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Radio Association - Page 2

  • Moi qui vous parle...

     

     

    Le 11 avril 1987 Primo Levi nous quittait. 30 ans plus tard, Giovanni Tesio nous livrait un ultime entretien inédit. Un dialogue intime d'où se dégage une extrême douceur, la mélancolie d'un monde passé, un dernier témoignage.

    « Je me vois comme quelqu'un qui a mené plusieurs batailles. Qui en a perdu certaines et en a gagné d'autres. Je dois quand même posséder une force profondément ancrée en moi puisque j'ai survécu à Auschwitz. »

    Dans les premiers mois de 1987, Primo Levi accorde à Giovanni Tesio des entretiens à bâtons rompus, en vue de ce que les deux amis définirent d'un commun accord comme « une biographie autorisée ».

    La famille, l'enfance, des années de formation sous le fascisme, les amis durant l'adolescence, des lectures, une timidité maladive avec les femmes, la passion pour la montagne. Et puis aussi, malgré tout, la guerre, le retour et un métier « qui n'est jamais qu'un cas particulier, une version plus hardie du métier de vivre ».

    Des questions discrètes, jamais trop pressantes, auxquelles Primo Levi -affable, tantôt sur la réserve, tantôt très explicite- apporte des réponses, bousculant quelque peu ce qu'on savait déjà et faisant poindre certains aspects plus intimes de son existence.

    Cet ouvrage nous offre un dialogue intense, sur le fil de la mémoire, riche de vie(s), d'histoires et de l'Histoire, et qui s'interrompt juste avant Auschwitz.

    Un dialogue auquel la mort soudaine de Levi mit fin.

     

    L'auteur Giovanni Tesio est professeur de littérature italienne. Son livre est publié par les éditions Pocket et Tallandier.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Vive la révolution, à bas la démocratie !...

     

     

    Avec l'insurrection de 1905 dans l'empire russe, le mouvement anarchiste a poussé comme des champignons après la pluie, de Bialystok à Lodz, d'Ekaterinoslav à Minsk, mais aussi à Odessa, Kiev, St-Petersbourg, Moscou, Vilnius, Tbilissi ou Irkoutsk. Malgré sa brève existence, il a développé en quelques années une intense activité d'attaques diffuses contre la bourgeoisie (industrielle et commerciale) et contre les défenseurs de l'état (flics, matons, gouverneurs ou cosaques). A l'aide d'imprimeries clandestines montées à coups d'expropriations, et de participations sans concessions aux grèves, émeutes et autres soulévements, il a réussi à poser une critique radicale de l'autocratie tsariste comme de son alternative républicaine : la démocratie.

    A l'heure du centenaire de la révolution de 1917, il est plus que temps de se replonger dans la période insurrectionnelle qui l'a précédée de douze ans, celle de l'émergence des premiers soviets, celle aussi du combat d'intransigeants hors des partis et des syndicats vers une liberté sans maîtres ni esclaves.

     

    « Vive la révolution, à bas la démocratie ! Anarchistes de Russie dans l'insurrection de 1905. Récits, parcours et documents d'intransigeants » aux éditions Mutines Séditions collection Fil noir de l'histoire.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Mutins et fusillés...

     

     

    Il y a tout juste un siècle, début avril 1917, suite à l'offensive meurtrière du Chemin des Dames conduite par des généraux incapables et devant la souffrance des poilus qui voient la guerre s'éterniser, des actes d'insubordination se produisent et des mutineries éclatent dans l'armée française au front. Ces rebellions furent individuelles ou collectives, plus ou moins radicales et se sont produites dans de nombreux régiments. Certaines furent politiques et en lien avec les mouvements sociaux qui avaient lieu par ailleurs dans le pays ou à l'étranger (grèves, révolution russe). La répression contre les meneurs fut impitoyable et se soldat par des condamnations à mort suivies d'exécutions, de déportations, d'emprisonnements. L'historien François de Lannoy aux éditions Ouest-France publie aujourd'hui un intéressant recueil d'analyse fort documenté et richement illustré.

    Ces épisodes terribles furent longtemps occultés par l'histoire officielle. Le film de Stanley Kubrick, « Les sentiers de la gloire » fut longtemps interdit par la censure, de nombreux militants anti militaristes les ayant évoqués durent répondre de « provocation de militaires à la désobéissance » devant les tribunaux et furent sanctionnés. Il fallut attendre la fin du 20 ème siècle pour que ces soldats soient réhabilités et reconnus comme d'authentiques combattants. Les témoins directs de ces sinistres périodes ont tous disparus. Il est fondamental que des écrits perpétuent la mémoire de ces événements, de leur causes, de leurs déroulements, c'est le moins que nous puissions faire pour honorer la mémoire de ces victimes à qui le capitalisme et ses laquais ont ravi la jeunesse... et éviter que de telles horreurs se reproduisent...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Mutins et fusillés pendant la grande guerre » de François de Lannoy aux éditions Ouest-France.

     

  • Instituteur dans l'Oranais...

     

     

    « Même avec un fusil, c'est un beau pays, l'Algérie... » chantait Serge Lama. Stanislas Swietek a connu deux époques. Celle où, comme officier appelé il accomplit son temps dans l'Ouarsenis puis celle de sa coopération dans l'Algérie indépendante naissante. Ce fils de mineur polonais du Pas de Calais, certainement de par ses origines ouvrières, n'a rien d'un sabreur et, délaissant les combats et leur gloire, il préfère se consacrer à l'enseignement qui est par ailleurs son métier et sa vocation.

    Durant sa période militaire, il avait été amené à approcher les horreurs de ce conflit sans nom, la torture, les « corvées de bois », la misère des indigènes, le mépris des colons. Il rencontrera aussi l'amour avec Colette, jeune PFAT qui se consacre elle aussi à soigner au mieux les plus déshérités. Ils découvriront ensemble le dénuement et la précarité de ces Français pas tout à fait à part entière vivants dans des conditions déplorables. Devenu responsable d'un secteur scolaire, Stanislas va former des instructeurs qui à leur tour apporteront la connaissance à leurs élèves.

    Dans un livre édité chez L'Harmattan, Stanislas Swietek détaille de façon précise et agréable son parcours d'enseignant dans ce pays nouveau et plein d'espérances, sa vie quotidienne, ses relations avec ses élèves, leurs parents, l'administration encore hésitante mais généralement bienveillante à l'égard de ces « Roumis » qui ont choisi de s'y investir, sans grandes contreparties financières, mais avec une foi incommensurable. Cette région, L'Oranie, il l'affectionne particulièrement pour y consacrer sa vie pendant près de dix ans. Pourtant dès 1965, gagnés par l'appel du pouvoir les nouveaux dirigeants algériens mettent en place une politique bureaucratique qui rend plus difficile le travail des coopérants. Ceux-ci peinent à accomplir leurs missions et progressivement quittent le territoire. La famille Swietek retrouvera le sud-ouest natal de Colette et Stanislas y poursuivra sa carrière.

    En 2008, suite au décès de son épouse et quarante ans et deux mois après en être parti, Stanislas retournera sur les traces de sa jeunesse militante d'enseignant pour de chaleureuses retrouvailles avec ses amis et disciples d'autrefois. Son retour au bled coïncide à peu près à mon premier voyage en Algérie et je partage son appréciation des paysages et des gens. J'aime la « harira », la nuit oranaise, les plages de la Salamandre ou des Sablettes, la couleur de la mer à Kristel, l'accueil du « Montazah » et je ne puis qu'inciter les amis, encore un peu timorés, à venir y goûter...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Instituteur dans l'Oranais, une passion algérienne 1959-1968 » de Stanislas Swietek aux éditions L'Harmattan collection Graveurs de Mémoire.

     

     

  • Sors, la route t'attend...

     

     

    Slimane Zeghidour est né en 1953 à El-Oueldja, un village montagnard de Kabylie, dans un monde oublié par l'œuvre bienfaitrice de la colonisation. Le 1er novembre de l'année suivante, les indépendantistes déclenchent la lutte armée et contraignent le pouvoir français à prendre conscience de l'ampleur du problème algérien. Alternant entre carotte et bâton, il usera de la répression en pratiquant les ratissages et la déportation des populations vers les camps de regroupement tout en dévouant une partie des militaires à des missions humanitaires dans le soin et l'enseignement. Slimane et sa famille quitteront leur gourbi pour le camp d'Erraguene où se construit un immense barrage qui engloutira la région. Ils y découvriront les progrès techniques et les Européens, tous aussi inaccessibles les uns que les autres. Néanmoins, les enfants pourront accéder à l'école, ce qui changera fondamentalement la vie de Slimane Zeghidour devenu aujourd'hui écrivain et auteur de ce livre publié aux éditions Les Arènes.

    Cet ouvrage est émouvant en ce qu'il rend hommage à un peuple digne qui sut résister et se libérer. Il est riche de renseignements pour qui l'aime et s'intéresse à son histoire. Il est clairvoyant sur la nature des relations entre les différentes populations. Il est plein d'espoir pour ceux qui croient à la paix et la fraternité entre les deux rives de la Méditerranée...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Sors, la route t'attend » de Slimane Zeghidour aux éditions Les Arènes.

     

  • Un crime d'Etat...

     

     

    « Ils sont pas nombreux en février à se souvenir de Charonne... » chantait Renaud, de son vivant libertaire. Aussi la publication de l'ouvrage collectif du Comité Vérité et Justice pour Charonne édité par Le Temps des Cerises est-elle la bienvenue, afin de nous remémorer ce triste événement de notre histoire récente. Le 8 février 62, l'extrême gauche antifasciste appelle à un rassemblement pour la paix en Algérie et contre les crimes de l'OAS. La préfecture de police de Paris, sous l'autorité du sinistre Papon l'interdit sous prétexte d'état d'urgence (déjà), la manifestation se déroule pourtant, calmement et sans provocation. C'est au moment de sa dislocation, dans le 11 ° arrondissement, que les chiens sont lâchés. Les brigades spéciales de la police parisienne, à coups de « bidules » les célèbres matraques, de tables de café, de grilles d'arbres en fonte exercent leur folie meurtrière en acculant les manifestants dans la bouche du métro Charonne et aux alentours. Neuf martyrs et de nombreux blesses auront à nouveau versé leur sang sur le pavé parisien au nom de leurs idées.

    Ce livre est un recueil de témoignages d'époque ou plus tardifs. Il est préfacé par Delphine Renard qui, à l'age de quatre ans a été victime d'un attentat OAS qui visait André Malraux, elle en portera toute sa vie les séquelles. Ce livre est aussi un hommage à toutes les victimes de violences policières, quels qu'en soient les lieux ou les périodes, il nous rappelle aussi le courage de ces femmes et ces hommes qui n'hésitaient pas, au nom de leurs valeurs, à braver l'autorité et en assumer les conséquences. Serions-nous encore capables de prendre de tels risques ?...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Un crime d'État. Métro Charonne 8 février 62 » Ouvrage collectif dirigé par le Comité Vérité et Justice pour Charonne publié par les éditions Le Temps des Cerises.

     

     

     

  • Le fascisme islamique...

     

     

    Comment se reconnaître musulman, tout en exprimant une vision critique par rapport à la religion islamique, à son fondateur et à ses textes sacrés. C'est l'exercice périlleux auquel se livre l'intellectuel allemand d'origine égyptienne, Hamed Abdel-Samad dans un livre publié par les éditions Grasset. Avec courage et s'appuyant sur une argumentation irréfutable, l'auteur développe la thèse d'une religion qui, dès l'origine développa les mêmes pratiques guerrières et la même intolérance que les groupes fascistes qui mirent l'Europe à feu et à sang au cours du 20 ° siècle. Il décortique les idéologies et établit des parallèles entre les principes et les actes produits par les nazis et les islamistes radicaux. Ce qui, bien sûr n'est pas du goût des obscurantistes qui l'on gratifié d'une menaçante fatwa.

    Alors que les tenants de l'intégrisme islamique se réclament d'écrits du VII ° siècle et ont recours à des comportements des plus barbares au nom de leur foi, les musulmans prétendus « modérés » nous parlent de paix et d'amour en se référant au même Coran. Ne serait-il pas temps pour ces derniers de faire évoluer leur doctrine et leurs rites pour les mettre en adéquation avec notre époque ? Les autres religions du Livre l'on bien fait et personne chez eux ne se revendique plus d'un dieu vengeur ou de l'inquisition. Le vivre ensemble mérite bien que l'on se penche sur la question...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Le fascisme islamique, une analyse » de Hamed Abdel-Samad aux éditions Grasset.

     

  • Soumission... ou résistance ?...

     

     

    Le livre de Michel Houellebecq est certes une fiction. Sauf que les bouleversements politiques jusqu'ici inimaginables que nous vivons, les trahisons, les reniements, le mépris affiché par les élites vis à vis du citoyens lambda et leur égo surdimentionné nous autorisent à craindre le pire. Pris en tenaille entre un fascisme brun et un fascisme vert, face à des crânes rasés et des barbes fournies , le sentier de la Raison devient de plus en plus caillouteux. La disparition progressive de la conscience de classe, le retour des nationalismes, le racialisme se substituant à la Fraternité et à l'idée collective, le vide existentiel et le chacun pour soi, le retour du religieux et la remise en cause des acquits sociaux et des valeurs républicaines sont des symptômes des plus inquiétants. Que ferions-nous si le scénario du livre de Houellebecq publié par les éditions J'ai lu venait à devenir réalité, ce qui à mon sens n'est pas impossible ? La compromission du politique et du religieux s'est souvent vérifié dans notre histoire et au grand détriment de notre peuple. L'intérêt marqué pour les intégristes vis à vis de l'éducation n'est pas anodin. La résignation voire l'abandonnisme ambiant ne nous porte pas vers la Résistance mais bien au contraire vers une fatale soumission.

    Ce livre a fait polémique à sa sortie. Il n'est en rien un ouvrage politique, simplement une vision de son auteur, néanmoins si on réalise que « 1984 » d'Orwell dépeint chaque jour un peu plus notre quotidien, il serait peut-être temps de se mettre à réfléchir sérieusement...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Soumission » de Michel Houellebecq aux éditions J'ai lu.

     

  • Mes indépendances...

     

     

    Kamel Daoud est un sacré bonhomme, comme je les aime. C'est une plume et aussi un journaliste hors pair. Sur le net et parfois lorsqu'il m'arrive de me trouver sur l'autre rive de la Méditerranée, je me régale à parcourir ses chroniques dans le Quotidien d'Oran. Avec élégance et précision il décrit son pays et le monde. Avec courage il égratigne le sacré, la religion et l'état, bénéficiant ainsi de fatwas et de menaces émanant autant du sabre que du goupillon islamique. Avec clairvoyance il dresse le portrait d'un peuple à l'abandon et d'un pouvoir corrompu. Avec générosité il instille l'espoir dans l'avenir.

    Lassé des attaques menées par tous le empêcheurs de jouir librement et l'incompréhension de ses semblables, le « chroniqueur » comme il lui plait de se définir, veut quitter le journalisme pour se consacrer à l'écriture, dans laquelle il excelle par ailleurs. Ce serait une bénédiction pour la littérature, mais bien regrettable pour l'expression libre...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Mes indépendances / Chroniques 2010-2016 » de Kamel Daoud aux éditions Actes Sud.

    Son roman « Meursault, contre enquête » a reçu le prix Goncourt du premier roman en 2015.

     

  • Quelques notes avec Brassens...

     

     

    Fin de semaine dans ce monde de barbares et de faux-culs, laissons-nous aller à un peu de poésie et, nom de Dieu que ça fait du bien !... Joël Favreau a été le guitariste de Brassens, il a aussi été son ami et son complice. Dans son livre publié par les éditions L'Archipel, il y témoigne du talent mais aussi dela grandeur d'âme du barde sétois. Il y évoque les succès mais aussi les galères, les copains et la fraternité.

    Le grand moustachu nous manque, comme nous manquent Léo, le grand Jacques, Barbara et bien d'autres, tous ces acteurs militants de l'humanité et de l'expression libre, ces magiciens des mots et des notes, ces iconoclastes auxquels se référait notre jeunesse en perpétuelle ébulition.

    Aujourd'hui le temps se couvre. Les cranes rasés jouent à cache-cache avec les barbus. La Raison fout le camps. On n'a même plus le temps de rêver. Tonton Georges revient !...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Quelques notes avec Brassens » de Joël Favreau aux édition L'Archipel, préface de Maxime Le Forestier.

     

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