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  • Les Blancs, les Juifs et nous... et les autres ?

     

     

    L'ouvrage de Houria Bouteldja récemment paru aux éditions La Fabrique n'est pas sans interpeler profondément quelques vieux militants libertaires de notre espèce. En effet, si nous nous inscrivons pleinement dans la description de l’oppression subie par les peuples colonisés ainsi que dans le constat fait des conditions d’injustices dont sont victimes leurs enfants, nous ne saisissons guère en quoi cela doit être traité en terme de « races ».

    Certains d’entre nous sont « blancs », d’autres un peu moins, aucun n’a choisi la couleur de sa peau ni son lieu de naissance, mais tous ont compris que d’oublier de se situer comme classe des opprimés n’avantageait que nos ennemis communs, ceux qui ont intérêt à nous voir désunis et soumis. Il existe pourtant des patrons, des flics, des juges, des banquiers, des politiciens, des curés, des charlatans partout dans le monde. Il y existe aussi des gens qui se battent pour la liberté et le bonheur de tous,  des déserteurs et pacifistes  israéliens, des qui partagent la sueur et le pain au fond de la tranchée avec le collègue étranger, des anciens soldats contraints comme les  4 acg (Anciens Appelés d’Algérie et leurs Amis Contre la Guerre) qui ont choisi la voie de la réparation en soutenant avec leur pension des actions de solidarité, des qui tous les jours au mépris des lois liberticides soutiennent les exilés, alors où est l’intérêt à chercher à diviser un prolétariat qui n’a déjà pas besoin de ça ?  A qui peut profiter une lutte de races qui se substituerait à une lutte de classes ? Le racialisme ne peut que conduire à la guerre civile et à l’auto-anéantissement des exploités. Nous qui connaissons le bonheur incommensurable de ne pas croire en dieu sommes effrayés par le retour du religieux et de l’irrationnel, l’apport des Lumières et le sang versé par  tous les martyrs de la Liberté doit profiter à toutes et à tous. L’affrontement des mal-être, des souffrances fera des victimes dans tous les camps, et de ça nous n’en voulons pas. Nous continuerons à nous battre contre notre ennemi historique : le capitalisme et ses laquais multicolores , notre avenir c’est la révolution sociale universelle, notre pays c’est le Monde, notre peuple c’est l’Humanité !

  • Contre l'allocation universelle...

     

     

    Adieu la lutte des classes, dépassé le plein emploi, aux oubliettes la réduction du temps de travail, la mode est au revenu universel, quelque soit l'appellation que l'on lui donne. De diverses sensibilités politiques, les tenants du nouvel ordre social relancent ce vieux concept au nom de l'égalité et de la redistribution des richesses. A bien y regarder, le résultat est loin d'être évident. Dans une fort intéressante brochure publiée par les éditions Lux, Matéo Alaluf, Daniel Zamora et quelques autres chercheurs nous proposent une vision bien moins idyllique de ce qui pourrait à terme s'avérer une vaste escroquerie qui réduirait à néant tous les acquits sociaux obtenus par la lutte et la solidarité. Le prétendu combat contre la pauvreté dans lequel s'engouffrent tous les bien-pensants risque d'être bien avantageux pour l'état et le patronat qui, en donnant un os à ronger gratuit à tous, obtiendrait à bon compte la paix sociale. Le chômage pourrait baisser, certes, puisque le travail ne serait plus obligatoire, mais comment vivre avec quelques centaines d'euro par mois en risquant de perdre tous les autres avantages sociaux, vu que le revenu universel se substituerait aux autres allocations, sans compter les services rendus dont souvent on n'apprécie pas aisément la valeur (santé, scolarité). Une mesure authentiquement sociale serait d'aller plutôt vers la gratuité des besoins de base, mais la gratuité n'est guère marchande, moins que la misère tout au moins...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso..

     

    « Contre l'allocation universelle » Matéo Alaluf, Daniel Zamora, Seth Akerman, J-Marie Harribey aux éditions Lux.

     

  • La traversée...

     

     

    La déportation des Communards de 71 vers la Nouvelle-Calédonie est un événement tragique bien connu de tous ceux -et celles- qui s'intéressent à l'histoire du mouvement révolutionnaire de la fin du 19 ème siècle. L'implication de certains et certaines de ces relégué-e-s a laissé des traces chez les indigènes Kanaks. Louise Michel et ses compagnons ont semé les graines de la révolte et n'ont pas épargné leur peine pour transmettre leurs savoirs et leur expérience à ces peuples colonisés.

    Le retour des proscrits après l'amnistie vers la France a été de son côté bien moins étudié par les historiens. Aujourd'hui, Gérard Hamon, écrivain connu pour ses travaux sur les mathématiques, dans un livre publié par les éditions Pontcerq nous détaille à la manière d'un journal de bord, le voyage retour des exilés. Un personnage imaginé par l'auteur partage le quotidien d'acteurs réels de cet événement. Le « Var », navire militaire de transport de chevaux est reconverti pour celui des condamnés de la Commune, il les amena vers l'enfer, il les ramène en septembre 1879 vers Port-Vendres. La précision du déroulé du voyage est le résultat du travail de recherche de l'auteur. Le style et les termes employés dans les descriptions des êtres, des pays traversés, des événements, ne laissent à aucun moment supposer qu'il peut s'agir d'une fiction, sans les notes explicatives sur les sources fournies par l'éditeur, on ne doute à aucun moment de la véracité de l'écrit.

    La Commune de 1871 et sa répression sanglante ont marqué l'histoire du monde ouvrier parisien. Cette ville, les bannis vont la retrouver, changée certes mais ils vont s'y investir dans de nouvelles luttes. Pourtant cette capitale qui arbora si souvent le drapeau de l'insurrection est aujourd'hui tombée entre les mains des nouveaux Versaillais, nantis et bobos. Les petits enfants des Fédérés n'ont aucune mémoire...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « La traversée » de Gérard Hamon aux éditions Pontcerq.

     

  • Pirates de la Liberté...

     

     

    La lutte contre la dictature franquiste n'a pas cessé depuis la fin de la guerre civile jusqu'à la mort du tyran en 1975. Dans les années 60, elle a même pris une nouvelle vigueur avec les derniers guérilleros et la relève de la génération des enfants de militants restés fidèles à l'idéal de leurs pères -et mères-. Elle se développa en y associant celle des combattants contre la dictature portugaise de Salazar.

    Un événement aujourd'hui complétement oublié survint en janvier 1961. Le paquebot transatlantique portugais « Santa Maria », avec son équipage et un millier de passagers, est pris en main par 24 révolutionnaires portugais et espagnols, désireux de montrer à la face du monde la réalité de l'oppression et la pérennité du combat contre les dictatures ibériques. Le projet est aussi de rejoindre les colonies espagnoles et portugaises d'Afrique y soutenir les révoltes des peuples asservis par les deux puissances encore coloniales.

    L'odyssée du navire tiendra en haleine le monde entier pendant douze jours et fera craindre la crise internationale. Elle se terminera au Brésil où les « pirates » optiendront l'asile avant de partir vers de nouvelles aventures.

    Cet épisode de lutte armée, à l'initiative du DRIL ( Directoire Révolutionnaire Ibérique de Libération) raconté aujourd'hui de façon captivante et précise par Xavier Montanya et publié par les éditions L'Echappée, est annonciateur de ce que seront dans les années 70 les actions des anarchistes du MIL et des GARI.

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Pirates de la Liberté, histoire détonante d'un détournement de paquebot et de la lutte armée contre Franco et Salazar. (1960-1964). » par Xavier Montanya aux éditions L'Echappée, collection Dans le feu de l'action.

     

     

  • Autobiographie de jeunesse...

     

     

    Daniel Guérin, je l'ai découvert très jeune, quelques temps après Mai 68. Au travers de ses écrits, j'y ai rencontré l'anarchisme et vécu l'histoire exaltante du Front populaire de 1936 dont mon père, ouvrier du bâtiment fut à son niveau un acteur et dont il conserva toute sa vie la mémoire des grandes luttes. Aujourd'hui les éditions La Fabrique publient ses souvenirs de jeunesse qui décrivent le parcours intellectuel faisant de ce fils de la grande bourgeoisie un militant révolutionnaire. Homosexuel « hautement pratiquant » dans une France du début du 20 ème siècle, nettement moins pudibonde et hypocrite que le pays bien pensant d'aujourd'hui, Guérin nous fait voyager dans ses amours et aussi dans les pays ou sa quête d'absolu le mènera. Avec lui nous croisons des marins bien musclés, des profiteurs coloniaux, des politicards, des artistes, des révolutionnaires, des prolos en pantalons de velours. Nous nous projetons dans une époque où le rêve était encore possible, où malgré la dureté de l'existence, l'imaginaire nous entrainait vers des lendemains plein d'espoir. Acteur de la décolonisation et de la lutte des homosexuels, Daniel Guérin est demeuré jusqu'au bout un jeune iconoclaste, puissions-nous à notre tour oublier de vieillir et de nous consumer dans la sinistrose ambiante et le désespoir...

     

    Henri Cazales / Radio-asso.

     

    « Autobiographie de jeunesse / d'une dissidence sexuelle au socialisme » de Daniel Guérin publié par La Fabrique éditions / Préface de Sebastian Budgen.

     

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