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Radio Association - Page 2

  • Tous les hommes désirent naturellement savoir...

     

     

    Le dernier livre de Nina Bouraoui publié chez Jean-Claude Lattès se lit d'un trait au gré de l'alternance des séquences « devenir » ou « se souvenir ». Le sentiment de flotter d'une rive de la Méditerranée à l'autre est des plus agréable. La souffrance liée à la différence disparaît derrière la richesse d'appartenir à deux mondes. L'enfant et l'adulte se mêlent comme la nuit parisienne avec les parfums de l'Algérie. Et c'est beau...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Tous les hommes désirent naturellement savoir » de Nina Bouraoui aux éditions J-C Lattès

  • Camps d'étrangers...

     

     

    « Ombres ardentes ». Ainsi se termine le livre de Grégory Tuban publié par les éditions Nouveau monde. Ces ombres se sont les spectres des réfugiés, ceux qui traversèrent les Pyrénées durant le terrible hiver de 1939, paysans, ouvriers, soldats fuyant l'avancée des troupes franquistes et qui furent reçus par la patrie des Droits de l'Homme à grands coups de mesures coercitives et généreusement « hébergés » dans d'ignobles camps de concentration édifiés à la hâte en bordure de Méditerranée.

    Ces « indésirables » en espéraient un peu plus, mais c'était sans compter sur l'opportunisme et la couardise des dirigeants politiques français qui préférèrent sacrifier la République espagnole au risque de voir se mettre en place en Europe une authentique révolution sociale. Le régime de Vichy qui organisât l'internement et la répression ne suivit que la trajectoire inscrite par ses prédécesseurs « daladiéristes ». Notre concitoyen René Bousquet, patron de la police de Pétain et responsable des rafles antisémites, était déjà aux affaires (il y reviendra d'ailleurs par la suite après la Libération). Le contrôle systématique, l'assignation, le déplacement, l'emprisonnement, l'expulsion s'ajoutaient aux conditions de vie misérable dans et hors des camps. Les témoignages des vieux compagnons encore en vie et leurs écrits donnent toujours froid dans le dos, surtout quand on évoque l'exil actuel de milliers d'êtres humains affrontant les montagnes ou les mers victimes des dictatures et des guerres et découvrant à leur tour l'hypocrisie des états marchands d'armes et l'indifférence de peuples préoccupés par la sauvegarde de leur pouvoir d'achat...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban

     

    « Camps d'étrangers. Le contrôle des réfugiés venus d'Espagne (1939-1944) de Grégory Tuban chez Nouveau monde éditions.

  • Histoire du Front populaire...

     

     

    Alors que par les temps qui courent et que de nauséabondes effluences émanent de divers points du monde, se rappeler les moments douloureux de notre histoire comme la grande boucherie de 14-18 ne semble en rien superflu. Se souvenir des luttes des générations précédentes qui conduisirent à des victoires difficiles dont nous bénéficions encore est tout aussi important.

    Jean Vigreux dans son Histoire du Front populaire publiée chez Tallandier revient dans un ouvrage bien documenté sur cette période glorieuse de la Classe Ouvrière de notre pays. A sa lecture nous la vivrons de la tentative de coup de force des ligues factieuses en février 34 à son abandon par des politiciens arrivistes et incompétents à la veille de la seconde guerre mondiale. Nous danserons au son de l'accordéon tout au long des grandes grèves, nous prendrons le chemin des congés payés et nous vibrerons au chant de l'Internationale au cœur d'interminables manifs.

    Cette époque, j'ai eu la chance de la connaître au travers de la parole de mes parents qui la vécurent sur les chantiers du bâtiment ou dans la rue. Ils m'ont appris d'où je venais et quelle serait ma vie de fils d'ouvrier. Ils m'ont affranchi sur les pièges tendus par mes ennemis de classe. Ils m'ont encouragé à me battre et m'ont fait découvrir le collectif et la solidarité. Une conscience et un savoir qui manquent aujourd'hui et dont l'absence risque fort de conduire à des luttes fratricides entre des individus pourtant de même condition et soumis à la même oppression...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban

     

    « Histoire du Front populaire. L'échappée belle » De Jean Vigreux aux éditions Tallandier / Collection Texto.

  • Communiqué

    Une puissance des gens est-elle possible face au mépris et aux injustices d’un Etat
    qui ne compte pas tout le monde ?

    Rencontre le Mardi 27 Novembre, 18h30

    Nous proposons de tenir la prochaine « Rencontre pour penser l'Aujourd'hui » à partir d’un échange
    qui a eu lieu avec une habitante d’un quartier populaire. Cet échange portait sur ce qu’il est possible
    de faire pour transformer des situations avec le souci du « pour tous », et pour faire face à l’injustice
    et au mépris.
    Cette personne avançait l’idée suivante : « beaucoup de gens aujourd’hui ne disent pas ce qu’ils
    pensent et n’agissent pas, car ils font le constat qu’en aucun cas leurs paroles et leurs volontés ne
    sont prises en compte, bien plus : qu’ils sont méprisés. »
    En même temps, elle interrogeait sur le fait que même si on veut le faire ( se prononcer, agir ), « il
    n’y a pas d’endroit où cela est possible ». Pour sa part, elle avait décidé de « s’y mettre et d’essayer
    de faire quelque chose ».

    A partir de ce questionnement, qui met en évidence la situation politique difficile d’aujourd’hui
    nous ouvrons à quelques points de débats et réflexions :
    1) Ce que nous dit cette personne, n’est-ce pas ce que vivent déjà des millions de gens de ce
    pays, à savoir qu’ils ne sont plus comptés nulle part, que leurs avis, points de vue, pensées, actions
    sont en dernier ressort méprisés, rejetés, combattus par les divers institutions et « politiques » ?
    2) N’est-ce pas tout simplement là les conséquences du fonctionnement de l’Etat séparé des
    gens, de l’Etat sans peuple en place maintenant depuis plus d’une décennie, où plus rien ne se
    discute, ne se négocie avec les gens ?
    3) S'agit-il d'une crise provisoire du rapport de l’Etat aux gens, crise de la représentation,
    crise du régime parlementaire, ou est-ce bien plus profond : s’agit-il d’un nouveau type de régime
    qui se cherche et s’expérimente ? Car tout compte fait, la fin de la légitimité du parlementarisme ne
    paraît pas plus inquiéter que cela les dirigeants politiques. (Et cela n’est pas valable que pour la
    France).
    4) Faut-il alors chercher à maintenir à tout prix l’idée d’une nouvelle représentation, à
    savoir : de nouveaux élus, partis, mouvements... comme réponse possible ? Ou bien faut-il travailler
    à partir de nos propres affirmations et recherches ; prendre au sérieux et partir de ce qui est dit et de
    ce qui est interrogé par ceux qui cherchent à transformer des situations du point des gens ?
    5) « Il n’y a pas d’endroit pour cela » : cela interroge sur les lieux possibles où le travail à
    faire, la confiance dans nos propres propos, la capacité collective à penser et agir sont pris en
    compte et peuvent permettre de faire puissance face à l’Etat, ce qui n’est ni facile, ni évident.
    Nous vous proposons de débattre et réfléchir ensemble des éléments de réponse à ces questions le :

    MARDI 27 NOVEMBRE, A 18H30
    PETITE SALLE ESCOUSSIERES ARNAUD BERNARD
    3 rue Escoussières Arnaud Bernard, Métro Capitole ou Jean-Jaurès

    Dans le cadre des « Rencontres pour penser l'aujourd'hui »

    mail : ouvriersgensdici@free.fr Toulouse, le 10/11/2018
    site : www.ouvriersgensdici.net

  • Algérie, les écrivains dans la décennie noire...

    Il y a trente ans, en octobre 1988, le monde arabe connaissait son premier « Printemps » en Algérie, suivi d’une guerre civile d’une rare violence qui saigna le pays, par l’assassinat ou par l’exil, d’une grande partie de son intelligentsia. L’une des premières victimes, le poète et journaliste de langue française Tahar Djaout tomba, en 1993, sous les balles de djihadistes islamistes.
    Entre études littéraires et sociologie des intellectuels, ce livre montre les conséquences de cette crise politique sur les écrivains algériens. Cette guerre civile a-t-elle été une guerre des langues, opposant anti-islamistes francophones soutenus par la France, et pro-islamistes arabophones, choc de civilisations qu’un certain discours de l’époque s’est plu à diffuser ? Il est vrai que l’ancienne puissance coloniale est redevenue à l’occasion de cette « décennie noire » un espace central pour l’exil, le débat politique, et la reconnaissance littéraire des Algériens. C’est plus largement la place de ces écrivains dans les sociétés algérienne et française qui est interrogée.
    Exceptionnelle par l’ampleur et la diversité de ses sources, cette étude s’adresse aux lecteurs curieux de découvrir une littérature à la fois si proche et lointaine (de langue française ou arabe : Rachid Boudjedra, Mohammed Dib, Assia Djebar, Tahar Ouettar…) ; et qu’intéressent les enjeux particulièrement actuels de l’engagement politique en période de censure religieuse, de migrations intellectuelles, et d’identités postcoloniales à l’heure de la mondialisation.

     

    L'auteur Tristan Leperlier est chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique.

    Son livre est publié par CNRS éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur

  • Jacques Chevallier...

    Jacques Chevallier est le dernier acteur majeur de l'histoire douloureuse de l'Algérie française. Son itinéraire est complexe : Croix-de-Feu dans les années 30, il se rapproche après la guerre du parti radical , tout puissant en Algérie, puis du RPF gaulliste, avant de devenir mendésiste. Politicien ambitieux, familier des écarts brusques, il est aussi profondément chrétien. Il est imprégné par la doctrine sociale de l'église et demeure attentif à la misère algérienne. Cela le conduira à adopter la nationalité algérienne au lendemain de l'indépendance. Un geste solitaire, incompris par ceux qui vont emprunter les chemins de l'exil.

     

    « Jacques Chevallier, les fidélités successives du dernier maire d'Alger »



    Né en 1944, diplômé de sociologie, journaliste, Alain Herbeth termine, avec ce portrait de Jacques Chevallier, sa « trilogie algérienne ». L'ont précédé deux autres portraits d'acteurs majeurs, et français, de la guerre d'Algérie : Jacques Soustelle et Robert Lacoste, tous publiés aux éditions L'Harmattan.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.




  • De la presse indigène à la presse indigeste...

    « Le quatrième pouvoir ne devait être ni les hommes, ni les médias, mais l’argent. Ce cinquième pouvoir, invisible, inodore et corrupteur. Les hommes et les médias étaient dans un second rôle. Des caporaux au service de la quincaillerie. Le temps donna mille raisons aux journalistes qui ont embrassé et fui, ce métier. L’avènement de la presse indépendante en Algérie posait, en fait, le tapis rouge à la cinquième colonne des affairistes, qui entamaient désormais leur marche, en ordre discipliné, sur les cadavres encore chauds d’une corporation toute vierge. Une arnaque nationale. »

    Karim Bennacef aux éditions Edilivre

    Communiqué de presse de l'éditeur

  • Communiqué CTDEE

    IVe JOURNÉE DU LIVRE DE L’EXIL ESPAGNOL Samedi 3 novembre 2018 – Entrée libre et gratuite 9 h 30 : Ouverture de la journée 10 h/12 h : La guerre, la Retirada → 10 h : Antoni Cisteró → 11 h : Grégory Tuban → 12 h : Dolores Botey Alonso 14 h/17 h : Le silence et la parole → Avec Alfons Cervera, Cristina Fallarás et Loreto Urraca Luque 17 h/18 h : Rencontre avec les écrivains et temps de dédicace Espace librairie sur le thème de l’exil avec la librairie Ombres Blanches 50 rue Léon Gambetta 31000 TOULOUSE 05 34 45 53 33 www.ombres-blanches.fr Possibilité de restauration sur place : réservation obligatoire auprès du CTDEE avant le 29 octobre. Centre Toulousain de Documentation sur l’Exil Espagnol (CTDEE) 12 rue des cheminote 31500 TOULOUSE 09 61 42 74 48 – 09 82 57 24 75 – 05 62 18 57 80 exilespagnol.tlse@gmail.com MJC ROGUET 9 rue de Gascogne 31300 TOULOUSE Métro ligne A : Patte-d’Oie ou Saint-Cyprien – République Bus : 14, 45, 66, arrêt Roguet Licenciée en Lettres, Loreto Urraca Luque découvre seulement en 2008 la véritable activité de son grand-père, Pedro Urraca, agent franquiste chargé de la traque des « rojos » exilés en France de 1939 à 1944. Elle entame alors une enquête rigoureuse pour la vérité. Ses recherches dans les archives familiales et officielles en Espagne, en France et les informations obtenues à travers la page web qu’elle crée à cet escient, vont donner matière à un roman historique. Dans ce roman, entre réalité et fiction, Loreto Urraca Luque peint avec précision les étroites connivences et complicités qui lient les polices franquistes et françaises dès 1939 et l’occupant nazi. Ce faisant, elle retrace, à travers la trajectoire de ses grands-parents, l’arrestation et le transfert de Lluis Companys en Espagne et elle évoque longuement l’action et le sacrifice de Jean Moulin. Cristina Fallarás est une journaliste et chroniqueuse bien connue pour ses prises de position vigoureuses, voire polémiques, sur l’actualité politique espagnole dans divers médias (presse écrite, radio, télévision et internet). Elle est aussi l’auteur de plusieurs romans dont le polar Deux petites filles (Prix Dashiell Hammett 2012). Honrarás a tu padre y a tu madre, paru en 2018, relate, la situation de mal-être de la narratrice, double de Cristina Fallarás, dont le grand-père paternel, fils de militant socialiste, tomba sous les balles du peloton d’exécution dirigé par son grand-père maternel pendant la Guerre Civile. Sous la forme d’une fiction coup de poing, l’auteure expose les ravages d’une douleur passée sous silence mais qui se transmet de génération en génération. Pour conjurer ce silence, elle se livre, selon son expression, à une « espèce de strip-tease familial ». → Cristina Fallarás Honrarás a tu padre y a tu madre Éditions Anagrama, 2018 → Loreto Urraca Luque Entre hienas Éditions Funambulista, 2018 Centre Toulousain de Documentation sur l’Exil Espagnol (CTDEE)

  • La religion des faibles...

    « Le croyant est le miroir du croyant », affirme le djihadiste. Par ces mots, il adresse à l’Occident un défi : toi qui ne me prends jamais au sérieux, contemple ma ferveur et vois ta propre foi.

    Alors, faisons face. Saisissons le miroir. Observons l’image qu’il nous renvoie, nous qui sommes si réticents à dire « nous », parce que ce serait délimiter une frontière avec « eux ». Mais le djihadiste nous y contraint. « Nous aimons la mort comme vous chérissez la vie », martèle-t-il, de Ben Laden à Merah. Et en disant vous il exhibe un nous. Du même coup, il dévoile la pieuse arrogance qui nous désarme : nous sommes convaincus d’être le centre du monde, le seul avenir possible, l’unique culture désirable.

    Or, le djihadisme sème le doute. Sa puissance de séduction révèle la fragilité de « notre » universalisme. Nous voici donc obligés d’envisager autrement les rapports de force passés (l’histoire des colonialismes) et présents (depuis l’affaire Rushdie jusqu’à Charlie). Nous voici également contraints de porter un regard neuf sur la conquête des libertés (démocratiques, sociales, sexuelles…) qui distinguent l’Europe comme civilisation.

    Au miroir du djihadisme, cette croyance conquérante, nous découvrons ce qu’est devenue la nôtre : la religion des Faibles.

    Jean Birnbaum dirige le Monde des livres. Il est l’auteur de plusieurs essais, et notamment d’Un silence religieux. La gauche face au djihadisme (2016), auquel cet essai fait suite.

    Son livre est publié par les éditions SEUIL

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

     

  • Le mystère Bouteflika...

     

    Mais quelle malédiction frappe donc ce pays ? Plus d'un demi siècle après que l'Algérie se soit libérée de la contrainte coloniale, après divers coups d'état et une décennie sanglante, la voici à nouveau prise en otage par un clan qui la vampirise sans merci et dont le chef n'apparaît plus que sous forme de portrait datant du siècle dernier. Quelques réponses sont apportées aujourd'hui par le livre de Mohamed Benchicou adversaire historique et jadis réprimé du système en place à Alger, publié par les éditions Riveneuve

    La maladie d'Abdelaziz Bouteflika l'handicape et ne lui permet pas d'assurer convenablement son rôle, tout le monde en est bien conscient, qu'il s'agisse du peuple algériens comme des autres dirigeants politiques qui continuent pourtant à relayer le mensonge d'état, se rendant complice d' une situation qui à terme pourrait entraîner une nouvelle catastrophe avec des répercussions internationales.

    Au non du sacro-saint bénéfice pétrolier, de la protection des prébendes, du droit de propriété auto-proclamé des caciques du FLN, de la toute puissance policière et militaire, de la menace intégriste, on n'hésite pas à sacrifier une jeunesse qui n'a pour tout avenir que la noyade ou la misère d'un exil sans fin dans les poubelles de la société marchande occidentale.

    Jusqu'à quand les descendants des Lumières et les héritiers des Droits de l'Homme vont ils fermer les yeux sur l'immolation d'un pays qui fut aussi le nôtre et d'un peuple qui mêlât si souvent sa sueur à celle de nos exploités et son sang à celui de nos sacrifiés ?...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso ; Montauban

     

    « Le mystère Bouteflika / Radioscopie d'un chef d'Etat » De Mohamed Benchicou aux éditions Riveneuve.

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