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Radio Association

  • Le vin et la guerre...

     

     

    On savait nos crus prestigieux menacés par le péril jaune et l'avidité des nouveaux riches à s'approprier les grands domaines du Bordelais ou de Bourgogne. On connaissait l'importance de la culture du vin dans notre agriculture. On n'ignorait pas non plus que ce breuvage, qu'il soit piquette ou nectar, avait accompagné nos anciens autant dans les moments heureux que dans les souffrances, qu'elles soient liées à la pénibilité du travail ou aux horreurs de la guerre, mais on mésestimait son importance dans la relation franco-allemande durant l'occupation. Cette lacune est aujourd'hui comblée par la parution d'un livre particulièrement documenté et qui est l'œuvre de Christophe Lucan publié chez Armand Colin.

    Les nazis, connus plutôt comme buveurs de bière, ont pourtant saisi l'importance du « gros qui tâche », tant pour le plaisir de leur palais que pour le profit spéculatif qu'ils pourraient tirer de son commerce. Loin de l'image d'Épinal du bon vigneron patriote offrant sa plus infâme vinasse au soldat allemand qui, comme il doit à son ignorance, la trouve délicieuse, les négociants de l'ensemble du terroir français se sont empressés de profiter de l'aubaine. La collaboration liquide et le marché noir ont produit des fortunes dont jouissent encore quelques héritiers sans scrupules...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Le vin et la guerre. Comment les nazis ont fait main basse sur le vignoble français » de Christophe Lucan aux éditions Armand-Colin.

     

  • Naissance et consolidation de la république bourgeoise en France...

    En remettant en cause le pouvoir de la noblesse, les révolutionnaires de 1789 affirmaient l'ambition de la bourgeoisie de prendre en main le pouvoir politique et de transformer la société à son image.

    La société qui émergea correspondait aux besoins de la bourgeoisie. Pourtant, le régime politique républicain mit quasiment un siècle à se constituer et à se stabiliser. D'où vinrent ses difficultés ? Quels furent les obstacles qui expliquent le retour de la monarchie et le retour de deux empires ? Quel rôle jouèrent les révolutions qui jalonnent cette période, de la Révolution de 1789 à la Commune de Paris, en passant par celles de 1830 et 1848 ?

    L'ouvrage cherche à répondre à ces questions en s'intéressant aux conflits qui opposèrent, durant tout le XIXème siècle, les partisans de la république bourgeoise à ses opposants monarchistes. Mais également, comment la république, sous sa forme démocratique, fut capable de gérer au mieux les affaires de la bourgeoisie en contenant la classe ouvrière naissante.

     

    « Naissance et consolidation de la république bourgeoise naissante en France (1789-1914) »

    de Nadia Cantale et Valérie Touret aux éditions « Les Bons Caractères » collection Eclairages.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

  • L'étrange affaire Portal...

     

     

    Dans un nouvel ouvrage publié par les éditions Imago, consacré à cette affaire à rebondissements multiples qui mit la France en émoi bien au-delà de la sphère locale, Emmanuel Deun nous projette quarante ans en arrière. Pour nous qui avons vécu en proximité géographique avec ces événements, le recul proposé par l'auteur ne peut être que bienfaisant. L'hystérie du moment provoquée par une situation complexe faite de décadence aristocratique, de malversations notariales, d'héritages disputés, de délires procéduriers, de récupération médiatique, de fort-chabrol, d'hospitalisations et pour finir de véritables scènes de guerre, ne prêtait pas à une vision rationnelle et les écrits du moment évoquant Calas ou Dreyfus tendaient à obscurcir un peu plus cette rocambolesque histoire. L'analyse proposée aujourd'hui nous offre un regard neuf et avisé sur les événements, humain sur ses protagonistes et leurs conditions d'existence plus que précaires, objectif sur une époque charnière de notre Histoire récente qui fut plus agitée qu'il n'y parut.

    Les mouvements issus de Mai 68 se développaient, l'ordre ancien se voyait remis en cause et hésitait dans ses réactions, comme la Justice hésitât et tergiversât dans les chicanes tortueuses de la Fumade. (Confronté pour des délits d'opinion aux mêmes forces de répression que celles en charge de l'affaire Portal, nous avons pu, au long des diverses garde-à-vue dont nous fument gratifiées, constater le malaise de certains gendarmes que nous prenions plaisir à titiller malicieusement sur leur incapacité à résoudre la question). Le dénouement aurait pu être bien moins dramatique, et moins traumatisant, si cette même Justice avait eu le courage d'aborder de front le problème et d'assumer ses éventuelles erreurs. Mais la « raison d'État » des Ponia et Lecanuet, le besoin de montrer les muscles d'un GIGN naissant, la volonté de poser un couvercle définitif sur une histoire trop dérangeante pour la paix sociale conduisirent au drame en cette nuit du 10 janvier 1975.

    Jean-Louis Portal perdit la vie pour rien, ni pour ses idées, ni pour sa dignité, ni pour sa terre. Il fut simplement assassiné (les témoignages des médecins qui l'hospitalisèrent cités par l'auteur en apportent la preuve). Jusqu'à sa sépulture qui a aujourd'hui disparu.

    De nos jours encore la vie d'un jeune de vingt ans a peu de poids face à la force brutale de l' institution. Marginaux, jeunes de banlieue ou militants écologistes, la violence d'état s'exerce indistinctement sur tout ce qui ne rentre pas dans le moule.

    La « Fumade » n'est pas loin à vol d'oiseau de la forêt de Sivens, guère plus qu'une portée de grenade …

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « L'étrange affaire Portal, un fait divers entre deux mondes (1973-1975) » d'Emmanuel Deun aux éditions Imago.

     

  • Jacques Damour...


    FORMAT: 21,5 X 29 CM
    ÂGE: 
    TOUT PUBLIC
    NOMBRE DE PAGES: 
    144 EN QUADRI
    PARUTION: 
    03 MAI 2017
    COLLECTION: 
    BD


    Alors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d’aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa.
    Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie… Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu’elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu’est-elle devenue ?…

    C’est l’histoire d’un malchanceux, d’un faible manipulé par un lâche. L’histoire aussi d’un revenant qui cherche à renouer avec un passé à jamais disparu. Mais quelle place lui reste-t-il dans une société qui a irrémédiablement changé ?

    « Une réussite entre Histoire, littérature et aventure humaine »

     

  • Makhno, une épopée...

    Nestor Makhno, protagoniste légendaire et damné de la guerre civile qui suit la révolution russe de 1917, déclanche un mouvement insurrectionnel autonome en organisant des paysans d'Ukraine qui brandissent bien haut le drapeau noir de l'anarchie. La « Makhnovchtchina » comptera jusqu'à 25000parisans et la fulgurance de son action n'aura d'égal que son courage à livrer bataille : contre les armées blanches, contre les nationalistes ukrainiens et finalement contre l'armée rouge. C'est une épopée grandiose qui nous est racontée ici. Mais ce livre est aussi l'évocation d'un destin hors du commun, aussi tragique que celui du mouvement auquel il a donné son nom. Celui d'un homme, fils de paysans plongé au cœur d'un des plus grands bouleversements de l'histoire, obligé de s'exiler loin des steppes qu'il a parcouru avec tant d'ardeur, et qui, après avoir erré de prison en prison dans divers pays, devint ouvrier chez Renault et mourut dans une extrême pauvreté. Voici l'un des épisodes les plus glorieux, et pourtant méconnu, de la mémoire des vaincus.

     

    L'auteur est Malcom Menzies. Le livre est publié par les éditions L'échappée, collection lampe-tempête.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Le cordonnier d'Alicante...

    Un texte rare sur le quotidien d'un ouvrier cordonnier, militant anarchiste, de la toute fin du 19ème siècle jusqu'au milieu du 20ème siècle en Espagne.

    Autodidacte, devenu anarchiste par la lecture de Malatesta et la rencontre de militants, Manuel Sirvent passera sa vie à mettre en pratique son idéal dans une Espagne alors aux prises avec l'alliance de la monarchie, du patronat et d'une Église catholique omnipotente : de l'enterrement civil de sa mère jusqu'aux conférences organisées dans toutes les régions du pays, de l'initiation de multiples grèves jusqu'à l'union libre avec sa compagne... Les nombreuses conséquences de son engagement -boycotts des patrons, arrestations, déportation dans les années 1920, camps de l'exil en France après la guerre d'Espagne- ne l'arrêteront jamais dans son « intense activité de propagande ».

    Racontant un demi-siècle d'expériences individuelles et de luttes collectives, Manuel Sirvent offre aux lecteurs d'aujourd'hui une vision résolument positive et concrète de l'engagement anarchiste.

     

    « Le cordonnier d'Alicante. Mémoires d'un militant de l'anarchisme espagnol (1889-1948) » est le témoignage de Manuel Sirvent Romero, initialement destiné à ses enfants et petits-enfants.

    Le livre est publié par les éditions CNT-RP.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • Kronstadt 1921...

    Février 1921 : alors que le régime bolchevik sort vainqueur de la guerre civile qui s'achève et à laquelle va succéder une effroyable famine, il doit faire face au mécontentement de la population ouvrière et paysanne, plongée dans le plus grand dénuement et privée de liberté d'expression et d'association.

    C'est pour soutenir les ouvriers de Petrograd, qui se sont mis en grève tout au long de ce mois de février pour protester contre la pénurie extrême à laquelle ils doivent faire face, que les marins, les soldats et les ouvriers de l'ile de Kronstadt se sont réunis et ont dressé une liste de revendications.

    Au premier rang de celles-ci, ils placent le rétablissement des libertés fondamentales pourtant inscrites dans la constitution de 1918 : les droits d'expression, d'association, de réunion ; le vote à bulletin secret ; l'élection dans ces conditions de nouveaux soviets ; les libertés de changer d'emploi et de se déplacer ; la fin des privilèges du parti bolchevik et la suppression de la police politique. Dans un article de leur journal, les insurgés expriment le sens véritable qu'ils veulent donner à leur mouvement : « C'est ici, à Kronstadt, qu'est posée la première pierre de la troisième révolution, celle qui brisera les dernières chaînes des masses laborieuses et ouvre une nouvelle et large voie pour l'édification socialiste... Les ouvriers et les paysans doivent aller en avant, de manière irréversible, laissant derrière eux l'Assemblée constituante et son régime bourgeois, la dictature du parti communiste, des tchékas et du capitalisme d'État, qui étouffent le prolétariat et menacent de l'étrangler définitivement. »

     

    Alexandre Skirda ne fait pas que décrire cette éphémère tentative de rétablir la démocratie soviétique et la répression féroce qui s'abattra sur elle - « une nécessité tragique » écrira plus tard Trotsky, cherchant à minimiser son rôle mais le justifiant toujours : l'auteur la replace dans la lignée des affrontements qui ont opposé depuis 1918 ouvriers et paysans au pouvoir léniniste. S'appuyant sur des témoignages de première main, notamment celui du commandant provisoire de Kronstadt retrouvé en émigration en France, ainsi que sur des archives secrètes rendues publiques en Russie, cette étude est indispensable pour comprendre la Révolution. S'y ajoutent des documents et photos inédites des insurgés.

     

    Le livre « Kronstadt 1921, soviets libres contre dictature de parti » est publié par les éditions Spartacus.

     

  • Comment sont-ils devenus Résistants ?...

    Pour De Gaulle, la Résistance est militaire et masculine, s'appuyant sur le peuple de France unanime qui se libère. Pour les communistes, c'est le peuple en armes acharné à lutter coûte que coûte contre les Allemands.

    Ce livre montre la réalité des Résistants que l'Histoire a rendu invisibles, leurs motivations, leurs premiers regroupements par cercles de connaissances, leurs luttes internes entre mouvements et réseaux. Femmes, catholiques, protestants, juifs, communistes, gaullistes, pétainistes, anti-allemands, Français, Espagnols, Polonais, Italiens, Allemands anti-nazis, agents britanniques et américains ; voilà la longue liste des Combattants de l'ombre.

     

    Fruit de plus de dix ans de recherches et d'enquêtes conduites en France, ce livre voit naître les vocations de ces humains qui s'unissent dans le secret et la clandestinité et constituent ce que l'Histoire appelle la Résistance.

    Sur une trame chronologique sans raideur, chaque chapitre présente un groupe typique de Résistants sous l'Occupation, illustré par des témoignages et des anecdotes.

     

    Grâce aux archives de presse, aux journaux intimes, aux correspondances, voici une histoire humaine plus que politique racontée par un grand professeur d'Oxford, Robert Gildea.

    Son livre est publié par les éditions Les Arènes.

     

    Communiqué de presse de l'éditeur.

     

  • La Bande noire...

    A la fin du 19 ° siècle, dans le bassin minier autour du Creusot et de Monceau-les-Mines, au milieu du territoire des maîtres des forges et face à leur mépris, entre sabre et goupillon, entre paternalisme patronal et réformisme politique, de jeunes anarchistes choisissent de renverser la table au lieu de remplir les urnes. Nuitamment, ils s'attaqueront aux symboles de l'oppression et sèmeront la peur chez les capitalistes et leurs valets. Jouant l'obscurité contre l'obscurantisme, ils dynamiteront allègrement églises et couvents, entrainant avec eux quelques centaines de damnés de la sous-terre dans une légitime insurrection. Le souvenir de la Commune est toujours présent à leur esprit, sa sanglante répression de même. Face à l'injustice et à l'humiliation, en dehors des pratiques capitulardes de ceux qui acceptent de faire là où l'État leur dit, ils se radicalisent et décident l'action directe. Ils échoueront, en paieront le prix et connaitront le bagne. Mais la Bande noire demeurera une référence pour tous les prolétaires qui voudront s'émanciper de l'ordre clérical, de l'oppression patronale ou de la tutelle des organisations bien pensantes et de leurs permanents appointés...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    La Bande noire, propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885)

    Ce livre retrace l'histoire de la Bande noire, constituée de jeunes mineurs anarchistes qui firent de la propagande par le fait une arme pour dénoncer leurs conditions de vie.

    Son auteur, Yves Meunier est un ancien instituteur qui se consacre aujourd'hui à l'histoire sociale t à l'anarchisme ouvrier. Son livre est publié par les éditions L'Échappée, collection : Dans le feu de l'action.

     

  • Le génocide voilé...

     

     

    L'oppression de l'homme par l'homme est une constante de toutes les civilisations humaines et aucune ne peut prétendre s'en être dispensée au cours de son histoire. N'en déplaise aux tenants de la victimisation unique des Noirs africains, à ceux qui hurlent à l'islamophobie chaque fois que s'exprime une critique sur la religion musulmane ou son prophète, l'esclavage a été aussi pratiqué par le monde arabo-musulman. Dans un ouvrage fort documenté publié chez Gallimard-Folio , l'écrivain et anthropologue Tidiane N'Diaye étudie cet asservissement qui n'avait rien à envier en cruauté et barbarie à la traite pratiquée par les occidentaux. Ce livre contribue à enrichir la recherche de la vérité historique, cette vérité sans laquelle aucune évolution humaine ne serait possible. Craignons que, par phénomène d'amnésie collective bien rassurante sur notre nature, ne surviennent à nouveau des périodes que nous pensions à jamais révolues...

     

    Henri Cazales / Radio-Asso.

     

    « Le génocide voilé, enquête historique » de Tidiane N'Diaye aux éditions Folio-Gallimard.

     

     

     

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