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  • Marseille, le roman vrai...

     

     

    Marseille, ce ne sont plus les joyeuses pagnolades, encore moins « Plus belle la vie ». La ville est devenu un panier de crabes (et pas seulement qu'au Panier) où s'entremêlent sanglants règlements de compte et magouilles politico-financières avec une élégance toute méditerranéenne. Le livre de Marie-France Etchegoin publié chez Stock est une mine d'informations pour comprendre les enjeux de pouvoir dans la cité et un violent réquisitoire contre tous ceux qui contribuent à la rendre maffieuse et invivable. Pourtant, on sent que l'auteure aime sa ville. Comme j'ai pu l'aimer, enfant, entre les galéjades de l'oncle Marius et la soupe au pistou de tante Nine dans leur maison du Cabot, les visites à la Vierge et les balades dans les calanques. En ce temps là les promoteurs ne s'étaient pas appropriés les bords de mer et les kalachs ne volaient pas encore la vie des enfants des quartiers nord.

    'Tais-toi Marseille, tu trafiques trop fort

    On n'entend plus claquer les voiles dans le port... »

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Marseille, le roman vrai » de Marie-France Etchegoin aux éditions Stock.

     

  • Chemins de liberté...

     

    Le livre de Serge Revel publié aux éditions du Rouergue est un journal qui narre de façon émouvante et réaliste la vie à Lyon et dans la campagne environnante d'une famille française dans la tourmente de la deuxième guerre mondiale et l'occupation allemande. Déjà meurtris par la grande boucherie de 14-18, les Trilloux souffrent, aiment, luttent, espèrent. Un parcours de vie douloureux qui fut celui de nos parents, que nous pensions ne plus jamais connaître et qui pourtant représente le quotidien de tous ces peuples martyrs aujourd'hui confrontés à la guerre, la barbarie, l'exil et trop souvent à l'indifférence voire à la haine de leurs contemporains oublieux de leur histoire. Pourtant un simple petit effort de mémoire suffirait à nous éclairer sur ce qu'il peuvent endurer et nous inciterait à un peu plus de compassion et de solidarité. Cet ouvrage va dans ce sens et c'est très bien...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Chemins de liberté » de Serge Revel aux éditions Le Rouergue

     

  • Sous terre...

    Début juin 1982, au plus froid de l'hiver des îles Malouines, les soldats Pipo et Quiquito, ainsi que vingt-deux autres jeunes recrues ayant déserté l'armée argentine, passent les ultimes semaines de guerre tapis dans l'obscurité d'une grotte souterraine. Terrifiés, ils se cachent avec leurs compagnons d'infortune dans les tunnels de cette île si inhospitalière, où règne le blizzard et la grisaille. La nuit, ils s'aventurent à la surface pour se ravitailler tant bien que mal. Puis ils regagnent leur tanière au lever du jour, où ils attendent, au son de la radio anglaise, des bombes assourdissantes et des histoires qu'ils se racontent inlassablement, la fin de la guerre.

    Fogwill tire de ce conflit violent et méconnu un court récit d'une force inouïe. Il nous parle de la guerre, de ces êtres sommés d'y risquer leur peau, pour une cause absurde et perdue d'avance. Impertinent et provocateur, Sous la terre est un classique de la littérature argentine, traduit en français pour la première fois.

     

    Rodolfo Fogwill, née en 1941 à Buenos Aires, est considéré comme une figure culte et controversée des lettres argentines, il est mort en 2010. Son livre traduit de l'espagnol par Séverine Rosset est publié par les éditions Denoël.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • De nos frères blessés...

     

     

    Ce 11 février 1957, à 5 h 10 du matin dans la cour de la prison de Barberousse à Alger, la tête de Fernand Iveton tombait dans la panière de la sinistre machine de mort. Le crime de ce courageux militant communiste était d'avoir placé une bombe de faible capacité dans un local inoccupé de l'usine où il travaillait, en dehors des heures de toute présence humaine, un acte purement symbolique en vue d'éveiller les consciences sur la réalité d'une guerre coloniale qui en refusait le nom. Malgré cela, il fut condamné à mort par le tribunal militaire d'Alger et exécuté. Il fut le seul européen guillotiné de toute la guerre d'Algérie, contrairement à ses frères de combat « indigènes » qui tombèrent en nombre. La raison d'état s'était appliqué dans toute sa rigueur et il rejoignit dans la mort son compagnon et ami de jeunesse, l'aspirant Henri Maillot, soldat français exécuté froidement par d'autre soldats français pour avoir fait le choix de se battre pour son pays, cette Algérie que tous deux voulait libre et fraternelle. La grâce lui fut refusé par le président René Coty, sur les conseils avisés d'un certain François Mitterrand, qui plus tard accédera à la magistrature suprême avec l'apport des communistes, oublieux de leurs martyrs, en échange de quelques éphémères postes ministériels, et comble d'ironie macabre, il fera abolir la peine de mort...

     

    Joseph Andras est un jeune auteur (Il est né en 1984). Cet ouvrage documenté et émouvant qui retrace les derniers jours de Fernand Iveton est son premier livre, il est publié par les éditions Actes Sud. Nous ne doutons pas un instant que sa carrière littéraire ne fait que commencer...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « De nos frères blessés » de Joseph Andras aux éditions Actes Sud.

     

  • Communiqué LDH

     

    Paris, le 3 mai 2016

    Violences policières : la LDH demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire

    Depuis plusieurs semaines, un peu partout en France, les manifestations contre la loi travail ou les initiatives prises dans le cadre du mouvement « Nuit debout » donnent lieu à des incidents souvent violents impliquant les forces de police, dans une escalade de la violence.

    Quel que soit le contexte, quelquefois marqué par la présence de groupes cherchant l’affrontement, rien ne saurait justifier les débordements auxquels se livrent régulièrement les forces de l’ordre en faisant un usage disproportionné de la force vis-à-vis de citoyens, souvent jeunes, qui manifestent pacifiquement leur opposition au projet de loi travail ou qui se réunissent pour échanger, discuter, imaginer d’autres façons de préparer l’avenir.

    De nombreux témoignages, de multiples vidéos qui montrent de façon répétée des coups portés à des personnes déjà entravées interrogent sur les objectifs des stratégies mises en place par les instances de commandement de fonctionnaires de police qui n’hésitent pas, par ailleurs, à utiliser des balles de défense, arme qui a fait perdre un œil à un jeune manifestant de Rennes.

    La LDH rappelle aux responsables de police et aux fonctionnaires sur le terrain que l’article R.434-17 du Code de la sécurité intérieure dispose que « Toute personne appréhendée est placée sous la protection des policiers ou des gendarmes et préservée de toute forme de violence ou de tout traitement inhumain ou dégradant ». Face à la gravité avérée des faits, elle demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire afin que toute la lumière soit faite sur des événements qui, y compris chez les policiers et les gendarmes, ont déjà fait plusieurs victimes et qui ont entraîné par ailleurs des peines de prison ferme.

    Dans un contexte de montées de tensions sociales aussi fortes que préoccupantes, le droit de manifester pacifiquement et contester collectivement ce qu’on estime injuste, le droit de se réunir dans l’espace public constituent des libertés fondamentales. Les exercer est un acte de citoyenneté.

    Il appartient aux pouvoirs publics de les garantir. Il nous appartient de les défendre : nous n’y manquerons pas.

    Extrait du site de la LDH de Toulon

     

  • Condor...

     

    Dans le Chili d'aujourd'hui, la rencontre amoureuse d'une jeune indienne mapuche et d'un rejeton de la bourgeoisie post-dictature nous amène à découvrir un pays poursuivi par son passé. Ce thriller de Caryol Férey publié dans la série noire des éditions Gallimard nous entraine tambour battant au milieu( plutôt tout le long vu la configuration du pays), d'une enquête politico-policière où les trafiquants de drogue se mêlent étroitement aux anciens tueurs de l'opération Condor, ces commandos de la mort qui poursuivirent dans l'Amérique latine les opposants aux divers régimes de force qui abondaient dans ce continent durant les années 70. Si ce livre est bien sûr une fiction, il n'en dépeint pas moins avec précision un pays qui, s'il a recouvré une certaine démocratie n'en est pas pour autant débarrassé de ses vieux démons. Une leçon à retenir car souvent les temps qui suivent une dictature gardent très longtemps un goût amer...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Condor » de Caryl Férey aux éditions Gallimard collection Série Noire.

     

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