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charlie hebdo

  • Chercher le sens...

     

     

     



     

    Un million, puis trois, puis cinq.... Où s'arrêtera donc la production de ce numéro exceptionnel de Charlie-Hebdo ?... Si l'on y ajoute les dons divers et variés réclamés à grands coups d'appels poignants sur les médias et les aides officielles promises par le pouvoir, quelle belle opération financière !... Un journal moribond qui renait sur des cadavres, si on rajoute à cet événement la résurrection d'un chef d'état hier agonisant dans les sondages, aujourd'hui auréolé de gloire, y pas a dire la mort ça paye !... Vous me direz : il faut acheter le papier et l'organisation des grandes manifestations unitaires ça a du couter, il a bien fallu payer aussi le bedeau de notre dame pour le glas, et les heures supp de tous nos vaillants protecteurs en uniforme, néanmoins il doit bien y avoir un petit bénéf qui sera sans aucun doute attribué au département de la Seine St Denis au profit de ses œuvres sociales et de la culture... Ça relèverait du bon sens puisque ces contrées sont parait-il des foyers de contagion intégriste... Mais le bon sens, disons le sens tout court, on ne s'en préoccupe guère. Les couvertures de Charlie représentant le prophète ont-elles instillée le moindre doute dans la conscience des croyants, ont-elles provoqué le moindre débat, ont-elles fait avancer l'intelligence ? J'en doute fort, elles n'ont fait que choquer une population déjà meurtrie et dont la jeunesse, pourtant bien française, peine à trouver sa place dans une société de plus en plus excluante. Si je considère que la liberté d'expression ne doit pas avoir de limite, je pense que son exercice doit conduire vers l'ouverture d'esprit et la tolérance. Je suis athée, la critique des religions ne me gène point au contraire, mais je respecte profondément les croyances, même les plus originales et farfelus, car je refuse de vivre dans un monde de clones biens pensants où règnerait la pensée unique de quelques pseudo- intellectuels bobos prétendant détenir la vérité infuse...

     



     

    Riton

     



     

    15 01 15

     


     

     

     

     

  • Et maintenant...

     

     

     

     

     

    Etourdis et la gueule pleine de bois vous reprenez le chemin de votre aliénation quotidienne. Vos guiboles sont lourdes d'avoir tant piétiné, vous êtes aphones d'avoir tant crié, mais vous avez vécu un dimanche for-mi-dable !!! Ce matin votre patron est un peu plus souriant, madame pôle emploi vous tient la porte, rien ne sera plus comme avant... Mardi, votre patron est un peu moins souriant, madame pôle emploi vous fait la gueule, rien ne sera plus comme la veille... Mercredi, votre patron vous regarde de travers et madame pôle emploi est franchement revêche... Mais vous avez manifesté pour la liberté d'expression et ça va pas en rester là, vous allez traiter votre taulier de fumier d'exploiteur et madame pôle emploi de salope de planquée... Faut bien que tous ces morts servent à quelque chose... Merde !... Jeudi vous irez au taff la queue basse et vous demanderez à madame pôle emploi de bien vouloir avoir l'obligeance de ne pas vous radier, vous en oublierez même d'acheter la nouvelle mouture de Charlie-hebdo... La liberté d'expression, c'est pas quand on est des millions dans des grandes messes ou fusionnent opprimés et oppresseurs, flics et voyous, nantis et misérables, qu'elle se gagne, c'est tous les jours, surtout pas dans les moments et les lieux où le pouvoir nous dit de faire, ce n'est ni dans les manifs-spectacles ni lors des consultations électorales qu'on la conquiert mais dans sa misérable quotidienne, souvent seuls face à l'adversité...

     

    L'enthousiasme d'hier va retomber comme un soufflet, ne resteront que des promesses impossibles à tenir et un énorme sentiment de frustration qui entrainera une dépression abyssale. Traitez-moi de tous les noms, allez-y j'ai l'habitude. Néanmoins, je me permets de vous rappeler qu'une des dernières grandes manifestations de l'unité du peuple français eut lieu fin juillet 1914, il y a plus de cents ans, et que le lendemain on partait la fleur au fusil, pour une boucherie qui allait durer quatre longues années et faire bien plus de morts que vous tous hier réunis. Ceux qui prétendent que Paris ressemblait à celui de 44 semblent avoir oublié que le peuple de notre vieux pays avait en ces temps là à se faire pardonner sa servilité voire sa collaboration et que de tondre quelques filles perdues ne pouvait en rien le racheter... Jusqu'ici je pensais que nous étions revenus aux années 30 avec crise économique et reconstitution des ligues fascistes, aujourd'hui je crois que nous reculons encore et que, histoire de combler la vacuité de nos existences et succombant au sirènes de l'union sacrée, nous serions à nouveau capable d'accepter l'inacceptable : la guerre... Le capital de l'époque avait besoin déjà de s'ouvrir des marchés et surtout d'anéantir les velléités unitaires du monde du travail. Un conflit aujourd'hui serait universel et l'ennemi impossible à identifier, mais le capitalisme n'est-il pas devenu aussi une nébuleuse aux enjeux internationaux sur laquelle, humbles terriens nous n'avons aucune prise ? Je ne suis nullement un adepte de la théorie du complot, je m'interroge seulement, ce dont je suis sûr par contre c'est de la capacité des maîtres du monde à sacrifier la moitié de la population de la planète pour la satisfaction de leurs folles ambitions et la sauvegarde de leur pouvoir...

     

     

     

    Riton

     

     

     

    12 01 15

     

  • Manif pour tous...

     

     

     

     

     

    Aujourd'hui le petit père Hollande jubile. Il l'a sa manif pour tous à lui, même qu'elle est plus mieux que celle de Frigide Barjot et de ses affidés ultra réacs. Ils sont venus, ils sont tous là comme dit la chanson d'Aznavour, tous les politiques divers et biens pensants (seul le FN a été déclaré indésirable, ce qui de fait le définit comme le seul véritable opposant), les têtes couronnées voisinent avec les dictateurs africains, les drapeaux tricolores se mèlent aux poings levés, les exploités embrassent les spéculateurs du CAC 40, on se congratule, on se tape sur le ventre, on en oublierait presque que l'on danse autour de vingts cadavres encore fumants, je dis bien 20 pas 17, je ne crois pas la mort raciste ni discriminante... Quel peuple formidable, capable de passer de la haine à l'amour, de la douleur à la joie avec une telle aisance. Hier encore on se lamentait sur le sort de Rémi Fraisse, vous vous souvenez, ce jeune écolo éclaté par une grenade gendarmesque sur le site de Sivens, un trou perdu du Tarn, on protestait contre l'implantation d'un aéroport ou d'un village de vacances, ah oui, mais ça c'était avant... L'union sacrée de la patrie reçoit parait-il l'assentiment de 97 % des français sondés par tous les trous, je ne me suis jamais senti aussi infra minoritaire, j'en savoure l'instant..., ça m'étonnerait que ça dure...

     

     

     

    Riton

     

  • Un texte intéressant...

     

    Claude Guillon est un écrivain français né en 1952. Communiste libertaire, il défend des positions situationnistes. Il est l’auteur du livre publié en 1982 Suicide, mode d'emploi.

     

    VOUS FAITES ERREUR, JE NE SUIS PAS CHARLIE…

     

     Trouvé sur Lignes de Forces, blog de Claude Guillon.

     

    Je ne doute pas qu’il existe des « Charlie » sympathiques et plein(e)s de bonnes intentions. Je suis inondé, comme tout le monde, de leurs courriels indignés. Je n’en suis pas.

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que je sais que l’immense majorité de ces Charlie n’ont jamais été ni Mohamed ni Zouad, autrement dit aucun de ces centaines de jeunes assassinés dans les banlieues par « nos » policiers (de toutes confessions, les flics !) payés avec « nos » impôts. Si je recours aux outils du sociologue, je comprends pourquoi il est plus immédiatement facile pour des petits bourgeois blancs de s’identifier avec un dessinateur connu, intellectuel et blanc, qu’avec un enfant d’immigrés ouvriers du Maghreb. Comprendre n’est ni excuser ni adhérer.

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que je refuse de me « rassembler », sur l’injonction du locataire de l’Élysée, avec des politicards, des flics et des militants d’extrême droite. Je ne parle pas en l’air : une connaissance m’explique que sur son lieu de travail, ce sont des militants cathos homophobes de la dite « Manif pour tous » qui s’impliquent dans l’organisation d’une minute de silence pour l’équipe de Charlie Hebdo.

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que je refuse de pleurer sur les cadavres de Charlie Hebdo avec un François Hollande qui vient d’annoncer que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera construit, autrement dit qu’il y aura d’autres blessé(e)s graves par balles en caoutchouc, et sans doute d’autres Rémi Fraisse.

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que je suis viscéralement — et culturellement — hostile à toute espèce d’ « Union sacrée ». Même les plus sots des journalistes du Monde ont compris qu’il s’agit bien de cela ; ils se demandent simplement combien de temps cette « union » peut durer. Se « rassembler » derrière François Hollande contre la « barbarie islamiste » n’est pas moins stupide que de faire l’union sacrée contre la « barbarie allemande » en 1914. Quelques anarchistes s’y sont laissés prendre à l’époque ; ça va bien comme ça, on a donné !

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que le « rassemblement » est l’appellation néo-libérale de la collaboration de classes. Certain(e)s d’entre vous s’imaginent peut-être qu’il n’existe plus de classes et moins encore de lutte entre elles. Si vous êtes patron ou chef de quelque chose (bureau, atelier…), il est normal que vous prétendiez ça (et encore ! il y a des exceptions) ou que vous puissiez le croire. Si vous êtes ouvrier, ouvrière, contraint(e) à des tâches d’exécution ou chômeur/chômeuse, je vous conseille de vous renseigner.

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que si je partage la peine des proches des personnes assassinées, je ne me reconnais en aucune façon dans ce qu’était devenu, et depuis quelques dizaines d’années, le journal Charlie Hebdo. Après avoir commencé comme brûlot anarchisant, ce journal s’était retourné — notamment sous la direction de Philippe Val — contre son public des débuts. Il demeurait anticlérical. Est-ce que ça compte ? Oui. Est-ce que ça suffit ? Certainement pas. J’apprends que Houellebecq et Bernard Maris s’étaient pris d’une grande amitié, et que le premier a « suspendu » la promotion de son livre Soumission (ça ne lui coûtera rien) en hommage au second. Cela prouve que même dans les pires situations, il reste des occasions de rigoler.

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que je suis un militant révolutionnaire qui essaie de se tenir au courant de la marche du monde capitaliste dans lequel il vit. De ce fait, je n’ignore pas que le pays dont je suis ressortissant est en guerre, certes sur des « théâtres d’opération » lointains et changeants. De la pire manière qui soit, puisque partout dans le monde et jusque dans mon quartier, des ennemis de la France peuvent me considérer comme leur ennemi. Ce qui est parfois exact, et parfois non. Au moins, sachant que la France est en guerre, je n’éprouve pas le même étonnement que beaucoup de Charlie à apprendre qu’un acte de guerre a été commis en plein Paris contre des humoristes irrespectueux envers les religions.

     

    Je ne suis pas Charlie, parce que faute de précisions, et du fait même de l’anonymisation que produit la formule « Je suis Charlie », cette formule s’entend nécessairement, et au-delà des positions sans doute différentes de tel ou telle, comme un unanimisme « antiterroriste ». Autrement dit : comme un plébiscite de l’appareil législatif dit « antiterroriste », instrument de ce que j’ai appelé terrorisation démocratique.

    Je ne suis pas Charlie. Je suis Claude. Révolutionnaire anarchiste, anticapitaliste, partisan du projet communiste libertaire, ennemi mortel de tous les monothéismes — mais je sacrifie à Aphrodite ! — et de tout État. Cela suffit à faire de moi une cible pour les fanatiques religieux et pour les flics (j’ai payé pour le savoir).

    Je suis disposé à débattre avec celles et ceux pour qui la tuerie de Charlie Hebdo est une des horreurs de ce monde, auxquelles il est inutile d’ajouter encore de la confusion, à forme d’émotion grégaire.

    Claude Guillon.

     

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