Avertir le modérateur

Radio Association - Page 3

  • Pirates de la Liberté...

     

     

    La lutte contre la dictature franquiste n'a pas cessé depuis la fin de la guerre civile jusqu'à la mort du tyran en 1975. Dans les années 60, elle a même pris une nouvelle vigueur avec les derniers guérilleros et la relève de la génération des enfants de militants restés fidèles à l'idéal de leurs pères -et mères-. Elle se développa en y associant celle des combattants contre la dictature portugaise de Salazar.

    Un événement aujourd'hui complétement oublié survint en janvier 1961. Le paquebot transatlantique portugais « Santa Maria », avec son équipage et un millier de passagers, est pris en main par 24 révolutionnaires portugais et espagnols, désireux de montrer à la face du monde la réalité de l'oppression et la pérennité du combat contre les dictatures ibériques. Le projet est aussi de rejoindre les colonies espagnoles et portugaises d'Afrique y soutenir les révoltes des peuples asservis par les deux puissances encore coloniales.

    L'odyssée du navire tiendra en haleine le monde entier pendant douze jours et fera craindre la crise internationale. Elle se terminera au Brésil où les « pirates » optiendront l'asile avant de partir vers de nouvelles aventures.

    Cet épisode de lutte armée, à l'initiative du DRIL ( Directoire Révolutionnaire Ibérique de Libération) raconté aujourd'hui de façon captivante et précise par Xavier Montanya et publié par les éditions L'Echappée, est annonciateur de ce que seront dans les années 70 les actions des anarchistes du MIL et des GARI.

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Pirates de la Liberté, histoire détonante d'un détournement de paquebot et de la lutte armée contre Franco et Salazar. (1960-1964). » par Xavier Montanya aux éditions L'Echappée, collection Dans le feu de l'action.

     

     

  • Autobiographie de jeunesse...

     

     

    Daniel Guérin, je l'ai découvert très jeune, quelques temps après Mai 68. Au travers de ses écrits, j'y ai rencontré l'anarchisme et vécu l'histoire exaltante du Front populaire de 1936 dont mon père, ouvrier du bâtiment fut à son niveau un acteur et dont il conserva toute sa vie la mémoire des grandes luttes. Aujourd'hui les éditions La Fabrique publient ses souvenirs de jeunesse qui décrivent le parcours intellectuel faisant de ce fils de la grande bourgeoisie un militant révolutionnaire. Homosexuel « hautement pratiquant » dans une France du début du 20 ème siècle, nettement moins pudibonde et hypocrite que le pays bien pensant d'aujourd'hui, Guérin nous fait voyager dans ses amours et aussi dans les pays ou sa quête d'absolu le mènera. Avec lui nous croisons des marins bien musclés, des profiteurs coloniaux, des politicards, des artistes, des révolutionnaires, des prolos en pantalons de velours. Nous nous projetons dans une époque où le rêve était encore possible, où malgré la dureté de l'existence, l'imaginaire nous entrainait vers des lendemains plein d'espoir. Acteur de la décolonisation et de la lutte des homosexuels, Daniel Guérin est demeuré jusqu'au bout un jeune iconoclaste, puissions-nous à notre tour oublier de vieillir et de nous consumer dans la sinistrose ambiante et le désespoir...

     

    Henri Cazales / Radio-asso.

     

    « Autobiographie de jeunesse / d'une dissidence sexuelle au socialisme » de Daniel Guérin publié par La Fabrique éditions / Préface de Sebastian Budgen.

     

  • Ma vie atomique...

     

     

    Notre compatriote moissagais, Jean Songe, connu pour ses romans noirs, nous offre aujourd'hui aux Editions Calmann-Lévy, un brûlot anti-nucléaire du meilleur crû. Il est vrai qu'il a de quoi être inquiet, l'auteur, qui fuyant avec sa famille, la promiscuité et la pollution de la région parisienne, se retrouve au pied de la centrale de Golfech. Au premier abord, Moissac est une jolie ville et les bourgades bordant la Garonne, bénéficiant d'une juteuse rente versée par EDF, ont su rendre agréable l'environnement. Sauf que cet environnement ne se limite pas à des rues pavées, des salles des fêtes et des massifs de fleurs, et bien que, comme nous l'assuraient dans les années 70 et 80 les nucléocrates et leurs thuriféraires syndicaux, une centrale atomique ne produit pas plus de radiations qu'une montre bracelet, l'histoire récente du nucléaire est faite d'épisodes bien dramatiques.

    Ecrit avec humour et sous forme de récit, ce livre est en fait un réquisitoire largement argumenté de références scientifiques expliquant les considérations politiques désastreuses qui ont engendrés Tchernobyl et Fukushima, et qui demain pourraient amener la catastrophe jusqu' aux portes de notre région.

    Même si le constat peut paraître effrayant, et je pense depuis longtemps que la situation l'est, la fonction pédagogique de cet ouvrage est indéniable. Il a sa place parmi les œuvres de référence sur le danger de la manipulation de l'atome, souhaitons qu'il ne soit pas prémonitoire...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Ma vie atomique » de Jean Songe aux éditions Calmann-Lévy.

     

  • Lexique du verbe quotidien...

    « Depuis Babel nous parlons plusieurs langues ; ceci à l'intérieur d'un même pays. Dans le nôtre nous assistons en même temps aux progrès des divers langages techniques et à la décadence du langage vulgaire. Nous nous acheminons vers un état de chose où les spécialistes seront le seuls à parler sérieusement, tandis que le plus grand nombre bavardera, en attendant de se taire. »

    Ce recueil réunit les articles de Bernard Charbonneau, enseignant, penseur et précurseur de l'écologie politique, publiés entre juillet 1954 et juin 1968 dans l'hebdomadaire protestant « Réforme » et proposés aujourd'hui par les Éditions Héros-Limite dans la collection Feuilles d'herbe. Un petit livre qui fait du bien et réveille l'intelligence. Par les temps qui courent se dérouiller les boyaux de la tête avec un peu d'éthique et de philo n' a rien de superflu...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Lexique du verbe quotidien » de Bernard Charbonneau aux Editions Héros-Limite collection Feuille d'herbe, préface d'Alexandre Chollier.

     

     

  • Etat d'urgence et business de la sécurité...

    L'état d'urgence décrété après les attentats de janvier et de novembre 2015 vient souligner avec forces les politiques sécuritaires déjà à l'oeuvre depuis de nombreuses années en France.

    Au regard de ces événements récents, Matthieu Rigouste revient dans ces deux entretiens sur les origines coloniales de cette juridiction d'exception, sur la gestion policière des quartiers populaires et sur la double logique des guerres intérieures et extérieures, l'imbrication croissante de la police et de l'armée est, selon lui, révélatrice de l'expansion du capitalisme de la sécurité et du business des marchands d'armes.

     

    Entretiens avec Matthieu Rigouste publiés par Niet!éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • L'anarchosyndicalisme à Lyon (1880-1914)...

    En 1880, le mouvement ouvrier lyonnais présente une physionomie particulière dans l'ensemble du mouvement ouvrier français. La révolte des canuts en 1831 l'a porté à l'avant-garde du prolétariat et, de ce fait l'a marqué d'une originalité profonde. Or, à partir de 1880, et jusqu'en 1914, la lutte ouvrière française s'intensifie et surtout s'organise et s'unifie. Le prolétariat lyonnais, dans ces conditions nouvelles, conserve-t-il son originalité, maintient-il ses traditions révolutionnaires ?

    Un élément nouveau se manifeste alors : Lyon et la région du Sud-Est se présentent comme l'un des foyers importants sinon le foyer de l'anarchisme français. Jusqu'alors le mouvement ouvrier lyonnais n'avait jamais revêtu d'aspects spécifiquement anarchistes. Certes, il avait été marqué par le passage de Bakounine et sa participation à la tentative insurrectionnelle de septembre 1870. Tout au plus, pouvait-on dire qu'il manifestait des tendances favorables au développement d'un courant anarchiste, mais il devait son originalité essentiellement et uniquement à son action autonome.

    Ainsi en 1880, s'implante un mouvement qui lui est étranger, qui ne fait partie intégrante de ses traditions et de son passé. Ce mouvement susceptible de lui apporter une orientation nouvelle, sinon de le transformer, avait donc quelque chance de s'intégrer dans le contexte lyonnais. Et ce d'autant plus qu'à partir de cette année-là, les anarchistes se manifestent avec virulence, et que certains, entrant dans les syndicats contribuent largement, par leur action et leur propagande, à l'unification et à l'orientation de la lutte ouvrière française.

    Ce mouvement anarchiste nouveau, étranger, original, s'il s'intégrait dans le mouvement ouvrier lyonnais et donc le teintait d'une couleur nouvelle, ne contribuait-il pas à l'insérer et à l'intégrer dans le cadre de la lutte nationale ?

     

    L'auteur, Michèle Marigot, était étudiante en histoire en 1966. Elle fait alors partie des milieux d'extême gauche et, sensible aux idées libertaires, s'intéresse à l'histoire du mouvement ouvrier et à l'anrcho-syndicalisme. Son livre est aujourd'hui publié par L'Atelier de création libertaire.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • L'usine nuit et jour...

    La galvanoplastie est un procédé industriel qui consiste à plonger dans un bain de zinc en fusion des éléments de ferraille brute afin de les recouvrir d'une pellicule qui les rendra inoxydables. Des produits qui en sont issus, on en rencontre tous les jours (barrières métallique, lampadaires, pièces diverses), il y a des usines spécialisées dans cette technique, il existe même des ouvriers qui perdent leur vie à la gagner dans des conditions abominables entre les dangers liés aux manipulations de charges lourdes, les variations extrêmes de température et le risque constant de l'utilisation des produits chimiques hautement nocifs. Patrick Thibaudeaux fut l'un d'eux dans les années 90. Il nous livre son expérience d'intérimaire dans une boite qui peut se situer n'importe où dans notre beau pays, dans un ouvrage publié aux Editions Plein Chant. Jours après jours, au grès de ses différentes missions, nous découvrons le travail, les ouvriers, les chefs, la fatigue, la souffrance et les substituts employés (alcool, tabac, drogues) pour supporter ces situations d'esclaves modernes taillables et corvéables à merci. On prend conscience que malgré les indéniables avancées sociales du siècle dernier, le prolo est toujours abusé par les patrons et les négriers que sont les boites d'intérim qui n'hésitent pas, pour économiser trois sous, à terminer une mission la veille d'un jour férié qu'elles auraient dû payer...

    Même si j'ai eu la chance dans ma vie d'éviter l'usine, ce livre me replonge dans mon expérience de plusieurs années passées comme auxiliaire, donc précaire, dans un centre de tri postal manuel. Le travail répétitif, les longues nuits de travail, le froid sur les quais à décharger les sacs postaux, la gnôle et les cigarettes pour tenir le coup, les collègues qui s'embrouillent et qu'il faut séparer, les sautes d'humeur des chefs et pire celles des simples agents nantis par hasard d'un soupçon de responsabilité. Comme l'auteur, seule la chaleur humaine, la fraternité des copains, la solidarité dans les moments difficiles, l'espoir dans les trop rares moments de révolte peuvent permettre de supporter et de croire encore en des lendemains qu'il nous appartient de faire chanter ...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « L'usine nuit et jour, journal d'un intérimaire » par Patrick Thibaudeaux aux éditions Plein Chant collection voix d'en bas.

     

  • Espagne 36 : témoignages sur la guerre et les collectivités...

     

     

    Ce n'est pas exclusivement par paresse que je commenterais aujourd'hui trois livres à la fois, mais surtout parce que tous trois portent témoignage de ce que fut sans nul doute la plus importante, la plus originale et la plus accomplie des révolutions du 20 ème siècle.

    Peu avant d'être assassiné par les agents de Staline, l'anarchiste italien Camillo Berneri déclarait que les événements qui se déroulaient en Espagne étaient annonciateurs de la catastrophe qui se produira trois ans plus tard en Europe, entraînant la chute des démocraties bourgeoises et l'affrontement des dictatures. Les internationalistes en prirent également conscience et s'engagèrent très tôt dans la lutte contre le franquisme. Parmi eux, deux militants libertaires suédois Axel Österberg et Nils Lätt transcrivirent sur papier leurs expériences, le premier dans les combats sanglants de Barcelone au lendemain du 19 juillet 36, le second comme milicien et ouvrier agricole dans une collectivité. Les éditions toulousaines du Coquelicot ont eu la bonne idée de rééditer leurs écrits.

    En effet, la « guerre d'Espagne » ne se limita pas à des combats épiques sur les divers fronts, elle permit aussi de mettre en application, au travers de l'appropriation par la classe ouvrière des moyens de production et de la terre par les paysans, de la première expérience de communisme libertaire.

    La collectivisation de la terre après l'expropriation des caciques et du clergé a ouvert la porte à une amélioration notable des conditions de vie des travailleurs agricoles. Nombreux furent les témoignages des compagnons anarchosyndicalistes en ce sens. Le collectif Redhic de la CNT-RP dans un livre qui y est consacré, nous livre la parole simple et émouvante de Miguel Celma sur l'autogestion en Aragon et la collectivité de Calanda.

    Le rappel de l'œuvre émancipatrice de la Révolution espagnole, dans des temps où la détestable résignation ambiante semble la seule alternative offerte à nos classes travailleuses, est vraiment d'une impérieuse nécessité...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Derrière les barricades de Barcelone » d'Axel Österberg et « Milicien et ouvrier agricole dans une collectivité en Espagne » de Nils Lâtt aux éditions du Coquelicot.

    « La collectivisation en Espagne » avec le témoignage de Miguel Celma par le collectif Redhic de la CNT-RP.

     

     

     

     

     

     

  • La grande adaptation...

    Nous sommes entrés dans l'ère de la grande adaptation.

    Dès les années 1970, certains plaidaient déjà pour une « adaptation » des sociètés au changements climatiques plutôt que pour de couteuses réductions d'émissions de gaz à effet de serre. Aujourd'hui, derrière la façade des sommets environnementaux, la réalité est celle d'un climat et d'écosystèmes qui se dérèglent, préparant une régression des conditions d'habitation humaine sur la Terre.

    Sociètés, territoires, individus sont désormais sommés de « s'adapter » à ces transformations inexorables. L'auteur nous fait comprendre comment, au lieu de contribuer à la solidarité et à la sécurité sociale et de résister aux conséquences de ces changements, le capitalisme utilise le choc climatique pour étendre le pouvoir du marché au nom de l'adaptation.

    La catastrophe : un nouveau business ?

     

    L'auteur Romain Felli enseigne à l'institut des sciences de l'environnement de l'université de Genève. Géographe et politiste, ses travaux portent sur l'histoire de idées politiques et la gouvernance globale de l'environnement.

    Son livre est publié par les éditions Seuil.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Communiqué

    TRUMP COMME RÉVÉLATEUR DE LA NATURE DES ÉLECTIONS

    RENCONTRE LE JEUDI 8 DECEMBRE, 18H30

    Nous proposons quelques points pour ouvrir aux débats : 1) Et si l’élection de Trump nous disait la vérité sur la nature des élections ? Ce que nous voyons se mettre en place dans plusieurs pays c'est que la politique d'un Etat, donc son rapport aux gens, peut changer profondément sans que le mode de représentation qu'est le parlementarisme et le vote en soient affectés et interrogés. Le rôle du vote aujourd'hui n'est-il pas d'assurer une transition « tranquille » et consensuelle vers une Etat sans peuple, séparé des gens et sans limite dans l’application d’une politique de tensions et de guerre à l’intérieur comme à l’extérieur ? Que penser de cette évidence ? Quelles leçons éventuelles en tirer ? 2) Le but de l'organisation parlementaire de la politique, qui se concrétise par l'acte militant qu'est le vote n'est en fin de compte qu'un acte d'allégeance, d'acceptation de la politique gouvernementale. Il organise l'impuissance des gens face à l'Etat et à son gouvernement. 3) N'avoir comme possible que de se lamenter pendant et après une élection n'est pas très enthousiasmant. N'est-il pas inquiétant qu'on puisse en arriver à regretter Clinton aux USA comme ici certains le font avec Chirac ou peut-être bientôt avec Hollande ? Ne faut-il pas penser la politique et son action, si on la veut du côté des gens, ailleurs que dans les chemins proposés ? 4) Nous faisons le pari (et le travail) qu'il y a place pour une pensée/action des gens eux-mêmes à partir de principes qui parlent pour tous (droits des gens, paix, respect par l'Etat des habitants tels qu'ils sont...). Cela n'est possible qu'à distance de l'Etat, c'est à dire dans un nouveau rapport à l'Etat qui n'est pas celui du vote mais celui d'une capacité des gens à penser et agir du point d'un « pour tous ».

    Débattons-en. Jeudi 8 Décembre à 18h30, Rue du Lieutenant Colonel Pelissier, Métro Capitole, Toulouse Espace DURANTI, salle au 3° étage Dans le cadre des "Rencontres pour penser l’Aujourd’hui", proposées par "CEUX QUI VEULENT LE PAYS POUR TOUS".

    Toulouse, le 20/11/2016

    Site : www.ouvriersgensdici.net Mail : ouvriersgensdici@free.fr Tél : 06-13-06-94-62

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu