui...

    Cette guerre fratricide est décrite de façon précise et documentée par Patrice Gélinet dans un livre publié par les éditions Acropole en collaboration avec l'I.N.A. à travers les témoignages de nombreux acteurs directs, protagonistes des diverses tendances, des divers combats.

    Depuis quelques années maintenant la parole, longtemps enfouie, se libère et devrait nous permettre de solder les comptes avec notre histoire et faire enfin la Paix, à condition bien sûr que la bête immonde arrête de déverser son fiel et que notre peuple, à l'image de ces mères qui bloquaient les trains menant leurs enfants à la mort, de ces objecteurs de conscience qui refusaient de porter les armes contre des individus qui ne réclamaient que la justice, de ces rescapés qui de nos jours encore œuvrent pour l'entente entre les peuples, décide enfin de renouer avec l'intelligence des Lumières, avec les valeurs de solidarité sur lesquelles il s'est construit...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La guerre d'Algérie / De la Toussaint rouge à l'indépendance » de Patrice Gélinet aux éditions Acropole en collaboration avec l'INA.

     

  • Deux fers au feu...

     

     

    Ce n'est pas d'aujourd'hui que les chefs d'état cultivent l'art de l'ambivalence et du reniement. Déjà De Gaulle le premier président de la cinquième, savait jouer de l'ambigu. C'est sur le problème algérien qu'il nous offrit sa meilleure partition. Du « Je vous ai compris » au forum d'Alger à la menace de partition à l'israélienne à l'adresse des indépendantistes, en passant par les diverses « intégration » et  « autodétermination », sans oublier les référendum-plébiscites, le général mena sa barque, navigant fier et méprisant, au nom de la raison d'état sur les ruisseaux sanglants de la population algérienne de toute origine qui ne comprenait rien aux enjeux politiques et des appelés à qui on faisait mener une guerre dans laquelle ils n'avaient que des coups à prendre. Combien de morts, de tortures, de déchirements auraient pu être évités par un positionnement clair et une volonté de sauver la Paix ? Mais les militaires, surtout lors qu'il se lancent en politique, c'est dans leurs gènes, faut que ça intrigue, faut que ça soit compliqué, faut que ça avance puis que ça recule, comme sur le front...

    Le livre de Jean-Philippe Ould Aoudia publié par les éditions Tirésias contribue à porter un éclairage indispensable à cette période des plus opaques de notre histoire récente et ce n'est pas du superflu pour comprendre notre actualité. Il est enrichi de témoignages et documents émouvants sur les assassinats des dirigeants des Centres Sociaux Educatifs dont son père, sur les souffrances des victimes de cette guerre infâme qui pourrit encore aujourd'hui les relations entre nos peuples et sert de terreau aux ambitions nauséabondes de nostalgiques fascisants...

     

    Henri Cazalès / Radio-Asso.

     

    « Deux fers au feu / De Gaulle et l'Algérie : 1961 » suivi de « Un crime d'Etat Paris 23 mai 1959 » de Jean-Philippe Ould Aoudia publié par les éditions Tirésias Collection Ces oubliés de l'Histoire.

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu