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Radio Association - Page 5

  • Etat d'urgence et business de la sécurité...

    L'état d'urgence décrété après les attentats de janvier et de novembre 2015 vient souligner avec forces les politiques sécuritaires déjà à l'oeuvre depuis de nombreuses années en France.

    Au regard de ces événements récents, Matthieu Rigouste revient dans ces deux entretiens sur les origines coloniales de cette juridiction d'exception, sur la gestion policière des quartiers populaires et sur la double logique des guerres intérieures et extérieures, l'imbrication croissante de la police et de l'armée est, selon lui, révélatrice de l'expansion du capitalisme de la sécurité et du business des marchands d'armes.

     

    Entretiens avec Matthieu Rigouste publiés par Niet!éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • L'anarchosyndicalisme à Lyon (1880-1914)...

    En 1880, le mouvement ouvrier lyonnais présente une physionomie particulière dans l'ensemble du mouvement ouvrier français. La révolte des canuts en 1831 l'a porté à l'avant-garde du prolétariat et, de ce fait l'a marqué d'une originalité profonde. Or, à partir de 1880, et jusqu'en 1914, la lutte ouvrière française s'intensifie et surtout s'organise et s'unifie. Le prolétariat lyonnais, dans ces conditions nouvelles, conserve-t-il son originalité, maintient-il ses traditions révolutionnaires ?

    Un élément nouveau se manifeste alors : Lyon et la région du Sud-Est se présentent comme l'un des foyers importants sinon le foyer de l'anarchisme français. Jusqu'alors le mouvement ouvrier lyonnais n'avait jamais revêtu d'aspects spécifiquement anarchistes. Certes, il avait été marqué par le passage de Bakounine et sa participation à la tentative insurrectionnelle de septembre 1870. Tout au plus, pouvait-on dire qu'il manifestait des tendances favorables au développement d'un courant anarchiste, mais il devait son originalité essentiellement et uniquement à son action autonome.

    Ainsi en 1880, s'implante un mouvement qui lui est étranger, qui ne fait partie intégrante de ses traditions et de son passé. Ce mouvement susceptible de lui apporter une orientation nouvelle, sinon de le transformer, avait donc quelque chance de s'intégrer dans le contexte lyonnais. Et ce d'autant plus qu'à partir de cette année-là, les anarchistes se manifestent avec virulence, et que certains, entrant dans les syndicats contribuent largement, par leur action et leur propagande, à l'unification et à l'orientation de la lutte ouvrière française.

    Ce mouvement anarchiste nouveau, étranger, original, s'il s'intégrait dans le mouvement ouvrier lyonnais et donc le teintait d'une couleur nouvelle, ne contribuait-il pas à l'insérer et à l'intégrer dans le cadre de la lutte nationale ?

     

    L'auteur, Michèle Marigot, était étudiante en histoire en 1966. Elle fait alors partie des milieux d'extême gauche et, sensible aux idées libertaires, s'intéresse à l'histoire du mouvement ouvrier et à l'anrcho-syndicalisme. Son livre est aujourd'hui publié par L'Atelier de création libertaire.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • L'usine nuit et jour...

    La galvanoplastie est un procédé industriel qui consiste à plonger dans un bain de zinc en fusion des éléments de ferraille brute afin de les recouvrir d'une pellicule qui les rendra inoxydables. Des produits qui en sont issus, on en rencontre tous les jours (barrières métallique, lampadaires, pièces diverses), il y a des usines spécialisées dans cette technique, il existe même des ouvriers qui perdent leur vie à la gagner dans des conditions abominables entre les dangers liés aux manipulations de charges lourdes, les variations extrêmes de température et le risque constant de l'utilisation des produits chimiques hautement nocifs. Patrick Thibaudeaux fut l'un d'eux dans les années 90. Il nous livre son expérience d'intérimaire dans une boite qui peut se situer n'importe où dans notre beau pays, dans un ouvrage publié aux Editions Plein Chant. Jours après jours, au grès de ses différentes missions, nous découvrons le travail, les ouvriers, les chefs, la fatigue, la souffrance et les substituts employés (alcool, tabac, drogues) pour supporter ces situations d'esclaves modernes taillables et corvéables à merci. On prend conscience que malgré les indéniables avancées sociales du siècle dernier, le prolo est toujours abusé par les patrons et les négriers que sont les boites d'intérim qui n'hésitent pas, pour économiser trois sous, à terminer une mission la veille d'un jour férié qu'elles auraient dû payer...

    Même si j'ai eu la chance dans ma vie d'éviter l'usine, ce livre me replonge dans mon expérience de plusieurs années passées comme auxiliaire, donc précaire, dans un centre de tri postal manuel. Le travail répétitif, les longues nuits de travail, le froid sur les quais à décharger les sacs postaux, la gnôle et les cigarettes pour tenir le coup, les collègues qui s'embrouillent et qu'il faut séparer, les sautes d'humeur des chefs et pire celles des simples agents nantis par hasard d'un soupçon de responsabilité. Comme l'auteur, seule la chaleur humaine, la fraternité des copains, la solidarité dans les moments difficiles, l'espoir dans les trop rares moments de révolte peuvent permettre de supporter et de croire encore en des lendemains qu'il nous appartient de faire chanter ...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « L'usine nuit et jour, journal d'un intérimaire » par Patrick Thibaudeaux aux éditions Plein Chant collection voix d'en bas.

     

  • Espagne 36 : témoignages sur la guerre et les collectivités...

     

     

    Ce n'est pas exclusivement par paresse que je commenterais aujourd'hui trois livres à la fois, mais surtout parce que tous trois portent témoignage de ce que fut sans nul doute la plus importante, la plus originale et la plus accomplie des révolutions du 20 ème siècle.

    Peu avant d'être assassiné par les agents de Staline, l'anarchiste italien Camillo Berneri déclarait que les événements qui se déroulaient en Espagne étaient annonciateurs de la catastrophe qui se produira trois ans plus tard en Europe, entraînant la chute des démocraties bourgeoises et l'affrontement des dictatures. Les internationalistes en prirent également conscience et s'engagèrent très tôt dans la lutte contre le franquisme. Parmi eux, deux militants libertaires suédois Axel Österberg et Nils Lätt transcrivirent sur papier leurs expériences, le premier dans les combats sanglants de Barcelone au lendemain du 19 juillet 36, le second comme milicien et ouvrier agricole dans une collectivité. Les éditions toulousaines du Coquelicot ont eu la bonne idée de rééditer leurs écrits.

    En effet, la « guerre d'Espagne » ne se limita pas à des combats épiques sur les divers fronts, elle permit aussi de mettre en application, au travers de l'appropriation par la classe ouvrière des moyens de production et de la terre par les paysans, de la première expérience de communisme libertaire.

    La collectivisation de la terre après l'expropriation des caciques et du clergé a ouvert la porte à une amélioration notable des conditions de vie des travailleurs agricoles. Nombreux furent les témoignages des compagnons anarchosyndicalistes en ce sens. Le collectif Redhic de la CNT-RP dans un livre qui y est consacré, nous livre la parole simple et émouvante de Miguel Celma sur l'autogestion en Aragon et la collectivité de Calanda.

    Le rappel de l'œuvre émancipatrice de la Révolution espagnole, dans des temps où la détestable résignation ambiante semble la seule alternative offerte à nos classes travailleuses, est vraiment d'une impérieuse nécessité...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Derrière les barricades de Barcelone » d'Axel Österberg et « Milicien et ouvrier agricole dans une collectivité en Espagne » de Nils Lâtt aux éditions du Coquelicot.

    « La collectivisation en Espagne » avec le témoignage de Miguel Celma par le collectif Redhic de la CNT-RP.

     

     

     

     

     

     

  • La grande adaptation...

    Nous sommes entrés dans l'ère de la grande adaptation.

    Dès les années 1970, certains plaidaient déjà pour une « adaptation » des sociètés au changements climatiques plutôt que pour de couteuses réductions d'émissions de gaz à effet de serre. Aujourd'hui, derrière la façade des sommets environnementaux, la réalité est celle d'un climat et d'écosystèmes qui se dérèglent, préparant une régression des conditions d'habitation humaine sur la Terre.

    Sociètés, territoires, individus sont désormais sommés de « s'adapter » à ces transformations inexorables. L'auteur nous fait comprendre comment, au lieu de contribuer à la solidarité et à la sécurité sociale et de résister aux conséquences de ces changements, le capitalisme utilise le choc climatique pour étendre le pouvoir du marché au nom de l'adaptation.

    La catastrophe : un nouveau business ?

     

    L'auteur Romain Felli enseigne à l'institut des sciences de l'environnement de l'université de Genève. Géographe et politiste, ses travaux portent sur l'histoire de idées politiques et la gouvernance globale de l'environnement.

    Son livre est publié par les éditions Seuil.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Communiqué

    TRUMP COMME RÉVÉLATEUR DE LA NATURE DES ÉLECTIONS

    RENCONTRE LE JEUDI 8 DECEMBRE, 18H30

    Nous proposons quelques points pour ouvrir aux débats : 1) Et si l’élection de Trump nous disait la vérité sur la nature des élections ? Ce que nous voyons se mettre en place dans plusieurs pays c'est que la politique d'un Etat, donc son rapport aux gens, peut changer profondément sans que le mode de représentation qu'est le parlementarisme et le vote en soient affectés et interrogés. Le rôle du vote aujourd'hui n'est-il pas d'assurer une transition « tranquille » et consensuelle vers une Etat sans peuple, séparé des gens et sans limite dans l’application d’une politique de tensions et de guerre à l’intérieur comme à l’extérieur ? Que penser de cette évidence ? Quelles leçons éventuelles en tirer ? 2) Le but de l'organisation parlementaire de la politique, qui se concrétise par l'acte militant qu'est le vote n'est en fin de compte qu'un acte d'allégeance, d'acceptation de la politique gouvernementale. Il organise l'impuissance des gens face à l'Etat et à son gouvernement. 3) N'avoir comme possible que de se lamenter pendant et après une élection n'est pas très enthousiasmant. N'est-il pas inquiétant qu'on puisse en arriver à regretter Clinton aux USA comme ici certains le font avec Chirac ou peut-être bientôt avec Hollande ? Ne faut-il pas penser la politique et son action, si on la veut du côté des gens, ailleurs que dans les chemins proposés ? 4) Nous faisons le pari (et le travail) qu'il y a place pour une pensée/action des gens eux-mêmes à partir de principes qui parlent pour tous (droits des gens, paix, respect par l'Etat des habitants tels qu'ils sont...). Cela n'est possible qu'à distance de l'Etat, c'est à dire dans un nouveau rapport à l'Etat qui n'est pas celui du vote mais celui d'une capacité des gens à penser et agir du point d'un « pour tous ».

    Débattons-en. Jeudi 8 Décembre à 18h30, Rue du Lieutenant Colonel Pelissier, Métro Capitole, Toulouse Espace DURANTI, salle au 3° étage Dans le cadre des "Rencontres pour penser l’Aujourd’hui", proposées par "CEUX QUI VEULENT LE PAYS POUR TOUS".

    Toulouse, le 20/11/2016

    Site : www.ouvriersgensdici.net Mail : ouvriersgensdici@free.fr Tél : 06-13-06-94-62

  • Ma vie de brigand...

    Carmine Crocco, né dans une famille de petits paysans du Midi de l'Italie, devint entre 1861 et 1864, le « général des brigands » du Mezzogiorno. S'opposant aux forces libérales engagées dans l'unité du pays sans jamais abandonner ses activités de brigandage, il sema le feu et la désolation avant de se constituer prisonnier. Condamné à la perpétuité, il écrivit son autobiographie depuis sa cellule du bagne.

    Ces pages, retraçant selon lui, la voie du crime, dépeignent un homme issu d'une terre déshéritée, porté par une rage et une ambition gigantesque. Tour à tour matois, sincère, séduisant, cynique ou repoussant, Carmine Crocco se livre à l'édification d'un étrange autoportrait, méditatif ou arrogant, pour planter au bout du compte la figure protéiforme d'un homme de peu en quête de grandiose.

    Que le « rezzorgimiento » ait été une oeuvre d'unification ou la conquête du Sud par le Nord, l'Italie vacille encore aujourd'ui au souvenir de ces jours terribles, dont Crocco cristallise toutes les contradictions.

     

    Ce livre a été traduit de l'italien par Laura Brignon, la préface est de Pierre-Yves Manchon et il est publié par les éditions Anarchasis.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

     

  • De la fabrication des fantômes...

     

     

     

    Aujourd'hui, il est le roi de la fête. Il a cent ans. Sous ses yeux fatigués s'agite sa descendance. Tous des étrangers. Sauf Lucie, belle, insolente, une lueur de cruauté dans le regard. Elle n'a jamais eu peur de lui. Elle connait pourtant la terreur qu'il inspire, cette histoire d'ogre, de passe-muraille, de chats mangés vifs.

    Mais il faut qu'elle sache. Alors elle le traine sur les lieux du drame, survenu trente-sept ans plus tôt. Ce sera son cadeau d'anniversaire.

    Dans la petite pièce poussièreuse, face au mur couvert de mots épars écrits au crayon gris, les fantômes vont prendre corps.

    Franck Manuel invente peut-être ici un registre littéraire inédit : le terrible magique.

    Livre publié par les éditions Anarchasis.

     

    L'auteur sera ce soir Jeudi 24 novembre à la librairie La Femme renard fg Lacapelle à Montauban où il présentera son livre dans le cadre des Lettres d'automne.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Quel pain voulons-nous ?...

     

     

    Le pain quotidien, gagné à la sueur du front du travailleur, le pain blanc que l'on mange sans forcement l'apprécier, celui dont la symbolique est si prégnante dans nos cultures, ce produit alimentaire basique pourtant si méconnu, Marie Astier journaliste au site en ligne Reporterre nous le fait découvrir au travers d'un parcours éducatif et gastronomique, dans un livre publié aux éditions du Seuil. Elle nous présente les dessous de la fabrication de la baguette, depuis la culture des céréales jusqu'à sa présentation en vitrine, en passant par la meunerie et les divers épisodes de sa réalisation, sans omettre bien sûr de dénoncer les mécanismes de profit souvent juteux pour les gros intermédiaires et industriels de la bouffe standardisée.

    Heureusement il existe encore des boulangers « honnêtes », qui aiment leur métier, et même si parfois leur situation économique n'est pas des plus enviables, il conservent un savoir-faire irremplaçable et … la confiance de leurs clients.

    Heureusement des individus sensibles à la question de l'alimentation saine se mobilisent pour mettre en place, avec des moyens artisanaux réduits, des réseaux qui réunissent de façon autonome des producteurs et des consommateurs, recréent des conditions ancestrales de fabrication, assurent une distribution militante et continuent de proposer un vrai bon pain, cette denrée qui durant l'histoire a tant manqué aux classes défavorisées, et qui pourrait si nous n'y prenons garde nous faire à nouveau cruellement défaut...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Quel pain voulons-nous ? » de Marie Astier aux éditions du Seuil en partenariat avec Reporterre.

     

  • Eugène Varlin, internationaliste et communard...

     

     

     

    Eugène Varlin est reconnu pour son implication dans la Commune de Paris, il l'est nettement moins pour son action dans le mouvement ouvrier international, dès son plus jeune age et tout au cours de sa courte existence. Grâce au livre de Michel Cordillot publié aux éditions Spartacus, cette lacune est aujourd'hui comblée. Ce jeune révolutionnaire reconnu pour sa probité, sa force de travail et son pragmatisme laisse la trace d'un penseur et d'un organisateur hoirs pair. Ouvrier relieur, il est toujours demeuré fidèle à sa classe sociale et a refusé de se compromettre dans les mécanismes de pouvoir où de nombreux militants du moment ont sombré sans beaucoup de scrupules. Sa fidélité à la cause du peuple insurgé, son refus des compromissions, sa vision d'une unification internationale des classes ouvrières, sa mort à 32 ans fusillé par les valets de la bourgeoisie versaillaise, font sans aucun doute de lui une référence historique pour tous ceux qui croient encore au combat universel du prolétariat. Aujourd'hui pourtant, alors que le populisme le plus abject, le repli identitaire, la peur de l'autre, le rétablissement progressif des frontières, semblent devenir la norme, que reste-t-il de l'oeuvre de Varlin et de ses frères et soeurs de combats de l'A.I.T. ?... Peu de choses certainement, mais ça fait tellement de bien de se rappeler qu'un idéal de justice et de solidarité a existé...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Eugène Varlin, internationaliste et communard » de Michel Cordillot aux éditions Spartacus.

     

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