Avertir le modérateur

Livres

  • Un tortionnaire ordinaire ?...

     

     

    Qui est réellement Jean ? Le copain joyeux et boute en train du temps des classes en Allemagne, le tortionnaire sans merci de la guerre coloniale, le paysan cossu du centre de la France ?...

    Cinquante ans après la fin de la guerre d'Algérie et sur les conseil de son maître de thèse, Claude Juin revient sur son histoire, notre histoire, pour comprendre les raisons qui ont fait d'un jeune gars bien sympa, un salaud. L'auteur retrouvera les coordonnées de Jean et s'en suivront trois rencontres durant lesquelles il essaiera de saisir le pourquoi d'une telle inhumanité et ce qu'il reste de ces périodes terribles dans la conscience de son ancien compagnon de chambrée, un homme ordinaire et sans remord qui se réfugie derrière les circonstances, la hiérarchie et l' »ambiance » du moment. Le récit de ces rencontres publié par les éditions du croquant est enrichi par l'analyse fine de la psychologue clinicienne Muriel Montagut et font de ce livre un outil indispensable pour tous ceux et celles qui s'interrogent sur l'incommensurable complexité de l'être humain, un animal décidément bien étrange...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Un tortionnaire ordinaire ?  Rencontre avec un ancien appelé de la guerre d'Algérie» de Claude Juin et Muriel Montagut, préface par Michel Wieviorka aux éditions du croquant.

  • Les Poilus du Sud-Ouest...

    Au cours du brûlant été 1914, les jeunes Girondins, Landais, Charentais, Basques, Béarnais ou Pyrénéens quittent leur « petite patrie » pour se rendre à la guerre, trop souvent pour ne plus revenir. Ils partent avec le 18e corps d’armée de Bordeaux. Dès 1914, celui-ci est aux premières loges en Belgique, sur l’Aisne ou sur la Marne, comme il le sera à Verdun ou au Chemin des Dames.

    Peu à peu, les nécessités de la guerre vont brasser ces identités locales dans le creuset aveugle des tranchées assassines, jusqu’à la victoire si amère de cet automne 1918 qui prélude au difficile retour au pays des survivants.

    C’était il y a un siècle et, depuis longtemps déjà, nul parmi eux n’est plus là pour s’en souvenir. Cet ouvrage tente de suivre leur trace et de témoigner de leur histoire, celle des fils d’une région qui était alors principalement rurale. Voici l’histoire des « Poilus du Sud-Ouest ».

    L'auteur Vincent Bernard est historien et enseignant. Son livre "Les Poilus du Sud-Ouest . Le 18° corps dans la grande guerre" est publié par les Editions Sud-Ouest.

    Communiqué de presse de l'éditeur



  • Lexique amoureux de Montauban...

     

     

    Les éditions Cairn viennent de publier un ouvrage collectif sur notre bonne ville dont les différents auteurs se déclarent « amoureux »... Ce livre agréable à lire offre la parole à des érudits du crû qui reviennent à leur façon sur des personnages, des lieux ou des événements de notre histoire. S'il est sans nul doute un outil indispensable et facile d'accès à des touristes de passage ou des néo-montalbanais, il laisse un arrière goût de frustration à quelques vielles barbes de mon espèce. Il y aurait tant à dire sur des périodes plus récentes de la vie de la cité, sur des contemporains vivants ou décédés, ouvriers anonymes ou acteurs oubliés de l'action culturelle qui m'ont fait être, jadis, moi aussi amoureux de ma ville.

    Cette grosse bourgade rurale semblant endormie et qui d'un coup se réveillait lors de ses quatre foires annuelles, sa place nationale encombrées de charrettes à bras, ses rues commerçantes où cohabitaient piétons, vélos et voitures, la dizaines d'épiceries de Sapiac, les fêtes de quartiers et leurs bagarres de fin de soirée, les délires nocturnes au « Sans Souci » après les collages d'affiches du centre culturel naissant où s'activaient des animateurs bénévoles sous la férule de J-Paul Schaack, les instituteurs laïques qui ne craignaient pas alors les poursuites judiciaires pour les bienfaisantes remontrances dont ils nous gratifiaient, cette ville vivante me manque aujourd'hui et j'avoue, j'en ai la nostalgie.

    Mais ne doutons pas que viendra bientôt une suite à cet ouvrage qui fera une place à la mémoire de montalbanais moins illustres mais qui firent néanmoins que notre ville existe depuis bientôt 900 ans...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Lexique amoureux de Montauban » ouvrage collectif publié par les Editions Cairn.

  • Quand Dieu boxait en amateur...

    Dans une France rurale aujourd’hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Il sera champion. Le second se tourne vers des écritures plus saintes et devient abbé de la paroisse. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l’abbé propose à son ami d’enfance d’interpréter le rôle de Jésus dans son adaptation de La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui-ci accepte pour sacrer, sur le ring du théâtre, leur fraternité.
    Ce boxeur atypique et forgeron flamboyant était le père du narrateur. Après sa mort, ce dernier décide de prendre la plume pour lui rendre sa couronne de gloire, tressée de lettres et de phrases splendides, en lui écrivant le grand roman qu’il mérite. Un uppercut littéraire.
     

    Guy Boley a obtenu sept prix littéraires avec son premier roman «  Fils du feu ». Son deuxième « Quand Dieu boxait en amateur » est également publié par les Editions Grasset.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

  • La proclamation de la Commune...

    « Pendant la nuit du 18 au 19 mars, l’État, l’armée, la police, tout ce qui pèse sur les vies humaines du dehors et d’en haut, tout s’est dissous, évanoui, évaporé. Ce matin-là, tout est possible. »

     

    Rendre compte de l’expérience extraordinaire qu’a été la Commune de Paris n’est pas une entreprise historienne comme les autres. Comment une révolte municipale, surgie dans le contexte particulier du Paris post-Second Empire, s’est-elle donné un horizon universel au point de se confondre, pour les générations suivantes, « avec l’idée même de révolution » ? Récit des mois qui précèdent « l’affaire des canons », puis récit au jour le jour et heure par heure quand le rythme des événements s’accélère, La proclamation de la Commune brosse le portrait fascinant du Paris insurgé: des femmes de Montmartre qui envahissent les rues pour désarmer les soldats, à ces prolétaires anonymes qui prennent la parole au nom du quartier, du club ou du bataillon de la garde nationale. Malgré son œuvre inaboutie, ses échecs militaires ou ses contradictions idéologiques, la Commune reste pour Henri Lefebvre un moment unique de « révolution totale », et son héritage est immense : transformation de la vie quotidienne, critique radicale de l’État et « suprême tentative de la ville pour s’ériger en mesure et norme de la réalité humaine », elle est aussi « la plus grande fête du siècle et des temps modernes ». Fête populaire et citadine bouleversant le temps, l’espace et les rapports sociaux, telle fut la forme spontanée du soulèvement des masses parisiennes qui donne son « style » à la Commune.

     

    « Il est difficile de rendre compte d’un livre aussi foisonnant qui mêle récit historique, théorie sociologique et philosophie de l’histoire. »
     
     

    Henri Lefebvre (1901-1991) est l’auteur d’une œuvre importante dans les domaines de la sociologie, de la géographie et de la philosophie marxiste. Parmi ses principaux ouvrages : La Somme et le Reste (1959), Critique de la vie quotidienne (1947, 1961, 1981) et La Production de l’espace (1974).

     

    Le livre est publié par La fabrique éditions.

    Communiqué de presse de l'éditeur.

  • La joie d'apprendre...

     

     

    « Si j'avais la bonne chance d'être professeur de géographie pour des enfants et que je ne fusse pas emboîté, encastré dans un établissement officiel ou particulier, je me garderais bien de commencer par mettre livres et cartes entre les mains de mes petits camarades. Peut-être même ne prononcerais-je pas devant eux le mot grec de « géographie », mais je ne manquerais pas de les convier à de longues promenades communes, heureux de pouvoir apprendre en leur compagnie. »

    Ainsi s'exprimait le géographe anarchiste Elisée Reclus.

    Dans un livre publié cet été par les Editions Héros-Limite, des textes extraits de son importante œuvre d'écrivain, ajoutés à ceux de Pierre Kropotkine lui-même savant et théoricien libertaire, sont réunis pour nous offrir un aperçu de l'importance de l'éducation et de l'instruction pour les révolutionnaires du 19° siècle, de leurs méthodes non répressives, de leur haute considération et respect pour les enfants, ces enfants premières victimes de tout système d'oppression du passé comme encore de nos jours. Face aux crises de notre monde, la pensée des grands pédagogues reste, hélas, d'une brûlante actualité...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La joie d'apprendre » textraits d'Elisée Reclus et Pierre Kropotkine accompagné d'un texte de Charles Perron aux Editions Héros-Limite.

     

     

     

  • Le jour où Pelé...

     

     

     

    Abdelkader Djemaï dans son dernier livre produit par les éditions du Castor Astral revient sur le match de foot qui opposât le 17 juin 1965, la célèbre équipe brésilienne de la Seleçâo à l'équipe nationale algérienne. Noureddine, un adolescent de son âge, traverse cette journée au milieu de l'excitation populaire que peut provoquer un tel événement chez un peuple qui vient tout juste de se libérer de la tutelle coloniale. La description des ambiances et des sentiments envers les nouveaux mythes, les héros du moment, se mélange à celle de la ville d'Oran, à ses quartiers, à son histoire. C'est aussi le témoignage d'une époque où tout semblait possible en Algérie, ce pays qui se relevait de huit années de guerre, de massacre, de sang et qui devenait une référence pour tous les opprimés du tiers-monde. Deux jours plus tard, un coup d'état militaire rebattait les cartes et annonçait des périodes beaucoup moins joyeuses (même si Pelé ne jouât qu'une mi-temps et que l'Algérie perdît le match), des périodes de remises en cause des libertés chèrement conquises, d'affrontements et d'incertitudes, des périodes sombres qui durent encore aujourd'hui...

     

    Henri Cazales / Radio Asso. Montauban

     

    « Le jour où Pelé »d'Abdelkader Djemaï aux éditions Le Castor Astral.

  • Tous les hommes désirent naturellement savoir...

     

     

    Le dernier livre de Nina Bouraoui publié chez Jean-Claude Lattès se lit d'un trait au gré de l'alternance des séquences « devenir » ou « se souvenir ». Le sentiment de flotter d'une rive de la Méditerranée à l'autre est des plus agréable. La souffrance liée à la différence disparaît derrière la richesse d'appartenir à deux mondes. L'enfant et l'adulte se mêlent comme la nuit parisienne avec les parfums de l'Algérie. Et c'est beau...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Tous les hommes désirent naturellement savoir » de Nina Bouraoui aux éditions J-C Lattès

  • Camps d'étrangers...

     

     

    « Ombres ardentes ». Ainsi se termine le livre de Grégory Tuban publié par les éditions Nouveau monde. Ces ombres se sont les spectres des réfugiés, ceux qui traversèrent les Pyrénées durant le terrible hiver de 1939, paysans, ouvriers, soldats fuyant l'avancée des troupes franquistes et qui furent reçus par la patrie des Droits de l'Homme à grands coups de mesures coercitives et généreusement « hébergés » dans d'ignobles camps de concentration édifiés à la hâte en bordure de Méditerranée.

    Ces « indésirables » en espéraient un peu plus, mais c'était sans compter sur l'opportunisme et la couardise des dirigeants politiques français qui préférèrent sacrifier la République espagnole au risque de voir se mettre en place en Europe une authentique révolution sociale. Le régime de Vichy qui organisât l'internement et la répression ne suivit que la trajectoire inscrite par ses prédécesseurs « daladiéristes ». Notre concitoyen René Bousquet, patron de la police de Pétain et responsable des rafles antisémites, était déjà aux affaires (il y reviendra d'ailleurs par la suite après la Libération). Le contrôle systématique, l'assignation, le déplacement, l'emprisonnement, l'expulsion s'ajoutaient aux conditions de vie misérable dans et hors des camps. Les témoignages des vieux compagnons encore en vie et leurs écrits donnent toujours froid dans le dos, surtout quand on évoque l'exil actuel de milliers d'êtres humains affrontant les montagnes ou les mers victimes des dictatures et des guerres et découvrant à leur tour l'hypocrisie des états marchands d'armes et l'indifférence de peuples préoccupés par la sauvegarde de leur pouvoir d'achat...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban

     

    « Camps d'étrangers. Le contrôle des réfugiés venus d'Espagne (1939-1944) de Grégory Tuban chez Nouveau monde éditions.

  • Histoire du Front populaire...

     

     

    Alors que par les temps qui courent et que de nauséabondes effluences émanent de divers points du monde, se rappeler les moments douloureux de notre histoire comme la grande boucherie de 14-18 ne semble en rien superflu. Se souvenir des luttes des générations précédentes qui conduisirent à des victoires difficiles dont nous bénéficions encore est tout aussi important.

    Jean Vigreux dans son Histoire du Front populaire publiée chez Tallandier revient dans un ouvrage bien documenté sur cette période glorieuse de la Classe Ouvrière de notre pays. A sa lecture nous la vivrons de la tentative de coup de force des ligues factieuses en février 34 à son abandon par des politiciens arrivistes et incompétents à la veille de la seconde guerre mondiale. Nous danserons au son de l'accordéon tout au long des grandes grèves, nous prendrons le chemin des congés payés et nous vibrerons au chant de l'Internationale au cœur d'interminables manifs.

    Cette époque, j'ai eu la chance de la connaître au travers de la parole de mes parents qui la vécurent sur les chantiers du bâtiment ou dans la rue. Ils m'ont appris d'où je venais et quelle serait ma vie de fils d'ouvrier. Ils m'ont affranchi sur les pièges tendus par mes ennemis de classe. Ils m'ont encouragé à me battre et m'ont fait découvrir le collectif et la solidarité. Une conscience et un savoir qui manquent aujourd'hui et dont l'absence risque fort de conduire à des luttes fratricides entre des individus pourtant de même condition et soumis à la même oppression...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban

     

    « Histoire du Front populaire. L'échappée belle » De Jean Vigreux aux éditions Tallandier / Collection Texto.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu