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  • Ce que j'ai appris dans la vie...

    Angel Pestana naît à Santo Tomas de Ollas (Léon) le 14 février 1886 et meurt Barcelone en 1937. Tout ou long d'une vie agitée il développe une activité peu commune. En même temps il lui revient de vivre, quelquefois comme protagoniste, des événements d'une grande importance dans l'histoire du mouvement ouvrier espagnol. Tout cela lui donne une expérience indiscutable qu'il raconte d'une manière confidentielle, intime et sincère, dans Ce que j'ai appris dans la vie. 
    Comme toile de fond de toute son activité postérieure, il raconte son enfance malheureuse, ses premiers pas dans l'ambiance du travail, ses migrations à l'étranger, ses premières collaborations à Tierra y Libertad et ses contacts avec les centres confédéraux avec lesquels il restera lié toute sa vie. La vision d'Angel Pestana sur les événements qui le touchent de près est celle d'un militant, immergé dans la lutte quotidienne, et d'une humanité étonnante. 
    C'est un témoin privilégié de l'histoire de notre siècle. Déjà connu à travers son Rapport sur mon séjour en URSS, Considérations et jugements sur la IIIe Internationale et Pourquoi a été créé le Parti Syndicaliste, il contribue avec cet ouvrage à se présenter à nos yeux comme il était vraiment.

     

    Angel Pestana est un militant anarcho-syndicaliste espagnol devenu réformiste. Il est à plusieurs reprises secrétaire du Comité National de la C.N.T. En juillet 1920, il est délégué par la CNT au congrès de la Troisième Internationale à Moscou. Le 25 août 1922, il tombe sous les balles des pistoleros du patronat. Hospitalisé dans un état grave, il se remet de ses blessures. En 1929, il est contraint à la démission du Comité National de la CNT pour ses prises de positions réformistes. 
    En 1931, il fait partie de la fraction dissidente, dite Trentiste, du nom des trente signataires d'un appel favorable à une évolution politique. Exclu, il fonde fin 1932 le Parti Syndicaliste et est élu député du Front populaire en février 1936. Deux mois avant sa mort le 11 décembre 1937, il est nommé sous-commissaire général aux armées.

     

    « Ce que j'ai appris dans la vie / Un anarcho-syndicaliste dans les années avant la guerre civile espagnole » est publié par Les Editions du Coquelicot à Toulouse.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

  • Paroles d'avant l'oubli...

     

     

    Comme le monde est petit. Alors que je venais d'apprendre la sortie en librairie d'un livre de témoignages sur l'exil des républicains espagnols, et que je m'empressais de le quémander auprès de son éditeur, les éditions Parole, je découvre que son auteure, Emma Sanz-Delzars est la fille de Manuel Sanz, un militant anarcho-syndicaliste de la CNT que j'avais croisé et apprécié parmi la nombreuse colonie espagnole qui s'était laborieusement et souvent misérablement installée dans notre cité. Hélas, ce n'est pas d'aujourd'hui que les prétendues traditions d'accueil du tout aussi prétendu pays des Droits de l'Homme ont du mal à s'appliquer dans la vie quotidienne de notre société...

    Ce livre en est une parfaite illustration. L'auteure, née à Montauban en 1938, s'incarne dans sa mère et s'empare des souvenirs de cette dernière pour retracer au plus près de la vérité historique ce que fut la souffrance tant physique que psychologique de ces vaincus qui n'ont pourtant jamais déposé leurs armes.

    Pour comprendre ce que demeura malgré tout leur foi dans un avenir meilleur, il faut avoir partagé avec eux ces moments d'exaltation les 19 juillet (jour anniversaire du soulèvement populaire contre le coup d'état de Franco) au Palais des Sports de Toulouse, une salle bondée, la place Dupuy débordant de cars arrivés de toute le sud du pays, des clandestins venus d'Espagne et ovationnés, les discours enflammés de Fédérica Montsény, la qualité de l'expression artistique des Jeunes Libertaires, la profondeur des conférences d'Aristide Lapeyre, le bain de fraternité qui les unissait ces jours là, leur joie et leur dignité. J'ai eu l'honneur de partager ces moment avec eux.

    Si Mai 68 me fit découvrir l'anarchisme sous un jour bien différent de ce que l'école, ou les staliniens que j'avais fréquenté antérieurement, m'avaient présenté, j'ai appris avec nos « companeros » les collectivités agricoles qui avaient aboli la propriété et l'argent et où pourtant les gens vivaient heureux, libres et responsables, les colonnes de miliciens qui élisaient leurs chefs et pouvaient les révoquer, les ouvriers s'emparant des usines, le véritable communisme, l'égalité des sexes, l'athéisme et le rationnel, le plaisir d'apprendre dans les livres qu'ils nous offraient, la convivialité quand, pour fêter la mort du dictateur, ils transgressaient leur proverbiale abstinence pour nous offrir le champagne...

    Ils nous ont donné leur amitié et leur savoir, nous avons dragué leurs filles et partagé leur intimité, nous les avons accompagné dans leurs luttes ici et outre Pyrénées, trop souvent aussi jusqu'à leur tombe loin de leur terre natale, mais qu'importe, la Terre est à tout le monde. L'Universaliste ne se connait pas de patrie.

    Alors que des nuages menaçants se profilent à l'horizon, que les idées fascistes qu'ils n'ont eu de cesse de combattre toute leur vie se banalisent parmi nos concitoyens, que l'irrationnel sert de plus en plus de repère à des populations en perdition intellectuelle, qui sait si un jour une « retirada » inversée ne nous sera pas imposée par l'histoire ? Souhaitons seulement qu'alors l'accueil qui nous serait réservé soit plus chaleureux et humain que celui que nous avons accordé aux réfugiés d'hier et encore à ceux d'aujourd'hui...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Paroles d'avant l'oubli » de Emma Sanz-Delzars aux éditions Parole.

  • Anarchistes contre Franco...

     

     

     

     

     

    Après la victoire franquiste de 1939, son implication dans la Résistance anti-fasciste et le désespoir de constater que la libération de l'Europe s'arrêtait aux Pyrénées, le mouvement libertaire espagnol peina à se restructurer sur le territoire comme en exil. Entre répression sanglante et luttes intestines, la nouvelle génération des années 60, dont les auteurs de ce livre re-publié aux éditions Albache, Octavio Alberola et Ariane Gransac furent des acteurs, réussit à donner une nouvelle dynamique au combat anti-autoritaire contre la dictature dans la mouvance contestataire de 68 et ce jusqu'à la mort du caudillo. Aujourd'hui fortes de l'expérience de la Révolution et malgré les désaccords toujours existants entre réformistes et révolutionnaires, les organisations libertaires et la CNT en particulier, sont à nouveau sur le terrain des luttes. Face à une situation politique internationale qui n'est pas sans rappeler les années 30, gageons qu'elles sauront à nouveau tenir leur place...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « Anarchistes contre Franco / Action révolutionnaire internationale 1961-1975 » Octavio Alberola et Ariane Gransac aux éditions Albache.

     

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