Avertir le modérateur

Radio Association

  • Les En-dehors...

     

     

    En ce début du 20° siècle, ils avaient 20 ans et rêvaient de liberté, d'amour et de vie sans contraintes. Tout ce qu'il est normal de désirer à l'aube de son existence. Issus de la misère et victimes dès leur plus jeune âge de l'oppression étatique et patronale, ils étaient des rebelles bien décidés à ne faire aucune concession au système bourgeois et à vivre pleinement en Anarchie. Ils refusaient la collaboration de classes et se définissaient comme Individualistes. Pris dans l'engrenage de la violence des illégalistes dont tous ne partageaient pas les modes d'action mais dont ils furent malgré tout solidaires, ils ont maintenu au prix de leur liberté et parfois de leur vie, le flambeau de l'expression libertaire et de la lutte sociale face à l'impitoyable répression de l'etat.

    C'est leur histoire que nous narre la sociologue Anne Steiner dans une réédition de son livre paru aux éditions L'Echappée. On y découvre des parcours de militants qui gravitent autour de celui de Rirette Maîtrejean, une des figures les plus emblématiques au coté de Libertad, Victor Serge, Lorulot et des « bandits en auto » plus connus sous l'appellation de bande à Bonnot. On y ressent la fraternité des expériences communautaires que nous avons pu vivre à notre tour bien des années après, en connaître leurs joies et également leurs limites. On réalise aussi la différence entre leur époque et la nôtre toute perclue de consumérisme, où les luttes nous semblent bien timorées et leurs acteurs bien loin d'accepter le risque de mourir pour la cause...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Les En-dehors » d'Anne Steiner aux éditions L'Echappéé

  • Et... il y avait l'Algérie...

     

     

    Il est sept bigourdanes et bigourdans, ayant eu dans une vie antérieure un lien étroit avec l'Algérie qui ont mis en commun leurs souvenirs respectifs pour produire un livre publié par les éditions tarbaises Le Solitaire. Le résultat de ce travail collectif de mémoire donne un ouvrage plein d'humanité, apaisé et sans esprit de revanche malgré les souffrances endurées dans cette guerre qui n'osait pas dire son nom. Ils étaient « pieds-noirs » historiques, appelés du contingent, immigrés espagnols, travailleurs manuels, instituteurs, petits commerçants ou paysans. Ils partageaient le même temps et le même territoire avec d'autres populations ayant une autre histoire et le même droit légitime d'être heureux sur cet eldorado qu'est l'Afrique du Nord. L'égoïsme, la cupidité, l'incompétence, la soif de pouvoir de certains dans tous les camps, conduisirent des peuples frères à s’entre-tuer et à creuser un fossé aujourd'hui encore difficile à combler.

    Ce livre participe à la réconciliation. Avec la libération de l'écriture, les divers témoignages des acteurs de l'époque, le retour émouvant des rapatriés sur leur terre natale ou celui des soldats sur les lieux d'affrontement, l'accueil chaleureux qu'ils y reçoivent de leurs anciens voisins ou adversaires, les liens qui se créent notamment entre les jeunes générations nous amènent à espérer enfin une rédaction objective de l'histoire et une véritable pacification des consciences dont, par les temps difficiles que nous vivons, nous avons tant besoin...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso. Montauban.

     

    « Et... il y avait l'Algérie » ouvrage collectif publié par les Editions Le Solitaire

    Ouvrage enrichi de nombreuses photographies et documents inédits issus d'archives personnelles et familiales.

  • Communiqué

    Radio-Asso. vous invite /

     

    Samedi 27 avril 2019

     

    à 20 h 45

     

    Salle de quartier de Sapiac

     

    (angle rue Léo Lagrange et Belloc / Stade USM)

     

    à découvrir, ou redécouvrir,

     

    George ORWELL

     

    Projection du film : « La ferme des animaux »

     

    Suivi d' un débat : «  Les totalitarismes »

     

    Entrée libre

     

  • Communiqué

    Radio-Asso. vous invite 

     

    Samedi 27 avril 2019

     

    à 20 h 45

     

    Salle de quartier de Sapiac

     

    (angle rue Léo Lagrange et Belloc / Stade USM)

     

    à découvrir, ou redécouvrir,

     

    George ORWELL

     

    Projection du film : « La ferme des animaux »

     

    Suivi d' un débat : «  Les totalitarismes »

     

    Entrée libre

     

     

  • L'Algérie rêvée...

    Le sommeil n’est pas le lit des rêves. Creusez profondément dans la matrice de la société, vous découvrirez les racines du rêve collectif ! Je creuse ! Le réel mène au rêve ! Et le rêve est le capital énergétique du réel !

    Ainsi, je rêve d’une Algérie pleine de vie ! Ce beau pays est congelé, vidé de vie ! Un pays congelé est un pays de pâture, de procréation et d'hypocrisie morale, politique et culturelle. 
    Et je rêve, et le rêve est une résistance !
    Bien que le rêve soit un état personnel, selon Freud, il arrive que des personnes ou des groupes sociaux rêvent collectivement. Cela, la rue algérienne l’a bien vécu ces jours-ci. Nous ne sommes pas somnambules. On rêve en marchant avec le rêve qui marche en nous ! Sur la place Maurice-Audin se réveille le rêve commun ou presque ! Le rêve d’un changement radical, identique pour toutes les citoyennes et tous les citoyens qui marchent dans les rues, sur les trottoirs, qui labourent avec affection leur morceau de terre aride ou fertile, qui, ensemble, poussent un tracteur en panne, qui somnolent dans un transport en commun, qui posent leur tête pleine d'inquiétude, à la fin de la journée ardue, sur un oreiller froid. 
    Je songe que notre rêve collectif se métamorphose en une réalité tenue sur des pieds solides dans un demain collectif. Une réalité radieuse qui se manifeste dans les institutions, les comportements, les lois, l’économie, la gestion des affaires publiques, les libertés individuelles et collectives et dans le domaine culturel. 
    Je rêve d'une société prête à se réconcilier avec son Histoire légendaire et plurielle, et dont les citoyennes et les citoyennes se sentent fiers. Une Histoire enseignée aux nouvelles générations ni falsification, ni idéalisation, ni mensonge. Dire que nous sommes les enfants de Chachnaq, Saint-Augustin, Apulée, le roi savant Juba II, Jugurtha, Massinissa, Dyhia, Tariq ibn Ziyad, Ibn Khaldoun, Ibn Tumart, Lala N’sumer, Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Anna Gréki, Moufdi Zakariya, Ibn Badis, Mohammed Dib, Jean Amrouche, Mohammed Al Eïd Al Khalifa, Si Mohand Ou Mhand... Mosaïque de créativité, de résistance, de langues, d’imaginaires…. nous sommes les descendants de tout ce beau monde et plus… 
    Je rêve d'une grande Algérie où l'Algérien embrasse avec fierté son amazighité, son africanité et sa méditerranéité.
    Je rêve de voir l'Algérie devenir un État de citoyenneté, et non pas un vaste lot de terrain occupé par plus de 40 millions de personnes.
    Je rêve d'une Algérie où l’égalité intégrale entre les femmes et les hommes devient un vécu ; une réalité sociale, politique et culturelle. Sans violence, sans harcèlement, sans racisme sexuel. Je rêve de voir l’Algérie de demain un pays où  la diversité linguistique, religieuse et philosophique est respectée. Le vivre-ensemble est un oxygène national.
    Je rêve d’un pays où la démocratie est une culture de citoyenneté politique, une conduite sociale individuelle et collective.
    Je rêve d'une justice indépendante, capable de juger, sur un pied d’égalité, le président de la République, le ministre du gouvernement, le fils du ministre, le fils du général et le simple citoyen. Je rêve d'une presse libre et professionnelle, capable d'incarner la force et le sens du quatrième pouvoir. Une presse libérée du charlatanisme, observée par une autorité audiovisuelle indépendante et transparente. 
    Je rêve d'un pays dans lequel la société civile, les associations culturelles, les clubs et les cafés littéraires seront libres.  
    Je rêve d'un pays où les arts et les cultures, dans leurs diversité linguistique, intellectuelle et esthétique (cinéma, livre, théâtre, art, musique…) deviennent l'oxygène pour le peuple dans les villes, les villages et les hameaux où on croise dans nos bibliothèques des lecteurs en arabe, en tamazight, en français et en d'autres langues. Je rêve d'un pays où la séparation de la religion et de la politique, de la religion et des institutions de l'État, est un principe fondamental. La foi est un acte personnel et le pays un partage collectif. La citoyenneté passe devant la foi. 
    Je rêve d'un pays où la culture de la haine religieuse s’enterre, où les Algériens vivent leur religion, leur laïcité, leur athéisme, en toute quiétude et avec respect les uns et les autres. 
    Je rêve d’une Algérie où à l’école on enseigne la langue amazighe aux côtés de l’arabe, du français, sans hostilité aucune, mais avec amour, génie et concurrence. 
    Je rêve. Le rêve est une résistance collective. Toute société qui ne rêve pas est une société en voie d’extinction. Le sommeil n’est pas le lit des rêves. Creusez profondément dans la matrice de la société vous découvrirez les racines du rêve collectif .

     

    Amin Zaoui

    Quotidien algérien « Liberté » 11 04 19

    aminzaoui@yahoo.fr

     

     

  • Mélanges en l'honneur de l'historien Gilbert Meynier...

    Le présent ouvrage est un recueil de textes écrit à plusieurs mains (21 contributeurs) par des collègues, amis et proches de l'historien Gilbert Meynier. Un historien de talent reconnu par ses pairs comme l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire franco-algérienne, auteur de riches et nombreux travaux sur l'histoire de l'Algérie depuis l'Antiquité jusqu'au milieu de la décennie 2010, et qui nous a quittés en décembre 2017. 
    Ses enfants Hélène et Pierre-Antoine ainsi que ses collègues et proches, essentiellement des historiens, mais aussi des politistes, sociologues, économistes, juristes, ont tenu à lui rendre hommage par ces mélanges bien mérités offerts en son honneur. L'ouvrage est structuré autour de trois chapitres. Le premier rassemble des témoignages émouvants de ses enfants et proches sur la vie et le parcours de Gilbert Meynier, comme père de famille, puis comme jeune étudiant à l'université de Lyon engagé dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie et, enfin, comme enseignant-chercheur jusqu'à sa retraite en 2000 et son installation définitive à Lyon. 
    Une retraite bien active puisque ses activités de recherche n'ont jamais cessé, bien au contraire, elles ont repris de plus belle jusqu'à ce que la maladie et la fatigue aient eu raison de sa santé. Le deuxième chapitre comprend des comptes rendus de certains ouvrages de l'historien, comme L'Algérie révélée, L'histoire intérieure du FLN, L'Algérie et la France a deux siècles d'histoire croisée... Quant au troisième, il est consacré à des réflexions générales sur certains pans de l'histoire franco-algérienne et au-delà.

     

    Tahar Khalfoune qui a dirigé la rédaction de cet ouvrage collectif est juriste et universitaire.

     

    Le livre est publié par les éditions L'Harmattan collection Histoire et Perspectives Méditerranéennes.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.





  • Algérie, quand l'incroyable devient réalité...

     

     

    Je l'avoue humblement, je fais partie de ceux qui tombent sur le cul.

    L'Algérie vit son printemps et ce n'est que le début.

    Pourtant ce pays ne m'est pas inconnu. Avant que je ne m'y rende il y a quelques années au terme de la décennie noire, j'ai suivi régulièrement les soubresauts de son histoire. Tout gosse, serré entre mes parents militants du Mouvement de la Paix, j'ai défilé pour la fin de cette guerre infâme qui n'osait dire son nom, j'ai soutenu les Objecteurs de Conscience qui refusaient de prendre les armes contre un peuple frère qui réclamait légitimement sa Liberté et la fin de l'oppression coloniale. C'était pour moi le début d'une soixantaine d'années de militantisme.

    La sanglante décennie terroriste nous amena des réfugiés traumatisés par des massacres qu'ils subissaient sans en connaître exactement qui en était responsable. Nous avons partagé leurs cauchemars et leurs angoisses pour leur pays et leurs familles demeurées là-bas.

    La paix revenue, j'ai franchi la grande bleue pour atterrir un soir d'hiver à Oran. Cet hiver là avait déjà le goût du printemps. J'ai vécu quelques expériences formidables avec des gens chaleureux qui m'ont ouvert leur cœur autant que leur porte. Le désir était présent mais la cicatrice était encore fragile. Mes divers voyages de la fin des années 2000 et le dernier en 2014 après la réélection au 4 ° mandat, m'avaient laissé sur ma faim, une odeur de résignation flottait dans l'air et mes échanges avec mes jeunes amis, plus tentés par une traversée périlleuse que par la révolution sociale, m'avaient amené à douter...

    Aujourd'hui, moi qui ne crois pas aux miracles, je vois le peuple algérien debout, pacifique et joyeux, sans haine contre ceux qui l'ont spolié, ne demandant que son droit au bonheur, dans son pays libéré et fraternel. Ces moments de solidarité et de civisme devraient être un exemple pour nos classes moyennes atteintes de fièvre jaune qui souvent revendiquent tout et son contraire, oubliant seulement leur responsabilité dans la situation sociale qui est la leur.

    La révolution algérienne qui se déroule sous nos yeux me rappelle mon Mai 68 festif et plein de riches rencontres, d'émotions et de découvertes. Je souhaite à la jeunesse algérienne d'éprouver autant de plaisir que nous en avons connu en ces temps bénis où tout devenait possible.

    L'auto organisation du peuple se défiant des tribuns guettant la place et la prébende des morpions accrochés au pouvoir, sa volonté de ne pas se voir confisquer sa lutte par quelque barbu ou quelque cacique repenti pourra représenter pour le 21 ° siècle ce qu'incarna en 1936 la révolution espagnole où le prolétariat au lieu de saccager le bien commun se l'appropria et le socialisa. L'Algérie est riche de sa terre et de sa jeunesse, tout y est possible et nous sommes nombreux de ce côté-ci de la Méditerranée, internationalistes, citoyens du monde, libertaires à vous soutenir et à faire en sorte que Votre Utopie devienne Notre Réalité...

     

    Riton                                                                                                                               18 03 19

     

     

     

     

  • Communiqué

    « L’Algérie est au bord de l’éclosion »

    Par Mohammed Harbi et Nedjib Sisi Moussa

    Mardi 12 Mars 2019

    Le surgissement populaire du Vendredi 22 Février 2019 constitue une rupture majeure dans notre histoire comme dans celle du Maghreb. Il s’agit de la consolider et d’élargir le champ des possibles. Aujourd’hui, les algériens ont remporté une première victoire.

    Notre tâche prioritaire est de tirer la leçon du soulèvement d’octobre 1988. Le 4 octobre 1988, des manifestations, avant tout des jeunes, éclatent à Alger. De la manifestation, ils passent à l’émeute et l’armée sort de sa réserve. Le 7 octobre 1988, les manifestations éclatent dans diverses villes du pays, les activistes islamistes montrent leur force, ils disposent de leaders ayant une audience comme Ali Benhajd, le président Chadli Bendjedid déclare la répression et le camp a toutes les peines à se structurer. Notre tâche prioritaire est d’éviter à nouveau le détournement du fleuve, à savoir la confiscation de la souveraineté populaire qui est à l’origine de l’autoritarisme sous sa forme actuelle.

    Nous sommes devant une nouvelle crise du régime, mais le peuple algérien a déjà tranché. Le Front de Libération Nationale (FLN) a vécu, le cinquième mandat aussi. L’annonce du président, Lundi 11 mars 2019, ne fait qu’entériner cet état de fait.

    Ici et là, des alternatives politiciennes sont proposées par les démocrates au nom du changement. Mais les intérêts des classes populaires sont rarement pris en considération. Or, ce sont elles qui vivent le plus intensément l’humiliation, les abus du pouvoir, la répression et la hogra.

    Ces maux caractérisent tout le Maghreb. C’est pourquoi, après la révolution tunisienne et le mouvement du 20 février 2011 au Maroc, la situation algérienne résonne avec autant de force chez tous ceux qui aspirent à la dignité.

    Sans céder à l’esprit de revanche, il nous faut prendre garde à ce que les anciens partisans du statu quo ne se rachètent pas une virginité au nom d’une transition qui renouerait insidieusement avec l’ancien régime et ses pratiques de corruption, de clientélisme et de prédation.

    La démocratie, que chacun revendique désormais à voix haute, est tout le contraire du consensus dont nous subissons les conséquences. Souvenons-nous qu’il a toujours constitué le cri de ralliement pour les classes dirigeantes.

    Le souci d’établir des rapports égalitaires est à la base de la fraternité dont rêve le peuple. Mais pour lui donner de la consistance, il faut sortir de l’unanimisme de façade qui constitue un frein à la décantation et au regroupement des forces populaires.

    La république est à refonder, en rupture avec les tentations despotiques assimilées à la monarchie par les acteurs du surgissement populaire.

    Les aspirations des classes laborieuses, dont les femmes et la jeunesse constituent les moteurs, doivent être affirmées dès à présent. Il faudra donc respecter leur autonomie d’organisation et d’action. Dans cette perspective, l’égalité des sexes est indiscutable.

    Contrairement à l’idée selon laquelle les algériennes et les algériens se seraient réveillés le Vendredi 22 Février 2019, les événements en cours sont en réalité le fruit d’un long processus nourri du combat des forces les plus déterminées et payé par elles au prix fort.

    De nombreuses luttes sectorielles, qui ne se sont guère aventurées sur le terrain politique, ont été menées au cours de la dernière période, dans toutes les régions du pays.

    Les concessions matérielles, faites par un gouvernement désireux d’acheter la paix sociale, ont été rattrapées par l’inflation et la cherté de la vie, ce qui souligne l’importance du mot d’ordre de grève générale pour dépasser la segmentation et se constituer en force indépendante.

    La main tendue des oligarques aux travailleurs est un marché de dupes et ne fait que perpétuer leur subordination à l’agenda néolibéral. Car ce sont les hommes d’affaires qui ont besoin des masses populaires pour faire pression sur le pouvoir afin de défendre leurs privilèges. En revanche, les chômeurs, les pauvres et les salariés, n’ont pas besoin de s’appuyer sur les milliardaires pour affirmer leurs propres objectifs.

    Depuis 2012 au moins, s’est constituée dans l’ombre une clique comprenant les représentants de la politique en uniforme, le président et sa famille, ainsi que les affairistes. C’est ce groupe qui a soutenu l’appel à un quatrième mandat puis à un cinquième mandat. Son arrogance est à l’origine du sursaut populaire.

    Soyons vigilants. L'épouvantail d’une ingérence de forces extérieures n’est pas crédible. Arrêtons de chercher le diable en dehors de nous. La crise oppose des forces sociales et politiques internes à l’Algérie.

    L’aspiration à un changement radical s’est exprimée massivement et avec force dans les rues, faisant vaciller les tenants du régime. Pour la grande majorité de notre peuple, la quête de la liberté n’est pas séparable de celle de l’égalité.

    Nous sommes aux côtés des classes populaires dans leur volonté de gérer elles-mêmes leurs propres affaires. Car il ne peut y avoir de démocratie réelle sans prise en compte de leurs aspirations spécifiques.

    Nous sommes partisans de l’auto-organisation des travailleurs, à travers la mise en place d’assemblées dans les quartiers, les villages et les villes, où les individus délibèreront de la prise en charge de tous les aspects de la vie quotidienne, sans la médiation de l'état ou des professionnels de la représentation.

    Il s’agit d’aller le plus loin possible dans la remise en cause de l’ordre capitaliste, sécuritaire, patriarcal et religieux.

    Notre pays a hérité de l’esprit de la hisba, l’ordonnancement du bien et l’interdiction du mal, la surveillance de tous par tous. Opposons-lui le respect de l’autonomie individuelle, la liberté de conscience, celle de disposer de son propre corps, de le mettre en mouvement et de se réapproprier tous ensemble l’espace public, comme l’ont fait, dans la joie, les algériennes et les algériens.

    Le chemin qui mène à l’émancipation sociale sera long mais il n’est pas d’autre voie pour réaliser l’épanouissement de chacun et de tous.

     

  • Histoire iconoclaste de la guerre d'Algérie...

     

     

    Alors que le pays vit une tourmente inégalée depuis la décennie noire, voire son indépendance, l'Algérie se rappelle à notre mémoire et un retour sur son histoire, qui fut aussi la nôtre, n'a rien de superflu. Le récent livre de Guy Pervillé spécialiste de l'histoire contemporaine nous offre une vision dépassionnée et objective de ces « événements » et pose la question de la neutralité de l'écrivain. L'éternel débat entre la mémoire humaine et la vérité historique n'est pas prêt d'être terminé, s'il est indispensable pour percevoir l'actualité, souhaitons qu'il ne parasite pas trop nos combats d'aujourd'hui, nous avons tant à faire pour éviter les pièges du passé...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Histoire iconoclaste de la guerre d'Algérie et de sa mémoire » e Guy Pervillé aux éditions Vendemiaire.

     

     

  • Communiqué

    La communauté algérienne de Toulouse prévoit une manifestation contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika



    Après Londres, Paris, Montréal, c'est au tour de Toulouse de montrer sa solidarité avec les Algériens qui s'opposent à la perspective d'un cinquième mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Une manifestation est prévue :

    dimanche 3 mars place du Capitole à 15h.



Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu