27.01.2012
Qui nous protège de la police, à Nancy ?
Bonjour, je transmet une info, "fait divers" qui s'est déroulé hier à Nancy...
Manu
Qui nous protège de la police ?
Nous sommes 3 étudiants et vivons en collocation à Nancy. Ce matin, le 26 janvier 2012 à 7h30, des policiers en uniformes et en civils sont venus tambouriner violemment à notre porte en nous sommant d’ouvrir, sans aucune explication ni preuve d’autorisation justifiant leur présence. Pris de panique, nous n’avons pas ouvert la porte. Devant notre réaction ils sont montés chez nos voisins du dessus. Ceux ci ont ouvert alors que les policiers leurs signifiaient qu’ils recherchaient un individu, leurs ordonnant de les laissé rentrer à l’intérieur. Nos voisins ont demandé un document justifiant leur requête, les policiers ont rétorqué qu’ils n’étaient pas « aux Etats-Unis ». Ignorant leurs droits nos voisins les ont laissés entrer. Après un rapide état des lieux et voyant qu’il n’y avait personne, ils sont ressortis. Suite à cela, ils sont revenus à notre étage pour recommencer leurs sommations. Au bout de trente minutes ils ont enfoncé la porte et environ 4 ou 5 policiers en civils et en uniformes sont entrés. Nous étions deux dans une chambre (une habitante et l’un de ses amis) et le troisième dans une autre. L’un des policiers est alors entré arme au poing dans la première des chambres sans demander nos identités. Une personne était dans le lit et l’autre debout, voyant que cette dernière n’était pas l’individu recherché le policier l’a écarté et s’est précipité sur le lit. La personne qui s’y trouvait lui faisait face et a immédiatement levé les mains en l’air ce qui n’a pas empêché le policier de le gifler violement, de l’immobiliser sur le lit avec ses genoux avant de braquer son arme sur sa tempe. Ne l’identifiant pas comme la personne recherchée, il a relâché son étreinte et la menacé du poing. En même temps, d’autres policiers fouillaient l’appartement (fouille des placards, matelas retournés, toutes les pièces visitées et une valise d’ouverte). Une chambre dont la propriétaire était absente a été fouillée. A ce moment l’une des habitantes a demandé si ils avaient un mandat pour perquisitionner et un policier lui a simplement rétorqué que « nous n’étions pas dans série TV » et que de toutes façon ils « avaient l’autorisation du parquet pour ouvrir la porte ». Cependant aucune autorisation officielle ne nous a été présentée. Après avoir pris nos identités et celles de nos voisins, ils sont ensuite repartis comme ils sont arrivés, sans plus d’explications.
En tant que militants politiques nous prenons part depuis un certain temps aux luttes sociales sur Nancy et ailleurs et sommes exposés à la répression policière. Depuis un an cette répression va crescendo, entre coups de pression dans la rue et convocations officieuses, les coups tordus se multiplient. Mais aujourd’hui nous avons franchi un nouveau cap et cela nous pousse à sortir de notre mutisme, à dénoncer cet usage abusif et illégitime de la force, cette violence policière tant psychologique que physique. Nous condamnons ces actes, malheureusement trop répandus à Nancy comme ailleurs.
Des personnes révoltées
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23.01.2012
"Charonne", ou l'oubli impossible
Le nom de la station du métro parisien « Charonne » est entré dans le Panthéon des mémoires douloureuses françaises le 8 février 1962, comme un symbole de la résistance à la guerre d’Algérie. Ce soir-là, une manifestation est organisée contre l’OAS . Cette organisation rassemble les partisans de l’Algérie française qui pratiquent une politique de « la terre brûlée » contre les militants, algériens ou français, favorables à une solution négociée en Algérie (la guerre d’Algérie dure depuis novembre 1954…..). Au début de l’année 1962, en France, l’OAS multiplie ses actions violentes qui soulèvent l’indignation d’une opinion française excédée. La gauche dénonce « le danger fasciste » et appelle, ce 8 février 1962 à une manifestation de « défense républicaine ». La manifestation est organisée par les syndicats, CFTC, CGT, UNEF, SGEN, SNI, auxquelles se sont associées les organisations de gauche, dont le PCF et le PSU. Selon Alain Dewerpe, il s’agit « d’une manifestation de militants et, toutes obédiences confondues, de militants souvent durablement engagés dans la lutte anticolonialiste ». Il relate aussi, d’après témoignages, que « l’UNEF et le PSU sont majoritaires en tête et au sein du cortège. »
Plusieurs cortèges tentent de se rejoindre dans le XIe arrondissement., deux des principaux cortèges fusionnent sur le boulevard Beaumarchais. La foule devient excessivement dense, interdisant tout repli au moment d’une possible charge. Les manifestants se heurtent à un important dispositif policier. Maurice Papon est le Préfet de police de Paris qui coordonnera l’action des forces de l’ordre. Ce sera un véritable carnage. Prise de panique, la foule s’engouffre dans la bouche de métro Charonne. Dans la panique et la bousculade, des personnes trébuchent et sont piétinées. Sur cet amas humain qui obstrue complètement l’entrée de la station de métro, des témoins voient un groupe de gardiens casqués « entrer en action ». Les policiers tapent les manifestants à coup de « bidule ». Au milieu des cris, des gémissements, des couches de blessés enchevêtrés, on retire six cadavres de « Charonne » plus le blessé qui décèdera le lendemain. Deux autres manifestants sont tués à l’extérieur de la bouche de métro avec la même sauvagerie meurtrière. Tous sont à la CGT et huit d’entre eux appartiennent au Parti communiste français.
Le mardi 13 février, les funérailles silencieuses et grandioses des victimes de « Charonne » sont suivies par une foule impressionnante estimée à cinq cent mille personnes. Une grève générale ce jour-là arrête les trains, ferme les écoles et laisse les journaux muets.
Parmi les manifestants, une jeune fille de 17 ans, Maryse Douek. En classe de première, elle est proche d’un Cercle antifasciste créé par les élèves du lycée de Sèvres. Maryse n’a pas le droit de militer publiquement. Détentrice d’un livret d’apatride (elle est arrivée d’Egypte avec ses parents quelques années plus tôt), la nationalité française a été refusée à sa famille, suite à la dénonciation d’un concierge les accusant de fréquenter des communistes. Au traumatisme de la chute et de l’amoncellement des corps dans la bouche de métro, s’ajoute celui d’avoir trahi une promesse faite à ses parents et la peur de perdre sa place dans la société française. Elle a miraculeusement échappé à la mort ce soir du 8 février 1962. Désirée et Alain
Frappier racontent son histoire dans les dessins et le texte de l’album, Dans l’ombre de Charonne.
J’ai rencontré pour la première fois Maryse Douek-Tripier (mariée avec Pierre Tripier) au tout début des années 1980 à l’université Paris 7 Jussieu dans le département de sociologie où je venais d’avoir un poste d’assistant. Elle était l’une des premières à ce moment à travailler en France sur l’immigration ouvrière, et ses travaux de recherches faisaient, déjà, autorité. Je commençais à l’époque mes recherches sur l’histoire de l’Algérie, et nous avions beaucoup discuté du parcours singulier des ouvriers immigrés algériens en France, notamment pendant la guerre d’Algérie. Mais je ne me souviens pas avoir évoqué avec elle la tragédie du métro « Charonne », et pourtant…. Maryse, et je l’ai su des bien années après, était parmi les manifestants qui ont été matraqués, piétinés, écrasés à l’entrée du métro. Ce moment est resté longtemps enfoui au fond de sa mémoire.
Pourquoi à propos de « Charonne » l’oubli s’est-il installé, puis comment une lente remontée des souvenirs s’est-il opérée ?
Le drame a eu lieu quelques semaines avant la conclusion des accords d’Evian (19 mars 1962), et quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie (5 juillet 1962). Dès l’été 1962, la guerre d’Algérie semble s’évanouir de la scène politique française. Après l’indépendance algérienne, l’histoire même de l’Algérie en France se perd très vite avec une infinie possibilité de sens : nostalgies coloniales, hontes inavouables, images de sa jeunesse perdue….. La séparation de l’Algérie et de la France, au terme d’un conflit de sept ans (1954-1962) a produit de la douleur, des désirs de vengeances inavouées, des oublis, volontaires ou pervers. Volontaires, parce qu ‘il fallait bien oublier les traumatismes de la guerre pour vivre et construire une vie sociale. Pervers, parce que cet oubli a été organisé par l’Etat pour dissimuler les crimes liés à cette guerre (des lois d’amnisties ont toujours empêché que soient jugés les responsables d’exactions [4]). Et cette guerre a longtemps attendu avant d’être reconnue et nommée sur la scène culturelle et politique française.
Le drame de « Charonne » s’est perdu, aussi, parce que cette mémoire était essentiellement portée par les communistes. L’affaiblissement progressif du PCF a eu des conséquences sur la faible visibilité de cette séquence tragique dans le paysage mémoriel français.
L’album Dans l’ombre de Charonne arrive dans ce moment de retour de mémoire autour de la guerre d’Algérie. Peut-on réaliser, cinquante ans après, un album de bandes dessinées sur un sujet aussi dramatique que celui du drame de métro Charonne, saisissant d’émotion et de réalité ? À découvrir le travail de Désirée et Alain Frappier, la réponse est oui. Parce qu’il se sont inspirés de leur propre expérience et de la vie d’une femme, Maryse Tripier ; parce qu’ils ont su faire revivre, avec force détails (voir les dessins sur l’uniforme des policiers, ou… les vêtements des jeunes de cette époque) non seulement cette histoire, mais comment elle est revenue dans la société française des années 2000. Le respect des faits historiques et de l’émotion est un exercice d’équilibre toujours délicat. Mais tout cela est mis en scène finement, avec une sobriété bienvenue, un sens aigu des situations, et ce goût du détail qui installe une atmosphère, celle d’une jeunesse française qui refuse une guerre cruelle. Autour du personnage principal, on voit glisser les spectres de la guerre finissante, et la blessure des mémoires. On ressort de cette lecture convaincu de la nécessité de passer aussi par les images pour porter des histoires, toucher un public de jeunes qui ne connaissent pas cette période.
Pendant de nombreuses années, la confusion était grande entre les massacres d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961 et « Charonne ». Puis, par le combat inlassable mené par les enfants de l’immigration algérienne, la date du 17 octobre 61 a enfin acquis une grande visibilité. Il faut maintenant que ces deux dates, 17 octobre 61 et 8 février 62, soient définitivement liées comme signe de fraternité entre l’immigration ouvrière algérienne et les militants en France qui ont refusé la guerre livrée en Algérie. Dans l’ombre de Charonne est une contribution essentielle à cette entreprise nécessaire.
Benjamin Stora
Extrait du site de la L.D.H. de Toulon
09:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : charonne, guerre d'algérie
20.01.2012
L'Algérie en couleurs...
Ils ont eu vingt ans dans les Aurès, l’Ouarsenis ou le Sahara. Ils avaient quitté leurs villages et leurs amours adolescentes pour un monde inconnu avec dans leur barda un modeste appareil photo, peut-être offert à la suite d’un succès scolaire ou pour leur anniversaire, sans trop savoir ce que serait leur avenir ni ce qu’ils pourraient bien faire de cette petite boite noire…. Tous les soldats en Algérie ne furent ni des héros ni des tortionnaires, mais tous furent des témoins de ces périodes douloureuses, découvrant au jour le jour un pays merveilleux mais aussi les pires des inégalités existant entre les diverses communautés. Certains rédigèrent des journaux intimes, d’autres révélèrent de réels talent de photographes en immortalisant des scènes de leur vie quotidienne ou les paysages et les hommes de cette terre qu’on leur disait être encore la France. Dans leur ouvrage : « L’Algérie en couleurs » publié aux Editions Les Arènes, Tramor Quemeneur et Slimane Zeghidour présentent une collection inédite de 350 photographies en couleurs réalisées par des appelés du contingent entre 1954 et 1962, des images absentes de toute violence qui racontent les plages de Camus, les longues marches dans le djebel, avec ou sans fusil, le rire des enfants et la beauté des femmes Kabyles. Un livre pour toux ceux qui pensent que la Méditerranée n’est par une frontière mais une passerelle pour, tels les anciens combattants contre la guerre, établir des liens de paix et de fraternité entre nos deux peuples…
Henri Cazales / Radio-Asso.
« L’Algérie en couleurs » de Travor Quemeneur et Slimane Zeghidour aux Editions Les Arènes
10:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre d'algérie, ed arènes
Sur l'échafaud...
Thomas-Simon Gueulette était magistrat au Châtelet de Paris sous Louis XV, il fut aussi un formidable chroniqueur judiciaire de son époque en retraçant par écrit les faits divers criminels et leur aboutissement tragique tout en y ajoutant ses commentaires personnels souvent pertinents. L’ouvrage qui recense ses notes vient d’être mis en forme par Pascal Bastien et publié au Mercure de France. Bien qu’il soit déconseillé de s’y pencher un peu trop les soirs d’angoisse, tant sont nombreuses et détaillées les descriptions des assassinats les plus sordides et des châtiments suprêmes à la mode de ces temps là, ce livre de témoignage est un outil bien utile pour connaître le Paris de la cour du roi et de la cour des miracles, y découvrir ce que la misère peut engendrer, y constater, n’en déplaise aux nostalgiques des exécutions-spectacles et du tout était mieux avant, que notre société n’est pas plus dangereuse ni criminelle que sous l’ancien régime des monarques tous puissants…
Henri Cazales / Radio-Asso.
« Sur l’échafaud, histoires de larrons et d’assassins (1721-1766) » de Thomas-Simon Gueulette présenté et annoté par Pascal Bastien au Mercure de France.
10:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2012
Algérie...
Pendant plus de trois siècles l’État français s’est employé, sous des prétextes divers, à conquérir de nouveaux territoires sur tous les continents. Au début du XXe siècle, la France régnait sur un véritable empire. Aujourd’hui il ne reste de cet empire colonial que des souvenirs que certains, nostalgiques d’une prétendue grandeur, voudraient faire revivre. A les entendre évoquer le dévouement des colons, la noblesse des militaires, l’humanité des religieux, tous au service de « l’œuvre civilisatrice de la France, pays des droits de l’homme », on pourrait croire que l’entreprise colonisatrice française fut une entreprise désintéressée, exclusivement à but humanitaire.
Soucieux de s’attirer les bonnes grâces de ce public, le gouvernement a, le 23 février 2005, publié une loi qui exprime la reconnaissance de la nation « aux hommes et aux femmes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements d’Algérie... ». Pourtant, malgré ce que cette loi unilatérale voudrait nous faire croire, la colonisation ne s’est pas faite dans un but philanthropique. Cécil Rhodes, véritable prophète anglais du colonialisme, affirmait crûment : « Nous devons trouver de nouvelles terres où nous procurer facilement des matières premières et exploiter en même temps la main-d’œuvre servile à bon marché fournie par les indigènes ». En résumé, l’entreprise coloniale n’a eu pour objectifs que la conquête de nouveaux territoires afin d’exploiter leurs richesse naturelles, dominer les populations au besoin par la force, créer de nouveaux débouchés pour les industries du pays colonisateur et résoudre partiellement la question sociale (les territoires conquis devenant des lieux de bannissement pour les exclus, révoltés...). En niant ces faits historiques, en affirmant uniquement les aspects positifs de la colonisation, les promoteurs de cette loi se comportent comme les défenseurs du colonialisme au XIXe siècle. Ainsi, lors des débats à la Chambre des députés les 28 et 30 juillet 1885, le ministre Jules Ferry déclara : « Il y a un second point, un second ordre d’idée que je dois aborder, c’est le coté humanitaire et civilisateur de la question (…) Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (murmures). Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles ; elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Remarquons que, en prétendant donner à la colonisation de nobles objectifs, le père de l’instruction publique française, défenseur acharné du colonialisme, par ailleurs auteur de la formule « Les droits de l’homme n’ont pas été écrits pour les nègres d’Afrique Equatoriale », affichait ouvertement son racisme.
Parmi toutes les colonies françaises, l’Algérie fut certainement la plus importante, celle où vinrent s’installer le plus grand nombre de colons, celle qui bénéficia de la plus grande attention de la part du pouvoir. La conquête (de juillet 1830 à 1857) fut d’une sauvagerie extrême : exécutions sommaires, destructions de villages, tortures, enfumages. Le lieutenant-colonel de Montagnac écrit ainsi le 15 mars 1843 : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser ou l’armée française a mis le pied... ». Selon les historiens, presque 30 % de la population périt dans cette période des conséquences directes ou indirectes de la guerre. Par la suite, de nombreuses révoltes, aussi sauvagement réprimées, émaillèrent l’histoire de l’Algérie coloniale.
Les défenseurs du colonialisme mettent au compte de la colonisation, le développement des infrastructures : routes, ponts, ports, villes. Mais ils ne posent pas la question : au profit de qui ?
Car en fait, deux populations vivaient en Algérie, d’un coté la population algérienne (90 % du total) dont le statut était strictement défini par le code raciste de l’indigène (un indigène n’était pas citoyen français et il lui était quasiment impossible de le devenir), de l’autre la population des colons, d’origine européenne (après 1881, n’importe quel européen émigrant en Algérie acquérait automatiquement la citoyenneté française). La quasi totalité des richesses, l’industrie, les mines, les banques, les commerces appartenaient aux colons qui constituaient moins de 10 % de la population. Dans l’agriculture, 3 % de la population possédait plus de 30 % des terres ; les meilleures.
Autre point mis en avant par les défenseurs du colonialisme : l’œuvre éducatrice de la France. Laissons parler les chiffres. En 1956, cent ans après la fin de la guerre de colonisation ; 85 % de la population algérienne était analphabète. Au total, à peine 500 instituteurs d’origine algérienne furent formés en 130 ans de colonisation ! Dans son ouvrage « La nuit coloniale », Ferhat Abbas, ancien président du GPRA écrit : « Nous étions en 1956, une vingtaine de pharmaciens, 75 médecins, 400 instituteurs, 3 ingénieurs ». Sur les 5 500 étudiants inscrits à l’université algérienne, on comptait environ 500 étudiants algériens (pour 8 millions d’habitants) et 5 000 étudiants européens (pour un peu plus d’un million d’habitants). En 1954, il y avait un étudiant pour 15 842 « indigènes » et un étudiant pour 227 européens. Soit plus qu’en métropole où le ratio était d’un étudiant pour 300 habitants. Ces chiffres parlent mieux que de longs discours et disent la vraie nature de la société coloniale.
Aujourd’hui, dans une véritable entreprise révisionniste, des politiciens habiles n’hésitent pas à falsifier la vérité historique pour flatter leurs électeurs, créer des haines parmi les exploités, les opposer les uns aux autres. Il est donc essentiel de dire ce que fut « l’œuvre civilisatrice de la France dans les colonies ».
Extrait du site de la CNT-AIT et du périodique "Anarchosyndicalisme"
15:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre d'algérie
10.01.2012
Que faire de notre vulnérabilité ?
Tout être humain est fragile, il suffit d’avoir été une fois dans sa vie face à une situation dont la maîtrise nous échappe pour l’avoir constaté. Nous avons tous dans nos connaissances des individus qui, après une rupture dans leur vie, chômage, divorce, maladie, ont basculé progressivement dans des situations d’exclusion qui font naître chez nous l’angoisse salutaire de plonger à notre tour, impuissants dans la machine à broyer d’un système impitoyable. Tout ce qui arrive à autrui peut aussi nous arriver un jour et l’issue ne peut s’entendre que collective. Le droit de cité est à reconquérir, la place de chacun dans un univers égalitaire est à gagner, des alternatives existent, le livre de Guillaume Leblanc édité aux Editions Bayard est un bon outil pour aider l’analyse et l’action de tous ceux et celles qui sont engagés dans le refus de la fatalité et de la soumission à la loi du plus fort…
Henri Cazales / Radio-Asso.
« Que faire de notre vulnérabilité ? » de Guillaume Leblanc aux Editions Bayard collection : Le temps d’une question
11:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : g. leblanc, ed bayard, précarité
04.01.2012
Première pensée de l'année...
Extrait du « Le compagnon du tour de France »
de Georges Sand 1848
"C'est une guerre effroyable que cette rivalité des intelligences ; l'un ne peut parvenir qu'à la condition d'écraser l'autre.
La société est comme un régiment ou le lieutenant, un jour de bataille, se réjouit de voir tomber le capitaine qu'il va remplacer.
Eh bien, puisque le monde est arrangé ainsi, puisque les esprits libéraux et les plus avancés n'ont trouvé que cette maxime : « Détruisez vous les uns les autres pour vous faire place » moi, je veux détruire personne.
Nos ambitions personnelles sanctionnent trop souvent ce principe abominable qu'ils appellent la concurrence, l'émulation, et ce que j'appelle, le vol et le meurtre.
J'aime trop le peuple pour accepter cette heureuse destinée qu'on offre à l'un d'entre nous sur mille en laissant souffrir les autres.
Le peuple aveugle et résigné se laisse faire; il admire ceux qui parviennent et celui qui ne parvient pas s'exaspère dans la haine, ou s'abrutit dans le découragement.
En un mot, ce principe de rivalité ne fait que des tyrans ou des exploiteurs, ou des esclaves et des bandits. Je ne veux être ni l'un, ni l'autre.
Je resterai pauvre en fait, libre en principe; je mourrai peut être sur la paille, mais en protestant contre la science sociale qui ne met pas tous les hommes à même d'avoir un lit."
Avec les Meilleurs Voeux de Christian...
11:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les égorgeurs...
Alors qu’un gouvernement, faisant fi de la dure réalité de notre vie quotidienne et au mépris du travail des historiens prétend légiférer sur un génocide vieux de presque cent ans, il semble bienvenu de rappeler ce que furent les horreurs d’une guerre coloniale qui pendant trop longtemps refusa de se reconnaître comme telle. Les égorgeurs, le livre témoignage de Benoist Rey sorti et immédiatement interdit en 1961, réédité en 1999 au Editions du Monde Libertaire, nous éclaire à nouveau sur les exactions et les crimes commis par l’armée française en Algérie et sur la dure condition des soldats « volontaires d’office » dont certains eurent le courage, au péril de leur liberté voire plus, de s’opposer à la pratique de la torture. Aujourd’hui septuagénaire, l’auteur n’a rien perdu des idéaux de sa jeunesse ni de sa verve épistolière puisqu’il vient d’éditer aux Editions Libertaires un livre de cuisine intitulé : « Mieux vaut boire du rouge que de broyer du noir », et où des recettes alléchantes présentées dans un style du plus anticonformiste réveillent nos papilles et notre appétit de vivre encore longtemps de bons moments de partage et de fraternité.
Henri Cazales / Radio-Asso.
« Les égorgeurs » de Benoist Rey aux Editions du Monde Libertaire
« Mieux vaut boire du rouge que de broyer du noir » aux Editions Libertaires.
11:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre d'algérie, cuisine libertaire, b. rey
Memoires d'un anarchiste juif
Samuel Schwarzbard défraya la chronique judiciaire en France en assassinant le 25 Mai 1926 boulevard St Michel à Paris, Simon Petlioura chef des armées ukrainiennes et responsable d’un des plus sanglants massacres de Juifs que connu ce pays. Après avoir fuit son pays d’origine, l’Ukraine, et bien que pacifiste et internationaliste il s’engagea volontaire dans la légion étrangère, se battit courageusement et fut grièvement blessé sur le front des Vosges en 1916. Réformé il rejoint la Russie puis l’Ukraine en pleine révolution et toujours sujette aux pires pogromes Chassé à nouveau il retourna à Paris exercer son métier d’horloger. Dans son livre « Mémoires d’un anarchiste juif » présenté et préfacé par Michel Herman, journaliste et écrivain, l’auteur décédé en 1938, décrit sans concession les horreurs de l’oppression des israélites dans les pays de l’Est et la boucherie de 14-18 et explique les raisons de son engagement révolutionnaire alliant la pensée libertaire et la nécessité pour le peuple juif soumis et humilié, d’organiser son autodéfense. Son témoignage et son analyse réunis dans cet ouvrage sont un apport indispensable à l’écriture de l’histoire du 20 ème siècle et un encouragement à tous ceux et celles qui encore aujourd’hui refusent de vivre à genoux…
Henri Cazales / Radio-Asso.
« Mémoires d’un anarchiste Juif » de Samuel Schwarzbard aux Editions Syllepse
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21.12.2011
Toujours contre le travail...
Que ceux qui pensaient définitivement passées à la trappe les idées novatrices de 68, croyaient que l’Internationale Situationniste et sa critique de l’aliénation salariale avait sombré dans les catacombes de l’histoire lors d’une ultime scission se rassurent, il est encore des penseurs qui s’interrogent sur le sens du travail dans cette époque tourmentée qui est la nôtre. Philippe Godard et un de ceux-là et dans son livre édité aux Editions Aden, il étudie ce qui a réduit l’être humain à devenir un simple instrument de production incapable de vivre sans travailler, perdant chaque jour un peu plus dans la soumission, l’assistanat et les anti-dépresseurs ses capacités créatrices. Ce bouquin décrit sans concessions, donc sans grand optimisme, notre société et son rapport au travail, le raisonnement est trapu et sa lecture s’avère parfois difficile, comme quoi on peut détester le travail sans être pour autant paresseux des méninges, il suffit simplement de bien vouloir prendre son temps…
Henri Cazales / Radio-Asso.
« Toujours contre le travail » de Philippe Godard aux Editions Aden
11:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : critique du travail, ph godard, ed aden













