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algérie - Page 4

  • Bienvenue chez vous...

     

     

    C'est par ces mots qu'Andrée Job-Querzola a été accueillie dans sa ville natale de Sidi-Bel-Abbès lorsqu'après de nombreuses années et beaucoup de réticence, comme pour de nombreux « pieds noirs », elle s'est plongée dans son histoire et a fait le pèlerinage sur les lieux de son enfance.

    C'est par ces mots que moi aussi qui n'ait pourtant d'autres attaches avec l'Algérie qu'affectives et beaucoup d'affinités avec ses habitants, ait été salué dès mon arrivée à l'aéroport d'Oran en 2006 par un policier des frontières, j'en fus agréablement surpris, il est vrai qu'à l'embarquement à Blagnac, ses homologues français étaient beaucoup moins souriants...

    Bel-Abbès connue pour le cantonnement de la légion étrangère du temps de la présence française était une ville moyenne, elle est aujourd'hui une grande métropole. Pourtant Andrée y a retrouvé de nombreux souvenirs, les maisons de sa famille, ses écoles, ses lieux de détentes et même le caveau de ses ancêtres. Le kiosque à musique, le jardin public, l'hôtel de ville, le marché, l'église devenue mosquée dont les deux minarets accueillent les nids de cigognes baignent toujours dans les parfums de l'enfance et les pétarades des nombreuses mobylettes ne couvrent pas les cris des gamins d'aujourd'hui.

    L'Algérie ne sera jamais pour nos générations de sexagénaires et plus, un pays étranger. Que nous y ayons vécu ou simplement parce que, en géographie nous avons appris ses départements ou que nos frères ainés s'y soient retrouvés, forcés de mener une guerre qui ne les concernaient en aucune façon, les références à notre histoire commune sont trop forts pour disparaître par la seule volonté d'une poignée de nostalgériques fascisants.

    Le livre, trop petit livre à mon goût, d'Andrée Job-Querzola publié aux éditions de L'Attrape-Science contribue de façon émouvante à l'édification de l'indispensable passerelle trans-méditerranéenne qui scellera enfin la paix entre nos deux peuples...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Bienvenue chez vous » d'Andrée Job-Querzola aux éditions de L'Attrape Science.

     

  • L'Algérie futée...

    Les éditions du Petit futé viennent de publier leur guide sur l'Algérie. Un ouvrage attendu qui nous fait découvrir un pays mal connu mais pourtant si proche, géographiquement autant que sentimentalement. L'Algérie n'est pas une destination touristique prisée et c'est bien dommage car le pays n'a rien à envier à ses autres voisins : le Maroc ou la Tunisie. L'absence de tourisme de masse l'a certainement protégé et les ravissantes plages de la côte méditerranéenne ne servent pas trop au bronzage des cuirs occidentaux, une bonne chose pour les amateurs d'authenticité qui ne seront pas harcelés par des marchands de pseudo artisanat local. Des sites exceptionnels variés et multiples sont offerts par un peuple accueillant et généreux, pour la découverte il suffit de laisser ses préjugés au vestiaire, faire confiance et se laisser guider. Sans prendre de risques inconsidérés, on est sûr de découvrir à chaque balade un mystère que cette terre si riche de ses diversités historiques a su préserver. Pour cela le petit futé Algérie est un outil indispensable, dès que vous l'ouvrirez vous serez déjà là-bas...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Le Petit Futé Algérie » www.petitfute.com

     

  • La tention monte en Algérie et Tunisie

     

     

    L’économie algérienne est au plus bas depuis la chute du baril du pétrole. Le régime de Bouteflika, le vieux président en fauteuil roulant, ne pourra certainement pas régler les problèmes sociaux qui traînent depuis des années. Le pouvoir algérien, tout en s’étant engraissé pendant des décennies, avait pu acheter ces derniers temps, avec les revenus du pétrole, un semblant de paix sociale. Il n’est plus en état de le faire.

     

    Le chômage est de 10 % et touche plus d’un quart des jeunes. Comme dans de plus en plus de pays aujourd’hui, la vie est de plus en plus difficile. Ce qui provoque périodiquement de grandes manifestations, notamment en 2011, à cause du renchérissement du prix des denrées alimentaires.

     

    En Algérie, les manifestations finissent très souvent en émeutes, car toute manifestation est férocement réprimée par la police et l’armée, dans le silence des médias internationaux.

     

     

     

    Avez-vous entendu parler des dernières émeutes, celles qui ce sont déroulés autour du 16 janvier 2016 dans plusieurs localités de la wilaya de Batna, dans l’est algérien ? Pourtant, elles ont été violentes, une mairie a même été incendiée. Mais elles n’ont pas trouvé grand écho dans les médias européens alors qu’elles méritent tout notre soutien et notre solidarité. Dans la commune de Oued El Ma (à l’ouest de la ville de Batna) des jeunes sont sortis dans la rue pour protester contre la mal-vie. A Batna, les manifestants se sont attaqués à la prison de la ville, cherchant à libérer les prisonniers. Arrestations arbitraires, violations de domiciles et destruction de biens privés par la police s’en sont suivi.

     

    Le déclenchement de ses manifestations, selon l’information officielle algérienne, serait consécutif à une histoire de projet de station fonctionnant à l’énergie solaire. On peut en douter.

     

    Sur les vidéos qui circulent (et dans les quelles on voit des manifestants à visage découvert – c’est pourquoi je ne les fais pas, pour ma part, circuler) on peut entendre en effet « ulash smah, ulash… » un slogan souvent scandés dans toutes les manifestations en Kabylie, depuis les assassinats de manifestants en 2001, qui signifie « Pas de pardon ».

     

    Les conditions de vie en Algérie et la colère grandissante en ces périodes difficiles pourraient être des éléments pour que la révolte s’étende à travers tout le territoire. Mais le régime algérien, tout comme le régime syrien l’a fait pour affaiblir la révolte, joue le communautarisme, fait mousser les conflits intercommunautaires pour éviter une trop grande solidarité entre des gens qui ont pourtant d’importants intérêts communs. En juin 2001, de nombreux Berbères ont fait les frais de cette politique : l’accueil des habitants d’Alger n’a pas été tout à fait ce à quoi ils s’attendaient. Venus manifester en masse pour dénoncer les meurtres commis par les forces de l’ordre contre une jeunesse révolté, ils n’ont reçu que du mépris.

     

    Mais c’est aussi dans des périodes difficiles que la population peut briser bien des murs et passer le cap de l’identité, des racines, des rancunes du passé, pour faire front face aux tyrans qui leur opposent, comme ils ont toujours fait, la violence étatique et une propagande haineuse.

     

    Le recrutement massif de policiers lancé tout récemment par le gouvernement algérien est certainement une preuve des tensions existantes.

     

     

     

    Tunis, Sidi Bouzid, même combat.

     

    En Tunisie, le chômage et la précarité font sortir à nouveau dans la rue les gens qui avaient poussé le Ben-Ali vers la sortie. Cet ex-président vit dans un très grand confort, tout comme sa fille qui est bien installée aux Seychelles. Ils ne manquent de rien, contrairement aux chômeurs de Tunis, de Sidi Bouzid, qui eux ne se réjouissent pas de leurs nouvelles conditions de vie. Même s’ils ne sont pas de même ampleur que les manifestations du printemps de 2011, les mouvements actuels sont en tous cas un signe et le constat que peu importe la personnalité qui est au pouvoir, rien ne s’arrange pour ceux qui n’y sont pas. Le pouvoir qui vient d’ailleurs d’annoncer qu’il ne pourra pas faire grand-chose, « Nous n'avons pas de baguette magique pour donner de l'emploi », voila exactement ses termes. Par contre, pour la répression, il a une baguette (ou plutôt une matraque) magique : un couvre-feu à été instauré. Voilà une réponse bien rapide, tout comme l’arrivée des forces de l’ordre pour réprimer les manifestants et l’annonce officielle que les actions violentes viendraient des « mains malveillantes », veillant ainsi à faire apparaitre le spectre de l’islamisme radical, alors que la première revendication des manifestants est « Non au chômage », ce qui n’a rien à voir avec les revendications de l’Etat Islamique.

     

    Puisque les gouvernants n’ont pas de solution, c’est aux gens d’en trouver comme ils ont su le faire dans l’histoire, en Espagne (1936), ou en Argentine (2001) : occupation, expropriation, auto-organisation, reprise en main des outils de production… Ou bien créer quelque chose de nouveau où d’autres pourront prendre exemple… Dans tous les cas, beaucoup de Tunisiens surveillent de près les agissements de ceux qui sont à la tête du pays, et ont l’air prêts à remettre leurs revendications sur la table, la révolution est loin, on peut l’espérer, d’être terminée.

    Extrait de "Anarchosyndicalisme" l'organe de la CNT-AIT de Toulouse

     

  • Nostalgérie...

     

     

    Pour des centaines de milliers d'européens qui ont naguère vécus en Algérie, l'idéalisation du passé s'est transformée en une « nostalgérie », beau mot chargé de mélancolie. Mais le drame commence lorsqu'on constate qu'une seule famille politique française, celle des anciens de l'OAS, et de leurs héritiers, l'a malhonnêtement et durablement instrumentalisé. Non contents d'avoir mené toute une communauté à l'impasse puis à l'exil, les « ultras » de l'Algérie française ont tenté depuis d'accaparer sa mémoire. Et ils y sont en partie parvenus.

    Ces hommes ont fait le choix, à partir de février 61, d'enclencher en toute connaissance de cause, une incroyable spirale de violence terroriste, en Algérie comme en France. Alain Ruscio propose dans ce livre un récit synthétique des racines et de l'histoire de ce tragique épisode, ainsi que de ses séquelles contemporaines. Mobilisant un impressionnant corpus documentaire -dont beaucoup de Mémoires d'anciens de l'OAS- l'auteur retrace la dérive de ces officiers à l'idéal politique dévoyé, militants fascisants ou petits malfrats transformés en assassins, qui ont eu l'incroyable prétention de « bloquer l'histoire », comme l'avait écrit Pierre Nora en 1961. Enfin, Alain Ruscio explique comment et pourquoi la mémoire brûlante de ces années de folie meurtrière travaille toujours, de façon souterraine, la société française.

    Ce livre est une précieuse réponse à l'un des derniers négationnisme que véhicule encore une certaine histoire coloniale « à la française ».

     

    L'auteur, Alain Ruscio est docteur en Histoire. Il a consacré l'essentiel de ses travaux à l'histoire coloniale. Ce livre est publié par les éditions La Découverte.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

  • La petite fille qui venait d'Alger...

     

     

     

     

     

    1997. les parents de Sohane, une petite algérienne de sept ans, sont massacrés par des terroristes. Désespéré, son grand-oncle Omar appelle au secours son ami d'enfance, Albert, et lui demande d'accueillir l'orpheline en France. Omar et Albert ont combattu ensemble pour l'indépendance de l'Algérie. Omar devenu pamphlétaire et auteur de théâtre, est sévère avec son pays mais refuse de le quitter. Albert, lui, a connu le succès grâce à des ouvrages sur l'attitude de la France pendant la décolonisation.

     

    En 2010, après un voyage à Alger, Sohane disparaît. Une figue au bout du monde, c'est-à-dire en banlieue, à deux pas du périphérique. Pour la retrouver, ses parents adoptifs, Albert et Charlotte, et son grand-oncle accouru d'Alger devront bousculer leurs habitudes et leurs idées reçues.

     

    Un roman qui bouleverse par la verve, la générosité, la sensibilité, la justesse, le désir de comprendre d'un auteur très inspiré.

     

    L'auteur Hubert Huertas est journaliste. Le livre est oublié par Les Presses de la Cité.

     

     

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Café Yacine...

     

     

     

     

     

    Un homme retourne dans son Algérie natale après de longues années d'absence. Il a des ponts à réparer. En lui, surtout en lui. Une occasion rêvée de revoir Nedjma et de renouer avec ses origines. A la fois remontée dans le temps et traversée du présent, voyage immobile ou simple rêverie, tout dans ce récit, s'emmêle, se croise et se disjoint au bout du compte avec passion.

     

    A ce jeu là les murs du Café Yacine deviennent vite l'épicentre d'une histoire sans fin, toujours recommencée. L'entrebâillement de portes qui s'ouvrent et se referment, offre au narrateur une manière presque kafkaïenne de reconstruire les moments forts d'une famille, mais aussi l'histoire de Constantine depuis l'époque romaine, la grande Numidie et la domination ottomane jusqu'à la présence française, la résistance algérienne et le cruel exode des Pieds-Noirs vers la métropole.

     

     

     

    L'auteur Jacques Alessandra publié par les éditions L'Harmattan collection Lettres du Monde Arabe

     

     

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Communiqué inter associatif de la LDH

     

    Béziers, samedi 14 mars - Les nostalgiques de l’Algérie française ne sont pas les bienvenus !

    Le maire de Béziers, soutenu par le Front national, s’apprête à débaptiser une « rue du 19 mars » pour la renommer rue du « Commandant Hélie Denoix de Saint Marc ». La cérémonie est prévue pour le samedi 14 mars à 14 h 30.

    Tout ce que la France compte de nostalgiques de l’Algérie française, cercle algérianiste, associations de rapatriés et d’organisations pro-OAS s’organise pour faire de cette cérémonie un grand rassemblement national.

    Cette constellation réactionnaire a salué la décision de Robert Ménard pour une double raison.

    Forte de son négationnisme, elle continue à prétendre que l’armée française aurait été contrainte de signer, le 19 mars 1962, un cessez-le-feu avec une armée de libération nationale algérienne totalement défaite. Cette signature serait une trahison et ne saurait acter la fin d’une guerre qui n’aurait jamais été qu’une intervention de maintien de l’ordre dans des départements français. Si, à la suite du cessez-le-feu, des crimes et des violences ont continué à faire des morts et des disparus aussi bien du côté français qu’algérien, le déchaînement de la folie meurtrière de l’OAS y a été pour beaucoup.

    L’autre raison est l’utilisation du nom de Hélie Denoix de Saint Marc présenté comme « héros de la résistance, et déporté à Buchenwald… une personnalité d’exception aux hautes valeurs morales et au sens de l’honneur indiscutable » (déclaration du Cercle algérianiste).

    Cette réputation est totalement surfaite. Son passé de résistant et de déporté, indûment utilisé pour se fabriquer la légende d’un « sage qui ne renie rien », ne l’exonère aucunement du rôle qu’il a joué à deux reprises. Cet homme, en effet, a été un croisé de la colonisation et un défenseur irréductible de la domination coloniale, d’abord au Vietnam puis en Algérie : en 1957, aux côtés du général Massu, pendant la bataille d’Alger, pour pourchasser les indépendantistes algériens, en couvrant de son autorité les pires méthodes d’élimination ; puis, quatre ans plus tard, à la tête du 1er REP pour participer au « putsch des généraux » du 21 avril 1961.

    Si, après l’échec de ce complot, il n’a pas déserté, contrairement à d’autres officiers, pour rejoindre l’OAS, il n’a rien fait pour démentir les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française qui utiliseront sa personnalité comme un emblème de leur combat. Jusqu’à la fin de sa vie, il gardera le silence aussi bien sur la pratique de la torture par l’armée française que sur l’action criminelle de l’OAS.

    L’annonce du rassemblement anti-républicain prévu à Béziers le samedi 14 mars n’a pas tardé à faire réagir les associations et organisations progressistes ci-après, qui appellent à un contre-rassemblement le 14 mars 2015 à 14 h 00, rue du 19 mars 1962 à Béziers.

    Le 14 février 2015

    Associations signataires ,
    en commençant par les quatre associations qui l’ont initié.

    - Les Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4acg) Site
    - Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)
    - Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA) Site
    - Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons Site

    - Memorial 98 Site
    - Au nom de la mémoire
    - Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
    - Sortir du colonialisme.
    - Comité Vérité et Justice pour Charonne
    - Association biterroise France Algérie (ABFA)
    - Les Amis de Tirésias

  • Histoire secrète de l'Algérie indépendante...

     

     

     

     

     

    2014 : à la veille d'une élection présidentielle pleine d'incertitudes, plusieurs acteurs du pouvoir s'opposent dans une lutte de clans féroce. Dans cette période cruciale où l'Algérie vit une situation complexe, le pays continue d'être contrôlé par des services secrets omniprésents. Cette enquête raconte pour la première fois l'histoire tumultueuse de la Sécurité militaire algérienne, en mettant à nu certaines de ses pratiques : liens entretenus un temps par les services algériens avec des organisations terroristes (ETA) et avec des milieux du grand banditisme (gang des lyonnais), assassinats d'opposants, implication dans l'élimination du président Boudiaf, et dans la mort des moines de Tibhirine... L'auteur y décrit les différents patrons de ces services : de Abdelhatif Boussouf, leur fondateur à Mohamed Mediène alias Toufik, qui les dirige depuis 1990.

     

    Riche en révélations et témoignages inédits, cet ouvrage relate l'histoire d'une Algérie indépendante sous l'emprise d'une police politique aussi opaque qu'hégémonique, qualifiée par beaucoup d'Algériens de « premier parti politique du pays ». Résultat de plusieurs entretiens avec des responsables civils ou militaires, de rencontres avec d'anciens officiers des « services », il montre le rôle joué par le renseignement militaire dans l'histoire du Mouvement national algérien, et sur son utilisation par les hauts gradés comme instrument de pouvoir d'un régime autocratique qui a du mal à s'ouvrir à la démocratie.

     

     

     

    L'auteur Mohamed Sifaoui est journaliste d'investigation, essayiste et réalisateur de documentaires. Le livre est publié au nouveau monde éditions.

     

     

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Les résistances pieds-noires à l'OAS...

     

     

     

     

     

    Aucune société humaine n'est homogène, c'est une évidence. Pourquoi alors la communauté pieds-noirs a-t-elle été si longtemps assimilée dans son intégralité aux ultras de l'Algérie française ? Les métropolitains ne se sont pas montrés très accueillants vis à vis des réfugiés d'Afrique du Nord. Il est vrai, et je l'ai personnellement constaté, que le comportement de certains des arrivants pouvait encourager les représentations. Un gamin de quinze ans qui demande le plus naturellement du monde qu'on lui porte son cartable, un autre qui se vante d'avoir fait le coup de feu avec les factieux, un père qui rentre du boulot s'arrachant les derniers cheveux et pestant contre une équipe de rapatriés dont on l'a bombardé, à son corps défendant, responsable et dont chacun se vante d'avoir été « chef, là-bas » et qui n'arrive pas à s'adapter au mode de travail d'ici, un discours globalement raciste vis à vis des musulmans, des gens souvent naïfs, égarés dans un monde étranger qui balancent entre plaintes et menaces, des éléments réunis qui, à cette époque troublée, ne favorisait pas la perception objective. Peu de gens faisaient la distinction entre le petit peuple chassé de ses origines, les expatriés de fraiche date qui avait choisi les colonies pour y mener une carrière que la limite de leurs compétences ne leur avait pas permis en métropole, souvent les plus hargneux, et les gros colons exploiteurs qui depuis longtemps avaient senti venir le désastre et acquis dans nos provinces les domaines abandonnés par les enfants de paysans préférant des carrières administratives au dur labeur de la terre. Il a fallu du temps et des opportunités pour que des rencontres aient lieu et que la parole devienne sincère. Tout comme les anciens appelés qui aujourd'hui seulement arrivent à évoquer leur passé douloureux, les pieds-noirs reviennent sur leur histoire et sur leurs rapports avec les autres communautés, et on s'aperçoit alors qu'ils n'étaient pas forcement conflictuels et que la guerre fut un immense gâchis. Ils sont nombreux à faire le retour dans leur pays de naissance et c'est très bien. Dans son essai publié aux éditions L'Harmattan, Bernard Zimmermann, instituteur en Oranie, revient sur les événements et au travers de ses souvenirs et de nombreux témoignages, nous fait découvrir le monde des Pieds-Noirs, ses doutes et ses contradictions en coupant court aux idées reçues. Non, tous les Pieds-Noirs ne sont pas des fascistes. De nombreuse formes de résistances et de solidarités entre communautés ont existé. Il y a certainement des leçons à tirer de tout ça...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « Les résistances pieds-noires à l'OAS » de Bernard Zimmermann aux éditions L'Harmattan.

     

  • S.L.E. Récits d'Algérie...

     

     

     

     

     

    S.L.E., traduisez par « Sachant Lire et Ecrire », le dernier livre de Dominique Dussidour publié aux Editions de la Table Ronde, nous fait voyager entre les deux rives de la Méditerranée, et parfois même au-delà, au travers de l'histoire commune mais néanmoins tumultueuse de nos deux pays ainsi que de ses expériences d'enseignante en coopération au lendemain de l'indépendance. C'est aussi sa vie de femme qu'elle dévoile pudiquement, ses espoirs, ses doutes. Le récit file entre présent et passé mais demeure profondément actuel avec l'évocation d'événements douloureux et la terrible problématique de l'exil. Un poème réaliste, un plaisir à ne pas bouder...

     

     

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

     

     

    « S.L.E. Récits d'Algérie » de Dominique Dussidour aux Editions de la Table Ronde

     

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