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Livres - Page 3

  • Un regard sur la guerre d'Algérie...

    La guerre d'Algérie n'est pas seulement l'affrontement de deux projets pour le devenir de l'Algérie, d'un côté le peuple algérien uni derrière le FLN et de l'autre les colons accrochés à leurs privilèges.

    Les partisans de Messali (MNA) – qui furent les premiers indépendantistes – ont tenté de tisser des liens avec la puissance coloniale pour une autre idée de la nation algérienne que celle du FLN. Celui-ci les a durement affronté en Algérie et en France, orchestrant une guerre civile meurtrière en Algériens.

    Certains Algériens étaient favorables au maintien de la présence française dans le pays – 300000 combattants dans l'armée française, plus que dans l'ALN – et des dizaines de milliers de fonctionnaires, enseignants ou intellectuels affichaient des sentiments anti-indépendantistes. Certains le payèrent de leur vie.

    Plus d'un million d'Européens issus de générations nées en Algérie souhaitaient par ailleurs rester vivre au pays. Nombreux, se sentant trahis par les dirigeants politiques, se sont soulevés contre un abandon plus ou moins programmé et sont entrés ainsi dans un conflit franco-français. Même des pieds-noirs – très minoritaires il est vrai – se sont rangés du côté du FLN.

    Cette guerre s'est déroulée sur le territoire algérien, mais aussi en France métropolitaine. Ce fut d'abord une guérilla, rarement une guerre de position, mais ce fut aussi un terrorisme urbain, une guerre civile et une guerre de religion.

    A partir d'une vingtaine de moments clés, avec la révélation d'éléments inédits, Roger Vétillard souligne la complexité souvent méconnue de ce conflit. Voilà qui explique que, plus d'un demi-siècle après son terme, beaucoup ne considérant qu'un angle, ne se reconnaissent pas dans les autres présentations. Il faut souhaiter qu'un jour une étude contradictoire et sereine puisse être menée pour que les oppositions prennent fin.

     

    L'auteur Roger Vétillard est né en Algérie. Après une carrière médicale hospitalière et universitaire, il s'est investi dans l'histoire de son pays natal. Son livre est préfacé par Kader Benamara et publié chez Riveneuve éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

  • Contingent rebelle...

    Contingent rebelle...

     

    Ce livre nous parle d'un temps que les moins de vingt ans (et même plus) ne peuvent pas connaître, celui du service national obligatoire pour tous les jeunes mâles, période heureuse et insouciante sensée marquer le passage de leur adolescence à l'âge adulte et qui devait faire d'eux de bons citoyens, travailleurs, loyaux et responsables. Ça c'était la théorie, la pratique était souvent différente. Patrick Schindler dans un livre publié aux éditions L'Echapée nous donne la version de ce que fut pour lui cette aventure.

    Militant de la Fédération Anarchiste et du Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire (FHAR), il se retrouve incorporé en 1974 dans l'armée de l'air après avoir signé le célèbre « appel des cents », manifeste réclamant des conditions de vie dignes pour les appelés, des libertés, la fin de la conscription. Son ouvrage, écrit sous forme de journal évoque le quotidien du bidasse dont la principale occupation est de tirer au cul et de pousser l'autorité militaire vers l'apoplexie, il laisse aussi une large part à l'explication de ce que furent les mouvements de soldats de l'après 68, leur impact dans la société, la répression, mais aussi les acquits de haute lutte qui amenèrent au choix politique vers l'armée de métier.

    Pour ceux qui connurent cette contrainte douloureuse, furent confrontés à l'absurdité d'un commandement de droit quasi divin, y découvrirent la paresse, la débrouille, la mauvaise bière, la masturbation collective, l'alcool et la fumette, la crasse et l'ennui, et qui en sortirent malgré tout entiers et dignes, ce livre les aidera peut-être à évacuer la haine contre cette institution mortifère.

    Pour ceux qui y échappèrent (un regrettable mais bienvenu accident de voiture m'a permis de ne passer que quelques jours de ma vie dans une caserne toulonnaise semblable à celle décrite dans le livre, semblable à toutes d'ailleurs) et qui furent des acteurs antimilitaristes du soutien aux objecteurs, insoumis et déserteurs, ils ne bouderons pas leur plaisir et auront la nostalgie d'une époque ou la révolte était la norme, où les organisations et les militants n'hésitaient pas à payer de leur personne.

    Il paraît qu'aujourd'hui dans ces orgas et parmi ces militants, certains réclament un retour à un service obligatoire qui selon eux, redonnerait du sens et du contenu au vide existentiel de notre jeunesse. Peut-être que la bite au cirage... leur remettrait les idées en place...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Contigent rebelle, récit d'un réfractaire au service militaire dans les années 70 » de Patrick Schindler aux éditions L'Echappée.

     

  • La race comme si vous y étiez...

    La race comme si vous y étiez...

    Une soirée de printemps chez les racialistes.

     

    A la re-lecture du livre de Houria Bouteldja (déjà évoqué sur ce blog le 28 janvier) et après avoir pris connaissance de l'éclairage qu'en font les amis de Juliette et du printemps dans un ouvrage critique qui lui est consacré, je commence à comprendre les tenants et aboutissants de cet inquiétant appel à la guerre des races.

    Il faut vous dire que je suis un ancien militant plus habitué à chercher l'adversaire du coté du patron que chez chez mes sœurs et frères de classe : les opprimés de toutes sortes, un has-been, un vieux con en quelque sorte …

    « Les Blancs, les Juifs et nous ». Ce pamphlet commence par une invitation à fusiller J-Paul Sartre, symboliquement nous dit-on, de toute façon il est déjà mort. Camus de son coté, cette sous merde qui n'a pas su choisir, ne trouve non plus aucune grâce aux yeux de l'auteure. (Pourtant moi j'aime bien saluer son fantôme flânant rue d'Arzew dans la nuit oranaise). Seul Genet leur convient, son ambiguïté sied à justifier celle de dame Houria, car nous ne saurons jamais si celle-ci se définit comme « blanche » ou « non blanche ». Pour nous les « blancs » c'est plus simple : nous sommes via la colonisation, la cause de tous les maux du reste de l'Humanité. C'est un peu gros à avaler quand on a commencé son combat en manifs pour la paix en Algérie, et qu'on n'a pas choisi sa couleur, ni le lieu ni la date de sa naissance, mais puisque vous le dites Madame, vous qui siégez à l'Institut du Monde Arabe auprès le l'illustre Jack, vous devez avoir raison. De toute façon vous savez plus de choses que moi, vous qui avez effectué un voyage scolaire à New-York alors que je me suis contenté d'une visite du château de Bonaguil situé à 50 kms à vol d'oiseau de ma bourgade natale. (Les plus privilégiés exploraient Carcassonne).

    Les Juifs ici ne sont pas déicides comme le prétendait le curé de ma paroisse, mais on est jaloux car ils sont les « chouchous » de la République. On parle que d'eux et de leurs malheurs. On n'ira pas porter leur deuil à Auschwitz. (Certes c'est loin la Pologne, mais un simple passage à Oradour ou sous les balcons de Tulle ça donne une image plus proximale de la barbarie). Les Juifs sont donc responsables de leur misère! - Pourquoi diable ? - Demandez leur, ils le savent ! - Et les pacifistes israéliens, les déserteurs...- Les quoi ?... Dame Houria se garde bien de les évoquer.

    Les femmes « non blanches » ça va de soit, doivent comprendre que si leurs mecs leur tapent dessus, c'est parce qu'ils sont oppressés par les « blancs ». Elles doivent donc se montrer patientes et compréhensives et n'ont qu'à frapper leurs gosses, qui battront le chien qui mordra le chat qui bouffera la souris... Ce serait pas ça « l'effet papillon » ?

    Heureusement nous avons nos « indigènes » ceux de la République, les purs et durs, les « racialistes » qui combattent le racisme en invoquant la race et cherchent à convaincre en pratiquant le coup de poing . Comprenne qui peut...

    Enfin pour finir, Dame Houria, de sa prose enjôleuse nous offre une sortie honorable : le repentir et la conversion qui nous « déblanchiront » et nous ouvriront les portes du paradis. Tout ça grâce à « l'amour révolutionnaire » qui sous-titre son ouvrage mais dont nous ne voyons guère où le situer...

    Assez déconné, l'heure est grave. Les nouveaux réacs, les post-modernes, veulent enterrer la Raison. Ils font alliance avec les fachos historiques pour accéder au pouvoir, comme tous les marchands d'illusions. Peut leur importe le prix du sang et sa couleur. Le désastre sera le même pour tous car qui sème la différence récolte la guerre civile. Et de ça nous n'en voulons pas. Nous voulons que nos enfants jouent ensemble dans les cours d'école, comme nous avons joués, enfants d'ouvriers français, d'espagnols réfugiés, de manouche des bords du Tarn, de petits commerçants juifs du centre-ville, de nord-africains... Unis sur les bancs de l'école laïque, nos genoux déchirés portaient la même couleur de l'éosine et nos espoirs convergeaient vers une vie meilleure que celle de nos parents. Soyons confiants, l'avenir est polychrome...

     

    Riton / Radio-Asso. Montauban.

     

     

     

  • La France ciblée...

    Novembre 54 : l'insurrection éclate en Algérie. Rapidement, le conflit gagne la métropole, où le FLN met en place une administration clandestine au fonctionnement efficace. Une véritable guerre l'oppose alors à son concurrent direct, le MNA. Très vite, des frontières invisibles apparaissent au sein des agglomérations françaises, entre les quartiers et les rues que les ouvriers algériens appartenant à l'un ou l'autre camp ne peuvent franchir sans risquer leur vie. Depuis ses bastions, le FLN mène en outre des attaques contre les cafés et les hôtels, organise des attentats à la bombe, mitraille des policiers et des commissariats. A Paris, Lyon, Marseille, des agents d'élite mettent en place des unités chargées d'infiltrer et de démanteler l'organisation clandestine, en s'appuyant notamment sur des harkis et des réseaux d'informateurs.

    Tous les moyens, légaux et illégaux, ont été utilisés des deux côtés, faisant de l'immigration algérienne en France métropolitaine un véritable champ de bataille où tombèrent plus de 4000 victimes. Les dessous d'une guerre secrète qui s'est déroulée, pendant huit ans sur le territoire français.

     

    L'auteur Gregor Mathias est docteur en histoire et chercheur spécialiste des relations internationales et de la guerre d'Algérie. Son livre La France ciblée / Terrorisme et  contre-terrorisme pendant la guerre d'Algérie  est publié par les éditions Vendémiaire.

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Une vie debout...

     

     

    Cette vie debout c'est celle de Mohammed Harbi, un des derniers acteurs encore en vie de la révolution algérienne qui mena ce pays à son indépendance. Dans le tome 1 de ses mémoires politiques publié aux éditions La Découverte en 2001 et reéditable à la demande, cet enfant d'El Arrouch âgé aujourd'hui de 83 ans mais toujours actif, nous offre une vision critique de ce que fut son implication profonde dans l'organisation de la lutte et les premiers temps de l'Algérie libre. Il nous dévoile aussi le mécanisme pervers et bureaucratique qui conduisit à l'échec le projet émancipateur de l'autogestion. Son positionnement militant et sincère sur la gestion des biens vacants abandonnés par les colons européens se heurtât à la volonté d'appropriation de la nouvelle bourgeoisie et des militaires s'estimant propriétaires du pays. Adversaire du régime de Boumédiène, il connut les camps de déportation, l'assignation à résidence puis l'exil en France suite à son évasion du pays en 1973. Ce quasi-autodidacte a fait depuis son chemin dans le monde universitaire et dans l'écriture, il est un des meilleurs spécialistes de l'histoire de l'Algérie, il n'en demeure pas moins un homme fort sympathique et accessible que nous avons eu récemment le plaisir de rencontrer un soir d'hiver à Cahors. Merci encore à lui pour sa parole, merci aussi à ceux qui lui permettent de la porter. Notre histoire avec l'Algérie ne s'apaisera qu'avec la vérité...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban

     

    « Une vie debout. Mémoires politiques 1945-1962 » de Mohammed Harbi aux éditions La Découverte.

     

  • Si Bouaziz Bengana...

     

     

    C'est l'histoire d'une famille mais aussi celle d'un peuple que Férial Furon nous invite à découvrir dans son livre paru récemment chez Riveneuve Editions. Son arrière grand-père, Si Bouaziz Bengana fut le dernier Cheikh El Arab, seigneur de la région de Biskra, les Ziban. Sa généalogie remonte aux origines de l'Islam mais c'est plus particulièrement la période qui suit la fin de la régence ottomane d'Algérie et la conquête par la France qui conduisent le fil de cet ouvrage. On y découvre une réalité souvent méconnue des conflits qui se déroulèrent dans le sud constantinois entre résistants à l'invasion coloniale mais aussi entre tribus qui se combattirent mutuellement et sans pitié selon les allégeances du moment et au grand bénéfice de l'envahisseur qui sut habilement utiliser les rivalités entre indigène pour assoir son pouvoir. Ces mêmes « alliés » qu'il abandonnera et anéantira lorsqu'il sentira la résistance se radicaliser notamment après les massacres de 1945. Le sentiment national algérien commençait à dépasser alors les clivages entre clans et dégageait le chemin vers l'indépendance.

    L'auteure, descendante de cette illustre famille semble très attachée sentimentalement à ces ancêtres, néanmoins son analyse et surtout ses positions et engagements dans la société française depuis ses dix-huit ans, nous rassurent sur le possible et nous incite à maintenir une indispensable et fraternelle entente avec l'autre rive de la Méditerranée...

     

    Henri Cazales / Radio. Asso.

     

    « Si Bouaziz Bengana desrnier roi des Ziban » de Ferial Furon chez Riveneuve éditions.

     

  • Milot l'incorrigible...

     

    Au travers de l’histoire tragique d’Emile Delagrange, dit Milot, et de ses compagnons gavroches de la fin du 19 ème siècle, et du 20 ème arrondissement, c’est tout le mécanisme répressif de l’état bourgeois que nous dévoile le collectif L’Escapade dans un ouvrage publié par Niet Editions,  de leur premier faux pas jusqu’à l’aboutissement fatal imposé par un système impitoyable, pour qui le prolétaire n’est qu’un outil de production qu’il soit en atelier ou en prison.

    Les garçons réputés délinquants sont livrés dans un premier temps au patronat qui les exploite dans des colonies industrielles comme celle de Bologne en Haute-Marne.  La « justice » et bien sûr l’église se doivent de « sauver » ces enfants perdus en les humiliant, les écrasant, histoire d’en faire des ouvriers bien soumis au service des entrepreneurs qui ont la bonté de les utiliser dans les travaux les plus exécrables. Hélas pour ces bienfaiteurs de l’humanité souffrante,  la révolte souffle souvent chez ces ingrats qui n’ont de cesse de vouloir s’évader, se mutiner, saboter leur travail. La répression qui s’en suit les amène vers des colonies encore plus sévères comme celle de Eysses près de chez nous, et si cela ne suffit pas, le bagne les attend. C’est le chemin que prendra Milot, qui mourra à 26 ans déporté aux Iles du Salut.

    Certains réactionnaires de notre époque évoquent parfois avec dédain et méfiance la circulaire de 1945 qui, malgré ses carences a su donner la prévalence à l’éducatif face au répressif et ne serait pas opposés à voir nos jeunes « racailles » des quartiers défavorisés se retrouver comme leurs ancêtres « apaches » dans des centres d’enfermement  et de relégation modernes. Mais qu’ils prennent garde, la résistance des enfants de la Commune que les Versaillais n’ont pu réduire pourrait leur servir d’exemple…  

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

    « Milot l’incorrigible » par le collectif L’Escapade chez Niet Editions.

     

  • Les Blancs, les Juifs et nous... et les autres ?

     

     

    L'ouvrage de Houria Bouteldja récemment paru aux éditions La Fabrique n'est pas sans interpeler profondément quelques vieux militants libertaires de notre espèce. En effet, si nous nous inscrivons pleinement dans la description de l’oppression subie par les peuples colonisés ainsi que dans le constat fait des conditions d’injustices dont sont victimes leurs enfants, nous ne saisissons guère en quoi cela doit être traité en terme de « races ».

    Certains d’entre nous sont « blancs », d’autres un peu moins, aucun n’a choisi la couleur de sa peau ni son lieu de naissance, mais tous ont compris que d’oublier de se situer comme classe des opprimés n’avantageait que nos ennemis communs, ceux qui ont intérêt à nous voir désunis et soumis. Il existe pourtant des patrons, des flics, des juges, des banquiers, des politiciens, des curés, des charlatans partout dans le monde. Il y existe aussi des gens qui se battent pour la liberté et le bonheur de tous,  des déserteurs et pacifistes  israéliens, des qui partagent la sueur et le pain au fond de la tranchée avec le collègue étranger, des anciens soldats contraints comme les  4 acg (Anciens Appelés d’Algérie et leurs Amis Contre la Guerre) qui ont choisi la voie de la réparation en soutenant avec leur pension des actions de solidarité, des qui tous les jours au mépris des lois liberticides soutiennent les exilés, alors où est l’intérêt à chercher à diviser un prolétariat qui n’a déjà pas besoin de ça ?  A qui peut profiter une lutte de races qui se substituerait à une lutte de classes ? Le racialisme ne peut que conduire à la guerre civile et à l’auto-anéantissement des exploités. Nous qui connaissons le bonheur incommensurable de ne pas croire en dieu sommes effrayés par le retour du religieux et de l’irrationnel, l’apport des Lumières et le sang versé par  tous les martyrs de la Liberté doit profiter à toutes et à tous. L’affrontement des mal-être, des souffrances fera des victimes dans tous les camps, et de ça nous n’en voulons pas. Nous continuerons à nous battre contre notre ennemi historique : le capitalisme et ses laquais multicolores , notre avenir c’est la révolution sociale universelle, notre pays c’est le Monde, notre peuple c’est l’Humanité !

  • Contre l'allocation universelle...

     

     

    Adieu la lutte des classes, dépassé le plein emploi, aux oubliettes la réduction du temps de travail, la mode est au revenu universel, quelque soit l'appellation que l'on lui donne. De diverses sensibilités politiques, les tenants du nouvel ordre social relancent ce vieux concept au nom de l'égalité et de la redistribution des richesses. A bien y regarder, le résultat est loin d'être évident. Dans une fort intéressante brochure publiée par les éditions Lux, Matéo Alaluf, Daniel Zamora et quelques autres chercheurs nous proposent une vision bien moins idyllique de ce qui pourrait à terme s'avérer une vaste escroquerie qui réduirait à néant tous les acquits sociaux obtenus par la lutte et la solidarité. Le prétendu combat contre la pauvreté dans lequel s'engouffrent tous les bien-pensants risque d'être bien avantageux pour l'état et le patronat qui, en donnant un os à ronger gratuit à tous, obtiendrait à bon compte la paix sociale. Le chômage pourrait baisser, certes, puisque le travail ne serait plus obligatoire, mais comment vivre avec quelques centaines d'euro par mois en risquant de perdre tous les autres avantages sociaux, vu que le revenu universel se substituerait aux autres allocations, sans compter les services rendus dont souvent on n'apprécie pas aisément la valeur (santé, scolarité). Une mesure authentiquement sociale serait d'aller plutôt vers la gratuité des besoins de base, mais la gratuité n'est guère marchande, moins que la misère tout au moins...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso..

     

    « Contre l'allocation universelle » Matéo Alaluf, Daniel Zamora, Seth Akerman, J-Marie Harribey aux éditions Lux.

     

  • La traversée...

     

     

    La déportation des Communards de 71 vers la Nouvelle-Calédonie est un événement tragique bien connu de tous ceux -et celles- qui s'intéressent à l'histoire du mouvement révolutionnaire de la fin du 19 ème siècle. L'implication de certains et certaines de ces relégué-e-s a laissé des traces chez les indigènes Kanaks. Louise Michel et ses compagnons ont semé les graines de la révolte et n'ont pas épargné leur peine pour transmettre leurs savoirs et leur expérience à ces peuples colonisés.

    Le retour des proscrits après l'amnistie vers la France a été de son côté bien moins étudié par les historiens. Aujourd'hui, Gérard Hamon, écrivain connu pour ses travaux sur les mathématiques, dans un livre publié par les éditions Pontcerq nous détaille à la manière d'un journal de bord, le voyage retour des exilés. Un personnage imaginé par l'auteur partage le quotidien d'acteurs réels de cet événement. Le « Var », navire militaire de transport de chevaux est reconverti pour celui des condamnés de la Commune, il les amena vers l'enfer, il les ramène en septembre 1879 vers Port-Vendres. La précision du déroulé du voyage est le résultat du travail de recherche de l'auteur. Le style et les termes employés dans les descriptions des êtres, des pays traversés, des événements, ne laissent à aucun moment supposer qu'il peut s'agir d'une fiction, sans les notes explicatives sur les sources fournies par l'éditeur, on ne doute à aucun moment de la véracité de l'écrit.

    La Commune de 1871 et sa répression sanglante ont marqué l'histoire du monde ouvrier parisien. Cette ville, les bannis vont la retrouver, changée certes mais ils vont s'y investir dans de nouvelles luttes. Pourtant cette capitale qui arbora si souvent le drapeau de l'insurrection est aujourd'hui tombée entre les mains des nouveaux Versaillais, nantis et bobos. Les petits enfants des Fédérés n'ont aucune mémoire...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La traversée » de Gérard Hamon aux éditions Pontcerq.

     

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