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Radio Association - Page 2

  • Mes indépendances...

     

     

    Kamel Daoud est un sacré bonhomme, comme je les aime. C'est une plume et aussi un journaliste hors pair. Sur le net et parfois lorsqu'il m'arrive de me trouver sur l'autre rive de la Méditerranée, je me régale à parcourir ses chroniques dans le Quotidien d'Oran. Avec élégance et précision il décrit son pays et le monde. Avec courage il égratigne le sacré, la religion et l'état, bénéficiant ainsi de fatwas et de menaces émanant autant du sabre que du goupillon islamique. Avec clairvoyance il dresse le portrait d'un peuple à l'abandon et d'un pouvoir corrompu. Avec générosité il instille l'espoir dans l'avenir.

    Lassé des attaques menées par tous le empêcheurs de jouir librement et l'incompréhension de ses semblables, le « chroniqueur » comme il lui plait de se définir, veut quitter le journalisme pour se consacrer à l'écriture, dans laquelle il excelle par ailleurs. Ce serait une bénédiction pour la littérature, mais bien regrettable pour l'expression libre...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Mes indépendances / Chroniques 2010-2016 » de Kamel Daoud aux éditions Actes Sud.

    Son roman « Meursault, contre enquête » a reçu le prix Goncourt du premier roman en 2015.

     

  • Quelques notes avec Brassens...

     

     

    Fin de semaine dans ce monde de barbares et de faux-culs, laissons-nous aller à un peu de poésie et, nom de Dieu que ça fait du bien !... Joël Favreau a été le guitariste de Brassens, il a aussi été son ami et son complice. Dans son livre publié par les éditions L'Archipel, il y témoigne du talent mais aussi dela grandeur d'âme du barde sétois. Il y évoque les succès mais aussi les galères, les copains et la fraternité.

    Le grand moustachu nous manque, comme nous manquent Léo, le grand Jacques, Barbara et bien d'autres, tous ces acteurs militants de l'humanité et de l'expression libre, ces magiciens des mots et des notes, ces iconoclastes auxquels se référait notre jeunesse en perpétuelle ébulition.

    Aujourd'hui le temps se couvre. Les cranes rasés jouent à cache-cache avec les barbus. La Raison fout le camps. On n'a même plus le temps de rêver. Tonton Georges revient !...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Quelques notes avec Brassens » de Joël Favreau aux édition L'Archipel, préface de Maxime Le Forestier.

     

  • Ils ne savaient pas que c'était une guerre...

    Ils ne savaient pas que c'était une guerre...

     

    Et le pouvoir en place à l'époque se gardait bien de les informer sur ce qui les attendait sur l'autre rive de la grande bleue. D'ailleurs cette rébellion de quelques brigands, ces « événements » ne sauraient s'étaler dans le temps... La guerre d'Algérie dura huit ans et le traumatisme qu'elle a entraîné chez les appelés qui y participèrent est encore vivace de nos jours.

    Issus d' un petit village de la Loire, Bourg-Argental, des jeunes de vingt ans sont envoyés en Algérie sans préparation militaire, protéger l'ordre colonial et accomplir des tâches diverses, logistiques, administratives mais aussi de police, pendant de nombreux mois. Ils sont confrontés à la réalité de la guerre et à ses horreurs, embuscades, tortures, « corvées de bois », peur, mort des copains,solitude et nostalgie du pays.

    Ceux qui en reviendrons reprendront tant bien que mal le cours de leur vie et bien souvent se tairons, espérant ainsi tourner la page et oublier. Mais le poids est trop lourd, et devenus grand-pères, le besoin de soulager sa conscience se fait sentir, la parole se libère enfin.

    Tous ceux qui ont connu, à leur corps défendant, la contrainte d'une telle situation sont passés par une période de mutisme, puis au terme de leur existence, encouragés par leurs proches ou des associations comme les 4ACG (Anciens Appelés d'Algérie et leur Amis Contre la Guerre), ils leur est venu le besoin de transmettre. Leur expérience douloureuse doit profiter à tous afin de ne jamais se reproduire. Certains éprouverons même le besoin de retourner sur les lieux de leurs épreuves, ils y rencontrerons parfois d'anciens adversaires, qui les rassureront en leur tendant la main, les aidant ainsi à se déculpabiliser d'une réalité dont ils croyaient porter une responsabilité et sur laquelle pourtant ils n'avaient à l'époque aucune prise.

    Le livre et le film consacrés au témoignage des anciens conscrits de Bourg-Argental s'ajoutent aux nombreuses publications sur cette époque tragique. Ils contribuent à rappeler que, s'ils ne furent ni déserteurs, ni insoumis, ni objecteurs, les appelés dans leur majorité ont aussi à leur niveau refusé souvent d'accomplir des actes abjects et su rester malgré des conditions de vie difficiles et les pressions hiérarchiques, des êtres humains....

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Ils ne savaient pas que c'était une guerre » un ouvrage de Nicolas Bancel, Claire Nicolas, Romain Chasles, Fabrice Badol et Jean-Paul Julliand publié par les Éditions Chronique Sociale 1 rue Vaubecour 69002 Lyon et vendu au prix de 14,50 €

     

     

     

     

     

     

  • La désobéissance civile des réfractaires non-violents à la guerre d'Algérie...

    La désobéissance civile des réfractaires non-violents à la guerre d'Algérie...

     

    Il ne s'agit, ici,que de rappeler des faits et apporter quelques précisions sur la naissance de la désobéissance civile en France car l'information donnée sur cette question nous paraît incorrecte ou pour le moins incomplète.

    La désobéissance civile, en tant que telle, nait en France par une contestation de l'armement atomique pendant le temps de la guerre d'Algérie (1954-1962). Elle se poursuit par la mise au jour de pratiques de torture par les militaires, puis par la dénonciation, en actes, des camps d'assignation à résidence pour les Algériens suspects ; enfin, en soutien aux jeunes réfractaires qui refusaient cette guerre coloniale et qui s'engageaient dans une action collective de désobéissance civile non-violente.

    Ces différentes manifestations seront organisées par l'Action civique non-violente.

    Cette brochure est réalisée par Erica Fraters, anagramme de « réfractaires » et publiée aujourd'hui par les Éditions Libertaires.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Les socialistes français face à la troisième voie britannique

    L'auteur Thibaut Rioufreyt publié chez retrace la relation ambiguë des socialistes français à la "troisième voie" britannique dont  Tony Blair fut le promoteur dans les années 1990-2000. S'appuyant sur des entretiens avec des responsables politiques et intellectuels, il étudie les évolutions contemporaines du socialisme français à travers ses interactions avec un homologue étranger.. Il combine analyse interne des idées, textes et discours, à l'analyse externe du contexte social et politique dans lesquels ces discours sont produits, circulent et sont reçus.Cet ouvrage s'inscrit pleinement dans l'actualité.

    Dans cette période électorale où le débat fait rage, la lecture de ce livre permet de mieux comprendre le virage social-libéral du PS.

    L'auteur: Docteur en science politique et chercheur associé au laboratoire Triangle

    Editeur: Presse universitaires de Grenoble 15 rue de l'Abbé Vincent 38660 Fontaine

    Serge Cariven

  • Soumission...

    Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s'engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l'enseignement, il s'attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu'à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.

    Le talent de l'auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste.

    Ce livre est une saisissante fable politique et morale.

    Michel Houellebecq est l'auteur de romans, de recueils de poèmes et d'essais publiés dans le monde entier. Son livre est publié par les éditions J'ai lu.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Faire l'amour avec Dieu...

    « La prière est un coït avec la Présence divine » : cette drôle de phrase, tombée de la bouche d'un rabbin ukrainien au XVIII° siècle, le Baal Shem Tov, est venu tinter un soir à mes oreilles comme un méchant grelot. Pourquoi ? Qu'est-ce que la sexualité d'une prière peut apporter au XXI° siècle, un siècle qui commence par des tueries suicidaires commises au nom de Dieu ? Et que veut-il, ce Dieu, le coït ou la mort ? Dieu voulant toujours tout. Il veut les deux : qu'on fusionne avec Lui et qu'en suite on en meure, pour faire partie de Lui. C'est un ogre adorable. Belle idée pour fidèles, exaltante pour dévots.

    Si tentante, cette idée, qu'elle s'est incarnée sous tous les cieux, sur tous les continents, dans toutes les religions. Celles et ceux qui les portent sont des croyants extrêmes prêts à donner leur vie pour accéder à la fusion divine. Par défi, par orgueil, ou sous l'effet d'un grand vent dissident hostile à toute autorité sociale, ceux-là et celles-ci vont à la mort par des chemins dérivés que l'on appelle mystiques.

    De Catherine de Sienne à Ramakrishna, de Rumi à Thérèse d'Avila, de l'histoire de Majnoun le fou d'amour au Cantique des Cantiques, l'auteur Catherine Clément nous fait découvrir « l'être sexuel de Dieu », et le monde fascinant de ses amants mystiques.

    Le livre est publié par les éditions Albin-Michel.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Un regard sur la guerre d'Algérie...

    La guerre d'Algérie n'est pas seulement l'affrontement de deux projets pour le devenir de l'Algérie, d'un côté le peuple algérien uni derrière le FLN et de l'autre les colons accrochés à leurs privilèges.

    Les partisans de Messali (MNA) – qui furent les premiers indépendantistes – ont tenté de tisser des liens avec la puissance coloniale pour une autre idée de la nation algérienne que celle du FLN. Celui-ci les a durement affronté en Algérie et en France, orchestrant une guerre civile meurtrière en Algériens.

    Certains Algériens étaient favorables au maintien de la présence française dans le pays – 300000 combattants dans l'armée française, plus que dans l'ALN – et des dizaines de milliers de fonctionnaires, enseignants ou intellectuels affichaient des sentiments anti-indépendantistes. Certains le payèrent de leur vie.

    Plus d'un million d'Européens issus de générations nées en Algérie souhaitaient par ailleurs rester vivre au pays. Nombreux, se sentant trahis par les dirigeants politiques, se sont soulevés contre un abandon plus ou moins programmé et sont entrés ainsi dans un conflit franco-français. Même des pieds-noirs – très minoritaires il est vrai – se sont rangés du côté du FLN.

    Cette guerre s'est déroulée sur le territoire algérien, mais aussi en France métropolitaine. Ce fut d'abord une guérilla, rarement une guerre de position, mais ce fut aussi un terrorisme urbain, une guerre civile et une guerre de religion.

    A partir d'une vingtaine de moments clés, avec la révélation d'éléments inédits, Roger Vétillard souligne la complexité souvent méconnue de ce conflit. Voilà qui explique que, plus d'un demi-siècle après son terme, beaucoup ne considérant qu'un angle, ne se reconnaissent pas dans les autres présentations. Il faut souhaiter qu'un jour une étude contradictoire et sereine puisse être menée pour que les oppositions prennent fin.

     

    L'auteur Roger Vétillard est né en Algérie. Après une carrière médicale hospitalière et universitaire, il s'est investi dans l'histoire de son pays natal. Son livre est préfacé par Kader Benamara et publié chez Riveneuve éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

  • Lettre à Félix...

    Notre première rencontre a eut lieu au début des années 90. Je retrouvais la CNT après une dizaine d'années consacrées à la gestion d'une situation familiale difficile. J'avais rencontré les anars après 68 et mon exclusion de chez les staliniens. Ils étaient « la plupart espagnols » comme disait Léo et peut-être t'ai-je croisé pour un 19 juillet ou rue Merly, je sais que déjà très jeune tu te consacrais à « Espoir » l'organe franco-espagnol de l'organisation.

    Je connaissais deux sortes d'anars, ceux comme nous, les jeunes, grandes gueules et pataugas crottés et les anciens, les « Espagnols » tirés à quatre épingles et au langage châtié. Tu ressemblais à ces derniers avec ton nœud pap, ton chapeau, et comme tu disais  ta « tenue d'abbé Pierre ». De plus tu étais médecin ! Un toubib, cette engeance inventée pour remplacer les curés et laisser perdurer le leurre de la vie éternelle ! Et pire encore, tu plaisantais, tu rigolais, tu étais gai ! En un mot, tu ne laissais pas indifférent. Je te pensais un cabot comme quelques copains artistes ou poètes, je n'avais pas encore pris la réelle mesure de ta personnalité. Au fur et à mesure de nos entrevues, de nos échanges, j'ai découvert la pertinence de tes analyses et l'élégance que tu mettais à conduire les débats. J'ai goûté au plaisir de t'entendre raconter les histoires rocambolesques de ta vie militaire. J'ai envié ta capacité de synthèse et ton talent de l'écriture. J'ai aimé chanter avec toi, (aussi faux) les classiques de la Révolution espagnole durant les soirées de camping. J'ai salué tes engagements vis à vis des victimes et des réprouvés. J'ai admiré ta finesse qui te permettais de trouver ta place dans des milieux sociaux différents, voire antagonistes, sans compromission et au bénéfice de nombreux copains.

    Aujourd'hui tu es parti. Tu nous laisses désemparés face à une situation qui ne s'annonce pas des plus brillantes et dans laquelle ta joie de vivre et ta rationalité vont nous manquer.

    Soyons fous. Je veux rêver que dans ton agonie tu as entrevu des territoires libérés que nous, pauvres vivants ignorons et que, confortablement installé, sans tabac ni alcool bien sur, mais largement pourvu en café, tu distribues les tours de parole et tente, non sans mal, de réguler les échanges entre les compagnons déjà partis, mais toujours, au-delà même de la mort, aussi incommensurablement indisciplinés.

    Je veux imaginer que tout n'est pas fini et qu'un strapontin m'attend au paradis libertaire pour entendre à nouveau rire Félix...

     

    Henri

     

    4 mars 2017

     

  • Contingent rebelle...

    Contingent rebelle...

     

    Ce livre nous parle d'un temps que les moins de vingt ans (et même plus) ne peuvent pas connaître, celui du service national obligatoire pour tous les jeunes mâles, période heureuse et insouciante sensée marquer le passage de leur adolescence à l'âge adulte et qui devait faire d'eux de bons citoyens, travailleurs, loyaux et responsables. Ça c'était la théorie, la pratique était souvent différente. Patrick Schindler dans un livre publié aux éditions L'Echapée nous donne la version de ce que fut pour lui cette aventure.

    Militant de la Fédération Anarchiste et du Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (FHAR), il se retrouve incorporé en 1974 dans l'armée de l'air après avoir signé le célèbre « appel des cents », manifeste réclamant des conditions de vie dignes pour les appelés, des libertés, la fin de la conscription. Son ouvrage, écrit sous forme de journal évoque le quotidien du bidasse dont la principale occupation est de tirer au cul et de pousser l'autorité militaire vers l'apoplexie, il laisse aussi une large part à l'explication de ce que furent les mouvements de soldats de l'après 68, leur impact dans la société, la répression, mais aussi les acquits de haute lutte qui amenèrent au choix politique vers l'armée de métier.

    Pour ceux qui connurent cette contrainte douloureuse, furent confrontés à l'absurdité d'un commandement de droit quasi divin, y découvrirent la paresse, la débrouille, la mauvaise bière, la masturbation collective, l'alcool et la fumette, la crasse et l'ennui, et qui en sortirent malgré tout entiers et dignes, ce livre les aidera peut-être à évacuer la haine contre cette institution mortifère.

    Pour ceux qui y échappèrent (un regrettable mais bienvenu accident de voiture m'a permis de ne passer que quelques jours de ma vie dans une caserne toulonnaise semblable à celle décrite dans le livre, semblable à toutes d'ailleurs) et qui furent des acteurs antimilitaristes du soutien aux objecteurs, insoumis et déserteurs, ils ne bouderons pas leur plaisir et auront la nostalgie d'une époque ou la révolte était la norme, où les organisations et les militants n'hésitaient pas à payer de leur personne.

    Il paraît qu'aujourd'hui dans ces orgas et parmi ces militants, certains réclament un retour à un service obligatoire qui selon eux, redonnerait du sens et du contenu au vide existentiel de notre jeunesse. Peut-être que la bite au cirage... leur remettrait les idées en place...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Contigent rebelle, récit d'un réfractaire au service militaire dans les années 70 » de Patrick Schindler aux éditions L'Echappée.

     

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