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24/09/2016

La guerre d'Espagne vue par un artilleur républicain...

 

 

Antonio Cordon était cadet dans l'armée espagnole du temps du roi Alphonse XIII. En 1926 il s'oppose à la dictature de Primo de Rivera et se retrouve rayé des cadres. Il ne sera réintégré qu'en 1931 avec l'instauration de la République dont il choisira le camp lors du coup d'état franquiste de juillet 36 et à laquelle il restera fidèle. Son livre traduit et mis en forme par Francis Félicien Arnould spécialiste en biographie et récits historiques, et publié par les éditions Jourdan, retrace son parcours d'officier d'artillerie dans l'armée républicaine ainsi que son rôle dans le gouvernement légal. La précision sur les engagements militaires et la sincérité du témoignage de l'auteur font de ce livre un outil précieux pour la compréhension de la situation complexe du pays et des divers mouvements engagés dans le combat antifasciste. On peut regretter cependant le manque d'intérêt porté à la réalité politique des mondes ouvrier et paysan, de leurs luttes contre les possédants et l'église, des expériences collectives qui firent de la guerre d'Espagne une authentique révolution sociale, et qui effraya tant les dictateurs bruns ou rouges qu'ils mirent chacun de leur coté, toute leur énergie pour l'anéantir...

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« La guerre d'Espagne vue par un artilleur républicain » d'Antonio Cordon traduit et adapté par Francis Félicien Arnould et publié aux éditions Jourdan.

12/09/2016

La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie...

 

 

Le travail de l'historien ne se limite pas à écouter et transcrire les souvenirs des acteurs ou des témoins d'événements antérieurs, il doit avant tout piocher dans une quantité impressionnante d'archives, puisqu'il doit approcher au plus près de la vérité. Ce travail peut s'avérer souvent harassant, surtout si on se heurte au secret d'état, à la grande muette, au tabou de la guerre d'Algérie... Dans sa thèse rééditée aujourd'hui par les éditions Gallimard, Raphaëlle Branche décrit les difficultés qu'elle a connu pour accéder aux documents et témoignages nécessaires à l'écriture d'un livre le plus documenté et le plus objectif possible sur cette période peu glorieuse et toujours douloureuse de notre histoire récente.

La pratique de la torture par les militaires français fut connue dès le début du conflit par des écrits qui, bien que censurés, ont circulé dans les sphères politiques et intellectuelles du pays. L'État, pourtant garant de la loi, n'a pas su (ou dans certains cas voulu) voir l'armée outrepasser ses droits et se livrer à des pratiques guestapistes dont pourtant certains de ses cadres furent quelques années auparavant victimes. La tentative de justification par la nécessité du maintien de l'ordre et de l'obtention de renseignements n'a jamais pu justifier la barbarie sadique appliquée par les sinistres DOP et autres officines spécialisées dans la démolition physique et psychique des individus, hommes, femmes, enfants traités avec une rare inhumanité.

De retour dans leurs foyers, les soldats, notamment les appelés, se sont longtemps terrés dans un mutisme douloureux, considérant qu'ils n'étaient que les exécutants d'ordres venant de la hiérarchie et auxquels il était impossible de s'opposer. Pourtant certains, comme le déserteur Noël Favrelière et à l'exemple du général de Bollardière, refusèrent de cautionner un système aussi dégradant pour la fonction militaire. Internements arbitraires, déplacements de population, incendies de mechtas, tourments psychologiques, « gégène », baignoires, viols, représentent des violences intolérables et des crimes de guerre. Tout ce panel destructeur s'avéra pourtant inutile, puisque le peuple algérien accéda néanmoins à son indépendance. Mais combien de vies détruites d'un côté comme de l'autre, combien de souffrances, de haines persistantes, et ce ne n'est pas l'amnistie/amnésie voulu par les pouvoir successifs qui atténuera les douleurs. Seule l'éclosion de la vérité, la parole libérée, la volonté de réparation comme celle pratiquée par l'Association des Anciens Appelés d'Algérie Contre la Guerre (4ACG),ou autres groupes progressistes pourront cicatriser nos plaies...

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« La torture et l'armée pendant la guerre d'Algérie 1954-1962 » de Raphaëlle Branche aux éditions Gallimard collection folio histoire.

05/09/2016

Jeunesse d'une ouvrière...

 

 

Qu'il est loin le temps où se prétendre socialiste était chargé de sens, où les convictions politiques s'acquerraient dans la souffrance des rapports de classes, où les représentants des organisations ouvrières étaient d'authentiques prolétaires formés en usines et non des enfants de la bourgeoisie issus de l'E.N.A....

Adelheid Popp est née a Vienne en 1869. Toute jeune elle a connu la misère, et qui grâce à une farouche envie de s'instruire et un courage exceptionnellement rare chez les ouvrières de son temps victimes du patronat, de l'église et du patriarcat, accéda à une place de dirigeante de la II° Internationale.

Le récit des combats de sa jeunesse, qu'elle a publié anonymement en 1909, est aujourd'hui réédité par la maison d'édition Les Bons Caractères. Cette brochure, accessible même pour les non initiés, porte témoignage de la dureté d'une époque et du sacrifice des générations dont nous conservons (mais pour combien de temps encore ?) le bénéfice des luttes...

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« Jeunesse d'une ouvrière » d'Adelheid Popp publié par Les Bons Caractères collections Témoignages.

03/09/2016

Communiqué de Ceux qui veulent le pays pour tous !

APPEL A S’ENGAGER POUR UNE POLITIQUE DE PAIX

1) La campagne électorale qui s’ouvre promet d’être la plus abjecte, la plus violente, la plus dangereuse de ces dernières années car elle est déjà porteuse d’encore plus de tensions et de propos guerriers que les précédentes, qui étaient déjà bien basses, méprisantes et violentes à l’encontre de nombreuses personnes du pays. Les propos proférés par tous les prétendants au poste de président et par leurs lieutenants, ne sont pas de simples mots ou de banales phrases démagogiques, ce sont de véritables propositions politiques de séparation des gens, de stigmatisation, de tensions permanentes. Toutes les questions deviennent affaire de police et de guerre, sont traitées dans la suspicion et la recherche de coupables, d’ennemis, et cela de manière de plus en plus brutale. Quiconque s’interroge ou refuse d’aborder les situations sous l’angle officiel des« valeurs de la république » qui ne sont en fait que les valeurs de l’Etat actuel ( et qui font consensus de tout le champ parlementaire de Mélenchon à Le Pen), devient ennemi national et suspect des pires abominations.

Les élections de 2017 se préparent sous le signe d’un acharnement général du gouvernement et des partis pour que tout soit pensé à partir des tensions, pour la guerre entre les gens et contre des gens. Il s’agit d’organiser l’acceptation généralisée de la guerre sans fin comme seule possibilité pour le pays, et cela à l’extérieur comme à l’intérieur

2) Il est pourtant possible de faire face , de ne pas laisser tout l’espace aux propos criminels et violents qui se dégagent dès maintenant contre des pans entiers de la population de France, de passer de l’impuissance à une certaine puissance, comprise comme capacité à faire. Il s’agit à minima de contenir ces propos, et si possible, de les faire reculer : c’est le sens de cet Appel.

Y faire face demande dans la période qui s’ouvre de ne pas participer aux élections : il ne s’agit pas simplement de ne pas voter, ce qui n’a jamais ouvert à une puissance et une capacité des gens, mais de mettre en œuvre dès maintenant un travail qui porte dans la réalité des situations que nous vivons, ou que nous décidons de rencontrer, les questions centrales d’aujourd’hui :

  • la question du droit des gens, des droits pour tous,

  • la question du respect de chacun, de sa vie,

  • la possibilité de l’entente entre des gens différents, c’est ce qui permet à un pays d’exister pour les gens eux-mêmes, pour la population qui fait ce pays, pour que les choses progressent pour tout le monde.

  • l’urgence de se prononcer, de manière visible, contre les interventions françaises à l’étranger, interventions qui ne font qu’aggraver le chaos, les tensions, la misère (voir la Libye et les bombardements actuels en Irak et Syrie) tout en refusant d’en assumer les conséquences pour les habitants des pays détruits, en particulier les réfugiés.

Les élections organisent l’impuissance et l’acceptation des pires politiques étatiques !

Ouvrir à une politique de paix et d’entente entre les gens, c’est trouver le chemin d’une puissance des gens, à distance de l’état et de ses propositions guerrières !

3) Se lancer dans ce travail c’est aussi s’ouvrir la possibilité de ne pas se retrouver en fin de campagne électorale coincé à choisir entre « Hollande le modéré » (ou un de son parti) « Sarkozy le brutal » (ou un de son parti) et « Le Pen, la liberticide ». Quand on voit la modération de Hollande, il y a de quoi s’inquiéter : il n’y a jamais eu autant de guerres à l’extérieur, autant de refus d’accueillir les réfugiés qui fuient ces guerres et la misère qu’elles créent ; autant de lois en France qui enlèvent autant de droits aux gens ! Tous ces candidats ont en commun la même politique de tensions et de guerres, la même volonté de séparer la population à partir de critères raciaux, religieux, d’origines, de lieux d’habitations... en bref, tout ce qui peut permettre de cibler tel ou tel groupe d’habitants, afin de mieux asservir l’ensemble de la population aux décisions de l’Etat, du gouvernement quel qu’il soit.

4) Suite aux meurtres de masse en France, la propagande engagée vise à faire accepter la notion de guerre intérieure comme nécessaire et juste . Les guerres extérieures, avec leur lot de désolation et dévastation n’étant pas aujourd’hui contestées ouvertement, et même parfois soutenues par de nombreuses personnes, il s’agit pour l’état de généraliser, à l’intérieur, cette politique. C’est le sens des dernières déclarations de Hollande et Valls. Il ne s’agit pas là d’un appel à la guerre civile où des combats de rue se déploient, mettant en action des factions de la population les unes contre les autres, mais de la légitimité pour l’état, du droit pour le gouvernement en poste, de cibler telle ou telle partie de la population, et de la désigner comme ennemie intérieure   ; les pires lois étant alors adoptées et s’auto-justifiant, des pouvoirs extravagants étant donnés à la police et à la gendarmerie sous couvert administratif.

5) Aujourd’hui, les élections ne nous parlent que de l’Etat, les partis ne nous parlent que d’eux-mêmes et de leur volonté de guerre. Notre proposition c’est de parler et de prendre position pour le Pays France, c’est à dire pour les gens qui le font, qui l’habitent, qui lui donnent une âme. C’est bien autre chose que la politique centrée autour des sinistres intérêts d’Etat et de puissants.

Nous appelons tous ceux qui veulent y travailler à se rassembler, se rencontrer, échanger et agir dans ce sens.

Nous proposerons prochainement une date pour une première rencontre début octobre. Nous pouvons déjà prendre contact pour en débattre et la préparer.



02/09/2016

Le Romancero de la guerre d'Espagne...

 

 

Il y a 80 ans, Franco et ses alliés allemands et italiens déclenchaient la guerre contre la république espagnole qui allait finalement succomber après trois ans d'une terrible guerre civile. Cette agression fut le préambule de la Seconde guerre mondiale.

Elle suscita dans toute l'Europe et dans le monde un grand élan de solidarité envers la République espagnole, avec notamment l'envoi des Brigades internationales.

Mais cette période tragique, faite de moments d'espérance et de fêtes, mais aussi d'héroïsme, de défaites et de sang, fut un moment exceptionnel pour les lettres et singulièrement pour la poésie espagnole, un nouvel « âge d'or ».

Il suffit pour s'en faire une idée, de citer les noms d'Antonio Machado, Juan Ramon Jimenez, Federico Garcia Lorca, Miguel Hernandez, Rafael Alberti, Leon Felipe, Manuel Altolagirre... auxquels s'ajoutent beaucoup de poètes moins connus mais qui ont su témoigner de leur temps et se dresser contre les circonstances.

De plus, s'exprima à cette occasion, comme jamais, la solidarité d'écrivains du monde entier, d'Hemingway à Malraux, d'Eluard à César Vallejo ou Pablo Neruda pour qui l'expérience de la guerre d'Espagne fut décisive.

Cette anthologie réunit un florilège de poèmes qui constitue le « romancero » de la guerre d'Espagne.

La plupart des traductions sont celles qui parurent à cette époque, notamment dans la revue « Commune » et dans plusieurs anthologies d'après-guerre, aujourd'hui depuis longtemps indisponibles.

 

« Le Romancero de la guerre d'Espagne / anthologie poétique » aux éditions Le Temps des Cerises.

 

Communiqué de presse de l'éditeur.

 

La conquête de l'Algérie...

 

 

Dès 1830, date du débarquement à Sidi-Ferruch sur la côte algérienne, les populations indigènes n'eurent de cesse de tenir tête à l'envahisseur français. Malgré un nombre important d'hommes engagés et un armement moderne, en dépit des massacres et autres enfumades, le contrôle du territoire s'est avéré périlleux et les troupes de l'armée d'Afrique durent faire face à une résistance farouche des tribus notamment dans l'ouest et sur la frontière marocaine. La victoire d' Abd-el-Kader à Sidi Brahim signe le départ de la reconquête, qui, malgré la reddition de l'Emir en 1847, aboutira un siècle plus tard à l'indépendance du pays.

Dans son livre publié aux éditions du CNRS, Jacques Frémeaux détaille et analyse avec précision cette période tragique dont nous vivons encore aujourd'hui les conséquences. Combien de vies gâchées d'un côté comme de l'autre, de territoires détruits, de haines et de rancœurs toujours tenaces devons-nous à la cupidité des accapareurs, à la mégalomanie des princes, à la brutalité méprisante des généraux ?... Et dire que ces questions sont toujours d'actualité...

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« La conquête de l'Algérie / La dernière campagne d'Abd-el-Kader » de Jacques Frémeaux aux éditions du CNRS.

29/08/2016

Révolution dans la guerre d'Espagne...

 

 

Contrairement à ce que l'on nous nous a trop longtemps présenté, la « guerre d'Espagne » ne s'est pas limitée à un affrontement entre rebelles fascistes et légalité républicaine ou croisés de la foi chrétienne contre rouges sanguinaires écorcheurs de curés, selon l'idéologie à laquelle on appartenait. Cette période a connu des épisodes nettement moins glorieux et bien dramatiques dont les protagonistes appartenaient pourtant au même camp.

L'objet du livre de Wilebaldo Solano réédité par les éditions Syllepse ne traite pas des multiples règlement de compte chez les franquistes, il se consacre à ceux qui existèrent entre les différents courants du côté républicain, notamment les affrontements impitoyables entre les militants révolutionnaires du P.O.U.M. (Parti ouvrier d'unification marxiste) et les agents de Staline qui firent de nombreuses victimes et participèrent à l'échec de la révolution sociale conduite par la classe ouvrière et paysanne en Espagne et en Catalogne en particulier.

Le « petit père des peuple » de Moscou qui échangea son appui à la république bourgeoise contre l'or de la banque d'Espagne et la peau des ses opposants communistes révolutionnaires et anarchistes, ne supportait pas l'idée d'une société socialiste qui ne fut pas sous son contrôle. A l'image des purges qu'il initia en URSS, il fit anéantir par ses agents les militants les plus impliqués et en particulier Andreu Nin, un des leaders du POUM.

Pris entre le marteau et l'enclume de deux dictatures , les révolutionnaires espagnols suivirent à leur tour le chemin de l'exil et ne durent pour certains leur salut qu'à la solidarité prolétarienne de leur pays d'accueil.

Wilebaldo Solano, aujourd'hui décédé, fut un acteur majeur de cette période. La réédition de son livre comme la diffusion du film de Ken Loach, Land and Freedom, apportent un éclairage indispensable sur cette époque et contribuent à lutter contre l'oubli, pire la négation, d'une part importante de l'histoire du mouvement ouvrier espagnol.

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« Révolution dans la guerre d'Espagne (1930-1939) » de Wilebaldo Solano publié par les éditions Syllepse.

 

26/08/2016

Nous n'étions pas tous des salauds...

 

 

L'ouvrage de Claude Couderc publié chez Liv'Editions est une fiction, il n'en dépeint pas moins une réalité décrite maintes fois par des appelés en Algérie, témoins et/ou acteurs involontaires mais contraints de la violence des accrochages avec les rebelles et des exactions commises par l'armée française dans notre ancienne colonie entre 1954 et 1962.

Ce roman qui narre la vie d'un jeune infirmier breton idéaliste dans sa campagne natale et lors de son service militaire est d'une lecture aisée et accessible à tous, notamment pour les plus jeunes qui ont échappé à la vie de caserne et espérons-le échapperont à la guerre. Tout ou à peu près est évoqué dans ce livre : rupture avec la famille et le milieu, isolement, souffrances physiques et mentales, peur réelle ou irrationnelle, autorité débile des cadres, fraternité des appelés et empathie avec les populations locales, racisme, torture, objection de conscience, désertion...

Garder sa dignité, rester des hommes, fut certainement le combat le plus difficile à mener pour ces jeunes paysans, ouvriers, étudiants, enseignants, certains y réussirent, d'autres par faiblesse et face à l'horreur du conflit se firent tortionnaires, aucun n'en est revenu indemne , tous en garderons à vie d'innombrables séquelles.

Puisse l'évocation de ces heures sinistres ouvrir les yeux de ces égarés qui aujourd'hui encore évoquent le bon temps des colonies, encourager ceux qui ont toujours espoir dans le genre humain, rappeler que l'insoumission est un droit mais aussi très souvent un devoir...

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« Nous n'étions pas tous des salauds / Algérie 1961-1962 » de Claude Couderc chez Liv'Editions.

 

23/08/2016

Juifs et Musulmans en Algérie...

 

 

Dans un livre précis et sans parti pris, publié aujourd'hui par les éditions Tallandier, l'historienne spécialiste du Maghreb Lucette Valensi développe ce que fut la vie quotidienne des communautés juives et musulmanes en Afrique du Nord entre l'avènement de l'Islam et l'indépendance de notre dernière colonie. Leur cohabitation tumultueuse mais néanmoins non exempte de fraternité ne cessera d'interroger le vieux rationaliste que je suis. Comment des gens si semblables, vivant souvent dans les mêmes conditions sociales, culturellement si proches ont-ils pu et peuvent-ils encore se haïr et se détruite mutuellement avec autant de constante régularité ? A qui profite le crime ? N'ont-ils pas toujours été pris en otages par les impérialismes qui ont contrôlé leur territoire durant l'Histoire, et leurs querelles sanglantes servi le seul bénéfice des divers colonisateurs ?...

L'ouvrage de Lucette Valensi, au-delà de l'apport et de l'analyse historique incite à l'interrogation. A la lumière du passé et de ses erreurs, pourrions-nous enfin définir et construire un avenir de Paix ?...

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« Juifs et Musulmans en Algérie, VIIe – XXe siècle » de Lucette Valensi aux éditions Tallandier collection Histoire partagée / Projet Aladin.

08/08/2016

La guerre d'Algérie...

 

 

Un état d'urgence décrété par un pouvoir versatile et toujours prêt à renier ses promesses, un appel aux « réservistes », des attentats meurtriers visant des civils, une ambiance délétère favorable aux exactions racistes, la menace de l'extrême droite, cela ne nous rappelle-t-il rien ? Cela ne nous ramène-t-il pas à des périodes bien sombres de notre histoire récente ?... Ce fut en gros l'atmosphère qui prévalut durant cette guerre sans nom qui gangréna notre société entre 1954 et 1962... et fait encore des dégâts aujourd'hui...

Cette guerre fratricide est décrite de façon précise et documentée par Patrice Gélinet dans un livre publié par les éditions Acropole en collaboration avec l'I.N.A. à travers les témoignages de nombreux acteurs directs, protagonistes des diverses tendances, des divers combats.

Depuis quelques années maintenant la parole, longtemps enfouie, se libère et devrait nous permettre de solder les comptes avec notre histoire et faire enfin la Paix, à condition bien sûr que la bête immonde arrête de déverser son fiel et que notre peuple, à l'image de ces mères qui bloquaient les trains menant leurs enfants à la mort, de ces objecteurs de conscience qui refusaient de porter les armes contre des individus qui ne réclamaient que la justice, de ces rescapés qui de nos jours encore œuvrent pour l'entente entre les peuples, décide enfin de renouer avec l'intelligence des Lumières, avec les valeurs de solidarité sur lesquelles il s'est construit...

 

Henri Cazales / Radio-Asso.

 

« La guerre d'Algérie / De la Toussaint rouge à l'indépendance » de Patrice Gélinet aux éditions Acropole en collaboration avec l'INA.

 

 
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