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  • La joie d'apprendre...

     

     

    « Si j'avais la bonne chance d'être professeur de géographie pour des enfants et que je ne fusse pas emboîté, encastré dans un établissement officiel ou particulier, je me garderais bien de commencer par mettre livres et cartes entre les mains de mes petits camarades. Peut-être même ne prononcerais-je pas devant eux le mot grec de « géographie », mais je ne manquerais pas de les convier à de longues promenades communes, heureux de pouvoir apprendre en leur compagnie. »

    Ainsi s'exprimait le géographe anarchiste Elisée Reclus.

    Dans un livre publié cet été par les Editions Héros-Limite, des textes extraits de son importante œuvre d'écrivain, ajoutés à ceux de Pierre Kropotkine lui-même savant et théoricien libertaire, sont réunis pour nous offrir un aperçu de l'importance de l'éducation et de l'instruction pour les révolutionnaires du 19° siècle, de leurs méthodes non répressives, de leur haute considération et respect pour les enfants, ces enfants premières victimes de tout système d'oppression du passé comme encore de nos jours. Face aux crises de notre monde, la pensée des grands pédagogues reste, hélas, d'une brûlante actualité...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La joie d'apprendre » textraits d'Elisée Reclus et Pierre Kropotkine accompagné d'un texte de Charles Perron aux Editions Héros-Limite.

     

     

     

  • Le jour où Pelé...

     

     

     

    Abdelkader Djemaï dans son dernier livre produit par les éditions du Castor Astral revient sur le match de foot qui opposât le 17 juin 1965, la célèbre équipe brésilienne de la Seleçâo à l'équipe nationale algérienne. Noureddine, un adolescent de son âge, traverse cette journée au milieu de l'excitation populaire que peut provoquer un tel événement chez un peuple qui vient tout juste de se libérer de la tutelle coloniale. La description des ambiances et des sentiments envers les nouveaux mythes, les héros du moment, se mélange à celle de la ville d'Oran, à ses quartiers, à son histoire. C'est aussi le témoignage d'une époque où tout semblait possible en Algérie, ce pays qui se relevait de huit années de guerre, de massacre, de sang et qui devenait une référence pour tous les opprimés du tiers-monde. Deux jours plus tard, un coup d'état militaire rebattait les cartes et annonçait des périodes beaucoup moins joyeuses (même si Pelé ne jouât qu'une mi-temps et que l'Algérie perdît le match), des périodes de remises en cause des libertés chèrement conquises, d'affrontements et d'incertitudes, des périodes sombres qui durent encore aujourd'hui...

     

    Henri Cazales / Radio Asso. Montauban

     

    « Le jour où Pelé »d'Abdelkader Djemaï aux éditions Le Castor Astral.

  • Tous les hommes désirent naturellement savoir...

     

     

    Le dernier livre de Nina Bouraoui publié chez Jean-Claude Lattès se lit d'un trait au gré de l'alternance des séquences « devenir » ou « se souvenir ». Le sentiment de flotter d'une rive de la Méditerranée à l'autre est des plus agréable. La souffrance liée à la différence disparaît derrière la richesse d'appartenir à deux mondes. L'enfant et l'adulte se mêlent comme la nuit parisienne avec les parfums de l'Algérie. Et c'est beau...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Tous les hommes désirent naturellement savoir » de Nina Bouraoui aux éditions J-C Lattès

  • Camps d'étrangers...

     

     

    « Ombres ardentes ». Ainsi se termine le livre de Grégory Tuban publié par les éditions Nouveau monde. Ces ombres se sont les spectres des réfugiés, ceux qui traversèrent les Pyrénées durant le terrible hiver de 1939, paysans, ouvriers, soldats fuyant l'avancée des troupes franquistes et qui furent reçus par la patrie des Droits de l'Homme à grands coups de mesures coercitives et généreusement « hébergés » dans d'ignobles camps de concentration édifiés à la hâte en bordure de Méditerranée.

    Ces « indésirables » en espéraient un peu plus, mais c'était sans compter sur l'opportunisme et la couardise des dirigeants politiques français qui préférèrent sacrifier la République espagnole au risque de voir se mettre en place en Europe une authentique révolution sociale. Le régime de Vichy qui organisât l'internement et la répression ne suivit que la trajectoire inscrite par ses prédécesseurs « daladiéristes ». Notre concitoyen René Bousquet, patron de la police de Pétain et responsable des rafles antisémites, était déjà aux affaires (il y reviendra d'ailleurs par la suite après la Libération). Le contrôle systématique, l'assignation, le déplacement, l'emprisonnement, l'expulsion s'ajoutaient aux conditions de vie misérable dans et hors des camps. Les témoignages des vieux compagnons encore en vie et leurs écrits donnent toujours froid dans le dos, surtout quand on évoque l'exil actuel de milliers d'êtres humains affrontant les montagnes ou les mers victimes des dictatures et des guerres et découvrant à leur tour l'hypocrisie des états marchands d'armes et l'indifférence de peuples préoccupés par la sauvegarde de leur pouvoir d'achat...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban

     

    « Camps d'étrangers. Le contrôle des réfugiés venus d'Espagne (1939-1944) de Grégory Tuban chez Nouveau monde éditions.

  • Histoire du Front populaire...

     

     

    Alors que par les temps qui courent et que de nauséabondes effluences émanent de divers points du monde, se rappeler les moments douloureux de notre histoire comme la grande boucherie de 14-18 ne semble en rien superflu. Se souvenir des luttes des générations précédentes qui conduisirent à des victoires difficiles dont nous bénéficions encore est tout aussi important.

    Jean Vigreux dans son Histoire du Front populaire publiée chez Tallandier revient dans un ouvrage bien documenté sur cette période glorieuse de la Classe Ouvrière de notre pays. A sa lecture nous la vivrons de la tentative de coup de force des ligues factieuses en février 34 à son abandon par des politiciens arrivistes et incompétents à la veille de la seconde guerre mondiale. Nous danserons au son de l'accordéon tout au long des grandes grèves, nous prendrons le chemin des congés payés et nous vibrerons au chant de l'Internationale au cœur d'interminables manifs.

    Cette époque, j'ai eu la chance de la connaître au travers de la parole de mes parents qui la vécurent sur les chantiers du bâtiment ou dans la rue. Ils m'ont appris d'où je venais et quelle serait ma vie de fils d'ouvrier. Ils m'ont affranchi sur les pièges tendus par mes ennemis de classe. Ils m'ont encouragé à me battre et m'ont fait découvrir le collectif et la solidarité. Une conscience et un savoir qui manquent aujourd'hui et dont l'absence risque fort de conduire à des luttes fratricides entre des individus pourtant de même condition et soumis à la même oppression...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban

     

    « Histoire du Front populaire. L'échappée belle » De Jean Vigreux aux éditions Tallandier / Collection Texto.

  • Communiqué

    Une puissance des gens est-elle possible face au mépris et aux injustices d’un Etat
    qui ne compte pas tout le monde ?

    Rencontre le Mardi 27 Novembre, 18h30

    Nous proposons de tenir la prochaine « Rencontre pour penser l'Aujourd'hui » à partir d’un échange
    qui a eu lieu avec une habitante d’un quartier populaire. Cet échange portait sur ce qu’il est possible
    de faire pour transformer des situations avec le souci du « pour tous », et pour faire face à l’injustice
    et au mépris.
    Cette personne avançait l’idée suivante : « beaucoup de gens aujourd’hui ne disent pas ce qu’ils
    pensent et n’agissent pas, car ils font le constat qu’en aucun cas leurs paroles et leurs volontés ne
    sont prises en compte, bien plus : qu’ils sont méprisés. »
    En même temps, elle interrogeait sur le fait que même si on veut le faire ( se prononcer, agir ), « il
    n’y a pas d’endroit où cela est possible ». Pour sa part, elle avait décidé de « s’y mettre et d’essayer
    de faire quelque chose ».

    A partir de ce questionnement, qui met en évidence la situation politique difficile d’aujourd’hui
    nous ouvrons à quelques points de débats et réflexions :
    1) Ce que nous dit cette personne, n’est-ce pas ce que vivent déjà des millions de gens de ce
    pays, à savoir qu’ils ne sont plus comptés nulle part, que leurs avis, points de vue, pensées, actions
    sont en dernier ressort méprisés, rejetés, combattus par les divers institutions et « politiques » ?
    2) N’est-ce pas tout simplement là les conséquences du fonctionnement de l’Etat séparé des
    gens, de l’Etat sans peuple en place maintenant depuis plus d’une décennie, où plus rien ne se
    discute, ne se négocie avec les gens ?
    3) S'agit-il d'une crise provisoire du rapport de l’Etat aux gens, crise de la représentation,
    crise du régime parlementaire, ou est-ce bien plus profond : s’agit-il d’un nouveau type de régime
    qui se cherche et s’expérimente ? Car tout compte fait, la fin de la légitimité du parlementarisme ne
    paraît pas plus inquiéter que cela les dirigeants politiques. (Et cela n’est pas valable que pour la
    France).
    4) Faut-il alors chercher à maintenir à tout prix l’idée d’une nouvelle représentation, à
    savoir : de nouveaux élus, partis, mouvements... comme réponse possible ? Ou bien faut-il travailler
    à partir de nos propres affirmations et recherches ; prendre au sérieux et partir de ce qui est dit et de
    ce qui est interrogé par ceux qui cherchent à transformer des situations du point des gens ?
    5) « Il n’y a pas d’endroit pour cela » : cela interroge sur les lieux possibles où le travail à
    faire, la confiance dans nos propres propos, la capacité collective à penser et agir sont pris en
    compte et peuvent permettre de faire puissance face à l’Etat, ce qui n’est ni facile, ni évident.
    Nous vous proposons de débattre et réfléchir ensemble des éléments de réponse à ces questions le :

    MARDI 27 NOVEMBRE, A 18H30
    PETITE SALLE ESCOUSSIERES ARNAUD BERNARD
    3 rue Escoussières Arnaud Bernard, Métro Capitole ou Jean-Jaurès

    Dans le cadre des « Rencontres pour penser l'aujourd'hui »

    mail : ouvriersgensdici@free.fr Toulouse, le 10/11/2018
    site : www.ouvriersgensdici.net

  • Algérie, les écrivains dans la décennie noire...

    Il y a trente ans, en octobre 1988, le monde arabe connaissait son premier « Printemps » en Algérie, suivi d’une guerre civile d’une rare violence qui saigna le pays, par l’assassinat ou par l’exil, d’une grande partie de son intelligentsia. L’une des premières victimes, le poète et journaliste de langue française Tahar Djaout tomba, en 1993, sous les balles de djihadistes islamistes.
    Entre études littéraires et sociologie des intellectuels, ce livre montre les conséquences de cette crise politique sur les écrivains algériens. Cette guerre civile a-t-elle été une guerre des langues, opposant anti-islamistes francophones soutenus par la France, et pro-islamistes arabophones, choc de civilisations qu’un certain discours de l’époque s’est plu à diffuser ? Il est vrai que l’ancienne puissance coloniale est redevenue à l’occasion de cette « décennie noire » un espace central pour l’exil, le débat politique, et la reconnaissance littéraire des Algériens. C’est plus largement la place de ces écrivains dans les sociétés algérienne et française qui est interrogée.
    Exceptionnelle par l’ampleur et la diversité de ses sources, cette étude s’adresse aux lecteurs curieux de découvrir une littérature à la fois si proche et lointaine (de langue française ou arabe : Rachid Boudjedra, Mohammed Dib, Assia Djebar, Tahar Ouettar…) ; et qu’intéressent les enjeux particulièrement actuels de l’engagement politique en période de censure religieuse, de migrations intellectuelles, et d’identités postcoloniales à l’heure de la mondialisation.

     

    L'auteur Tristan Leperlier est chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique.

    Son livre est publié par CNRS éditions.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur

  • Jacques Chevallier...

    Jacques Chevallier est le dernier acteur majeur de l'histoire douloureuse de l'Algérie française. Son itinéraire est complexe : Croix-de-Feu dans les années 30, il se rapproche après la guerre du parti radical , tout puissant en Algérie, puis du RPF gaulliste, avant de devenir mendésiste. Politicien ambitieux, familier des écarts brusques, il est aussi profondément chrétien. Il est imprégné par la doctrine sociale de l'église et demeure attentif à la misère algérienne. Cela le conduira à adopter la nationalité algérienne au lendemain de l'indépendance. Un geste solitaire, incompris par ceux qui vont emprunter les chemins de l'exil.

     

    « Jacques Chevallier, les fidélités successives du dernier maire d'Alger »



    Né en 1944, diplômé de sociologie, journaliste, Alain Herbeth termine, avec ce portrait de Jacques Chevallier, sa « trilogie algérienne ». L'ont précédé deux autres portraits d'acteurs majeurs, et français, de la guerre d'Algérie : Jacques Soustelle et Robert Lacoste, tous publiés aux éditions L'Harmattan.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.




  • De la presse indigène à la presse indigeste...

    « Le quatrième pouvoir ne devait être ni les hommes, ni les médias, mais l’argent. Ce cinquième pouvoir, invisible, inodore et corrupteur. Les hommes et les médias étaient dans un second rôle. Des caporaux au service de la quincaillerie. Le temps donna mille raisons aux journalistes qui ont embrassé et fui, ce métier. L’avènement de la presse indépendante en Algérie posait, en fait, le tapis rouge à la cinquième colonne des affairistes, qui entamaient désormais leur marche, en ordre discipliné, sur les cadavres encore chauds d’une corporation toute vierge. Une arnaque nationale. »

    Karim Bennacef aux éditions Edilivre

    Communiqué de presse de l'éditeur

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