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  • Journal d'une lycéenne sous l'Occupation...

    D'abord il y a eu les réfugiés de Belgique puis du nord du pays fuyant l'avancée allemande dans cette guerre qui n'eut de drôle que le nom. Ces gens qui sont toujours les premières victimes des conflits et dont leurs responsables font semblant tout à coup de découvrir la détresse. Puis avec le régime de Vichy et en novembre 42 l'occupation nazie de nos contrées, le déroulement du quotidien entre restrictions et néanmoins farouche envie de vivre et de retrouver la liberté.

    Aline Dupuy, lycéenne puis normalienne à Toulouse a vécu ces périodes troubles, elle en a tenu un journal émouvant et circonstancié. Avec Thierry Crouzet historien et Frédéric Vivas ethnologue elle le met aujourd'hui en forme et le publie aux éditions Le pas d'oiseau. Cet ouvrage enrichi de documents photographiques et de textes ainsi que d'une chronologie de la vie toulousaine du moment, contribue à un indispensable travail de mémoire, histoire que la référence à l'Histoire ait encore un sens, histoire que l'Humanité décide enfin de ne pas reproduire à l'infini les mêmes tragiques erreurs...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Journal d'un lycéenne sous l'Occupation / Toulouse 1943-1945 » Aline Dupuy, Thierry Crouzet et Frédéric Vivas aux éditions Le pas d'oiseau.

     

  • Esquisses révolutionnaires...

    Journaliste, poète et écrivain américain, John Reed (1887-1920) fut aussi un militant révolutionnaire, d'abord aux côtés des syndicalistes des Industrial Workers in the World (IWW), avant de se convertir au bolchevisme. Dans des écrits qui ont fait sa renommée « Le Mexique insurgé », »La guerre dans les Balkans », « Dix jours qui ébranlèrent le monde », il a relaté des événements majeurs du début du XX ème siècle dont il fut le témoin.

    Inédits en français, ces récits et nouvelles nous transportent par touches impressionnistes, des bas-fonds de Manhattan à l'Europe en guerre, en passant par le Mexique et la Russie en révolution. Ce recueil révèle une autre facette de ce grand auteur, pionnier d'une tradition d'écrivains américains aventuriers et sensibles à la question sociale.

     

    « Esquisses révolutionnaires » de John Reed traduction de J-Christophe Bardeaux aux Editions Nada.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

     

  • C.L.R. James...

    Qui en France connait C.L.R. James ? Né en 1901 à Trinidad, alors colonie de la couronne britannique, et mort à Londres en 1989, celui que le Times dénomma à la fin de sa vie le « Platon noir de notre génération » est pourtant une figure intellectuelle et politique majeure d'un siècle qu'il aura traversé presque de part en part.

    Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, James a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps en Afrique et dans la Caraïbe et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux États-Unis. Fervent partisan de Trotski avant de rompre avec l'héritage de ce dernier pour défendre la thèse de l'auto-émancipation des masses ouvrières-populaires. James eut un destin étroitement imbriqué dans celui du marxisme au XX ème siècle. Pour ce « marxiste noir » révolution socialiste et luttes anticoloniales-antiracistes étaient étroitement enchevêtrées : elles s'inscrivaient dans l'horizon d'une « révolution mondiale » dont la source et le centre ne pouvaient plus être la seule Europe. C'est à celle-ci que James s'est voué corps et âme pendant plus de cinq décennies, débattant et collaborant avec ses contemporains aux quatre coins du monde.

    Dans une conjoncture où la gauche radicale éprouve de grandes difficultés à renouveler ses stratégies face aux revendications des minorités non blanches et où la critique de l'eurocentrisme bat de l'aile, méditer la vie et l'œuvre de James pourrait se révéler essentiel dans la tâche de construction d'une pensée de l'émancipation qui soit, enfin, à la mesure du monde.

     

    L'auteur Matthieu Renault est maître de conférences en philosophie à l'université Paris-8 Vincennes-St Denis. Ce livre « C.L.R. James, la vie révolutionnaire d'un Platon noir » est publié par les éditions de La Découverte.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • L'Algérie futée...

    Les éditions du Petit futé viennent de publier leur guide sur l'Algérie. Un ouvrage attendu qui nous fait découvrir un pays mal connu mais pourtant si proche, géographiquement autant que sentimentalement. L'Algérie n'est pas une destination touristique prisée et c'est bien dommage car le pays n'a rien à envier à ses autres voisins : le Maroc ou la Tunisie. L'absence de tourisme de masse l'a certainement protégé et les ravissantes plages de la côte méditerranéenne ne servent pas trop au bronzage des cuirs occidentaux, une bonne chose pour les amateurs d'authenticité qui ne seront pas harcelés par des marchands de pseudo artisanat local. Des sites exceptionnels variés et multiples sont offerts par un peuple accueillant et généreux, pour la découverte il suffit de laisser ses préjugés au vestiaire, faire confiance et se laisser guider. Sans prendre de risques inconsidérés, on est sûr de découvrir à chaque balade un mystère que cette terre si riche de ses diversités historiques a su préserver. Pour cela le petit futé Algérie est un outil indispensable, dès que vous l'ouvrirez vous serez déjà là-bas...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Le Petit Futé Algérie » www.petitfute.com

     

  • Un (mé) conte oranais...

    Un (mé) conte oranais...

     

    En ces premières années bien agitées du 21 ème siècle, Fatiha employée au service de l'administration militaire algérienne est victime de la violence terroriste. Pour la mettre à l'abri elle se voit offert un aller simple vers la France. Face à la bureaucratie franchouiarde toujours en retard d'une guerre, elle est contrainte de traverser les Pyrénées pour soigner une blessure par balle qui l' handicapera jusqu'à la fin de ses jours. Après un retour au pays de Voltaire et près de dix ans de combat administratif acharné elle reçoit presque coup sur coup un titre de séjour pérenne et sa réintégration dans la nationalité française. Mais Fatiha reste viscéralement attachée à son pays d' origine où vit encore sa mère. Elle y avait acquit avant de partir un modeste logement dans le quartier des Falaises à l'est d'Oran. Elle en prit possession mais aucun titre ne lui fut attribué, la délivrance des actes étant remise aux calendes algériennes. La possibilité d'expansion urbaine et la proximité de la mer donnèrent des idées aux spéculateurs qui décidèrent de faire de ce quartier autrefois populaire la nouvelle côte d'azur algérienne. L'appartement de Fatiha a pris une valeur considérable et fait des envieux, notamment parmi ceux qui avait reçu ces logements à titre préférentiels et qui s'étaient empressés de les revendre et voient aujourd'hui le résultat déplorable de leur cupidité précipitée. Des transactions eurent lieu, un compromis fut trouvé mais la plus-value négociée s'avérant soudain insuffisante, les ex proprios, s'appuyant sur des fonctionnaires de justice toujours prêts à rendre service, décidèrent de jeter Fatiha et sa mère (qui occupait l'appartement en permanence), à la rue... Malgré un combat procédural démentiel et la solidarité sans faille de son réseau et devant la menace d'une expulsion musclée, elles durent se résigner à être hébergées par des amis. Puis Fatiha dut renter en France, avec l'impossibilité morale pour elle d'abandonner sa mère âgée de 87 ans, pour qui elle s'éreinte aujourd'hui à obtenir un titre de séjour. Les voilà donc à nouveau confrontés à l'administration, française celle-ci. Un air de déjà vu, une nouvelle galère dont elles se seraient bien passées.

    Pour notre génération qui est est née à la conscience politique par la lutte anticolonialiste, qui a soutenu farouchement la volonté d'indépendance du peuple algérien, qui a été à ses côtés et y demeure face au monstre fanatique et sanglant toujours actif, nous ne pouvons que souffrir devant tant d'injustice et de volonté suicidaire, car c'est réellement à un suicide collectif que nous assistons impuissants. Nous n'avons aucune leçon de morale à donner à nos sœurs et a nos frères d'outre-Méditerranée, cette administration corrompue, cet état déliquescent, cette rente pétrolière finissante, cette jeunesse désespérée, nous en portons notre part de responsabilité et c'est certainement ce qui nous attend à nous demain. Si les peuples ne se soulèvent pas, le sable aride du désert recouvrira à jamais de sang des martyrs et rendra cette terre définitivement stérile. J'ai mal à l'Algérie.

     

    Riton

     

     

     

     

     

  • Un (mé) conte oranais...

     

     

    En ces premières années bien agitées du 21 ème siècle, Fatiha employée au service de l'administration militaire algérienne est victime de la violence terroriste. Pour la mettre à l'abri elle se voit offert un aller simple vers la France. Face à la bureaucratie franchouiarde toujours en retard d'une guerre, elle est contrainte de traverser les Pyrénées pour soigner une blessure par balle qui l' handicapera jusqu'à la fin de ses jours. Après un retour au pays de Voltaire et près de dix ans de combat administratif acharné elle reçoit presque coup sur coup un titre de séjour pérenne et sa réintégration dans la nationalité française. Mais Fatiha reste viscéralement attachée à son pays d' origine où vit encore sa mère. Elle y avait acquit avant de partir un modeste logement dans le quartier des Falaises à l'est d'Oran. Elle en prit possession mais aucun titre ne lui fut attribué, la délivrance des actes étant remise aux calendes algériennes. La possibilité d'expansion urbaine et la proximité de la mer donnèrent des idées aux spéculateurs qui décidèrent de faire de ce quartier autrefois populaire la nouvelle côte d'azur algérienne. L'appartement de Fatiha a pris une valeur considérable et fait des envieux, notamment parmi ceux qui avait reçu ces logements à titre préférentiels et qui s'étaient empressés de les revendre et voient aujourd'hui le résultat déplorable de leur cupidité précipitée. Des transactions eurent lieu, un compromis fut trouvé mais la plus-value négociée s'avérant soudain insuffisante, les ex proprios, s'appuyant sur des fonctionnaires de justice toujours prêts à rendre service, décidèrent de jeter Fatiha et sa mère (qui occupait l'appartement en permanence), à la rue... Malgré un combat procédural démentiel et la solidarité sans faille de son réseau et devant la menace d'une expulsion musclée, elles durent se résigner à être hébergées par des amis. Puis Fatiha dut renter en France, avec l'impossibilité morale pour elle d'abandonner sa mère âgée de 87 ans, pour qui elle s'éreinte aujourd'hui à obtenir un titre de séjour. Les voilà donc à nouveau confrontés à l'administration, française celle-ci. Un air de déjà vu, une nouvelle galère dont elles se seraient bien passées.

    Pour notre génération qui est est née à la conscience politique par la lutte anticolonialiste, qui a soutenu farouchement la volonté d'indépendance du peuple algérien, qui a été à ses côtés et y demeure face au monstre fanatique et sanglant toujours actif, nous ne pouvons que souffrir devant tant d'injustice et de volonté suicidaire, car c'est réellement à un suicide collectif que nous assistons impuissants. Nous n'avons aucune leçon de morale à donner à nos sœurs et a nos frères d'outre-Méditerranée, cette administration corrompue, cet état déliquescent, cette rente pétrolière finissante, cette jeunesse désespérée, nous en portons notre part de responsabilité et c'est certainement ce qui nous attend à nous demain. Si les peuples ne se soulèvent pas, le sable aride du désert recouvrira à jamais de sang des martyrs et rendra cette terre définitivement stérile. J'ai mal à l'Algérie.

     

    Riton

     

     

     

     

     

  • La tention monte en Algérie et Tunisie

     

     

    L’économie algérienne est au plus bas depuis la chute du baril du pétrole. Le régime de Bouteflika, le vieux président en fauteuil roulant, ne pourra certainement pas régler les problèmes sociaux qui traînent depuis des années. Le pouvoir algérien, tout en s’étant engraissé pendant des décennies, avait pu acheter ces derniers temps, avec les revenus du pétrole, un semblant de paix sociale. Il n’est plus en état de le faire.

     

    Le chômage est de 10 % et touche plus d’un quart des jeunes. Comme dans de plus en plus de pays aujourd’hui, la vie est de plus en plus difficile. Ce qui provoque périodiquement de grandes manifestations, notamment en 2011, à cause du renchérissement du prix des denrées alimentaires.

     

    En Algérie, les manifestations finissent très souvent en émeutes, car toute manifestation est férocement réprimée par la police et l’armée, dans le silence des médias internationaux.

     

     

     

    Avez-vous entendu parler des dernières émeutes, celles qui ce sont déroulés autour du 16 janvier 2016 dans plusieurs localités de la wilaya de Batna, dans l’est algérien ? Pourtant, elles ont été violentes, une mairie a même été incendiée. Mais elles n’ont pas trouvé grand écho dans les médias européens alors qu’elles méritent tout notre soutien et notre solidarité. Dans la commune de Oued El Ma (à l’ouest de la ville de Batna) des jeunes sont sortis dans la rue pour protester contre la mal-vie. A Batna, les manifestants se sont attaqués à la prison de la ville, cherchant à libérer les prisonniers. Arrestations arbitraires, violations de domiciles et destruction de biens privés par la police s’en sont suivi.

     

    Le déclenchement de ses manifestations, selon l’information officielle algérienne, serait consécutif à une histoire de projet de station fonctionnant à l’énergie solaire. On peut en douter.

     

    Sur les vidéos qui circulent (et dans les quelles on voit des manifestants à visage découvert – c’est pourquoi je ne les fais pas, pour ma part, circuler) on peut entendre en effet « ulash smah, ulash… » un slogan souvent scandés dans toutes les manifestations en Kabylie, depuis les assassinats de manifestants en 2001, qui signifie « Pas de pardon ».

     

    Les conditions de vie en Algérie et la colère grandissante en ces périodes difficiles pourraient être des éléments pour que la révolte s’étende à travers tout le territoire. Mais le régime algérien, tout comme le régime syrien l’a fait pour affaiblir la révolte, joue le communautarisme, fait mousser les conflits intercommunautaires pour éviter une trop grande solidarité entre des gens qui ont pourtant d’importants intérêts communs. En juin 2001, de nombreux Berbères ont fait les frais de cette politique : l’accueil des habitants d’Alger n’a pas été tout à fait ce à quoi ils s’attendaient. Venus manifester en masse pour dénoncer les meurtres commis par les forces de l’ordre contre une jeunesse révolté, ils n’ont reçu que du mépris.

     

    Mais c’est aussi dans des périodes difficiles que la population peut briser bien des murs et passer le cap de l’identité, des racines, des rancunes du passé, pour faire front face aux tyrans qui leur opposent, comme ils ont toujours fait, la violence étatique et une propagande haineuse.

     

    Le recrutement massif de policiers lancé tout récemment par le gouvernement algérien est certainement une preuve des tensions existantes.

     

     

     

    Tunis, Sidi Bouzid, même combat.

     

    En Tunisie, le chômage et la précarité font sortir à nouveau dans la rue les gens qui avaient poussé le Ben-Ali vers la sortie. Cet ex-président vit dans un très grand confort, tout comme sa fille qui est bien installée aux Seychelles. Ils ne manquent de rien, contrairement aux chômeurs de Tunis, de Sidi Bouzid, qui eux ne se réjouissent pas de leurs nouvelles conditions de vie. Même s’ils ne sont pas de même ampleur que les manifestations du printemps de 2011, les mouvements actuels sont en tous cas un signe et le constat que peu importe la personnalité qui est au pouvoir, rien ne s’arrange pour ceux qui n’y sont pas. Le pouvoir qui vient d’ailleurs d’annoncer qu’il ne pourra pas faire grand-chose, « Nous n'avons pas de baguette magique pour donner de l'emploi », voila exactement ses termes. Par contre, pour la répression, il a une baguette (ou plutôt une matraque) magique : un couvre-feu à été instauré. Voilà une réponse bien rapide, tout comme l’arrivée des forces de l’ordre pour réprimer les manifestants et l’annonce officielle que les actions violentes viendraient des « mains malveillantes », veillant ainsi à faire apparaitre le spectre de l’islamisme radical, alors que la première revendication des manifestants est « Non au chômage », ce qui n’a rien à voir avec les revendications de l’Etat Islamique.

     

    Puisque les gouvernants n’ont pas de solution, c’est aux gens d’en trouver comme ils ont su le faire dans l’histoire, en Espagne (1936), ou en Argentine (2001) : occupation, expropriation, auto-organisation, reprise en main des outils de production… Ou bien créer quelque chose de nouveau où d’autres pourront prendre exemple… Dans tous les cas, beaucoup de Tunisiens surveillent de près les agissements de ceux qui sont à la tête du pays, et ont l’air prêts à remettre leurs revendications sur la table, la révolution est loin, on peut l’espérer, d’être terminée.

    Extrait de "Anarchosyndicalisme" l'organe de la CNT-AIT de Toulouse

     

  • Communiqué

    LES OUVRIERS, LA POLICE, LA PAIX. Ce texte vient après des discussions qui ont eu lieu entre des ouvriers qui travaillent sur des chantiers, mais ce qu'elles révèlent et ce qu'elles pointent concernent tout le monde, c'est pour cela que nous le faisons connaitre. Les discussions dont nous parlons ont été suscitées par un ouvrier en réponse à l'exaspération qu'ont formulée des dizaines d'autres au sujet des contrôles de police qu'ils subissent ou dont ils sont les témoins. En effet, avec l'état d'urgence, et le fait que le gouvernement dise « on est en guerre », police et gendarmerie se mettent de plus en plus souvent à certains rond-points routiers dès 6 h du matin et arrêtent les fourgons et camionnettes de chantier : ils vérifient les identités, les papiers, les contrats des ouvriers qui partent au travail... C'est devenue une habitude, c'est présenté comme normal et nécessaire. Beaucoup de ces ouvriers disent entre eux : « on n'est pas des assassins, on n'est pas en guerre, on cherche pas d'histoires : on va au travail pour gagner notre vie, c'est tout ! Qu'on nous laisse tranquilles ! ». Les discussions ont alors porté sur la nécessité de se réunir, de se rencontrer pour travailler à ce que les rapports entre les gens dans le pays soient pacifiés et que certaines personnes ne soient pas montrées du doigt, tracassées ou persécutées pour leur origine, leur religion, leur lieu d'habitation, leur travail etc... A cette proposition, la réponse immédiate a été : « c'est l'Etat qui décide et il n'écoute rien » et aussi : « de tout façon, l'Etat fait sans nous, il ne prend en compte rien de ce que nous vivons ». Raisonner ainsi amène à ne rien faire, et c'est comme si on était dans une prison : on tourne en rond, on rumine, on subit, on va au travail en étant surveillés et contrôlés par la police... et on continue à tourner en rond et à s'énerver contre l'humiliation que ça fait vivre. • C'est vrai que c'est l'Etat qui décide de mettre la police aux ronds-points, et ainsi désigne les ouvriers comme des dangers et des ennemis possibles ( peut-être parce que beaucoup sur les chantiers sont « basanés » ? ). Voilà ce que décide l'Etat, et sa décision n'est pas bonne. Mais nous qu'est-ce qu'on peut décider ? Où est la nôtre, de décision ? Il y a des choses qui peuvent très bien se faire, qui sont possibles : par exemple ce texte que vous lisez, que nous avons fait pour dire à tous ce qu'on pense de ces contrôles injustifiés. On peut très bien décider aussi, si ces contrôles perdurent et se généralisent, d'être présents, d'appeler ceux qui veulent à être présents aux rond-points pour montrer qu'il n'est pas normal de tracasser des ouvriers à 6h du matin ! De telles choses peuvent se discuter, s'organiser. Et en faisant cette proposition, on commence déjà à sortir de la prison où la politique du gouvernement veut nous mettre et où on se met soi-même. • C'est vrai aussi que l'Etat fait sans les gens, et contre les gens et qu'il n'écoute rien ! Cela, aujourd'hui tout le monde le sait, c'est devenu une évidence. Mais nous qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on essaie de mettre en place, entre tous ceux qui ont des choses à se dire, à partager, pour gagner le respect et le droit des gens, et imposer la paix ? Indépendamment du mépris et de l'indifférence de l'Etat à notre encontre, on peut très bien se rencontrer, se réunir pour ouvrir à des choses possibles pour transformer la situation. Nous avons décidé de soumettre ces quelques points au débat public. Ce n'est qu'en pratiquant ainsi : en disant ce qu'on pense et ce qu'on veut, qu'on peut avancer aujourd'hui. C'est un appel à se mettre au travail sur des questions aussi importantes. Il ne suffit pas de dire : « l'état d'urgence c'est dangereux » et « l'Etat ne nous écoute pas ». IL FAUT AUSSI DIRE CE QU'ON A À DIRE, FAIRE CE QU'ON PEUT FAIRE. « Ceux qui veulent le pays pour tous » Mail : ouvriersgensdici@free.fr ; Site : www.ouvriersgensdici.net ; Tél : 06-13-06-94-62 Toulouse, le 30/01/2016

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